00:00Le mouvement, il s'appartient à lui-même, c'est la vue complotiste sur les mouvements, c'est aussi vieux
00:07que le rapport entre un mouvement populaire et un pouvoir.
00:10Le pouvoir dit toujours qu'il y a des agitateurs secrets, voilà, mais ce n'est pas le cas.
00:14Gabriel Attel, justement, vous accuse de manipuler cette jeunesse.
00:17Oui, mais je ne suis pas obligé de répondre, parce que si je vois pourquoi moi je devrais répondre à
00:21un truc pareil,
00:22alors que moi je pourrais leur dire, mais vous, vous avez l'intention de les massacrer.
00:27La démonstration que veut faire le pouvoir, c'est je vais vous faire tellement peur que vous n'oserez pas
00:31revenir.
00:32C'est ce qu'ils se sont dit au début, après ils ont compris que c'est plus compliqué,
00:35parce que le malaise dont il est question, la racine de la révolte, elle est extrêmement ample et la racine
00:44du mal est très profonde.
00:46C'est pour ça que ce mouvement ne ressemble à aucun autre, c'est le plus ample depuis 50 ans.
00:51Même mai 68 était moins enraciné dans le terrain de la jeunesse en mai 68.
00:58Bon, moi je n'avais que 16 ans à l'époque, mais ça n'a rien à voir avec ce
01:02qui se passe aujourd'hui,
01:03qui s'est diffusé à l'inverse de toutes les géographies des mouvements jusque-là.
01:08C'est-à-dire que c'est partir de la banlieue, d'habitude ça part du centre-ville, les mouvements
01:12de lycéens.
01:13Et puis ça a contaminé des lycéens vers les étudiants, les autres fois c'était les étudiants d'abord, les
01:19lycéens après.
01:21Ensuite, quoi encore ? La jonction avec le syndicalisme des salariés, quasi instantanée, ça n'a pas de précédent, une
01:32chose pareille.
01:33Ensuite, tous les syndicats de l'éducation, tous mobilisés en même temps autour d'eux.
01:39Donc il y a tellement de caractéristiques nouvelles que la première question à se poser,
01:44ce n'est pas de recommencer le vieux sketch comme il y a de poubelles qui brûlent,
01:47des chiffres invraisemblables de policiers et de gendarmes blessés, enfin ça ne tient pas debout.
01:52Ils ont juste blessé qu'un trombone, ce n'est pas possible.
01:55700, mais enfin, bon bref, ça c'est la vieille comédie.
02:01Mais à la question du présent, c'est à celle-là qu'il faut répondre.
02:07Comment ils comprennent en face ce qui se passe ?
02:10Et ce qui se passe, c'est leur enfant.
02:12Parcours Plus, c'est eux qui l'ont inventé.
02:14Le non-remplacement des...
02:15Bah écoutez, c'est M. Attal.
02:17C'est lui le rapporteur de la loi, c'est pas moi.
02:20Parce qu'on me colle ça sur le dos, mais c'est quand même...
02:22Et ça, c'est le fond de l'affaire.
02:23Parcours Plus, c'est le foyer anxiogène de la jeunesse lycéenne.
02:29Vous arrivez au lycée, vous savez que vous allez tomber dans les pattes de parcours sup.
02:33Et puis, on vous dit qu'il faut faire des bons résultats pour avoir la fac que tu as choisie.
02:39À supposer que ce soit vrai, c'est très angoissant.
02:43Si tu n'as pas ton prof, si tu n'as pas...
02:44C'est-à-dire, la réalité que tu vis est une réponse négative à la question qui t'est posée
02:49au départ.
02:50Est-ce que tu vas pouvoir bien apprendre, en faire plus ?