00:01Nous voilà donc ce mercredi pour reprendre une expression d'Aragon
00:05comme en étrange pays dans notre pays lui-même.
00:09Ce matin, nous étions sous le coup presque abasourdis par cette interdiction de manifestation,
00:15une interdiction qui n'avait pas eu lieu depuis la guerre d'Algérie
00:18et précisément depuis 1962 et la terrible manifestation de Sharon.
00:24On était sous le coup de cette décision d'un pouvoir finalement qui semble,
00:29si ce n'est aux abois, mais qui de toute manière est véritablement en difficulté.
00:34Pourquoi ? Parce que ce pouvoir, il faut bien le dire,
00:37a sa légitimité sérieusement atteinte et au moins interrogée par un peuple
00:44qui rejette majoritairement la loi El Khomri,
00:46qui continue à soutenir les mouvements qui la combattent
00:49et avec un Premier ministre à 17% d'opinion favorable,
00:54et un Président à 14%.
00:56Donc, quelle est leur base aujourd'hui ?
00:59Leur base qui était naturellement, je dirais,
01:02ces gens qui sont dans la rue, qui étaient dans la rue,
01:04auprès desquels ils étaient quand ils étaient dans l'opposition,
01:08et bien maintenant ils en sont complètement coupés,
01:09au point d'envisager, parce qu'ils l'ont fait ce matin,
01:12d'interdire une manifestation syndicale
01:15et qui n'est pas seulement une manifestation de la CGT, comme on le dit,
01:18mais la manifestation de sept syndicats dont FO, dont la FSU.
01:22Alors, qu'est-ce qui s'est passé ?
01:24On voit bien que la manipulation, quelque part, elle a échoué.
01:27Bien sûr, le gouvernement s'est servi des casseurs,
01:29des déprédations qui ont eu lieu pour tenter de justifier cette interdiction.
01:33Ça ne marche pas.
01:35Les gens qui connaissent les manifestations,
01:37qui sont des militants syndicaux,
01:38n'ont strictement rien à voir avec les casseurs,
01:40et au fond, l'opinion le sait,
01:41même ceux qui font semblant de s'en aligner.
01:44Alors voilà, le gouvernement vient de changer d'avis.
01:48On nous annonce aujourd'hui que la manifestation aura lieu.
01:52C'est une chose qu'il faut saluer,
01:54en se disant, comme le disait Rousseau dans le contrat social,
01:58qu'en dernière instance, le peuple est le souverain.
02:01Sous-titrage Société Radio-Canada