00:00Nous ne prendrons pas la responsabilité d'expulser 250 jeunes.
00:03Nous voulons être scolarisés, nous voulons être instruits comme tous les enfants français.
00:08Être bien intégrés, c'est ça notre objectif.
00:11Les jeunes ont des droits sur le territoire français, mais leurs droits ne sont pas respectés.
00:18Depuis huit jours, la Gaie-Télérique est occupée par 250 jeunes du collectif des jeunes du parc de Belleville.
00:25La Gaie-Télérique, c'est un lieu culturel de la ville, c'est une grande salle de concert,
00:29de salle d'exposition, de conférences, de débats.
00:32Ça fait une semaine que je dors ici, on le fait tous les six.
00:35C'est très très compliqué la vie ici.
00:37Vous savez, quand on est dehors, on cherche toujours des solutions.
00:42On sait très bien qu'ici, ce n'est pas un lieu de vie.
00:43Il faut que l'État prenne ses responsabilités,
00:46de faire en sorte que les jeunes soient logés dans des bonnes conditions.
00:49Au moins ici, ils sont au chaud.
00:51Et on est ici parce que c'est un bâtiment qui appartient à la ville de Paris.
00:54On demande à la ville de Paris de faire preuve de solidarité
00:57et de faire preuve de volonté politique.
01:03C'est des mineurs qu'on accompagnait.
01:05Quand on arrive en France et qu'on est mineur,
01:07on se déclare mineur et on passe une évaluation de minorité
01:09dans un centre d'évaluation.
01:11Il y en a dans chaque département.
01:12Tous les jeunes présents ici ont passé une évaluation.
01:14C'est des évaluations avec des critères très subjectifs,
01:17à la fin desquelles les jeunes présents ont du coup été refusés.
01:21C'est-à-dire que les centres d'évaluation jugeaient qu'ils n'étaient pas mineurs,
01:24avec la possibilité de déposer un recours dans un tribunal pour le vent.
01:27Ce que les jeunes ont fait.
01:28Sauf que cette procédure, elle prend entre 6 mois et un an.
01:31Et entre-temps, n'étant pas considérés mineurs,
01:33ils ne sont pas pris en charge par l'aide sociale à l'enfance
01:34et n'étant pas considérés majeurs puisque se déclarant mineurs,
01:37ils ne peuvent pas avoir accès aux solutions d'hébergement type 115
01:40puisqu'on est officiellement prépare pour les personnes majeures.
01:47Donc toi, tu as déjà dormi dehors ?
01:49Exactement.
01:49Je suis à peu près un mois dehors.
01:52Il y a certains parmi nous qui sont malades.
01:54Beaucoup d'enfants qui sont partis à l'hôpital.
01:58Nous ne prendrons pas la responsabilité d'expulser 250 jeunes
02:02dans la rue, en plein hiver, sans solution de logement.
02:05Dans les prochaines heures, j'espère, ou dans les prochains jours,
02:08c'est qu'une solution soit proposée.
02:09Une solution de mise à l'abri de ces 250 jeunes
02:13puisqu'on approche des périodes de Noël.
02:14Je ne vous cache pas qu'on est extrêmement inquiets
02:16et on rappelle l'urgence de la situation.
02:19Il y a des gymnases à Paris, il y a des écoles désaffectées
02:21qui peuvent être utilisées comme des solutions d'hébergement d'urgence.
02:24La ville de Paris le fait déjà.
02:26Mais il y a aussi l'état de bâtiments vides
02:28que la préfecture a le pouvoir de réquisitionner.
02:30Seul l'État a le pouvoir de réquisitionner et ne le fait pas.
02:34Pourtant, pendant les Jeux olympiques,
02:35l'État a joui de son droit de réquisition,
02:37notamment sur des résidences cruise, sur d'autres bâtiments.
02:40Des millions d'euros ont été débloqués pour créer un village olympique
02:43et donc du logement.
02:44Pour autant, ici, l'État ne répond pas.
02:46La seule réponse de l'État a été
02:48si la guété lyrique veut réouvrir son lieu,
02:49elle n'a qu'à demander une intervention policière.
02:57Non seulement les jeunes n'ont pas la protection de l'État,
02:58mais c'est surtout que les jeunes sont mis en danger par l'État.
03:01Les jeunes sont harcelés tous les jours par la police sur des campements.
03:03Ils n'ont aucun statut administratif,
03:05ils sont dans un flou permanent qui leur garantit aucun droit.
03:08Les jeunes ont des droits sur le territoire français,
03:09mais leurs droits ne sont pas respectés.
03:11J'aimerais dire au gouvernement
03:13que nous ne sommes pas délinquants ni dévoyés.
03:16Je leur demanderais de venir nous aider,
03:19parce que là, c'est utile.
03:21Il nous faut au moins nous aider à nous intégrer,
03:23parce que tout ça, c'est une processus d'intégration.
03:26Un jeune, il est hébergé, là, il a la tête tranquille.
03:29Quand il a la tête tranquille, directement,
03:31tu le conduis vers où ?
03:32C'est vrai, les formations, les écoles.
03:34Nous sommes en lien avec la ville de Paris quotidiennement,
03:36mais en l'absence de propositions,
03:38nous appelons maintenant à la responsabilité morale,
03:41à l'exigence morale de la maire de Paris, Anne Hidalgo,
03:44qui est la seule aujourd'hui à pouvoir nous trouver une solution.
03:47Il y a des rassemblements tous les soirs ici,
03:49que la village, que madame Hidalgo viennent en écharpe,
03:51prendre la parole publiquement
03:53et dire que les revendications des journalistes sont les chitsums
03:55et qu'il y a un vrai combat à mener contre l'État
03:58si on veut obtenir des solutions.
03:59Mais ça, ça relève de courage politique, de choix politique.
04:02Et tant que la ville ne les fera pas,
04:03elle continuera de réquisitionner son propre patrimoine
04:06pour héberger les personnes qui en ont besoin.
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