00:00Avec les yeux olympiques là, moi je dis que c'est une solution d'abord pour eux de nettoyer la
00:04ville de Paris
00:05parce qu'ils considèrent mieux que les événements que nous.
00:12À chaque fois qu'on mène des actions, ça paye.
00:15Mais avant qu'on mène des actions, qu'on mène des luttes, on n'était pas visibles, on était là,
00:20on était cachés.
00:21Il y a maintenant des jeunes, ils commencent à sortir de leur cachette,
00:25ils commencent à se rendre compte que vraiment, si on a eu cette place-là, c'est grâce à des
00:31luttes.
00:31Donc la lutte a de l'importance.
00:34La ville de Paris, c'est une ville d'accueil, d'intégration.
00:37Donc si tel est le cas, il faudrait qu'ils utilisent ce mot en bon usage.
00:48Le collectif des jeunes du parc de Belleville, c'est un collectif de MNA qui s'est auto-organisé depuis
00:53l'année dernière.
00:55Les jeunes ont mis en place plusieurs actions pour porter leurs revendications,
00:59que ce soit logement, école, santé, durée de recours.
01:02On a beaucoup de jeunes qui sont hébergés dans des gymnases,
01:04qui risquaient d'être envoyés en région pendant les JO.
01:09Donc ça fait partie de la stratégie de nettoyage social qui est mise en place par la préfecture,
01:14depuis l'État, depuis maintenant plusieurs mois.
01:16Ces jeunes ont peur d'être expulsés.
01:18La revendication de ces jeunes-là, c'est d'avoir un hébergement pérenne à Paris.
01:27Ah oui, la situation est d'une extrême urgence,
01:29puisque ces jeunes sont poussés à l'errance, comme je l'ai expliqué,
01:32puisqu'ils sont déplacés de campement en campement.
01:34Donc en fait, ce que les associations demandent, c'est une mise à l'abri,
01:37un hébergement digne à Paris ou en région parisienne,
01:39parce que leur recours est en Ile-de-France.
01:42Sauf que si les jeunes partent en région,
01:44ces jeunes n'ont pas les moyens de payer des allers-retours pour voir leur avocat,
01:48ou pour venir voir le juge, ou faire les examens que le juge pourrait demander.
01:51Et nous, ce qu'on craint aussi, c'est que s'ils sont envoyés en région,
01:55c'est qu'en fait, ils soient hébergés pendant trois semaines,
01:57et remis à la rue, comme ça a été le cas pour tous les types de publics
02:02qui ont été envoyés en région, et qu'ils soient dehors,
02:05mais ailleurs, loin de leur communauté, loin des associations,
02:07loin de leur avocat, et qu'ils se retrouvent seuls, mais encore plus loin.
02:17Il y en a beaucoup qui décrivent, qui ont l'impression d'être traités
02:19comme des animaux, vraiment comme des personnes qui n'ont aucun droit,
02:23dont la situation et la souffrance n'ont aucune importance.
02:26Ces enfants, la situation dans l'accueillition, elle est terrible,
02:29elle est terrible pour plusieurs raisons, parce que déjà,
02:31il y a eu le parcours de l'exil, qui a souvent été traumatique
02:33et extrêmement violent et dur.
02:34En plus de cette violence-là qu'ils ont subie sur l'exil,
02:36il y a la violence du non-accueil qu'ils reçoivent quand ils arrivent en France,
02:39c'est-à-dire qu'on pense arriver dans le pays des droits de l'homme
02:42et on arrive dans un pays où finalement on dort sous des ponts pendant plusieurs mois.
02:45Nous, ce qu'on va faire, c'est qu'on va pouvoir permettre de pouvoir voir un médecin,
02:47mais aussi de pouvoir voir un psychologue, un psychiatre,
02:49de pouvoir un peu déposer des choses, avoir un accompagnement,
02:53un soutien sur un certain temps.
02:56Mais le problème de fond est réellement la prise en charge de l'État,
02:59qui est complètement défaillante, qui est défaillante aussi bien sur l'accès à l'hébergement
03:03que sur l'accès à des services sociaux pour des personnes qui, je le rappelle, sont des enfants.
03:07On reste à Paris, au bout de la Paris.
03:10Sous-titrage Société Radio-Canada