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  • il y a 3 heures
Benjamin Patinaud de la chaine Bolchegeek reçoit Boris Lojkine et Abou Sangaré, réalisateur et acteur principal de "L'Histoire de Souleymane." Avec Mejdaline Mhiri et Théo Bourrieau, évoquent le casting du film, sa réception à Cannes et le combat pour la régularisation de Sangaré.

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Transcription
00:00Du coup, Abou Sangaré et Boris Lojkine, allez-y, vous pouvez vous installer là.
00:03Bonjour à tous les deux.
00:05Ça va aller ? Ah, je vous avais amené, c'est parfait.
00:08Ça me fait plaisir, c'est bon, toutes les consignes sont bien passées.
00:13Donc ce que je propose, je vais vous présenter un petit peu pour les gens
00:15qui auraient peut-être déjà pas vu le film ou qui auraient peut-être pas suivi
00:18tout ce qui s'est passé autour.
00:21Et puis après, on va faire un entretien un petit peu sur ces questions-là
00:24et puis toutes les questions qu'il y a autour des problématiques du film
00:27et de comment il a été fait.
00:29Donc comme je disais, Boris, réalisateur du film, l'histoire de Souleymane
00:33et Abou, le comédien qui joue du coup le fameux Souleymane du film.
00:39Film qui a eu, mine de rien aussi, le prix du jury à un certain regard à Cannes.
00:47Et Abou, alors que c'est votre premier non-métrage,
00:51c'est le prix d'interprétation masculine aussi.
00:56Donc c'est quand même une histoire assez incroyable.
00:57Je peux me permettre de te couper juste un point.
01:00Je crois que Sangaré, il préfère être appelé Sangaré plutôt que Abou.
01:02Ah ouais, c'est vrai ?
01:03Ouais.
01:04D'accord.
01:04Très bien.
01:05Moi, je l'ai rencontré, j'ai commencé à l'appeler Abou.
01:07Là, je me suis rendu compte que sa copine l'appelait Sangaré.
01:09Je me suis dit, ah, je pense que j'ai pas le bon logiciel.
01:11Ah ouais, ok, d'accord.
01:12Je me suis corrigé.
01:13Très bien, c'est noté.
01:13Parce qu'en plus, on est d'accord que dans le film, le nom de famille de Souleymane...
01:18C'est Sangaré.
01:18C'est Sangaré, oui.
01:19Et j'ai pas beaucoup d'imagination.
01:20Ok, d'accord, très bien.
01:22Très bien.
01:23Alors, pour les gens qui connaîtraient pas le film, l'histoire de Souleymane, c'est quoi ?
01:28C'est l'histoire de Souleymane qui est un travailleur sans papier, qui est en situation irrégulière,
01:34qui fait des boulots de livreur, comme on connaît beaucoup dans ces situations-là.
01:39Et pourquoi c'est son histoire ? C'est pas juste qu'on va raconter son histoire, c'est que
01:42le film commence à son rendez-vous à la préfecture pour essayer d'obtenir ses papiers.
01:49Et on remonte vivre 48 heures de la vie du personnage, ses galères de travail extrêmement pénibles, tout en essayant
01:58de préparer ce fameux rendez-vous qui est crucial pour lui,
02:02ses galères aussi d'hébergement, les centres, l'aide, etc.
02:05Ses relations aussi avec les autres, avec ses collègues, mais aussi avec la police, avec... Voilà, il se passe énormément
02:11de choses dans ses 48 heures.
02:13C'est un peu 24 heures chrono, mais dans la vie d'une personne sans papier en plein Paris.
02:19Et le film est assez éprouvant à ce niveau-là.
02:22Et donc moi, je recommande évidemment de le voir. Il est sorti le 9 octobre, si je me souviens bien.
02:27Il est encore en salle. Il est encore dans certaines salles, donc je le conseille.
02:31Ça raconte vraiment beaucoup de choses et c'est assez intense.
02:34On est tout le temps collé au personnage, filmé de très très près.
02:39On suit vraiment sur un très très court laps de temps.
02:42Et évidemment, il y a l'enjeu de... À ce rendez-vous, il va devoir raconter son histoire, mais on
02:48va en reparler de ça.
02:49En tout cas, moi, je tenais à dire que ce genre de film est assez important, puisque sur ces questions
02:55-là qui sont extrêmement médiatisées,
02:58qui sont médiatisées notamment de plus en plus avec des biais politiques ou des biais racistes ou des préjugés, des
03:05nautobes, etc.
03:07Le cinéma de fiction, puisque ça reste avant tout une fiction, même si c'est un peu particulier, on va
03:12en reparler aussi.
03:13C'est ce qui permet de vivre un peu un chouïa, de toucher un petit peu par quelque chose de
03:19viscéral et pas juste des grands discours,
03:22à des vies qu'on ne connaîtrait pas.
03:25Et notamment, voilà, là on voit toutes ces galères que, par exemple, des gens comme moi n'ont pas vécu.
03:30Effectivement, moi, je n'ai pas eu ces galères-là pour avoir des papiers en France.
03:35Je n'ai pas connu la situation des livreurs que là on voit au quotidien,
03:40alors que pour beaucoup de gens, c'est une personne qu'on va voir cinq minutes à la porte,
03:44c'est tout ce que les gens vont en retenir.
03:46Cinq minutes ?
03:46Oui, encore cinq minutes, je suis un petit peu large.
03:51Donc c'est un film qui fait ça et je trouve que c'est un petit peu important
03:54parce que c'est des situations dont on parle énormément dans les médias.
04:00Mais par contre, les gens qui les vivent, on leur donne assez peu la parole.
04:03Je propose qu'on regarde la bande-annonce.
04:06Monsieur Sanguerre, moi je suis là pour vous écouter.
04:10C'est quoi votre histoire à vous ?
04:14Frérot, je t'ai donné le compte pour que tu travailles.
04:17Il faut travailler, il faut travailler, frérot.
04:19On n'est pas venu en Europe pour jouer.
04:21Fais le tour.
04:22Toi, c'est pas Emmanuel, toi.
04:24Effectivement.
04:24C'est pas lui, là.
04:25C'est pas lui, là.
04:27Suleiman.
04:28Mourian.
04:29Mourian.
04:31Moi, j'ai besoin de sous.
04:33Demain, je te paye à 13h.
04:35C'est pour moi.
04:36Courage.
04:37Merci beaucoup.
04:38Vous voulez un coup de main ?
04:39Au revoir.
04:41Suleiman, c'est pas le 22 février, c'est le 19 février.
04:44Entretienment, on peut donner deux jours.
04:45On va maîtriser l'histoire.
04:50Il y a un problème avec le compte.
04:59On a mis, on a mis, on a mis, tu es toujours en temps.
05:03Vous pouvez avoir un compte.
05:07Ça va, t'es pas trop fatigué ?
05:10115, Paris, bonjour.
05:11C'est pour avoir une place, poussez-toi, s'il vous plaît.
05:16Faut pas stresser, reste optimiste.
05:19S'il vous plaît, ne me pousse pas.
05:21Au lieu de me pousser, s'il vous me passez la commande.
05:23T'as pas le droit de professeur.
05:24Tu as peur pour l'entretien ?
05:26Comment ça, tu me dois venir ?
05:28Je veux mon argent.
05:29T'as pas à avoir peur.
05:30C'est grave, non ?
05:32Allez, dégage !
05:33Tu sais ce que tu as vécu.
05:36Et si on m'est prête pour la montée ?
05:38Non, mais toi, t'es pas un monteur.
05:41Tout ira bien.
05:43Alors déjà, sans garer, j'ai une première question pour vous,
05:46qui est que l'histoire de Suleymane,
05:48c'est pas juste le film, c'est effectivement une fiction,
05:51mais c'est aussi votre histoire en partie.
05:54Est-ce que vous pouvez un peu nous expliquer votre parcours ?
05:59Alors, bonsoir à tous, et surtout merci pour votre invitation.
06:03Merci à vous.
06:03Moi, je m'appelle Abou Sangaré, d'origine guinéenne.
06:06Je suis arrivé en France en 2017 à l'âge de 16 ans.
06:12Après, je suis parti directement sur Amiens.
06:16Et depuis 2017 jusqu'à maintenant,
06:19je vis là-bas tant que mécanicien poilou,
06:22ce que j'ai étudié au lycée.
06:25Et voilà.
06:27Et c'est des choses que vous avez pu mettre dans le film ?
06:31Non, il n'y a pas de mécanique dans le film.
06:33Alors, ce film part de la livraison et les sans-papiers.
06:37C'est vrai que d'un côté, j'ai fait partie des sans-papiers,
06:42mais en ce qui est de la livraison,
06:44ce côté-là, je n'avais jamais fait à part de ce projet de film.
06:50Donc, en ce qui concerne mon histoire personnelle,
06:53oui, à la fin de la scène,
06:57ça, j'ai mis mon histoire personnelle dedans,
06:59qui est l'histoire de ma mère.
07:03Et cette histoire, je ne sais pas si vous voulez en parler un petit peu,
07:06mais c'est l'histoire de la raison pour laquelle vous avez fait tout ce parcours-là.
07:11et tout ce parcours.
07:13Parce qu'il me semble que dans le film, c'est le même.
07:15C'est-à-dire, si je me souviens bien,
07:17Guinée, Algérie, Libye, Italie.
07:20Exactement.
07:21Alors, moi, je suis parti pour une raison de ma mère.
07:25En gros, c'est une personne qui était vraiment malade.
07:28J'aime pas aborder le terme,
07:30mais sinon, les personnes comme ma mère,
07:33on les considère comme un fou,
07:36mais pas un fou qui a fumé la drogue pour être fou,
07:39mais un fou qui a eu une maladie et qui a perdu son cerveau.
07:44Du coup, moi, j'ai vécu comme ça avec ma mère,
07:48jusqu'à un moment donné,
07:50avec toutes les charges qu'elles avaient.
07:53J'avais plus le moyen de financer,
07:55j'avais des besoins médicaux.
07:56Du coup, j'ai décidé de partir en 2016.
07:59Et j'ai pris la route du Mali,
08:02j'ai traversé le désert,
08:04je suis arrivé en Algérie.
08:06Là-bas, j'étais trop petit pour travailler.
08:09J'ai travaillé avec des personnes un peu à domicile.
08:13Après, on a pris le convoi pour rentrer en Italie,
08:17enfin, en Libye.
08:20Arrivée en Libye, bon, honnêtement,
08:21je m'attendais vraiment que ça allait être facile en Libye,
08:25mais c'était l'enfer.
08:27Il ne fallait même pas que je passe par là.
08:30C'était l'enfer.
08:30J'ai fait deux semaines de prison,
08:32sans savoir pourquoi.
08:34Parce qu'il fallait juste payer l'argent.
08:36Et si tu n'as pas d'argent,
08:38c'est qu'il faut que soit tu mères là-bas,
08:39ou soit tu deviens autre chose.
08:41Donc, mais Dieu merci,
08:44j'ai fait des bonnes personnes qui m'ont aidé,
08:47juste à me faire traverser,
08:50sans trop rien demander.
08:52Je suis rentré comme ça en Italie.
08:55Après, l'Italie, bon,
08:57pour moi, c'était compliqué.
08:58Qu'il y ait une personne qui ne parle pas correctement français,
09:00quand on lui demande d'apprendre la langue italienne,
09:02surtout quelqu'un qui a une charge déjà sur le pôle,
09:06je pense que ça va être compliqué.
09:07Du coup, je me suis dit,
09:09il faut tenter de rentrer en France.
09:12Peut-être que là-bas,
09:12ça va être mieux pour moi.
09:15C'est comme ça que j'ai pris la route,
09:16et je suis rentré à Paris en soi.
09:19Et aussi, c'était un peu trop grand,
09:21parce que moi, honnêtement,
09:22même en Guinée,
09:22je n'ai pas l'habitude de vivre dans des grandes villes.
09:24J'ai toujours eu l'habitude de vivre dans des petites villes.
09:28C'est comme ça que je suis parti à Amiens.
09:29Et sans non plus un choix, en fait.
09:33Ce n'était pas un choix d'aller à Amiens.
09:34C'est parce que Paris était grand,
09:36je ne pouvais pas rester ici.
09:38Et j'ai demandé des personnes
09:39qui m'ont conseillé d'aller dans des petites villes.
09:42C'est comme ça que je suis allé à Amiens,
09:44sans faire attention.
09:45Mais je crois que personne ne va à Amiens par choix,
09:47de toute façon.
09:48Non.
09:48Si, si, François Ruffin.
09:52Et à partir de là,
09:52comment s'est fait le film ?
09:54Parce qu'on l'a dit,
09:55vous n'êtes pas acteur professionnel.
09:57Vous êtes mécanicien,
09:58y compris à Amiens.
10:00Du coup, comment ça s'est passé ?
10:01Est-ce qu'il y a d'autres acteurs amateurs
10:04qui ont ces parcours-là,
10:05qui sont dans le film ?
10:06Et comment était aussi écrit le film ?
10:08Parce que j'ai vu qu'à la fin,
10:09les gens étaient remerciés pour leurs témoignages.
10:11Donc, comment vous avez travaillé là-dessus ?
10:14Alors, c'est plein de questions différentes.
10:15On en fait ça que tu poses là ou là.
10:18Moi, j'aime bien savoir comment les choses ont été faites.
10:19On peut tout expliquer.
10:21Comme Sangaré a bien expliqué son parcours,
10:23on peut expliquer un peu le parcours du film.
10:25Quand j'ai décidé de m'attaquer à ce sujet,
10:30donc les livreurs à vélo,
10:33les livreurs de nourriture,
10:34ceux qui livrent pour les applications,
10:36Uber Eats, les Livroux, les choses comme ça,
10:39comme je n'y connaissais rien,
10:40comme il n'y a pas vraiment de livre qui raconte ça,
10:43je suis sorti dans la rue et j'ai rencontré des gens.
10:46Et tous ceux qui ont accepté de me parler,
10:48je leur ai parlé longtemps,
10:49je les ai interviewés longtemps,
10:50on a pris des cafés ensemble,
10:51on a parlé, ils m'ont raconté,
10:52ils m'ont un peu déplié tout,
10:54comment ils travaillent,
10:55comment ils font notamment,
10:57ce qui m'a beaucoup intéressé tout de suite,
10:58comment ils font pour travailler
10:59quand ils n'ont pas de papier,
11:01que donc ils ne peuvent pas ouvrir un compte
11:03sur ces applications
11:04et que donc ils vont louer le compte de quelqu'un d'autre.
11:07Comment marche tout ce business de sous-location de compte ?
11:09Ça, ça m'a beaucoup intéressé.
11:10D'une part parce qu'on peut dire sociologiquement,
11:12c'est intéressant,
11:13mais aussi parce que c'est une mine d'histoire possible en fait,
11:17toutes ces histoires de sous-location de compte
11:18avec toutes les arnaques qui vont avec,
11:20avec toutes les histoires de disputes
11:22entre le livreur qui travaille
11:23et son titulaire de compte qu'il exploite.
11:26Voilà, tout ça m'a beaucoup intéressé.
11:28Donc ça, ça a été la première étape de mon travail,
11:31c'est-à-dire réunir une sorte de base documentaire
11:34dans laquelle j'ai pu puiser ensuite pour écrire le scénario.
11:37Écrire le scénario dans un projet de film,
11:39c'est toujours le plus long.
11:41Donc trois ans après, je suis prêt enfin,
11:44le scénario est prêt, on a de l'argent pour faire le film.
11:46Donc là, on se met en casting.
11:48On va se dire, ok, maintenant qu'on a écrit un scénario
11:50qui raconte l'histoire d'un livreur guinéen,
11:52qui raconte les 48 heures qui précèdent son entretien à l'OFPRA,
11:56Office français de protection des réfugiés et apatrides,
12:01qui va incarner maintenant ce rôle de Souleymane qui est écrit.
12:04Donc, comme il s'agit d'un livreur guinéen,
12:06de nouveau, je sors dans la rue avec ma directrice de casting,
12:10Aline Dalwis, extraordinaire,
12:12et de nouveau, on cherche des livreurs,
12:15et on cherche les livreurs guinéens cette fois-ci.
12:16Et vous avez sans doute remarqué que dans les villes,
12:19les livreurs, ils ne vont pas n'importe où.
12:21On les voit souvent arrêtés à certains endroits.
12:23En fait, ils ont des bases.
12:24C'est-à-dire que chaque matin, quand ils vont bosser,
12:27ils ne vont pas à l'usine, ils vont à leur base,
12:29c'est-à-dire cet endroit où ils se réunissent,
12:31qui est souvent devant un endroit où il va y avoir beaucoup de commandes,
12:34donc devant un McDo, un KFC, un truc comme ça.
12:37Et là, ils vont retrouver un peu leurs copains de livraison,
12:39qui sont souvent des gens de la même nationalité qu'eux.
12:41Donc, par exemple, il y a des bases guinéennes à Paris,
12:43il y a des bases ivoiriennes, il y a des bases maliennes.
12:46Voilà.
12:46Et une fois qu'on comprend un peu la géographie de Paris,
12:48pour faire du casting, on sait où on va chercher les Guinéens.
12:50Et on en rencontre comme ça des dizaines et des dizaines et des dizaines.
12:53Tous ceux qui me plaisent un peu, je les fais venir dans mon bureau de casting,
12:56on fait passer des essais.
12:58Et au bout de deux mois et demi, de 200 essais, on n'a toujours pas trouvé.
13:02Alors, qu'est-ce qu'on fait ?
13:03On élargit un peu la recherche, toujours dans la communauté guinéenne.
13:06Et c'est comme ça qu'un jour, on arrive à Amiens,
13:09où moi, j'ai eu une très bonne sensation tout de suite en arrivant à Amiens.
13:12Il y avait un petit rayon de soleil après la pluie.
13:14C'est vrai, il pleut beaucoup là-bas.
13:15Mais il y a eu un petit rayon de soleil avec Aline,
13:18donc toujours cette même directrice de casting,
13:19on s'est dit, ça va être une bonne journée.
13:21Et donc, on arrive dans une association qui s'appelle la Boîte Sans Projet,
13:24une association d'Amiens, qui est dirigée par un monsieur guinéen.
13:29Et dans cette association avec laquelle on avait échangé les semaines précédentes,
13:33ils avaient réuni pour nous 25 jeunes guinéens.
13:35Et donc, parmi ces 25 jeunes guinéens,
13:37il y en a un qui pose beaucoup de questions,
13:39un peu casse-bonbon, c'est lui,
13:44qui était assez juste à côté de moi et qui pose plein de questions.
13:46Et après, on fait passer des petits entretiens très rapides,
13:48parce qu'on en a 25 qui sont là et qu'il faut traiter ça rapidement.
13:525 minutes, 10 minutes par personne.
13:54Et puis, lui, il s'en va tout de suite parce qu'il est pressé.
13:58Et l'après-midi, on se dit,
13:59sous les 25 qu'on a vus, on aimerait bien en revoir 4.
14:03On en aimerait bien en revoir 4.
14:05Et il y en a 3 qui viennent tout de suite.
14:06Et puis, le quatrième, il nous dit,
14:07« Ah non, moi, je suis en train de réparer une voiture, là.
14:10Il y a un monsieur qui m'a confié sa voiture.
14:12Et je dois la rendre bientôt.
14:13Je ne peux pas le faire attendre. »
14:15Donc, ben non, non, ce n'est pas possible.
14:17Et vous avez dit, c'est celui-là ?
14:19Non, non, non, non.
14:20Ce n'est pas parce qu'il est têtu qu'on l'a pris.
14:23On l'a pris parce qu'il était meilleur que les autres.
14:25Non, non, donc on a failli le rater.
14:27C'est-à-dire que moi, j'ai commencé à dire,
14:28« Il y a le train bientôt. On a eu une longue journée. »
14:31Et puis, au dernier moment, il arrive.
14:33On fait des essais derrière la gare, dans le parc.
14:35Et puis, on se dit, il est vraiment intéressant.
14:37Pour le coup, vous avez eu le nez creux.
14:39Puisque, je ne sais pas si en régie,
14:40vous pouvez passer les images de la cérémonie de revise de prix.
14:43Mais donc, vous avez eu le prix.
14:44Alors, il y a eu les prix du film.
14:45Mais spécifiquement, le prix d'interprétation masculine
14:47pour s'engarrer à Cannes à un certain regard.
14:51Je ne sais pas si on a les images en régie de la cérémonie.
14:55Mais qu'est-ce que ça vous a fait ?
14:59Parce que ça devait être fou.
15:00De premier film, vous ne vouliez pas faire de cinéma à la base, en plus ?
15:05Alors, ce n'est pas que je ne voulais pas faire du cinéma.
15:08En gros, on est nés sans travail, en fait.
15:12Moi, j'ai choisi la mécanique.
15:15J'ai un travail qu'on m'a proposé, qui est du cinéma.
15:18Je l'accepte.
15:20Et j'ai gagné quelque chose, c'est-à-dire que je me fais plaisir dedans.
15:24C'est-à-dire que je rencontre des super personnes,
15:27des super équipes, faits des humains.
15:30Du coup, ça m'a fait un coup de cœur.
15:34Donc, moi, je n'avais jamais vécu dans ma vie.
15:38Honnêtement, 2018-2019,
15:40quand on m'avait dit que moi, s'engarrer,
15:41j'allais faire la télé comme ça en France,
15:44j'allais me dire, mais attends, tu t'es fou de ma gueule ou quoi ?
15:47Mais là, d'un coup, ça arrivait, donc, à Cannes,
15:51pour moi, c'était un coup de cœur,
15:52c'était un coup de cœur très, très fort,
15:55mais que des sentiments, en fait.
15:57Du coup, je l'ai accepté.
16:00Et on a été récompensé dans un premier temps
16:03par le public de Cannes.
16:05Ensuite, par un prix, enfin, par deux prix,
16:08prix du jury, prix d'interprétation masculine.
16:11Ça, c'est pas au hasard.
16:13Et je les remercie infiniment,
16:15ainsi que vous, les humanités,
16:18parce que c'est tous les deux qui vont ensemble.
16:20À quel point est-ce que vous vous trouvez bon
16:21quand vous regardez le film ?
16:23À quel point est-ce que vous êtes fiers de vous ?
16:25Quand vous voyez, est-ce que vous vous dites,
16:27« Oui, je comprends qu'il m'ait salué,
16:30parce que c'est vrai que, voilà,
16:32le film est extraordinaire et ma prestation,
16:33elle est bonne. »
16:34Comment vous jugez, vous,
16:35c'est jamais facile de se voir à l'écran,
16:37comment vous jugez votre performance sur le film ?
16:39Moi, personnellement, je ne me juge jamais.
16:42Quand je me regarde à la télé,
16:44c'est un travail que j'ai effectué,
16:47je l'ai fait après.
16:49Maintenant, je reçois quand même des commentaires
16:51qui me parlent, en fait,
16:53qui me touchent,
16:55mais vraiment du côté du bon sens, en fait.
16:59Et ça, ça me fait quelque chose de bien.
17:02Mais en gros, je ne me dis pas,
17:03« Oh non, comme les gens me disent,
17:05maintenant, tu te désignes comment acteur ou mécanicien ? »
17:09Moi, je suis mécanicien poilou.
17:11L'acteur, ça, c'est un travail secondaire.
17:16C'est du bonus.
17:16C'est du bonus.
17:17Si ça arrive, hop, je le sope,
17:19comme l'histoire de Suleymane.
17:21Mais dans ma tête,
17:23je vais travailler dans la mécanique,
17:25même en étant acteur.
17:28Et une conséquence aussi,
17:30ça a changé aussi quelque chose.
17:31Vous avez eu beaucoup de médias,
17:34de télé, de radio,
17:35qui ont parlé de votre histoire,
17:37de magazines aussi.
17:39Parce qu'il faut dire que,
17:41du coup, effectivement,
17:42vous avez mis beaucoup dans Suleymane.
17:44Mais vous êtes toujours dans une situation administrative
17:47qui n'est pas réglée.
17:49Alors, qu'est-ce que ça a changé à ce niveau-là ?
17:51D'abord, pour parler de la presse,
17:53de ses films,
17:54là, je vais d'abord remercier
17:56notre presse,
17:58qui est Hassan Guerra et Julie,
18:00qui ont fait toutes sortes de travail formidables.
18:04Les attachés de presse.
18:05Les attachés de presse.
18:06Qui ont travaillé de ouf
18:07jusqu'à arriver à ce niveau-là.
18:11Du coup, je les remercie
18:12tout profond de mon cœur.
18:15Et en ce qui concerne,
18:18comment on dit,
18:18les médias,
18:19en gros, moi, personnellement,
18:20je ne m'intéresse pas trop,
18:22comment on dit, aux médias.
18:23Je m'intéresse uniquement
18:25à des personnes
18:26qui m'envoient
18:27messages,
18:28qui me remercient,
18:29qui me félicitent.
18:31Après,
18:31je les remercie.
18:34Après,
18:34tout ce qui est commentaires,
18:36comment dire,
18:36polémiques,
18:37des choses,
18:37honnêtement,
18:38moi,
18:38je ne suis pas,
18:39ça dit,
18:39il y a quelque chose
18:40qui se passe dans ma tête,
18:41qui est l'histoire
18:42de titre de séjour.
18:43La seule chose
18:44que moi,
18:44je regarde le matin,
18:45c'est mon adresse e-mail.
18:47Voici,
18:47je n'ai pas reçu un e-mail
18:48de la préfecture.
18:49Après,
18:50le matin,
18:50si je n'ai pas
18:52ce message de la préfecture,
18:53toute la journée,
18:54j'ai eu.
18:56Et au niveau,
18:57justement,
18:58vis-à-vis de la préfecture,
18:59ça a changé quelque chose ?
19:00Parce que
19:01tous ces refus,
19:03toutes ces galères administratives
19:04qu'on peut voir dans le film,
19:05vous les avez vécus aussi.
19:07Qu'est-ce que ça a changé ?
19:08Est-ce que le film
19:10a changé quelque chose
19:11vis-à-vis de la préfecture
19:12et de ces galères-là ?
19:14Oui,
19:15je peux dire que oui,
19:16c'est que le film
19:16a changé quelque chose
19:17parce que le film a...
19:20Après,
19:21quand j'ai reçu un e-mail
19:23de la préfecture
19:23qui m'a dit
19:25de redéposer
19:26une quatrième demande
19:28qui va réévaluer,
19:30ça n'était jamais arrivé ça.
19:33Toujours,
19:33quand tu as un refus,
19:34il faut attendre une année,
19:35parce qu'il était
19:36sous le QTF,
19:37il faut attendre une année
19:37pour pouvoir déposer
19:38une nouvelle demande.
19:39Et là,
19:40tout de suite,
19:41après,
19:41deux mois de refus,
19:44je reçois un e-mail
19:45de la préfecture
19:46qui me propose
19:47d'aller déposer
19:47une autre demande.
19:50Je pense que le film
19:51a eu un effet positif
19:53sur ma situation personnelle.
19:57J'ai une question
19:58aussi pour Boris.
20:01Parce que vous,
20:01vous avez fait le choix,
20:02c'est vous qui êtes
20:03à l'initiative
20:04de ce film.
20:05Enfin, je n'imagine pas
20:05tout seul,
20:06mais vous,
20:07ce n'est pas votre premier film.
20:09Vous avez plutôt
20:10commencé dans le documentaire
20:12au Vietnam,
20:13si je ne me trompe pas.
20:14Vous avez beaucoup travaillé
20:15à ce niveau-là,
20:15mais vous avez aussi
20:16fait d'autres fictions,
20:17là plutôt en Afrique.
20:18et à chaque fois,
20:20dedans,
20:21il y a le thème,
20:22alors il y a l'Afrique,
20:23évidemment,
20:23puisque c'est là
20:23où vous travaillez,
20:24mais il y a les thèmes
20:25des guerres,
20:26des migrations
20:27et qu'on retrouve encore
20:29jusque dans l'histoire
20:30de Souleymane.
20:30Donc,
20:31pourquoi aller travailler
20:33là-bas
20:33et qu'est-ce qui vous intéresse
20:34dans ces récits-là ?
20:36Je pense que ce qui me...
20:39Bon,
20:39déjà,
20:41avant même la question
20:42des guerres et tout ça,
20:44mon désir de cinéma,
20:45il a toujours été lié
20:46à un désir de voyage,
20:47à un désir
20:48de changer de monde,
20:50enfin de changer de monde,
20:51pas de changer le monde,
20:52mais de changer
20:53d'environnement.
20:58Dans mon expérience personnelle,
20:59c'est toujours les moments
21:00où je voyage,
21:01où je suis le plus ouvert,
21:02le plus réceptif,
21:03où je ressens
21:05les choses les plus fortes.
21:06Voilà.
21:06Donc,
21:06ça a été notamment
21:07ma découverte du Vietnam
21:08quand j'avais 25 ans,
21:09qui était un moment
21:10très très fort de ma vie.
21:12J'ai appris à parler vietnamien,
21:14j'ai commencé à faire
21:14des documentaires là-bas ensuite.
21:16Ça a été très fort
21:16et puis ça a été l'Afrique.
21:18Je pense que ce qui m'a
21:19beaucoup attiré en Afrique,
21:20c'est le sentiment que...
21:22Et ça va avec la dureté
21:24de la vie de beaucoup de gens,
21:25mais que beaucoup de gens,
21:27y compris des gens ordinaires,
21:29peuvent y vivre
21:30des...
21:33des...
21:34des...
21:36des événements
21:36ou des aventures
21:38hors du commun.
21:39Des gens ordinaires
21:39peuvent y vivre des aventures
21:40hors du commun.
21:41C'est le cas avec les migrants,
21:42par exemple.
21:42Si on regarde ces voyages de migrants,
21:43comme le voyage
21:44qu'a fait Sangaré
21:44à travers la Libye,
21:45par exemple,
21:47des gens tout à fait ordinaires
21:48prennent la route
21:49et se retrouvent
21:49à vivre des aventures
21:50qui sont au-delà
21:51de tout ce qu'on peut vivre
21:52en France.
21:53Voilà.
21:53Donc ça,
21:53ça m'attire beaucoup,
21:55l'impression
21:56qu'on peut du coup
21:58en Afrique
21:59comme réunir
22:00deux choses
22:00qui peuvent sembler
22:01très lointaines
22:02l'une de l'autre,
22:02qui est d'un côté
22:05l'épique,
22:05l'épopée,
22:06des choses plus grandes
22:08que nous,
22:08plus grandes que nature,
22:09et de l'autre côté
22:10un cinéma du réel.
22:11Voilà.
22:11On peut faire de l'épique,
22:12mais qui ne soit pas raconté,
22:14moi je ne sais pas,
22:15les batailles napoléoniennes,
22:17on peut faire de l'épique
22:17aujourd'hui,
22:19ancrée dans le réel
22:20et faire un cinéma du réel.
22:22Ça, c'est...
22:22Voilà.
22:22Et ça,
22:23j'ai du mal
22:23à le trouver en France.
22:25Mais cela dit,
22:25j'ai fait l'Histoire de Souleymane,
22:26qui est un film parisien.
22:28Donc pour la première fois
22:29dans ma carrière,
22:31j'ai réussi à ramener
22:32mon désir de cinéma
22:33à Paris,
22:34mais en ramenant
22:35l'Afrique à Paris.
22:36Oui, et d'autant
22:36qu'il y a aussi
22:37le côté épopée
22:38assez extraordinaire
22:38pour quelque chose
22:39qui est le quotidien
22:41de beaucoup de gens.
22:42Je vous garde avec nous
22:43un petit peu.
22:44On va accueillir Léa,
22:46qui est journaliste à l'humain
22:47et qui va tous les mois
22:48dans cette séquence
22:49nous faire une chronique manga.
22:51Bienvenue Léa.
23:03Salut à toutes et à toutes.
23:05J'espère que vous allez bien
23:06dans le chat,
23:07que vous n'êtes pas trop fatigué,
23:08parce que j'imagine
23:09que vous nous regardez
23:09après une très très longue
23:11journée de travail.
23:12Et il faut savoir
23:13que vous ne vous faites pas
23:14semblant,
23:14comme Sarah Salmane,
23:15pour faire plaisir
23:16à François Ruffin.
23:18Si ça se trouve,
23:19vous faites partie
23:19de la team de Souleymane
23:20et si c'est le cas,
23:21vous vous tuez à la tâche
23:23pour un salaire de misère.
23:24Alors Léa,
23:25il me semblait que tu devais
23:26faire une chronique manga
23:27et pas faire la syndicaliste
23:29comme tout le monde alluma.
23:30Ouais, bon, ok,
23:32pas de panique,
23:33j'y viens.
23:33Et d'ailleurs,
23:34les deux sont liés.
23:35Bon, je reprends.
23:36Si ça se trouve,
23:37vous vivez la même galère
23:38que Souleymane
23:39est que le personnage principal
23:40du manga Zom-San,
23:42Bucket List of the Dead,
23:44en français,
23:44ça veut dire
23:45liste des choses à faire
23:46avant de mourir.
23:47Donc, c'est le manga
23:48que je vais vous présenter
23:49ce mois-ci.
23:50Il est d'abord sorti
23:51en papier
23:51et ensuite en animé
23:52depuis 2018
23:53jusqu'à aujourd'hui.
23:55Et donc,
23:56le personnage principal,
23:57le héros,
23:57c'est lui,
23:59Akira.
24:01Et donc, oui,
24:02en 2024,
24:02on a encore
24:03des personnages
24:04qui s'appellent Akira.
24:05ça, c'est un peu
24:06un héritage
24:06de sa génération
24:07bolche et geek
24:08pour le coup.
24:09D'accord.
24:10Et donc,
24:11il raconte quoi
24:11ton manga de jeune ?
24:13Alors, Akira,
24:14son rêve,
24:15c'est de bosser
24:15dans une boîte de pub.
24:16Et donc,
24:17pour atteindre
24:17son objectif ultime,
24:19il va accepter
24:20n'importe quoi,
24:20n'importe quelles
24:21conditions de travail.
24:22Du coup,
24:23il enchaîne
24:23les journées
24:24et les nuits.
24:25Et oui,
24:25je le précise,
24:26les nuits de travail.
24:28Et il trouve
24:29à peine quelques heures
24:29pour s'assoupir
24:30devant son écran d'ordi.
24:32Mais en fait,
24:32il est en burn-out complet.
24:35J'ai des rêves plein la tête
24:36et de grandes aspirations
24:37pour mon avenir.
24:38Seulement,
24:39si tu pisses pas du sang,
24:41c'est que tu travailles pas assez.
24:42C'est normal,
24:43si t'as des ulcères,
24:44ça fait partie du job.
24:46Venez pas valider
24:46chaque putain de détail.
24:48Vous êtes trop gros
24:49pour faire preuve
24:49d'un peu de bon sens
24:50ou quoi ?
24:54Mais oui,
24:55c'est donc ça
24:57de se faire exploiter.
24:59Bon,
25:00en gros,
25:00c'est des journées
25:00de travail harassantes,
25:02du management toxique,
25:03pas de congé payé.
25:04En fait,
25:05c'est un peu
25:05comme ce que vit
25:06Souleymane
25:06sur son vélo.
25:07Mais du coup,
25:08allo Uber,
25:09allo Deliveroo,
25:10on est en train
25:10de vous parler là.
25:11Vraiment,
25:11c'est vous qu'on vise.
25:13Mais bon,
25:13pour en revenir à Akira,
25:14la seule chose
25:15qu'il fait tenir,
25:16c'est son croche
25:17pour Saori Hattori
25:18de la Conta.
25:19Mais il se trouve
25:20qu'en fait,
25:20c'est la maîtresse
25:21de son boss.
25:22Donc bon,
25:23je te laisse deviner la suite.
25:24J'imagine qu'ils quittent
25:25leur boulot
25:26et ils partent
25:27vivre à la campagne
25:28et faire des enfants
25:29une vie de paix.
25:30Alors non,
25:31pas du tout.
25:32En fait,
25:32il se réveille
25:33dans un monde apocalyptique
25:34dans lequel les humains
25:35se transforment
25:36tranquillement en zombies.
25:37Donc pour le coup,
25:39pour un expert
25:39de pop culture,
25:40on repassera.
25:42Mais bon,
25:42bref.
25:43Et donc du coup,
25:43Akira,
25:44il est complètement choqué.
25:46Donc vous pouvez le voir
25:47sur ce qui s'affiche.
25:48Il est vraiment choqué.
25:50Il y a des zombies
25:50de partout.
25:51Donc son boss
25:52est devenu un zombie
25:53à qui il présente
25:54enfin sa démission.
25:56Sa cruche aussi
25:57est une zombie
25:57et donc du coup,
25:58il lui avoue ses sentiments.
25:59Bon,
26:00en gros,
26:00pour Akira,
26:01il faut attendre
26:02que les gens
26:02se transforment en zombies
26:03pour pouvoir être honnêtes
26:04avec eux.
26:05Ça,
26:06c'est un petit peu
26:06un comportement d'homme
26:07quand même.
26:07Mais bon,
26:08bref,
26:08petite parenthèse.
26:10Sinon,
26:10il ne faut pas compter
26:11sur Akira
26:12pour sauver
26:13l'humanité
26:14de cette galère.
26:15Il n'en a vraiment
26:15rien à faire.
26:16Il n'est pas là
26:17pour jouer le héros.
26:18Il est en fait ravi
26:19que le monde subisse
26:20une invasion de zombies.
26:22Lui,
26:22il peut rester tranquillement
26:23chez lui
26:24et surtout,
26:24il évite
26:25d'aller bosser.
26:26Et donc ça,
26:27c'est génial.
26:27Donc,
26:28c'est des genres de congés,
26:29donc certes,
26:29pas payés,
26:30mais au moins,
26:31il est tranquille.
26:32Et donc,
26:33avant qu'il se transforme
26:33lui-même en zombie,
26:35l'ancien travailleur exploité
26:36fait l'expérience
26:38du repos.
26:39Et ça,
26:39c'est génial en fait,
26:40le repos.
26:41Il y a enfin droit.
26:44Et donc,
26:45pour ce repos,
26:45il va créer
26:46une liste
26:47de 100 choses
26:48à faire
26:48avant de mourir,
26:49c'est-à-dire
26:50bucket list of the dead.
26:52Alors,
26:53ce que je vois là,
26:53c'est que sa liste
26:54de choses
26:54à absolument faire
26:55avant de devenir
26:57un zombie,
26:57c'est rentrer
26:59et voir sa famille
27:01boire et plaisanter
27:02toute la nuit
27:02avec son meilleur ami.
27:03Ouais, ouais, ouais.
27:04Prise épique.
27:05Bah,
27:05il est plutôt gourmand,
27:07je pense que,
27:07voilà,
27:08il est au top.
27:08Il demande juste
27:09à avoir un peu
27:10de temps libre
27:10et un peu de temps
27:11pour lui
27:12qui ne serait pas bouffé
27:12par le capitalisme.
27:14Donc,
27:14du coup,
27:14dans le chat,
27:15répondez-nous,
27:15est-ce que vous pensiez
27:16vraiment que les mangas
27:18ne faisaient pas
27:18dans la critique sociale,
27:19dans la critique
27:20d'exploitation des travailleurs ?
27:21En tout cas,
27:22si c'est le cas,
27:22c'est parce que
27:23vous n'aviez jamais entendu
27:24une chronique manga
27:25de l'humain.
27:27Effectivement,
27:28on dirait que c'est
27:28le droit à la paresse
27:29en manga avec des zombies,
27:30donc je suis assez convaincu.
27:31On se retrouve
27:32le mois prochain.
27:33Merci beaucoup,
27:33Léa,
27:34et bravo.
27:34À bientôt.
27:35Salut.
27:36À bientôt.
27:37Salut.
27:40Je vais me retourner
27:41vers vous,
27:42justement,
27:42sur cette question
27:43de,
27:44dans le film,
27:44on voit
27:45le travail des livreurs
27:47et on voit surtout,
27:48pas juste à quel point
27:49c'est de l'exploitation,
27:51mais comment c'est le fait
27:52que ces gens soient maintenus
27:54dans l'irrégularité
27:56qui fait qu'ils peuvent
27:57être exploités comme ça.
27:58On voit comment le fait
27:59de ne pas avoir de papier,
28:00ça peut être utilisé
28:01pour mal payer les gens,
28:03pour les employer
28:03de manière illégale,
28:06etc.
28:07Est-ce que c'est un sujet
28:09dont vous vouliez absolument
28:10parler,
28:11l'aspect de l'exploitation
28:13et de tout ce système économique
28:15qui est basé sur le fait
28:16qu'on maintienne les gens
28:17dans l'irrégularité
28:18et qu'on ne leur donne pas
28:19les droits et les papiers ?
28:21Bien sûr,
28:22moi,
28:22ce qui m'a intéressé
28:23d'emblée
28:24dans cette figure
28:25du livreur,
28:26c'est qu'il est
28:28au croisement
28:29de deux grandes thématiques
28:30qui sont la thématique
28:31migratoire,
28:31donc la majorité
28:33des livreurs parisiens
28:34sont sans papier,
28:35c'est quand même
28:35assez incroyable
28:36parce qu'ils sont
28:36quand même très visibles,
28:37tout le monde sait
28:38ce qu'ils font
28:38et tout le monde le sait,
28:39mais ils sont sans papier
28:40et en même temps,
28:42ils sont ces travailleurs
28:43de l'économie numérique
28:43et pour moi,
28:44ce n'est pas un hasard
28:45qu'il y ait cette convergence
28:46entre la question
28:47très contemporaine
28:48de l'économie numérique
28:49et cette question migratoire
28:50parce qu'en fait,
28:51dans les deux cas,
28:52on a des gens
28:53très isolés en fait.
28:55Le migrant
28:56sans famille,
28:58loin de sa famille,
29:01loin de ses proches,
29:02loin de son monde familier
29:05dans lequel il a grandi,
29:07il est isolé
29:07comme est isolé
29:08le travailleur numérique
29:09qui est de sa mère
29:11sans collègue,
29:12qui n'a même pas de patron
29:13puisque le seul vis-à-vis
29:14qu'il a,
29:14c'est le téléphone
29:15et l'application
29:17qui est une sorte de dieu
29:17au-dessus de ça.
29:19Et donc,
29:20il y a un vrai rapprochement
29:20des deux,
29:21ce que je trouvais
29:21très intéressant.
29:22Voilà.
29:23Et Sangaré,
29:24en interview,
29:25vous avez beaucoup parlé
29:27de ça,
29:28du fait,
29:28même si vous,
29:29vous n'avez pas été livreur,
29:32du fait de ne pas avoir
29:33de papier,
29:35de ne pas être régularisé.
29:36comment ça vous mettait
29:37un petit peu
29:38en danger
29:40la difficulté
29:41de trouver
29:41un bon travail,
29:42un bon logement,
29:43etc.
29:45C'est toujours ça.
29:46C'est ce que j'ai dit
29:47dans toutes mes interviews.
29:49En fait,
29:50l'histoire des papiers
29:51ici,
29:52c'est quelque chose
29:55qu'on ne peut pas aborder
29:56en fait,
29:57puisque c'est des choses
30:00visuelles.
30:02du moment où on te refuse
30:03un titre de séjour,
30:04ça veut dire que
30:06toi,
30:06tu n'as pas le droit
30:07à rien,
30:07ça veut dire que
30:08tu t'occupes de toi,
30:09quoi.
30:11Donc,
30:11il y en a,
30:12ça arrive que certains
30:14n'arrivent pas à supporter
30:16parce que des fois,
30:18tu vas voir deux frères
30:19qui viennent du même pays,
30:20voient même
30:21de la même famille,
30:23on donne à l'autre
30:24et l'autre,
30:25on le refuse.
30:26Et ça lui fait quelque chose,
30:28il y en a,
30:28il ne le supporte pas.
30:29Il y en a,
30:30il va boire de l'alcool,
30:31il va fumer,
30:32je ne sais pas quelque chose.
30:33Il y en a,
30:33ils perdent la tête.
30:35Donc,
30:37moi,
30:37Dieu merci,
30:38j'ai été
30:40prise par des bonnes personnes,
30:42par des bonnes mains.
30:43Et moi,
30:44alors,
30:45je n'ai pas de papier,
30:46mais tout ce qui est
30:47souffrance,
30:48genre d'ordre,
30:48passer la nuit dehors,
30:49honnêtement,
30:50depuis que je me suis retrouvé à Amiens,
30:52je n'ai jamais passé
30:53une nuit dehors.
30:55Juste grâce
30:56aux associations,
30:58grâce aux écoles,
30:59grâce
31:00à toutes les personnes
31:02qui sont engagées
31:03au sein de l'humanité.
31:05Et Amiens,
31:05c'est une ville
31:06comme ça,
31:07en gros.
31:08Une ville
31:08dont,
31:09pas de racisme,
31:11en fait,
31:11c'est tout ce que je peux dire.
31:13ça me fait penser
31:14à ce que tu disais tout à l'heure,
31:15je ne sais pas si tu veux intervenir là-dessus,
31:18tu disais un truc intéressant sur le film,
31:19c'est que le film aussi,
31:20il montre plein de galères
31:22et aussi des gens
31:22qui ne se font pas de cadeaux,
31:25qui se font vraiment des coups bas,
31:26mais il montre aussi
31:27des solidarités collectives.
31:28Je ne sais pas si tu veux en reparler de ça.
31:29Oui, c'est vrai qu'on échangeait ce midi là-dessus
31:31quand on préparait l'interview,
31:33à quel point,
31:34effectivement,
31:35il y avait des moments
31:35qui étaient très durs dans le film,
31:37mais qu'il y avait aussi
31:38ces moments qu'on connaît en plus
31:39quand on est en France
31:40et quand on est dans le milieu associatif,
31:41où il y a des gens
31:42qui vous tendent la main,
31:43que ce soit
31:44la personne au café
31:45qui vous fait un café gratuit,
31:47etc.
31:48Et en fait,
31:49ça a quand même aussi
31:50jalonné votre vie.
31:51Vous avez aussi trouvé
31:52plein de personnes comme ça
31:53en France,
31:54à Paris ou à Amiens ?
31:55Oui, à Amiens surtout.
31:56Moi, depuis mon arrivée à Amiens en 2017,
31:58j'ai été pris en charge
32:00tout de suite,
32:00pas par l'administration,
32:02mais vraiment par des associations,
32:05par des bénévoles.
32:06Vous pouvez dire leur nom
32:07si vous voulez.
32:08Alors, comme je cite
32:09la BSP,
32:10la boîte sans projet,
32:12j'ai eu tous ces projets-là.
32:15Et il y a aussi,
32:17comment on dit,
32:17il y a RSF
32:19qui, en gros,
32:20qui s'occupe.
32:21Alors, en gros,
32:22RSF, c'est des personnes
32:23à un moment donné,
32:25c'est-à-dire à l'heure-là,
32:27c'est à ce moment d'hiver
32:28et qu'ils étaient dans leur chambre
32:31bien chaude
32:32et venaient passer la nuit
32:33avec nous au parc.
32:34Et c'est quelque chose
32:36qu'ils n'ont jamais vus en fait.
32:37Et c'est tout le temps comme ça.
32:39Même à l'heure où je parle là,
32:41Sybille,
32:41il s'occupe de quelqu'un là.
32:44Réseau éducation sans frontières.
32:46Oui, Réseau éducation sans frontières.
32:48Oui, c'est eux
32:48qui ont permis
32:49à ce que Sangaré
32:50puisse être scolarisé
32:51alors qu'il n'avait pas été reconnu
32:53comme mineur
32:54par l'administration française,
32:57qu'il puisse être scolarisé,
32:58aller au lycée,
32:59passer un bac.
33:00Voilà,
33:00c'est très frappant.
33:02Moi, j'ai beaucoup tourné
33:03avec le film
33:04avant la sortie.
33:05J'ai fait quasiment une projection
33:06par soir pendant deux mois et demi
33:08et presque dans toutes les villes
33:10où j'ai fait des projections,
33:11il y avait des associations
33:13qui se demandaient
33:14à être partenaires
33:15de la projection du film
33:16et donc dans toutes les villes de France
33:18comme ça,
33:18on rencontre des gens
33:19de ces associations.
33:20Donc là,
33:21on parle de RESF,
33:22mais il y en a plein d'autres.
33:23Il y a Welcome,
33:23il y a plein d'associations
33:26qui s'occupent
33:27de l'aide juridique
33:29pour accompagner juridiquement
33:30les personnes
33:31qui sont dans les demandes,
33:32qui s'occupent
33:32de loger
33:34des gens
33:34qui sont mineurs
33:35ou des familles
33:36ou des gens
33:36qui sont en danger
33:37ou qui ont des enfants,
33:39qui s'occupent
33:39de loger des gens
33:40chez eux,
33:40chez d'autres gens,
33:43enfin,
33:43qui s'occupent
33:43de plein de choses
33:44comme ça
33:44et c'est assez incroyable
33:45tout ce réseau
33:45en fait,
33:47il y a un vrai maillage
33:48du territoire
33:49fait par des gens
33:51qui sont des bénévoles
33:52comme disait Sangaré
33:55qui font ça uniquement
33:56à cause de leur amour
33:57de l'humanité
33:58et c'est assez incroyable
33:59en fait.
34:01Alors moi j'ai regardé aussi
34:02les médias
34:03qui avaient réagi
34:04à cette affaire
34:05et dont des médias
34:07pas très connus
34:08pour, on va dire,
34:10leur ouverture
34:11à la question
34:11de l'accueil des migrants.
34:12On va vous passer
34:13un petit extrait
34:14d'un certain Cyril Hanouna
34:15sur Europe 1
34:16et vous allez voir
34:17il y a des gens étonnants
34:18qui réagissent
34:19de manière étonnante
34:20au film
34:20et à la situation.
34:22Gilles Verdez,
34:23vous, vous êtes pour
34:23lui enlever son OQTF ?
34:25Moi je suis pour lui
34:26enlever son OQTF,
34:28je veux bien qu'il soit régularisé,
34:29mais je veux qu'on régularise
34:30tout le monde.
34:31Je ne veux pas d'exception
34:32du comédien primé,
34:33à Cannes, etc.
34:34Ça c'est normal.
34:35C'est sa quatrième demande.
34:37Vous voulez qu'on régularise
34:38tout le monde, vous ?
34:38Tout le monde.
34:39Moi j'avais dit
34:40tous les sans-papiers,
34:40oui, oui, je suis pour la régularisation
34:44de tous les sans-papiers.
34:45Il démarre très bien cette émission.
34:48Oui, voilà,
34:49alors on vous épargne toute la suite,
34:51mais là, dans cette émission,
34:53ce qui m'a marqué,
34:55c'est qu'ils sont très embêtés,
34:57manifestement,
34:58avec cette situation,
34:59même sur des plateaux comme ça,
35:00et pas seulement par le film,
35:02mais par, en fait,
35:03le fait d'être face
35:05à votre parcours sangaré.
35:07Et moi j'ai regardé,
35:08pour vous,
35:09je me suis tapé toute l'émission.
35:10J'ai tout regardé aussi.
35:11Oui, ok, d'accord.
35:12C'est vraiment un truc
35:15assez impressionnant.
35:16Et ils sont très embêtés.
35:18Et justement,
35:20moi ça me pose plusieurs questions.
35:22Déjà, sans garer,
35:24est-ce que ça ne fait pas
35:26un peu bizarre, du coup,
35:28d'avoir le poids
35:30d'être un représentant,
35:31maintenant, quelque part,
35:33public,
35:33un représentant dans les médias,
35:35des gens en situation irrégulière,
35:38des sans-papiers ?
35:39Je savais que la question
35:40allait venir.
35:41Non.
35:42Son garer président,
35:43c'est bien.
35:43Non, non, non.
35:44Alors, en gros,
35:47moi je suis le représentant
35:48de l'histoire de Suleiman
35:50en tant que l'acteur principal
35:51de l'histoire de Suleiman.
35:55Je ne suis ni porte-parole
35:58de sans-papiers,
35:59ni porte-parole de livret.
36:01Moi je suis un sans-papiers.
36:02Un sans-papiers ne peut pas
36:03être porte-parole d'un sans-papiers.
36:05Qu'est-ce que tu vas leur dire ?
36:07Non.
36:08Mais, quand même,
36:09je souhaite quand même
36:10le bien-être
36:11de tous les sans-papiers,
36:14quel que soit son endroit.
36:16En tout cas,
36:17je le souhaite quand même
36:18qu'il y ait une porte d'ouverture.
36:21Parce que je sais,
36:23surtout en ce moment d'hiver,
36:25je sais à quel point
36:26c'est compliqué.
36:27J'en ai vécu.
36:28Et jusqu'à aujourd'hui,
36:30je vis là-dedans.
36:32Et justement,
36:33là où je trouve
36:33que c'est intéressant,
36:34c'est que,
36:36en fait,
36:37face à votre histoire,
36:38on voit qu'ils sont obligés
36:39de dire,
36:41voilà,
36:42il faut qu'il soit le bienvenu,
36:43il faut qu'il soit régularisé.
36:44Même là,
36:45même sur ce plateau-là,
36:47ils sont très, très embêtés
36:49avec ça.
36:49Mais ça pose une autre question
36:51et c'est ce que je dis,
36:51c'est pour ça que j'ai choisi
36:52ce moment avec Gilles Verdez,
36:53c'est peut-être
36:56qu'il ne faut pas
36:57juste régulariser,
37:00s'engarrer,
37:01j'allais dire Souleymane,
37:02mais s'engarrer
37:05parce qu'il a eu
37:06un prix à Cannes.
37:07Tout comme on pense aussi
37:08à Mamoudou Gassama,
37:11qui lui,
37:11il me semble d'origine malienne,
37:13qui était le pompier
37:14qui était monté au balcon,
37:17sauvé un enfant
37:17et qui avait été naturalisé,
37:19etc.
37:19Et tout le monde
37:20ne peut pas avoir
37:20un prix à Cannes
37:21ou être carrément
37:23un super-héros.
37:25Donc, ça oblige
37:26à poser cette question
37:27de qui est légitime
37:29à être régularisé.
37:33Et là-dessus,
37:34je retournerai sur le film
37:35parce que sans vouloir
37:37trop en raconter,
37:38il y a un truc
37:39qui fonctionne
37:40très, très bien
37:41dans le film
37:42et qui est très intéressant
37:43sur cette histoire,
37:44c'est qu'on le voit
37:45dès le début.
37:46Pour Souleymane,
37:47il y a un enjeu
37:48d'apprendre une histoire,
37:51de raconter une histoire
37:52qui colle bien
37:54à ce qu'attend
37:55la préfecture,
37:56du réfugié politique,
37:58etc.
37:59pour qu'il soit bien pris
38:00et jusqu'à ce qu'évidemment,
38:04à la fin,
38:05on arrive au moment
38:06de comprendre
38:07c'est quoi son histoire
38:08vraiment à lui.
38:09Et ça,
38:10je trouve ça très fort
38:11et j'imagine
38:11que c'est quelque chose
38:13qui a été important
38:14pour le film,
38:15d'autant que
38:16c'est inspiré
38:17de votre histoire à vous,
38:18qui n'est pas une histoire
38:19comme ça
38:20de, on va dire,
38:22cliché,
38:23de vraiment genre
38:25de réfugié politique
38:27comme on peut le voir
38:28héroïsé par ailleurs.
38:31Et je trouve
38:32que ça transmet,
38:34ça pose la question
38:35de la légitimité
38:36un petit peu
38:36de tout le monde
38:37en fait,
38:38en réalité,
38:38et y compris
38:39de gens qui viennent
38:40pour des raisons
38:41qui sont très personnelles.
38:43Vous parliez
38:43des raisons autour
38:45de la situation
38:46de votre maman,
38:47par exemple,
38:47et qui ne sont pas
38:48moins fortes,
38:49moins légitimes
38:50et complexes.
38:52Voilà,
38:53ce n'était pas vraiment
38:53une question en fait.
38:55Je tenais à le dire
38:56parce que j'ai trouvé
38:56ça vachement bien.
38:57C'est très intéressant
38:58ce que tu dis
38:58mais d'ailleurs,
38:58je vais rebondir.
39:00Non,
39:00je veux juste préciser
39:01quelque chose
39:01parce que,
39:04juste préciser quelque chose
39:05qui est que
39:05la situation de Souleymane
39:07et la situation de Sangaré
39:08sont un peu différentes.
39:10Souleymane,
39:10lui,
39:10il est demandeur d'asile.
39:11Donc,
39:12le rendez-vous
39:12qu'il doit avoir
39:13dans le film,
39:13ce n'est pas un rendez-vous
39:14à la préfecture,
39:15je me permets
39:15de faire une petite précision
39:16comme ça.
39:16N'hésitez pas à expliquer.
39:18C'est que,
39:18lui,
39:19il a rendez-vous
39:19à l'OFPRA,
39:20donc Office Français
39:21de Protection
39:22des Réfugiés
39:23et Apatrides.
39:23C'est là
39:23où on va se présenter
39:25quand on veut
39:26obtenir l'asile.
39:27L'asile,
39:28c'est un des,
39:29je dirais,
39:30des deux moyens
39:31d'obtenir
39:32une régularisation,
39:33d'obtenir un titre
39:34de séjour
39:35rapidement.
39:36Il y en a deux,
39:36en fait,
39:36des moyens.
39:37Le premier,
39:37c'est d'être reconnu mineur.
39:39Si vous arrivez
39:40et si vous dites
39:41que vous avez
39:42moins de 18 ans
39:43et si l'administration
39:44reconnaît que,
39:44oui,
39:45vous avez bien
39:45moins de 18 ans,
39:46à ce moment-là,
39:47l'administration
39:47doit vous régulariser
39:48et vous prendre en charge.
39:50C'est l'obligation
39:50de la France.
39:51La France a signé
39:52des traités internationaux
39:53pour ça.
39:54Et l'autre obligation
39:55de la France,
39:55c'est que si quelqu'un
39:57peut démontrer
39:57qu'il est en danger
39:59dans son pays,
40:00il va recevoir l'asile.
40:02Je précise que c'est...
40:03Sangaré,
40:04lui,
40:04il est arrivé mineur,
40:05il est arrivé à 16 ans.
40:06Malheureusement,
40:07il a demandé
40:08d'être reconnu
40:08comme mineur.
40:09Malheureusement,
40:10l'administration
40:11ne l'a pas reconnu
40:11comme mineur.
40:12L'administration a dit
40:13mais non,
40:14vous n'êtes pas mineur,
40:14monsieur.
40:15Il a fait un recours,
40:16le recours a traîné.
40:17Ça arrive très souvent, ça.
40:18Ce qui arrive très souvent.
40:20Finalement,
40:20au bout de un an,
40:21un an et demi,
40:22on lui dit
40:22monsieur,
40:22vous allez devoir faire
40:23un test osseux
40:24pour prouver votre âge.
40:25On fait le test osseux,
40:26le test osseux sort
40:27et le test osseux dit
40:28vous avez 18 ans
40:29plus ou moins 6 mois.
40:31Ce qui rétrospectivement
40:32prouve que quand il avait
40:33dit qu'il était mineur,
40:33il était bien mineur.
40:34Mais voilà,
40:35mais maintenant,
40:35vous avez 18 ans
40:36plus ou moins 6 mois,
40:37donc vous n'êtes plus mineur,
40:38donc on ne vous donne pas
40:39de papier.
40:40Voilà,
40:40ça c'est l'histoire
40:41de Sangaré.
40:42L'histoire de Suleymane,
40:42elle est différente.
40:43L'histoire de Suleymane
40:44qu'on raconte dans le film,
40:45donc c'est de quelqu'un,
40:46au début effectivement,
40:47on ne sait pas grand chose,
40:48qui veut,
40:49c'est le seul moyen
40:50étant majeur,
40:51le seul moyen qu'il a
40:52pour obtenir
40:53une régularisation rapide,
40:54c'est l'asile.
40:55C'est la seule chose
40:57que le système français
40:59lui propose.
41:00Et quand on arrive
41:01dans une situation de survie,
41:03on ne se pose pas la question
41:04de savoir
41:04est-ce que c'est bien de mentir,
41:06est-ce que ce n'est pas bien de mentir.
41:06Non,
41:07on prend la seule stratégie possible
41:08pour obtenir des papiers
41:10qui sont le sésame
41:11pour tout,
41:11pour avoir une vie en France.
41:13Donc,
41:14Suleymane,
41:15le personnage du film,
41:16qui n'est pas Sangaré,
41:17encore une fois,
41:18il va essayer
41:19de tenter sa chance
41:20pour l'asile.
41:20Et pour ça,
41:22il pense qu'il faut avoir
41:24un récit politique.
41:25Et donc,
41:26il se fabrique
41:26avec un expert en asile,
41:28un récit politique,
41:29cousu main,
41:30qui devrait normalement
41:31marcher à l'OFPRA
41:32pour obtenir
41:34un titre d'asile.
41:34Et donc,
41:35tout le film raconte
41:36comment ce personnage
41:36se prépare,
41:38il n'invente pas,
41:39lui,
41:39il prend un expert
41:40qui l'aide,
41:41mais il répète
41:42sa leçon
41:43pour se familiariser
41:44avec cette histoire
41:45qui est censée être la sienne.
41:47et pouvoir se présenter
41:49le jour dit.
41:50Un expert,
41:50mais en même temps,
41:51qui monnait,
41:52sans vouloir trop spoiler le film,
41:54qui monnait
41:55finalement cette affaire-là
41:56et qui l'a déjà vendue
41:57plein de fois.
41:57Et en fait,
41:58on se voit à quel point
41:58aussi il y a tellement de gens
42:00qui se font de l'argent
42:01là où c'est possible
42:02de s'en faire.
42:03En fait,
42:03ce que raconte le film,
42:04c'est que,
42:05je reviens un petit peu en arrière
42:06sur ce qu'on disait tout à l'heure,
42:07mais quand on est sans papier,
42:10forcément,
42:10le fait de,
42:11enfin,
42:12à partir du moment
42:12où l'administration
42:13fabrique des sans-papiers,
42:14elle fabrique une population
42:15qui va forcément
42:16être raquettée par tout le monde.
42:17Bien sûr.
42:17Donc,
42:18quand on est sans papier,
42:18on est raquetté par tout le monde.
42:19On est raquetté pour travailler,
42:21donc on voit que Suleymane,
42:22quand il veut travailler
42:22comme livreur,
42:23il doit soulouer le compte
42:25à quelqu'un,
42:25il lui reverse 30%
42:26de son salaire,
42:27ce qui veut dire
42:27qu'il est exploité deux fois.
42:29Il est exploité une première fois
42:30par l'application
42:31et puis il est exploité
42:31une deuxième fois
42:32par cette personne
42:33qui lui souloue son compte.
42:34Donc,
42:34pour travailler,
42:34on est raquetté.
42:36Vous voulez prendre une chambre,
42:37c'est pareil,
42:38vous allez soulouer une chambre
42:39dans un HLM en grande banlieue
42:41qu'on va vous louer
42:42une simple chambre
42:43ou une demi-chambre
42:44pour 500 euros par mois.
42:46C'est bien plus cher
42:47que le prix d'un logement social.
42:49Et donc,
42:50pour être logé,
42:51vous êtes raquetté
42:51parce que vous n'avez pas de papier,
42:52vous ne pouvez pas faire
42:53une demande normale.
42:54Et si maintenant,
42:55vous voulez demander des papiers,
42:58par quelqu'un qui vous expliquait
42:59« Moi, je sais comment on fait,
43:00il faut faire comme ci, comme ça. »
43:02Mais ça, en fait,
43:03c'est ça que raconte le film,
43:04toute la dureté
43:05qu'il y a entre les gens.
43:06Cette dureté,
43:07avant d'être une dureté
43:08entre les gens,
43:09elle est fabriquée par le système.
43:10Elle est fabriquée par le système
43:11qui crée cette situation
43:14d'illégalité
43:15dans laquelle sont les gens
43:16sans papier
43:16qui, du coup,
43:18vont être forcément,
43:20dès qu'ils veulent gagner de l'argent,
43:21dès qu'ils veulent dormir quelque part,
43:23ils vont être obligés
43:24de se faire avoir par d'autres.
43:26C'est bientôt la fin de l'émission.
43:27Je tenais à poser une question
43:29qui est revenue sur le chat.
43:32Il y a des gens qui demandent
43:33où s'en est votre situation
43:37avec la préfecture.
43:38Je ne sais pas si vous pouvez en parler
43:39parce que ce n'est pas encore terminé.
43:41D'ailleurs, vous avez dit
43:42que le film se terminerait
43:43d'une certaine façon
43:44quand Sangaré serait régularisé.
43:46Oui, moi, je peux dire un truc sur ça.
43:47C'est qu'on n'a toujours pas fait de fête
43:49pour le film.
43:49On a un film qui fait plein de succès,
43:50on n'a pas fait de fête.
43:51On attend un seul truc
43:52pour faire une fête pour le film,
43:53c'est les papiers.
43:54Et pour le moment, il n'y en a pas.
43:55Je ne sais pas si vous pouvez en parler.
43:58Brèvement, oui, on peut faire.
44:00En fait, là, je suis toujours en attente
44:01depuis que j'ai déposé la demande
44:04le 10 octobre dernier.
44:06Là, on attend la préfecture.
44:07On m'a donné six mois de récépissé
44:10vie privée familiale.
44:11Et là, j'attends la carte.
44:15On n'a pas un délai fixe.
44:19Ça dépend du préfet,
44:21celui qui décide,
44:22quand il veut donner la réponse
44:24et quand il ne veut pas donner.
44:25Et pendant ce temps ?
44:26Pour l'instant, moi, je croise les doigts
44:28et j'attends.
44:29Et vous regardez vos mails pour être sûr
44:31que vous n'avez pas une bonne réponse.
44:32Eh bien, on croise les doigts aussi.
44:34On souhaite que ça se termine
44:35le mieux possible
44:36et pas uniquement, effectivement,
44:37parce que vous avez eu un prix,
44:39même s'il est effectivement lui aussi
44:41tout à fait mérité.
44:43Je vous avais demandé,
44:44à toutes et à tous,
44:45et je suis content que vous ayez
44:46joué le jeu,
44:46des recommandations culturelles
44:48pour terminer,
44:48parce qu'on voulait finir
44:49sur des petites choses positives.
44:52Je vois que vous avez amené carrément
44:53des objets.
44:54Ça, ça me fait plaisir.
44:54si vous voulez les présenter ?
44:56Oui, bien sûr.
44:57La caméra est juste par là.
44:59C'est comme ça ?
44:59Oui.
45:00Alors, j'ai amené deux livres
45:01faits par les mêmes auteurs,
45:03donc Olivia Burton au scénario
45:05et Maï Grand au dessin.
45:07Donc, c'est deux BD.
45:07C'est bien un tout petit peu.
45:08Voilà, top.
45:09Comme ça ?
45:10Non, j'essaie de me voir dans la caméra.
45:12C'est là que c'est mieux.
45:13Voilà, comme ça.
45:13Donc, il y a ces deux BD
45:16écrits par les mêmes auteurs.
45:19L'Algérie, celui-là.
45:20L'Algérie, c'est beau comme l'Amérique.
45:23C'est dur de se voir dans l'écran,
45:25c'est encore pire que le miroir.
45:27L'Algérie, c'est beau comme...
45:28Ah, c'est plus difficile que de filmer.
45:29Non.
45:30C'est pas moi qui filme.
45:31Moi, je donne juste des consignes comme ça.
45:34Moi, j'aime le boulot facile.
45:35L'Algérie, c'est beau comme l'Amérique.
45:37C'est l'histoire d'une petite fille de pied noir
45:39qui...
45:40C'est l'auteur, en l'occurrence,
45:42qui repart en Algérie
45:44et qui revisite et qui redécouvre
45:46qu'est-ce que ça veut dire d'être pied noir
45:47et redécouvre une page de l'histoire de l'Algérie.
45:50Et c'est un récit très beau, très sensible,
45:53politique aussi, très intéressant.
45:55Et des mêmes auteurs,
45:57cet autre livre que j'aime beaucoup
45:59qui s'appelle Un anglais dans mon arbre.
46:01Et donc, cet auteur qui s'appelle Olivia Burton
46:03se demande à un moment donné,
46:04au moment où son père meurt,
46:06elle se demande si elle ne serait pas
46:07la descendante de Richard Burton
46:09qui a presque découvert les sources du Nil,
46:11ce grand érudit, diplomate et explorateur anglais
46:15de l'époque coloniale.
46:17Et donc, elle part dans un autre voyage.
46:19Je ne sais plus l'Algérie cette fois-ci,
46:20mais elle part dans l'Afrique centrale
46:21à son tour revisiter ces lieux
46:25près des sources du Nil.
46:27Donc, c'est deux livres que j'aime beaucoup.
46:29Très beaux dessins,
46:31très beaux textes,
46:31très émouvants
46:32et qui racontent des histoires de voyage
46:34comme je les aime beaucoup.
46:36Voilà.
46:36Eh bien, merci beaucoup.
46:37Sangaré, je ne sais pas si vous avez préparé quelque chose.
46:41Oui, en fait, moi, j'ai recommandé le film Vendieu.
46:45En gros, c'est un film que j'ai découvert à Cannes.
46:48Et c'est un film que j'ai beaucoup aimé.
46:50Juste le rapport entre le personnage principal
46:52et sa paix toute seule.
46:54Vu que leur père est décédé
46:55et qu'il faut qu'il travaille,
46:58il faut qu'il s'occupe de sa soeur.
47:00En tout cas, j'ai beaucoup aimé ces films-là.
47:03Il sort en décembre.
47:04Il était à Cannes.
47:04Oui, c'est ce que je lui ai demandé.
47:05Il sort en décembre.
47:06Qui est-ce qui l'a réalisé ?
47:08Louise Courvoisier.
47:09C'est une jeune femme.
47:11C'est une jeune réalisatrice.
47:12C'est un premier film.
47:13Je l'ai beaucoup aimé aussi.
47:14Mais moi, je voulais avoir ma propre recommandation.
47:17Mais j'ai beaucoup aimé.
47:18On l'a vu ensemble, le film.
47:19On l'a adoré tous les deux.
47:21C'est un premier film d'une jeune réalisatrice.
47:24C'est qui sort de cette nouvelle école de cinéma de Lyon,
47:27la Cinéfabrique.
47:27C'est une école que j'aime beaucoup aussi.
47:30Et enfin, des élèves sortent de cette école,
47:33qui est une école assez récente.
47:34Ils sortent de cette école et font des films.
47:36Et ce film est vraiment super.
47:37C'est donc des jeunes paysans,
47:40incarnés par de vrais jeunes paysans du Jura,
47:42qui font du comté.
47:43Et qui ont plein de problèmes.
47:45Et des problèmes.
47:45Et voilà.
47:46Et il se donne quand même bien de sa petite soeur.
47:48C'est le dernier sujet avec le premier,
47:50avec les problèmes des agriculteurs qu'on a évoqués avec eux.
47:53Théo, tu avais quelque chose ?
47:55Oui, moi, je suis un peu dingue.
47:56Parce que j'ai ramené la BD,
47:56mais je l'ai oublié dans mon sac, dans les loges.
47:58Donc je vous l'aurais bien brandi aussi.
47:59Je peux la mimer.
48:00Mais je ne peux pas.
48:00En plus, elle est assez belle.
48:01C'est un roman graphique de Sabrina Calvo.
48:05C'est un roman graphique d'anticipation.
48:07Donc c'est l'extrême droite qui a pris le pouvoir.
48:09Ça se passe à Lyon.
48:10Et en fait, il y a des milices fascistes
48:12qui font des ratonnades dans les rues,
48:14des patrouilles dans les rues.
48:15Jusque-là, ce n'est pas totalement de la SF pour Lyon.
48:17Voilà, c'est pour ça que je voulais en parler.
48:20Ah, trop bien.
48:21Merci beaucoup, Kat.
48:23Donc voilà, elle est là.
48:25Et donc il y a une de ces ratonnades
48:26qui va infiltrer un groupement queer,
48:30on va dire, de militants queer.
48:31Et donc ça raconte à la fois une histoire politique
48:33autour de ces luttes entre les fascistes
48:36et cette communauté queer.
48:38À la fois, il y a un peu un triangle amoureux,
48:41un triangle polyamoureux dans cette histoire.
48:43Et puis ça se finit, je ne vous souviens pas,
48:45mais c'est aussi un peu fantastique.
48:46Et donc voilà, en plus, les couleurs sont très belles,
48:48c'est très coloré, très pastel.
48:50Donc voilà, ça me parle beaucoup.
48:51En plus, c'est à Lyon, je sais que ça ferait peut-être plaisir
48:52aux Lyonnais et Lyonnaises en force dans cette émission.
48:55Sabrina Calvo est une grande fière.
48:58Ah !
48:59C'est de la région.
49:00Et Tomé, je donne l'une ?
49:01Alors moi, je ne vais pas faire...
49:03Je vais faire un pas de côté, si vous m'autorisez,
49:05parce que je trouve qu'on ne parle vraiment pas assez
49:06de sport dans cette émission.
49:08Et moi, je suis journée sportive, initialement.
49:11Donc je vais plutôt parler de l'Euroféminin de handball
49:13qui commence demain soir.
49:15Ce n'est pas souvent qu'on peut voir du sport
49:17pratiqué par des femmes de haut niveau à la télévision en clair.
49:21Et si je ne dis pas de bêtises,
49:22dès le premier match du premier tour,
49:24elles vont être diffusées sur TFX,
49:27donc ça va être possible de les voir.
49:29Les coéquipières d'Estelle Zemminko,
49:30qui sont vice-championnes olympiques,
49:32qui sont championnes du monde en titre,
49:34et qui ont très envie de reprendre une couronne européenne,
49:37ne manquez pas ça.
49:38Elles viennent de changer d'entraîneur.
49:39La Norvège, en face, a perdu deux de ses plus grandes joueuses.
49:43Bref, ça va être extraordinaire comme compétition.
49:45Donc vraiment, suivez l'Euroféminin de handball.
49:47Si on a un petit quart d'heure,
49:48moi je suis partante pour discuter des forces en prenance.
49:51On ne va pas malheureusement,
49:52mais je valide, je considère que ça compte dans la culture populaire.
49:56Donc tu peux amener avec tous tes recos de sport.
49:59Toi, tu as une recos peut-être non, Benjamin ?
50:01Ah oui, c'est vrai.
50:03Alors du coup, je n'ai pas préparé de magnéto dessus.
50:06Je recommande, je vais essayer de faire un jeu vidéo
50:08pour qu'il y en ait aussi.
50:10Je me tabasse sur Frostpunk 2,
50:13qui est sorti récemment,
50:14qui est un jeu de gestion de ville post-apocalyptique,
50:17mais au 19e siècle, dans le grand froid.
50:20Et le 2 est absolument extraordinaire,
50:22puisqu'on y gère plein de problèmes politiques.
50:24Ça, c'était déjà le cas du 1.
50:25Notamment des problèmes de migration,
50:28puisqu'il y avait des réfugiés,
50:30qui étaient plus des réfugiés climatiques.
50:32Il y avait plein de problèmes politiques,
50:33comme ça, des problèmes de pollution et tout.
50:35Et là, le 2 se passe une génération après.
50:38Et du coup, il y a des gens qui ont vécu dans cette ville.
50:40Et du coup, maintenant, il faut vraiment faire de la politique.
50:42Et il y a un parlement.
50:43Il faut faire passer des lois.
50:45Et c'est beaucoup trop compliqué.
50:46Et c'est extraordinaire.
50:47Et tout ça en jeu vidéo.
50:48Et tout ça en jeu vidéo.
50:50Voilà, donc si vous êtes des fous de tableurs Excel comme moi,
50:52et que vous aimez faire passer des lois,
50:54et c'est très, très bien.
50:55C'est un des rares jeux de gestion de gauche, un peu,
50:57France Pogne, de toute façon.
50:58Ah, c'est un vaste débat, mais oui, oui, oui.
51:00On parle en haut.
51:01Oui, oui, carrément.
51:03Merci beaucoup.
51:03Je tenais à remercier aussi Léa, quand même,
51:05qui a fait sa chronique tout à l'heure.
51:07C'est sa grande première.
51:09Donc, bravo à elle.
51:10Et je remercie Kat aussi,
51:11qui m'a aidé à préparer les questions, notamment,
51:14mais qui a aussi aidé à préparer toute la séquence.
51:17Merci à toi.
51:17Et évidemment, je vous remercie tous les deux.
51:20Bravo pour le film.
51:21Et merci d'avoir accepté notre invitation, tous les deux.
51:23Et il est encore en salle.
51:24Il est encore en salle, je le rappelle.
51:26Évidemment, mais si vous ne l'avez pas encore vu, ce film,
51:29surtout, allez le voir,
51:29parce qu'il est absolument, absolument magnifique.
51:32On n'a pas eu le temps d'en parler,
51:33mais moi, je trouve qu'il a un rythme complètement incroyable.
51:35Vous êtes vraiment avec Suleymane pendant 24, 48 heures.
51:39C'est un rythme complètement dingue.
51:41Donc, merci à vous d'avoir été avec nous.
51:44Merci.
51:44Merci.
51:47Merci.

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