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  • il y a 22 heures
Lors de l'émission Face à Michel Onfray le 10/10/2026, le philosophe est revenu sur les récentes manifestations des lycéens : «La tyrannie de la majorité, c'est la démocratie. Là, il y a une tyrannie de la minorité». 

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Transcription
00:00Oui, parce que vous savez, si on fait un peu de philosophie de la police ou de l'armée,
00:05il faut un contrat social pour faire naître la police.
00:07C'est-à-dire que tout le monde, dans l'état de sauvagerie,
00:10qui est un peu celui dans lequel on se trouve,
00:12peut utiliser la violence à son propre usage.
00:14Il y a une espèce d'ubérisation de la violence aujourd'hui.
00:16On fait ce qu'on veut, quand on veut, comme on veut.
00:17On a vu des haches, on a vu des cocktails Molotov.
00:20Il y a des gens qui ont été aspergés d'acide chlorhydrique.
00:25Des profs aspergés d'essence.
00:26Oui, il y a des profs aspergés d'essence.
00:28Ça veut dire qu'il suffit juste de mettre l'allumette pour faire un brasier avec un enseignant.
00:32Il se passe tout ça.
00:33Donc ça, c'est l'état de nature.
00:35C'est ce que disait Hobbes.
00:36Ce n'est pas ce que dit Rousseau, en revanche.
00:38C'est ce que dit Hobbes.
00:39Et puis il dit qu'on renonce à un moment donné au pouvoir de nuire que chacun a.
00:43Et en renonçant à ce pouvoir, on le donne et on le confie à la police et à l'armée
00:47qui va faire la loi.
00:48C'est-à-dire que la police, elle ne tabasse pas parce que ce serait dans son ADN.
00:54Comme il est dit, la police ne tue pas.
00:55Et on a besoin de gens qui disent non, c'est nous qui allons faire la loi.
00:59Et simplement, le policier, ce n'est pas quelqu'un qui dit le matin, je me réveille et je vais
01:03aller tabasser de l'étudiant.
01:05Le matin, il se réveille et il dit mon chef va me demander de faire ou de ne pas faire.
01:08De taper ou de ne pas taper.
01:10De taper fort s'il s'agit des gilets jaunes ou de taper fort s'il s'agit des pêcheurs.
01:13Mais de ne pas forcément taper fort s'il s'agit des lycéens et des étudiants.
01:17Puisqu'on a fait savoir qu'il fallait qu'il reste discret, puisqu'on leur dit qu'il ne soit
01:21pas visible, puisqu'on leur dit qu'il ne faut pas utiliser des armes qui ne sont pas des armes
01:24létales.
01:25J'entends l'utilisation des armes létales.
01:26Mais enfin, est-ce qu'on comprend le français ou pas ?
01:28Une arme létale, c'est une arme qui tue.
01:30C'est-à-dire à tir tendu, à balle réelle, ça, ça s'appelle une arme létale.
01:33Mais tout ce qui est utilisé pour désencercler, pour faire quitter un espace qui doit être quitté.
01:39Je veux dire, la possibilité aujourd'hui de manifester est inscrite dans la loi.
01:45Donc on a le droit de manifester.
01:46On dépose, on manifeste, on ne casse rien, on ne détruit rien, on ne bousille pas des vitrines, on ne
01:50met pas le feu à des poubelles.
01:53Nonobstant, la police dirigée par M. Macron fait tout ça.
01:57Puis à un moment donné, la police dit, bon maintenant c'est fini.
02:00La manifesto s'est terminée, donc...
02:01Dispersez-vous et rentrez sur vous.
02:03Mais ils ne se dispersent pas.
02:04C'est-à-dire qu'à ce moment-là, ils commencent à être hors la loi.
02:07On rentre chez soi, on a eu l'occasion de dire...
02:08Et puis après, on voit comment les choses se passent.
02:11Donc là, c'est du jeu de chat et de souris avec des risques pris par des policiers qui ne
02:17tuent pas.
02:18Je vous avais donné le chiffre des policiers blessés.
02:20Donc il faut arrêter.
02:22Le décompte est provisoire.
02:23Oui, donc si aujourd'hui on dit, non, non, la police reste chez elle, l'armée reste chez elle.
02:30D'ailleurs, j'avais prévu de le dire et j'ai entendu que la chose était dite et je le
02:34redis parce que je trouve que l'idée est juste.
02:36Quand il y a eu des manifestations des Gilets jaunes et que ces Gilets jaunes se dirigeaient vers l'Elysée,
02:41il a eu très peur M. Macron.
02:42Et quand il disait, venez me chercher, vous n'avez qu'à venir me chercher quand on vient le chercher,
02:46là il y a un hélicoptère qui dit, si vous venez me chercher, moi je m'en vais.
02:48C'est un hélicoptère de la gendarmerie ou de la police, mais enfin c'est un hélicoptère des forces qu
02:54'il critique en temps normal.
02:55Donc on ne peut pas d'un côté dire protégez-moi, mais je ne veux pas protéger la France et
02:58les Français.
02:59Il y a un tas de gens qui ont envie d'être protégés, je veux dire, ça me paraît légitime,
03:02moi je vois des manifestations pendant des heures et des heures avec les rideaux baissés,
03:07mais personne ne pense à ces commerçants ou aux artisans qui ne veulent pas qu'on leur massacre leur vitrine,
03:10ou à tous ces gens qui ne peuvent pas travailler et qui ne peuvent pas se déplacer en ville.
03:15Et ces gens-là, où est le droit pour eux ?
03:17Ces jeunes qui veulent aller quand même au lycée, après tout vous voulez manifester, d'accord ?
03:21L'immense majorité d'entre eux.
03:22Mais c'est ça le problème.
03:24Mais ces gens n'aiment pas la démocratie, ils n'aiment pas les élections.
03:28Si vous croyez au peuple, ce qui est mon cas comme chacun sait, et bien vous sollicitez le peuple, vous
03:33dites on va en amphi, on fait une assemblée,
03:35tout le monde se parle, vous avez l'Uni, vous avez le GUL, si ça existe encore, vous avez l
03:39'UNEF, vous avez...
03:41Tous les syndicats étudiants, vous dites voilà, grève, pas grève, on fait la grève pour ceci, on fait la grève
03:46pour cela, on vote.
03:47Et tout le monde vote.
03:48Et puis, la démocratie, c'est ça.
03:50Si la majorité dit, bah non, on manifeste, mais on fait une manifestation d'une heure, puis on prend le
03:54travail, etc.,
03:55et bien on se comporte comme ça.
03:56Et on ne fait pas comme les poutchistes de bolcheviks en octobre 17, de dire la minorité va avoir raison.
04:01D'abord, bolcheviks, ça veut dire les majoritaires, c'était les minoritaires.
04:05Mensheviks, ça voulait dire les minoritaires, alors qu'ils étaient majoritaires.
04:08Déjà, il y avait des problèmes sémantiques dans la révolution russe, mais là, simplement, on a la tyrannie de la
04:13minorité.
04:14Quand Tocqueville disait que les dangers de la démocratie, c'était la tyrannie de la majorité, il avait tort.
04:18Hélas, moi j'aimerais bien qu'il y ait une tyrannie de la majorité, ça s'appelle la démocratie.
04:21Mais là, il y a une tyrannie des minorités.
04:24Sous-titrage Société Radio-Canada
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