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  • il y a 11 minutes
À Paris, sur le parquet du centre sportif Émile Anthoine, Anne-Elisabeth d’Acremont ne passe pas inaperçue. À 26 ans, cette athlète en fauteuil brille par son intensité et sa maîtrise du jeu. Rugby, basket, stages en équipe de France : son parcours est celui d’une battante, forgée par la résilience et la passion du sport.

Diagnostiquée à l’adolescence d’une maladie neurologique entraînant une tétraparésie – une paralysie partielle des quatre membres – Anne-Elisabeth aurait pu renoncer. Elle a choisi l’inverse : se dépasser. Très vite, le rugby et le basket fauteuil deviennent alors ses terrains d’expression. Des disciplines exigeantes dans lesquelles elle s’impose au point de participer à plusieurs stages en équipe de France.

Aujourd’hui, elle s’entraîne avec l’unique équipe féminine française de basket fauteuil au sein du club Cap Saaa, à Paris. Une structure prestigieuse, au cœur d’un univers où les contacts sont parfois rudes, mais où la solidarité est bien présente. «  Quand je viens au sport, il n'y a plus rien autour, je ne pense qu'à ça  », nous confie-t-elle, lors de son entraînement. Si la discipline est rattachée à la Fédération Française Handisport et figure depuis 1960 au programme des Jeux paralympiques, elle reste encore méconnue du grand public. Un an après les Jeux de Paris 2024, Anne-Elisabeth porte un regard lucide sur la visibilité du handisport en France. Elle évoque aussi, avec franchise, les difficultés quotidiennes liées à son handicap, l’accès au sport, le manque de reconnaissance ou de moyens.

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Transcription
00:00Il faut aussi penser qu'on va tous être à un moment en situation de handicap,
00:04que ce soit dans la famille ou même nous.
00:06Même quand on va vieillir, on va tous vieillir un jour
00:09et c'est une forme de situation de handicap aussi.
00:17Je m'appelle Anne-Xabette Dacremont, je suis sportive de haut niveau.
00:21Je fais du basket et du rugby fauteuil au club de Cap-Sa à Paris dans le 15e arrondissement.
00:25Je suis au chômage mais du coup j'aide aussi le club dans la communication.
00:30Ouais, bienvenue Caro.
00:34Quand je viens au sport, il n'y a plus rien autour.
00:37Donc en fait, je suis là vraiment pour jouer et je suis dans le jeu et je ne pense qu
00:42'à ça.
00:43Après le reste, là par exemple mes problèmes d'ascenseur, on ne verra.
00:48Là pour l'instant chez moi, je suis au 3ème étage et je n'ai plus d'ascenseur depuis plus
00:52d'un mois et demi.
00:53Donc je demande à des gens, à des amis, à des potes, je squash chez des potes aussi.
00:57Heureusement qu'il y a des gens cools dans la rue aussi qui veulent bien aussi me porter du coup
01:01pour rentrer chez moi.
01:02Moi, on ne se rend pas compte de vraiment ce que ça peut engendrer.
01:06Moi, du coup, tous les jours, c'est hyper compliqué rien que pour descendre les poubelles ou faire mes courses,
01:12en fait, du coup, c'est hyper compliqué.
01:14Mais on ne se rend vraiment pas compte qu'il y a plein de petites choses comme ça où, en
01:17fait, pour d'autres, c'est énorme.
01:19Avant, je les mettais, mais ça, c'était avant.
01:24Mais du temps à avoir son propre fauteuil.
01:26Déjà, il faut être sûr de vouloir faire le sport parce que c'est vrai que ça coûte cher.
01:30Celui-là, il était à vers 7500, je crois, un truc comme ça.
01:34Et on ne peut pas forcément tous payer ces prix-là.
01:38Donc moi, j'ai le club qui m'a aidée.
01:40Après, tous les clubs n'aident pas forcément.
01:42Après, il faut essayer de monter des dossiers, de trouver des partenaires ou autre.
01:46Celui de tous les jours, c'est 10 000 euros.
01:49Et du coup, tout n'est pas pris en charge parce que j'avais une bonne mutuelle et que j
01:55'ai fait plein de dossiers.
01:56Je crois qu'il me restait peut-être deux ou trois mille à ma charge à laquelle je me suis
02:00fait aider par une association.
02:02Mais du coup, on est obligé de faire plein de dossiers à droite, à gauche pour pouvoir avoir à chaque
02:06fois un petit peu d'aide.
02:12Moi, souvent, dans les écoles, je pose cette question.
02:14C'est une question qu'on pose avec mon club aux enfants, souvent.
02:17On leur demande, pour vous, c'est quoi le pire des handicaps ?
02:21Donc là, ils vont me sortir plein de sortes, donc aveugles, sourds, muets, paraplégiques, tétraplégiques.
02:27Et un jour, il y a un jeune, il m'a sorti, c'est l'ignorance.
02:30Ouais, l'ignorance, je pense que c'est quand même quelque chose qu'il faut penser aussi.
02:35Et quelquefois, il faut aussi penser que les gens n'ignorent pas en faisant exprès.
02:40Mais justement, il faut informer et ne pas rester dans les sujets tabous aussi.
02:48Moi, c'était extraordinaire, les Jeux.
02:51Et c'était super de pouvoir voir aussi autant de monde au Paralympique.
02:55On en a beaucoup parlé un temps et maintenant, c'est comme si c'était fini, vraiment.
02:59Il n'y a pas assez de visibilité, il n'y a pas assez d'informations qui sont transmises.
03:03Sachant qu'il faut aussi penser qu'en fait, on va tous être à un moment en situation de handicap,
03:07que ce soit dans la famille ou même nous.
03:10Même quand on va vieillir, on va tous vieillir un jour.
03:12Et c'est une forme de situation de handicap aussi.

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