00:00Un ordre du ministre de l'Intérieur mal vécu dans les rangs de la police,
00:04c'est cette décision de Laurent Nunez de suspendre l'usage de la grenade assourdissante
00:08dans les manifestations lycéennes après qu'un jeune a perdu sa main à Lens.
00:12Les forces de l'ordre se sentent montrées du doigt, d'autant disent-elles
00:15que cette grenade dite ASSD a été rarement utilisée depuis le début du mouvement lycéen.
00:21Vous vous êtes procuré pour cela des chiffres, William Molinier ?
00:24Une vingtaine de grenades assourdissantes maximum ont été tirées depuis fin septembre,
00:29dont les trois quarts par la CRS8, une unité spécialisée dans les émeutes urbaines de haute intensité.
00:34Autant dire que le recours à la grenade ASSD a été très marginal depuis le début du mouvement sur le
00:40terrain.
00:40Sa suspension n'a donc que très peu de conséquences.
00:43En revanche, pour les policiers, ce retrait symbolique crée un malaise.
00:48À nouveau, on fait porter la responsabilité aux policiers, ça gaste l'un d'entre eux.
00:53Surtout, ce sont les propos rapportés d'Emmanuel Macron qui ne passe pas chez les forces de l'ordre.
00:58Le chef de l'État a réclamé davantage d'empathie de la part des policiers face aux lycéens.
01:03Au premier incident, le président nous a une nouvelle fois lâchés.
01:06Comme lors de l'affaire Naël, regrette un CRS.
01:09Et déjà, dans les rangs, une petite musique semble s'installer.
01:12Si un policier ou un gendarme est gravement blessé,
01:16leur collègue pourrait baisser les boucliers et refuser de retourner en première ligne.
01:20Un scénario improbable veut croire un commissaire parisien
01:24qui reconnaît pourtant entendre lui aussi monter cette colère depuis ses propres rangs.
01:29William Molinier, Service Police, Justice d'Europe 1.