- il y a 9 heures
Fin avril 2026, Yarol Poupaud, guitariste et directeur musical de Johnny Hallyday durant les dernières années de sa carrière, apparaît dans La Traversée du vrai Montmartre. Également guitariste et leader du groupe FFF, Yarol revient dans l’univers de Montmartre au fil de cette séquence. Une archive consacrée à l’un des musiciens emblématiques ayant accompagné Johnny Hallyday sur scène.
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MusiqueTranscription
00:00Bonjour à tous les amis et bienvenue sur le vrai Montmartre en direct avec mon ami
00:04Harold Poupot, la traversée du vrai Montmartre. On va découvrir ou redécouvrir le vrai Montmartre.
00:08Guitariste, musicien notamment pour Niagara, FFF et bien évidemment John Hélidé.
00:13On va prendre place à bord de cette Cadillac de 76. Est-ce que tu es chaud, Harold, c'est
00:18bon ?
00:19C'est parti, go ! Je vais monter d'abord.
00:41Je suis vraiment très content de t'accueillir en tant qu'invité.
00:44Ça fait longtemps qu'on devait se caler ensemble concernant une émission, un projet,
00:50il fallait absolument qu'on fasse quelque chose ensemble. Et donc on se retrouve en
00:54au Montmartre au mois d'avril, fin avril avec un temps exceptionnel.
00:58Radio, radio !
00:59Hubert, tu vois, c'est là où j'ai grandi. Au 33 Hubert, on va passer devant.
01:02J'ai grandi avec ma maman dans les années 90. Et puis voilà, on va revenir sur Montmartre,
01:07ta rencontre avec cette artiste, notamment Johnny.
01:10Moi, j'aimerais qu'on revienne sur ta rencontre avec Marjorie de Duras
01:14parce que Marjorie de Duras était souvent, très souvent dans sa maison.
01:18Et j'ai l'impression que c'est elle qui t'a donné envie, en tout cas,
01:21t'as touché une guitare pour la première fois dans la maison de Marjorie de Duras.
01:24Oui, oui, tout à fait. Donc, ma mère était attachée de classe de films de Duras.
01:28Et Duras, à l'époque, habitait à Noffle-le-Château, à côté de l'Aiatola Roméni, d'ailleurs.
01:33C'est marrant. Et en fait, si tu veux, régulièrement, elle organisait des week-ends
01:38avec toute sa bande des gens qui travaillaient avec elle, les attachés de presse,
01:42Bruno Nuiten, qui était le chef-hop, les comédiens avec qui elle travaillait.
01:45Enfin bon, c'était des espèces de week-ends assez cool, assez festifs.
01:50Et donc, moi, si tu veux, j'avais 7-8 ans, 8-9 ans.
01:54Je n'étais pas encore apte à avoir une grande discussion philosophique sur le cinéma.
01:59Et donc, du coup, je m'évadais, je me barrais un peu dans la chambre de son fils, Outa,
02:03qui avait une guitare dans sa chambre.
02:06Et donc, effectivement, c'est chez Duras que, la première fois de ma vie,
02:09j'ai pris une guitare dans les mains et j'ai joué n'importe quoi.
02:12Je ne savais même pas la cordée, je ne savais même pas.
02:13Il avait des disques, je m'étais à des disques, je crois qu'il avait un disque de Chuck Berry,
02:17et je jouais par deux U en faisant n'importe quoi.
02:19Et je prenais un pied énorme.
02:21Et effectivement, c'est vraiment mes premiers amours, mes premières sensations physiques avec cet instrument.
02:27Justement, est-ce qu'il y a un laps de temps assez long pour les premiers concerts ?
02:31Parce que j'ai vu que tu as collaboré notamment avec Niagara, très rapidement.
02:36Les premiers concerts viennent longtemps après.
02:39Dans les années 90, finalement.
02:41Moi, je découvre le rock'n'roll via, comme beaucoup de rockers, on va dire, par Elvis Presley.
02:48Si tu veux, je vois Elvis quand je suis mom à la télé, j'ai un flash absolu.
02:51Du coup, je découvre le rock'n'roll.
02:53Je m'intéresse Chuck Berry, Eddie Cochrane, Gene Vincent, Little Richard, tous les pionniers.
02:58Et puis, très vite, je me dis, mais c'est trop bien, je veux en faire mon métier, ce troupe
03:03le rock'n'roll.
03:04Donc, je m'intéresse à la guitare.
03:05Mais aussi, tu t'es dit, quand tu as touché...
03:07Ce qui m'intéresse, c'est vraiment la genèse.
03:09Est-ce que quand tu as touché une guitare pour la première fois, tu t'es dit, je veux en
03:13faire mon métier, c'est vraiment...
03:14Oui, oui, c'est ce qu'il se dit, oui.
03:15Oui, c'est ça, complètement.
03:18Et avant de toucher une guitare, tu avais un rêve, une passion ?
03:22Alors, non.
03:23Si, j'étais cow-boy.
03:25Je voulais être cow-boy.
03:27Quand j'avais 7-8 ans, j'étais cow-boy.
03:29Moi, j'ai grandi, je n'ai pas grandi à Montmartre, j'ai grandi...
03:31Je suis réveillé à Montmartre un petit peu plus tard, mais j'ai grandi dans le cinquième, moi, vers la
03:35Coutre Escarpe.
03:36C'est un autre genre de Montmartre.
03:37Oui, oui, c'est un petit Montmartre.
03:39À l'époque, c'était assez proche.
03:41C'est hors du temps aussi, c'est hors du temps.
03:42C'est hors de l'agitation.
03:44Et en fait, si tu veux, de fil en aiguille, j'apprends la guitare.
03:48Ça devient vraiment une passion.
03:50Quand je suis ado, je passe tous mes mercredis après-midi et tous mes week-ends à bosser à la
03:54gratte.
03:54Et je me dis vraiment, je veux en faire mon métier.
03:57Et j'ai cette chance qui est que j'avais autour de moi, grâce à notre mère, des exemples de
04:03gens dont c'était le métier.
04:04C'est-à-dire qu'ils gagnaient leur vie en jouant de la guitare.
04:06Ce qui est assez pour plein de gens.
04:09On dit, tu es musicien, tu veux jouer de la guitare.
04:11Oui, d'accord, mais ça va être quoi ton métier ?
04:15Et en fait, si tu veux, moi, j'avais des exemples de gens dont c'était le métier.
04:18Je me disais, mais c'est possible, effectivement.
04:20Tes exemples, c'était Elvis Presley ?
04:22Non, non, des gens autour de moi, des proches de ma mère.
04:24Si tu veux, elle était copine avec certains des musiciens de Trust ou des gens qui bossaient un peu avec
04:29les Rita Mitsuko aussi dans les années 80 et tout.
04:32Incroyable.
04:33Donc, j'en voyais, je connaissais des mecs dont c'était le métier.
04:37Donc, c'était possible.
04:38Par contre, il fallait bosser.
04:39Il fallait vraiment apprendre ça comme on peut apprendre.
04:43Tu veux être pâtissier ?
04:44Bon, ben, tu ne vas pas d'un coup dans une pâtisserie.
04:46Non, tu apprends ton métier.
04:47Tu veux être menuisier, tu veux être je ne sais pas quoi.
04:50Il faut que tu apprennes ton métier.
04:51Donc, j'ai vraiment travaillé la guitare comme…
04:55Donc, en coulisses pour l'instant ?
04:57Oui, oui, complètement.
04:57Même pas en coulisses chez moi, le mercredi après-midi, dans ma chambre.
05:03Et puis, de fil en aiguille, du coup, je découvre la musique.
05:06Enfin, j'apprends la musique.
05:08Première expérience de groupe un peu pas terrible.
05:10Et à la fin des années 80, je rencontre Marco Prince.
05:14De FFF.
05:15De FFF, avec lequel on décide de monter FFF.
05:19Il y avait déjà une première formule FFF, mais qui était complètement différente.
05:22Donc, on se dit, bon ben voilà, c'est la période où à Paris, il y a une grande effervescence
05:28autour justement des mélanges, des cultures, des mélanges des genres.
05:31Comment cette rencontre s'est faite avec Marco Prince, justement ?
05:34Écoute, c'est marrant, ça s'est fait dans un casting pour des chaussures ou des chaussettes.
05:41En fait, j'avais été repéré par une nana parce que j'étais allé au Bataclan le dimanche après-midi.
05:47Il y avait des soirées qui s'appelaient le domingo.
05:50Et j'étais allé là-bas avec des potes et puis j'avais dansé, je dansais pour me marrer.
05:54Et la meuf, elle m'avait branché après, elle m'avait dit, dis donc, je fais un casting, j'en
05:58ai juste besoin de tes pieds.
05:59Tu ne veux pas venir faire deux, trois pas de danse ?
06:01Monnequin pied, c'est ce qu'on veut.
06:01Ouais, monnequin pied, monnequin danse.
06:04Et en fait, je me retrouve dans l'espèce de salle d'attente pour passer ce casting.
06:09Je lui ai dit, ben pourquoi pas, s'il y a moyen de se faire un petit pied, tu vois.
06:12Et là, dans ce truc, il y a ce mec qui est là et on m'en avait parlé en
06:15fait.
06:15J'avais un copain, on avait un ami commun avec Marco, Dan Herzberg, qui m'avait dit, il faut absolument
06:20que tu rencontres Marco.
06:21Vous vous entendriez trop bien, vous devriez faire de la musique ensemble.
06:23Et il lui avait dit la même chose de moi.
06:25Et donc, on s'est capté dans cette salle d'attente et on a fait, mais dis donc, tu ne
06:28serais pas Marco Prince, toi.
06:29Et toi, tu ne serais pas Yaro Le Poupo.
06:40Du coup, on a décidé de lancer l'aventure FFF et on a commencé à répéter, à faire des nouveaux
06:47morceaux, à être tous les...
06:51Finalement, FFF, ça t'a permis aussi de te roder, dès que tu as rejoint le groupe, ça t'a
06:55permis de te roder aussi et vraiment de pouvoir jouer de ta passion.
07:00Oui, c'était ma première expérience.
07:04C'est-à-dire que quand on a commencé avec FFF à bosser ensemble, très vite, on s'est dit
07:07bon, on ne fait pas ça pour rigoler.
07:10Encore une fois, tu vois, ça a été tout très sérieux, moi, le truc.
07:13On ne disait pas bon, on va répéter un petit peu, puis on fera peut-être un petit concert.
07:16Non, non, c'était OK, les gars, on a deux ans, dans deux ans, on signe, on fait un album,
07:21on part en tournée.
07:21Et en deux ans, qu'est-ce que tu as pu apprendre tout, finalement ?
07:24Ou tu t'as dit jusqu'à aujourd'hui, voilà, est-ce qu'il y a un élément marquant, un
07:29concert marquant ces deux premières années ?
07:33Il y a eu des premiers concerts, et en fait, si tu veux, moi, les premiers concerts que j'ai
07:36faits avec FFF, le but du jeu, pour moi, c'était de faire le concert, la première à la dernière
07:42note, sans m'être trompé.
07:46Donc, ça donnait quoi ? Ça donnait que j'étais droit comme un piqué, que je regardais mes pompes, je
07:50regardais mon manche, et que j'essayais de jouer toutes les bonnes notes et pas faire zéro faute.
07:56C'est pas ça, en fait, un concert, la scène, c'est pas ça.
07:58Et un jour, on a été voir, on avait vu la Mano Negra, on avait vu les rados de Chili
08:03Peppers dans des clubs à Paris.
08:05Et on avait vu les mecs qui sautaient partout, qui s'étaient dit, bon, ben, attends.
08:08Et donc, du coup, on avait répété dans un studio qui était un peu, qui servait aussi de studio de
08:12danse, donc il y avait un grand miroir.
08:14Effectivement, le fait d'être tout droit comme ça, quand un piqué, bon, ben, c'était un peu chiant à
08:18regarder.
08:19Donc, du coup, ce jour-là, le jour de cette répète face au miroir, on s'est dit, bon, allez,
08:22on s'en fout, on va se planter, on va faire les mauvaises notes, les mauvais accords,
08:26on va faire des fous notes partout, et on s'est lâchés.
08:29On démarre avec FFF, et effectivement, au bout de deux ans, eh ben, ça se passe plutôt pas mal.
08:34On fait des concerts à Paris, on entend parler de nous, on se fait repérer, on joue au Transmusical Arena.
08:39Et alors là, direct, on a des propositions de maisons de disques.
08:45Moi, j'avais donné des cours de guitare à Ivan Attal.
08:47Ivan Attal, ouais.
08:49Et Ivan avait un pote qui bossait chez Epic Sony, à qui il avait donné la cassette de notre démo,
08:54tu vois.
08:55Et donc, ça s'est enchaîné assez vite, et on s'est retrouvés, après ce concert des trans, avec des
09:00propositions de maisons de disques,
09:01et des propositions pour enregistrer notre premier album à New York.
09:06Incroyable, c'est incroyable.
09:06Évidemment, un truc de fou.
09:08Ouais, j'ai vu ça.
09:08Et évidemment, comme tous ces trucs-là, ça arrive toujours en paquets, en même temps, j'ai été branché par
09:13Niagara pour les accompagner en tournée.
09:16Donc là, c'était ma première vraie tournée, tu vois, on jouait dans des Zénith, il y avait un tourbus,
09:22il y avait des conditions de fou, ça a été blindé.
09:24C'était quand ils avaient fait cet album-là, sur lequel j'ai vu la guerre, donc qui était un
09:28album quand même très rock, donc moi, je m'éclatais.
09:30Et je me suis retrouvé entre le marteau et l'enclume, évidemment, entre un conflit d'intérêt, entre partir à
09:37New York enregistré avec FFF ou continuer cette tournée géniale avec Niagara.
09:40C'est un dilemme, finalement.
09:41Oui, oui, c'est un dilemme.
09:43Alors, il y a eu des tractations, des embrouilles, évidemment, j'ai arrêté Niagara et je suis parti avec mes
09:47potes à New York enregistré cet album,
09:48parce qu'on ne pouvait pas passer à côté de ce truc, et puis c'était dément.
09:50Et c'est l'occasion jamais.
09:52Voilà.
09:52Donc Niagara, si tu veux, ça a duré six mois à peu près.
09:57Après, j'ai continué à bosser avec eux, et on a fait plein d'autres trucs, on a resté très
10:01proche.
10:02Mais mon activité de guitariste pour eux, ça a duré, ouais, c'était quoi, l'hiver 90-91.
10:11Et c'était fantastique.
10:13C'est quoi ?
10:13C'est fou, Félix et Yarole, guitariste, batteur et clavier à ses heures.
10:21Le nouvel album s'appelle Free For Fever.
10:24Le groupe s'appelle toujours FFF, c'est un rapport.
10:26Est-ce que FFF aujourd'hui veut dire Free For Fever, alors qu'avant, il voulait dire Fédération Française ?
10:31Non, non, en fait, il a eu un sens. Le nom FFF change de sens tous les jours.
10:36Des fois, on se réveille. Alors bon, en ce moment, c'est Free For Fever, ouais.
10:46Au niveau de FFF, première partie de Johnny Hallyday en 98.
10:51Finalement, tu me racontais que ta première rencontre, vraiment ta première vraie rencontre, c'était lors du film Jean-Philippe
10:57en 2006.
11:00Mais finalement, tu avais rencontré déjà Johnny Hallyday en 98, lors de ce concert.
11:04Ouais, on avait fait la première partie au Stade de France, le jour où...
11:09Enfin, non, d'ailleurs, pas ce jour-là. Il y a eu le premier jour où il n'a pas
11:12pu jouer parce qu'il pleuvait des cordes.
11:14Donc ça, on n'a pas joué non plus. Il y a Sinclair qui avait joué quand même, par contre,
11:17tout seul, lui.
11:19Et donc le lendemain, on était revenus pour le concert.
11:21Ouais.
11:21Et il était venu nous voir dans la loge, il nous avait dit bon, super les mecs, ravi que vous
11:28soyez là, bon concert.
11:30Génial.
11:30Voilà.
11:31Génial.
11:31Et comment s'est passée cette première partie ?
11:33Écoute, franchement...
11:34Le concert de 98 de Johnny, notamment avec tous ces musiciens, tous ces barquettes sur scène...
11:40Ouais, ouais, le concert était fantastique. On a pris une grande claque.
11:42C'était déjà toute l'équipe de McCartney, les musiciens.
11:45Et puis moi, je ne l'avais jamais vu en live.
11:47Et franchement, c'était un moment...
11:49Putain, on a tous pris...
11:51Tu vois, on est tous ressortis bouche bée du truc, quoi.
12:13Alors, hier, on se retrouve dans une de mes rues préférées, la rue Norvain qui mène à la place Dutertre.
12:17On a la rue Foulbeau qui est à droite.
12:19Exactement.
12:19Et pour l'anecdote, mon repère était peinte sur la place Dutertre pendant plus de 30 ans d'origine polonaise.
12:26Et cette place, on va revenir sur cette année 2011 qui a été un...
12:33Je ne sais pas comment tu...
12:35Quelles sont les émotions quand on est nommé au César ?
12:37C'est un point commun avec mon frère, d'ailleurs, qui a été...
12:41Oui, j'ai plusieurs fois.
12:42Au César.
12:43On l'a donné ni l'un ni l'autre.
12:45Franchement...
12:45Et en fait, c'est un petit coucou à Melville que j'apprécie beaucoup.
12:50Un grand acteur de cinéma qui a été nommé plusieurs fois dans de nombreux films.
12:54Et il y a beaucoup de films, notamment L'amour et les forêts, qui m'a beaucoup touché.
13:01Et en 2011, donc, nommé au César pour la meilleure musique de film pour Bus Palladium de Thomson.
13:08Bus Palladium, d'ailleurs, un endroit qu'on connaît très bien tous les deux,
13:12qui a été beaucoup marqué tous les deux, notamment toi.
13:16Aujourd'hui, on se pose souvent la question, est-ce que les compositions de musique se font avant, pendant ou
13:21après le...
13:21Alors là, il y avait deux étapes. Pour ce film, il y avait deux étapes.
13:24Il y avait effectivement des chansons qu'on a fait avant le tournage, parce que vu que c'était l
13:27'histoire d'un groupe de rock,
13:28il fallait composer le répertoire et les morceaux qu'ils allaient interpréter en live, sur scène ou en studio dans
13:33un film.
13:34Donc ça, ça a été fait avant. Et après, il y a la musique, entre guillemets, le score, qui accompagne
13:39le film.
13:39Et ça, ça a été fait après, une fois qu'on avait les images.
13:43Petite parenthèse, mes parents, quand ils sont quittés Angers, ils étaient de Angers,
13:47ils sont arrivés à Paris au début des années 50, ils habitaient là.
13:51Donc, au-dessus de la crème, au 15, au 15, au 15.
13:55Je ne sais plus si c'était premier ou deuxième étage, je m'en ai montré une fois, mais...
13:58C'était leur tout premier appartement à Paris.
14:00Ça devait être pas mal, la place Jutert, toi, dans les années 50.
14:03Ça devait être assez cool.
14:04Et alors, ce qui est marrant, c'est qu'après avoir été nommé au César,
14:09pendant dix ans, tout le monde me disait, mais dis donc, depuis, t'as dû avoir plein de propositions, t
14:13'as dû faire plein de films.
14:15Et bien, apparemment, c'est l'inverse.
14:15Et bien non, que mal.
14:17Apparemment, c'est l'inverse.
14:17Personne m'a rappel, après.
14:20C'est l'inverse.
14:21Donc, voilà.
14:21Mais ça te permet aussi de filtrer beaucoup plus, aussi, d'avoir...
14:25Ah bah, j'aurais bien aimé filtrer, mais j'ai pas eu vraiment de propositions.
14:27Peut-être moins de propositions, mais des propositions un peu plus prestigieuses, en tout cas beaucoup plus sélectives.
14:31Après, tu sais, les musiques dans le cinéma, les gens mettent dite des casquettes encore plus que dans d'autres
14:36trucs.
14:36Donc, du coup, moi, j'étais un musicien rock.
14:37Donc, on m'a appelé effectivement, ah tiens, il y a un groupe de rock, tu voudrais pas t'en
14:40occuper.
14:41Voilà.
14:41Alors que moi, ce qui m'intéresserait dans le cinéma, c'est de faire aussi des musiques de films qui
14:45n'ont rien à voir avec le rock.
14:47Alors, en parlant de films, il y a cette rencontre avec Johnny Hallyday qui se fait en 2006, donc quelques
14:51années avant.
14:522005, ouais.
14:532005 pour une diffusion en 2006 du film Jean-Philippe.
14:57Ouais.
14:59Donc, il te rappelle juste après, finalement, les Césars pour arriver en 2002 pour collaborer avec lui.
15:05Ouais, je sais plus exactement, mais ouais, en fait, si tu veux, donc nous, on se croise en 2005 sur
15:08le tournage.
15:09Ouais.
15:09Et je fais partie quand même, je signale, de ces rares personnes qui ont joué leur rôle au cinéma avant
15:15de le jouer dans la vie.
15:15Avant de le jouer dans la vie.
15:16Donc, j'ai joué le rôle du guitariste de Johnny Hallyday au cinéma en 2005.
15:19Je suis devenu en Suisse en 2011.
15:22Donc, écoute, oui, en 2011, il avait sorti cet album avec Mathieu Chédide, jamais seul.
15:30Vu qu'il fallait un guitariste qui prenne de la place et qu'il fallait un groupe un peu réduit,
15:34un peu rock'n'roll autour de lui,
15:36ils m'ont appelé.
15:46On fait une émission de radio à RTL et ça se passe super.
15:50Et là, si tu veux, on joue un mini concert de peut-être 7 ou 8 chansons, les deux singles
15:57d'une album qui va sortir.
15:58Et puis, les morceaux les plus rock de son répertoire.
16:01Majoli Sarah, la musique que j'aime, Gabriel, Fils de Personne.
16:06Et en fait, si tu veux, on y va pied au plancher, nous, avec les musiciens.
16:10Moi, j'ai appelé mes potes musiciens de rock.
16:13Ils viennent tous de groupe de rock, un peu de l'underground et tout, machin.
16:17Limite un peu punk.
16:18Et on fait un concert qui déboîte.
16:21On se dit, putain, c'est la seule chance de notre vie qu'on a de jouer avec lui.
16:23On y va à fond, quoi.
16:27Et du coup, le concert, c'est vraiment électrique.
16:30On le voit sur celui.
16:31Il est là, comme ça, un peu genre...
16:33Il est trop content.
16:35Tu sais qu'il est content.
16:36Tu sais qu'il y a une vraie énergie.
16:39Et donc, normalement, c'était fini, quoi.
16:41C'est-à-dire que là, il me dit, écoute, super.
16:43Moi, je pourrais tourner à Los Angeles.
16:44Là, on va répéter pour ma tournée, mais tu viendras nous voir en concert.
16:47C'était super, merci.
16:49Ouais, putain, franchement, c'était trop cool.
16:50Moi, j'avais fait un concert avec Johnny. J'étais trop content, quoi.
16:53Et puis, à deux heures du mat', il me rappelle et il me dit, bon, écoute, c'était vraiment bien.
16:56Il y avait l'habitude d'appeler, justement, pas mal de gens, notamment Michel Drucker, pour l'anecdote, pour le
17:01Stade de France, pour l'hélicoptère.
17:04Et donc, il me dit, à deux heures du mat', dis donc, ouais, franchement, c'était super.
17:08Est-ce que ça te pense de venir en tournée avec moi ?
17:10Je dis, bah, encore une fois, évidemment, un coup de fil de fou, quoi.
17:14Et donc, voilà, puis après, c'était parti.
17:16Moi, je me suis dit, mais...
17:18Et c'est un pacte qui a été signé entre vous ?
17:20C'est-à-dire, un pacte tacite ?
17:21Non, non, bah, justement, il m'appelle à deux heures du mat' et il me dit, est-ce que tu
17:24veux venir en tournée avec nous ?
17:25Je dis, évidemment.
17:27Sauf que le lendemain, je me réveille, je lui dis, bon...
17:30Je ne le connais pas bien, le gars.
17:31Je lui dis, attends, peut-être, il se trouve deux heures du mat', il s'est décollé.
17:34Et puis, il m'a proposé ça, mais quand il va en parler à la prod, ils vont dire, mais
17:38non, non, t'es fou.
17:39Donc, bon, c'est un petit peu, genre, un peu dubitatif.
17:44J'attends, je me dis, bon...
17:45Et puis non, le lendemain, j'ai un coup de fil de la prod.
17:47Bon, bah, Johnny m'a dit que c'était toi le guitariste.
17:49Voilà, les répétitions, ça se fait à Los Angeles du temps au temps, va t'emballer ton billet.
17:53Les conditions pour le spectacle, c'est ça, ça, ça, ça, ça, tac, tac, et voilà.
17:57C'était parti.
17:58Donc, pacte signé, finalement, voilà, donc, guitariste, directeur musical de Johnny Hallyday.
18:02Ouais, ouais, ouais.
18:03Et moi, je me suis...
18:04C'est fait au fur et à mesure, en fait.
18:07C'est un petit peu...
18:07Dans la lignée d'Ivan Kassar, ou pas du tout, finalement ?
18:09Bah, on...
18:11Pas du tout dans la même approche...
18:12La même approche de...
18:13Du truc, justement, c'est parce qu'il avait beaucoup travaillé avec Yvan.
18:16Ce qu'avait fait Yvan Kassar, c'était très bien.
18:18Ouais.
18:18Et si tu veux, Yvan Kassar, lui, c'est un...
18:23Un arrangeur...
18:24Plus...
18:24Bah, il vient du classique, donc, si tu veux, lui, quand il commence une tournée,
18:28il a un petit peu les arrangements en tête, déjà, de qui va jouer quoi.
18:31Ouais.
18:31Tu vois, la guitare, elle va jouer ça, la basse, elle va jouer ça, les trucs, machin, minuit.
18:35Moi, j'avais vraiment été mandaté pour faire un groupe de rock.
18:39Donc, dans un groupe de rock, chacun joue ce qu'il a envie de jouer, un peu, tu vois ?
18:42C'est-à-dire, tu vas pas dire...
18:44Donc, on est vraiment reparti comme si on était avec le batteur, le bassiste et les autres musiciens.
18:51Ils étaient un petit peu...
18:52Du coup, tu fais des propositions et après Johnny te dit...
18:54Non, je leur disais à eux de me faire des propositions.
18:56D'accord.
18:57Alors, c'est toi le batteur, cette chanson-là, comment toi t'as envie de la jouer ?
18:59Donc, c'est Johnny qui te propose des batteurs, par exemple.
19:01Ah oui, non, le batteur, c'était son batteur, ça, il voulait le garder.
19:04D'accord.
19:05Jeff Dogmore.
19:07Mais si tu veux, Jeff, ce batteur-là, je lui dis, bon bah écoute, cette chanson-là,
19:10comment toi t'as envie de la jouer ? Qu'est-ce que toi t'as envie de mettre dedans
19:13?
19:13Il me dit, qu'est-ce que je joue ?
19:15Je lui dis, je ne sais rien.
19:15Toi, qu'est-ce que toi t'as envie de jouer ?
19:17Tu vois ?
19:18Donc, c'était plutôt dans ce sens-là que ça s'est fait.
19:22Et du coup, le résultat était super.
19:24C'était vraiment une version pimpée, énergique, vraiment un peu pied au plancher des morceaux.
19:33Tu vois ? Et c'est un petit peu ce dont lui, il avait envie, ce retour vers un truc
19:37plus organique,
19:38plus électrique, quoi, plus rentre-dedans.
19:41Et puis, je pense, le public aussi, parce que la tournée, ben, dès qu'on a commencé à faire les
19:45concerts en France,
19:47les gens étaient au rendez-vous et ils avaient l'air de vraiment s'éclater.
19:50Et il y en a un qui m'a fait cette magnifique phrase après le premier concert.
19:55Merci, Yarol, tout nous a rendu d'autres Johnny.
19:58C'est incroyable.
19:59Ça, c'est incroyable.
20:00Mission accomplique, quoi.
20:01Tu vois, pour les gens, ça peut être un peu...
20:04Pour définir ce rôle de directeur musical, ça parle fort forcément à tout le monde.
20:09C'est de choisir les bonnes personnes au bon endroit.
20:11Alors, choisir les bonnes personnes au bon endroit déjà.
20:13Et puis, surtout, insuffler un petit peu la couleur générale des arrangements du morceau.
20:18Est-ce que, par exemple, une chanson, je ne sais pas, on va dire « Le pénitencier », par exemple.
20:23C'est un petit peu comme...
20:24C'est un petit peu comme...
20:27C'est un petit peu comme...
20:40Un instrumentaire.
20:42Comment est-ce qu'on va le...
20:43Comment on va le...
20:45Le traiter ?
20:46Qu'est-ce qu'on peut lui apporter de différent ?
20:48En plus, quand tu écoutes des morceaux comme ça,
20:50qui sont des chansons qui ont été créées par lui en 64 ou un truc comme ça,
20:56il y a 274 versions, quoi.
20:58La rapide, la funky, la plus lente, l'acoustique, la bluesy, la machin...
21:02Donc là-dedans, comment tu peux faire un truc un peu...
21:04En prenant, par exemple, le morceau de « Que je t'aime »,
21:07qui était plutôt « Que je t'aime » rock, « Que je t'aime » orchestral...
21:10« Que je t'aime », c'était...
21:11« Que je t'aime », mais elle est un petit peu...
21:13quand même assez précise dans les arrangements, elle-même, la chanson.
21:16Mais c'est sûr que les refrains, là, sur les versions qu'on faisait,
21:19ça rentrait dedans, ouais.
21:20Ouais, il y avait beaucoup de guitare.
21:22Alors, effectivement, sur...
21:24Je m'étais posé une question là-dessus, en parlant d'aujourd'hui,
21:27parce qu'on ne parle pas que, effectivement, du passé.
21:30Je pense à un ami qui me parle souvent, effectivement, du « Vraiment Marc ».
21:33Le « Vraiment Marc », c'est le point entre le « Mardi R » et d'aujourd'hui,
21:36les artistes qui ont travaillé avec des artistes très importants,
21:41un peu plus jeunes, et puis après, qui se sont rodés avec eux.
21:44Est-ce que dans ta façon de travailler avec Johnny,
21:47il y a un avant et un prêt Johnny dans ta façon de voir les choses,
21:49de travailler avec les artistes après ?
21:51Est-ce que tu as une vision totalement différente ?
21:53Dans ma vision...
21:54Alors, totalement différente, je ne sais pas.
21:56Mais en tout cas, ouais, dans ma vision de la musique,
22:01ben, tu ne peux pas passer 7 ans à côté de ce mec sans avoir appris des trucs.
22:04Déjà, la façon de chanter, déjà, je ne chante plus pareil.
22:08Ça, c'est sûr qu'à force de l'écouter et de chanter,
22:10c'est vraiment...
22:12Je chante différemment.
22:14Et puis, si tu veux, lui, il avait ce truc dément de...
22:18C'était le contraire de la nostalgie.
22:20Donc, lui, il était toujours intéressé par ce qu'allait se passer demain.
22:23Justement, il y a demain et pas hier.
22:25Qu'est-ce qu'on va faire demain ?
22:26C'est quoi la prochaine album ? C'est quoi la prochaine chanson ?
22:29S'il y a un mec qui aurait pu se reposer sur ses lauriers, c'est lui.
22:33Et puis, toujours, cette espèce d'insécurité par rapport au public.
22:37Est-ce que les gens vont aimer ?
22:38Est-ce qu'ils vont venir au concert ?
22:39Est-ce qu'il va y avoir du monde ?
22:40C'était un grand inquiet, tu vois, de ça.
22:44Il avait envie que les gens l'aiment.
22:46Il avait envie que ça marche.
22:47Il avait envie que les gens aiment ses chansons,
22:50aiment le concert.
22:52Tu vois, on est au pied du Sacré-Cœur,
22:56un des monuments, le monument le plus important.
23:00Il faut la queue pour rentrer dans le Sacré-Cœur, les gens ?
23:01Il y a énormément de queues pour rentrer au Sacré-Cœur.
23:03C'est très folie.
23:03C'est ce qu'on appelle le sur-tourisme.
23:06Donc, c'est bien ou pas bien, c'est en fonction de ce qu'on...
23:09Voilà.
23:11Mais là, on a quand même la capitale.
23:14Voilà, avec une vue extraordinaire.
23:19J'ai déjà monté tout en haut ?
23:20Ouais, j'ai déjà monté tout en haut, ouais.
23:27Comment finalement t'en es venu à arriver dans ce quartier
23:30qui est pour moi le plus beau quartier du monde ?
23:32Ecoute alors, donc comme je te dis,
23:35mes parents, en premier appartement, c'était à Montmartre.
23:37Donc, ma mère, elle était toujours très attachée.
23:39Et en fait, ma mère, elle aimait bien fabriquer de sel,
23:43un peu par le Babacool.
23:44Elle aimait bien les tissus, les coussins, tout ça.
23:46Donc, quand j'étais mou,
23:47on me traînait au Marché Saint-Pierre, mec.
23:49Marché Saint-Pierre, mais c'est incroyable.
23:50Alors maintenant, j'adore le Marché Saint-Pierre.
23:52Mais quand j'étais mou...
23:52Tu te perds dedans, à travers.
23:53Les étages et tout.
23:55Quand j'étais mou, ça me saoulait
23:56d'attendre trois plombs au Marché Saint-Pierre.
24:00Le seul truc qui était cool au Marché Saint-Pierre,
24:02c'est qu'il y avait les glaces en face.
24:03Donc, après le Marché Saint-Clair, si on avait été sage,
24:06hop, on pouvait manger une glace.
24:07Saint-Pierre, pas Saint-Clair.
24:08Saint-Pierre Saint-Pierre Saint-Pierre.
24:10Dès la fin des années 80,
24:12je traîne de plus en plus dans le quartier ici,
24:13parce qu'il y a effectivement
24:15tous les concerts à Piyal.
24:18Moi, j'allais souvent à Piyal,
24:19quand j'étais mou,
24:19me baver devant les magasins de guitare,
24:22tu vois, loucher sur la Gibson machin
24:25et la batterie machin.
24:26C'est un paradis pour les musiciens en bas.
24:29Tu as des salles de concert notamment,
24:30donc La Cigale,
24:32l'Élysée Montmartre.
24:34Oui, bien sûr.
24:34Moi, je traîne de plus en plus dans ce quartier.
24:38Avec FFF, comme je te disais,
24:39on a notre local de répétition à l'hôpital Bretonneau,
24:42qui est juste en bas, l'hôpital éphémère,
24:44qui avait été un endroit fantastique
24:46pendant dix ans, de 1990 à 2000,
24:49qui a été une espèce de cité d'artistes,
24:51de lieu de création absolument hallucinant, génial,
24:54où se mélangeaient des musiciens, des plasticiens,
24:57des photographes, des danseurs,
25:00de tout et n'importe quoi,
25:03des gens qui répétaient des pièces de théâtre.
25:06Enfin, il y avait une effervescence dans ce lieu de fou.
25:08Et si tu veux, moi, au bout d'un moment,
25:10j'en avais marre de...
25:11Cette effervescence, finalement,
25:12si tu n'as pas forcément d'inspiration,
25:15tu dois côtoyer tous les jours,
25:17comme c'est le cas dans le vrai Montmartre,
25:19quand on arrive dans un bistrot ou dans un restaurant.
25:22Bien sûr.
25:23Voilà, un plombier qui rencontre un attaché de presse.
25:26Complètement.
25:27Il y avait un photographe qui avait un local en face de nous,
25:28il s'est retrouvé à faire des photos
25:30pour la prochaine, pour la prochaine de l'album.
25:34Tout est bé, tout est bueno.
25:37Tout est bonne.
25:57Là, on a fait ce concert, on a dit,
25:58bon bah, les gars, franchement, on ne peut pas s'arrêter là.
26:00Il faut qu'on monte sur l'album.
26:38Merci Harold pour cette première émission, la traversée du Vraiment-Martre, j'espère
26:42que tu as pris autant de plaisir que moi à la faire, à déambuler dans les rues de
26:47Vraiment-Martre à travers cette Cadillac d'époque de 1976, temps magnifique, on est gâté
26:53devant les villes de Montmartre, je voudrais remercier les amis pour ce premier numéro
26:56de la traversée du Vraiment-Martre, toutes mes équipes depuis 20 ans, j'ai compté, on
27:01est plus de 300 personnes qui ont participé de près ou de loin à la réussite d'Olio TV
27:06Productions, notre société de production, à travers des créations originales, je voudrais
27:10remercier aussi Serge Calfon et particulièrement Nagui, merci à tous les amis, on se retrouve
27:16très rapidement pour une nouvelle émission de la traversée du Vraiment-Martre, à très
27:20vite, ciao !
27:21Ciao !
27:35...