00:00Quel regard vous portez sur cette contestation lycéenne et ses revendications ? Est-ce que vous la soutenez ?
00:05Bien sûr que je la soutiens. Je la soutiens d'abord parce que ses revendications sont légitimes et sages,
00:16et parce qu'en effet il y a un vrai problème dans l'éducation de ce pays.
00:24Mais c'est vrai que...
00:25Et pourtant personne ne l'a vu venir ce mouvement ?
00:27Personne ne voit jamais rien venir. Alors ça je le dis aussi, c'est peu avant mai 68,
00:32quelques semaines avant mai 68, un grand éditorialiste de ce temps,
00:37qui s'appelait Pierre Viançon-Ponté, éditorialiste au Monde, dit la France s'ennuie.
00:43Huit semaines après c'est mai 68. Là il y a quelques semaines, nous tous,
00:49ou un très grand nombre, disent les lycéens sont des cérébrés, ils ne s'occupent que d'Instagram,
00:56ils ne lisent plus. Et puis on voit apparaître en effet, à part les casseurs, une révolte plutôt structurée.
01:05Je vois certains sur vos plateaux, sur les plateaux des chaînes concurrentes.
01:11Certains me font l'effet que m'a fait il y a 50, presque 60 ans, Daniel Konbanit. Ils ont
01:18du talent, ils ont du charisme.
01:20On a l'impression qu'ils ont, comme disait un grand psychanisme autrefois, appris une langue en une nuit, la
01:27langue politique.
01:29C'est Jean-Luc Mélenchon qui dit justement qu'on assiste à quelque chose d'inédit et que même mai
01:3668 était moins enraciné.
01:38Est-ce que sur ce point, au moins, vous êtes d'accord avec lui ?
01:41Non, parce que ça n'est pas inédit. Justement, je viens de vous dire que ce n'est pas inédit.
01:46Mais c'est un événement. Le propre d'un événement, c'est qu'on ne le voit pas venir,
01:52qu'il ne ressemble pas aux événements précédents et qu'il rebat les cartes pour les temps qui viennent.
01:59Voilà.