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  • il y a 5 heures
Un millier de personnes ont manifesté mardi matin à Paris pour les libertés, à l’occasion de l’audition par la justice de Rima Hassan, candidate FI aux européennes, poursuivie pour « apologie de terrorisme ».

Près d’un millier de personnes se sont rassemblées pour la liberté, boulevard Berthier, près du palais de Justice de Paris, ce mardi matin. Elles protestaient contre l’audition de la militante franco-palestinienne Rima Hassan, candidate de la France insoumise aux élections européennes, pour « apologie du terrorisme ». Les mêmes faits sont – une première dans l’histoire de la Ve République – reprochés à Mathilde Panot, présidente du groupe des députés FI. Celle-ci s’est exprimée, parlant sous une tonnelle. « Si nous sommes si nombreux aujourd’hui, ce n’est pas uniquement pour soutenir nos personnes, pour soutenir un mouvement politique, pour soutenir une candidate (…) Nous sommes réunis ici pour défendre une idée de la démocratie et des libertés publiques dans notre pays », a-t-elle lancé.

« Avec ce qui se passe à Gaza, si on n’a pas le droit de parler, qui va parler ? s’interroge Rachel Keke, députée FI présente dans la foule. Ces convocations sont une atteinte à la liberté d’expression. On devrait être libre de dire ce que l’on pense et d’autres de dire qu’ils ne sont pas d’accord ». Cheffe de file insoumise aux élections européennes, Manon Aubry, juge qu’on veut « jeter l’opprobre sur la campagne de ma liste. Dans un pays démocratique, on ne poursuit pas une présidente de groupe. On ne poursuit pas des candidats aux élections ».

Lors de ce rassemblement, il n’est pas question que des convocations de Rima Hassan et Mathilde Panot. Celle-ci signale d’ailleurs les multiples atteintes aux libertés : les interdictions de conférences auxquelles devait participer Jean-Luc Mélenchon, mais aussi la condamnation à un an de prison avec sursis d’un syndicaliste CGT « pour la diffusion d’un tract de soutien au peuple palestinien ».

Des personnalités de la gauche non insoumise avaient aussi fait le déplacement. Ali Rabeh, maire de Trappes et membre de Génération.s s’affichait devant l’estrade, tout comme la députée communiste Elsa Faucillon. « Nous vivons un moment où il faut se serrer les coudes. Le gouvernement a accéléré la répression des oppositions et en particulier l’opposition à sa politique concernant le conflit au Proche-Orient. Le président de la République préfère criminaliser le mouvement qui cherche la paix », estime l’élue des Hauts-de-Seine. Maire PCF de Gennevilliers, Patrice Leclerc s’inquiète de la répression de ceux qui soutiennent le droit international et demande qu’on « abroge cette loi sur l’apologie du terrorisme », un concept « qui ouvre la voie à de nombreuses dérives ».

L’audition de ce matin a en outre permis à la juriste franco-palestinienne de connaître quels faits lui sont reprochés. Au sortir de l’entrevue, Vincent Brengarth, l’avocat de Rima Hassan, a informé que la plainte pour apologie du terrorisme faisait suite

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Transcription
00:00Si nous sommes réunis ici, si nombreuses et nombreux,
00:03c'est pour défendre une idée de la démocratie et des libertés publiques dans ce pays.
00:13On est dans une situation où le pouvoir macroniste criminalise, poursuit,
00:19essaie de faire taire et d'intimider toutes les oppositions politiques
00:22qui essayent de porter une voix pour la paix, pour un cessez-le-feu à Gaza,
00:27de manière beaucoup plus forte, parce que la France est silencieuse,
00:31pourrait faire bien davantage pour cette situation absolument atroce,
00:35avec tous les milliers de morts qu'il y a déjà à Gaza.
00:37Et donc, on est là pour dire que nous avons ce droit, cette liberté d'expression,
00:42et qu'on ne nous intimidera pas.
00:44Il faut savoir que nous, au Conseil Régional de l'Ile-de-France,
00:47d'une part, le président du groupe Rassemblement National nous a traité de Hamas français,
00:52un vice-président de la majorité de Précresse nous a traité de terroristes en séance,
00:57alors que nous défendions un projet de subvention à l'UNICEF pour les enfants palestiniens.
01:04Donc on voit bien qu'il y a aujourd'hui une pression qui va de Macron,
01:09en passant par la droite LR, jusqu'à l'extrême droite,
01:12pour interdire toute expression de soutien au peuple palestinien.
01:18Pense-t-on réellement que Rima Hassan et Mathilde Panot présents ici
01:21seraient d'une quelconque manière des apologistes du terrorisme ?
01:24Bien sûr que non.
01:25Mais avant cela, il y a les convocations de mes camarades devant la police.
01:29Mais avant cela, il y a l'interdiction d'une conférence et d'une réunion publique
01:34de Jean-Luc Mélenchon et Rima Hassan.
01:36Mais avant cela, il y a les interdictions des manifestations pour la paix après le 7 octobre.
01:41Mais avant cela, il y a la répression du mouvement des Gilets jaunes.
01:44Mais avant cela, il y a la répression de la colère face à la mort de Naël.
01:49Mais avant cela, mais avant cela, mais avant cela,
01:50il y a aussi la répression de la réforme des retraites.
01:53Bref, c'est une pente autoritaire dans laquelle s'engouffre le gouvernement d'Emmanuel Macron.
01:57Ce n'est pas seulement Mathilde Panot et Rima Hassan.
02:00Ce sont elles parce qu'elles sont très représentatives.
02:03Mais c'est surtout pour la liberté d'expression.
02:06Parce qu'aujourd'hui, on ne peut plus parler sans être convoqués, arrêtés.
02:12On ne sait même plus pourquoi.
02:13Et c'est depuis les Gilets jaunes.
02:16Ce n'est même pas depuis aujourd'hui, mais c'est de plus en plus.
02:18Là, ils poussent le bouchon de plus en plus loin.
02:20Ils vont très loin.
02:22Ce syndicaliste aussi qui a été arrêté un an de prison avec sursis, c'est une honte.
02:28Et donc, je suis là pour tous ceux qui ne peuvent pas parler.
02:32Je suis là pour les soutenir.
02:34Moi, je ne parle pas en général.
02:35Mais là, c'est pour les soutenir.
02:37Sous-titrage Société Radio-Canada

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