00:00Quand on prête d'une école, ça fait tant que chéri.
00:04Feu de poubelle, jet de projectiles et gaz lacrymogènes.
00:07Ce matin, le blocus du lycée Benbridge est en effervescence.
00:11Entre jeunes et forces de l'ordre, un face-à-face tendu s'est installé.
00:15Une scène que Karim élève de Terminal G à Benbridge juge particulièrement disproportionnée.
00:20Vous avez vu, on est là tranquillement, on attend de voir comment ça évolue, on se fait gazer.
00:25C'est au moins qu'il y a des exceptions, mais c'est pas généralisé.
00:27Depuis le début du mouvement de ces lycéens, les grenades assourdissantes s'enchaînent.
00:32On nous gaze, il n'y a eu aucune violence, et vous êtes témoin de ça, il n'y a
00:35eu aucune violence.
00:37Alors il n'est pas surprenant de voir dans le périmètre du mouvement, Ludovic Toulassi.
00:42Ces images de confrontation entre élèves et forces de l'ordre l'interpellent.
00:45Alors on va mettre la faute sur eux, et la faute c'est sur tous les incompétents qui font en
00:49sorte qu'aujourd'hui,
00:49on a un lycée dans lequel des jeunes filles se sont plaintes,
00:53et il y a des plaintes qui ont été déposées pour viol parce que les toilettes ne sont pas sécurisées,
00:57vous vous rendez compte de la gravité ?
00:58Située à proximité de l'établissement, cette jeune fille témoigne de scènes qu'elle juge particulièrement impressionnantes.
01:04Et les conséquences peuvent être graves pour les riverains.
01:07Ça nous étouffe et ça nous pique les yeux.
01:09Il y a des enfants, il y a des bébés, il y a des enfants asthmatiques.
01:14Quand ils sont là, ben c'est pas bon, on ne peut pas sentir ça, c'est pas bon.
01:19Des questions se posent, les interventions sont-elles proportionnées lorsqu'elles conservent des mineurs ?
01:25Ou encore sont-elles logiques quand une élève avance seule, avec en main sa pancarte ?
01:31Une lycéenne désarmée, qui quoi que la stratégie employée par les forces de l'ordre ne permet pas de faire
01:36baisser les tensions ?
01:37Ça va juste énerver les gens, faire peur aux gens, et ça va soit entraîner de la haine qui n
01:44'avait pas lieu d'être au début,
01:45soit ça va faire que les personnes qui étaient là pour de bonnes causes, qui voulaient manifester, vont avoir peur
01:50et vont plus s'en sortir en sécurité.
01:52Il faut croire que votre panneau ne suffit plus, c'est ça, le message ne suffit plus on dirait.
01:57Non, on ne nous écoute plus, on ne les écoute pas.
02:00Ce matin, une jeune lycéenne a été touchée à la tête après un possible tir de LBD.
02:04La famille ne comprend pas.
02:06Ma fille est traumatisée, j'ai retrouvé ma fille en larmes, elle a du mal à s'exprimer.
02:12Elle souffre énormément au niveau de la bouche, puisqu'en fait c'est tout le côté gauche qui est endolori
02:16maintenant.
02:17Elle est très choquée.
02:19Et la seule chose qu'elle ait pu me dire, mais maman, on voulait simplement manifester, mais pourquoi ils nous
02:24ont fait ça ?
02:25Au-delà des témoignages et des prises de position, ces interventions nourrissent la controverse.
02:30Elles mêlent en jeu de sécurité publique, maintien de l'ordre et droits fondamentaux.
02:39Ces images ont fait le tour des réseaux sociaux.
02:42On y voit un lycéen se faire menotter avec force dans une station-service.
02:46A moins de 100 mètres de là, un autre jeune en classe de seconde au lycée Louis-Delgrès-Dumoule est
02:52violemment plaqué au sol.
02:55Ce matin, le calme est revenu sur la place de la Liberté, où les faits se sont déroulés.
03:01Seul témoin des événements de la veille, cette poubelle brûlée.
03:05Durant la matinée, des agitations avaient eu lieu entre les gendarmes et une centaine de lycéens rassemblés.
03:11Ces derniers dénoncent la violence des interpellations.
03:15J'ai remarqué que les gendarmes sont devenus de plus en plus agressifs.
03:18Au début, c'était assez tranquille, donc ils n'étaient pas dangereux.
03:22Mais du coup, ils commençaient à attaquer tous les jeunes, les plaquer au sol, les frapper.
03:27Alors que normalement, leur rôle, c'est quand même de nous protéger et pas de nous attaquer.
03:32Pour vous, il faut passer par la violence ?
03:34Pas forcément, mais des fois, on est obligé de faire ça.
03:36Parce que ça fait combien d'années qu'on demande des clés ?
03:39Ils nettoyent nos salles, tu vois ? Ils font rien. Ils n'agissent pas.
03:43Donc on est obligé de passer à l'action maintenant.
03:46En interrogeant les riverains du quartier, la version est nettement différente.
03:50Pour eux, les lycéens sont à l'origine de la violence.
03:53Pour le commandant de la gendarmerie de Guadeloupe,
03:55les vidéos virales ont été sorties de leur contexte.
03:58L'usage de la force était pour lui proportionné.
04:01Nous n'avons pas interpellé des personnes qui n'avaient rien à se reprocher.
04:05Nous avons interpellé des jeunes qui étaient l'objet de jets de projectiles,
04:11des cailloux, des bouteilles en verre,
04:13mais aussi des bouteilles d'acide préparées à l'avance.
04:17Ces vidéos ont déjà suscité de nombreuses réactions.
04:21Je suis un pays au sensu ! Ça ne se fait pas !
04:24Pour le président de la Fédération des conseils de parents d'élèves,
04:28ces vidéos desservent à la fois les gendarmes et les lycéens.
04:31La force n'était pas forcément nécessaire.
04:34Et visiblement, ça choque énormément.
04:36Et on demande que ce soit qui est l'enquête,
04:39savoir pourquoi, qu'est-ce qui s'est passé.
04:41En réaction à ces arrestations,
04:43plusieurs organisations politiques et syndicales
04:46ont prévu de se réunir ce jeudi.