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Après des années d'accalmie, la Colombie a replongé dans l’enfer du narcoterrorisme. Cartels surarmés, guérillas reconverties dans la cocaïne, État en guerre totale : la violence atteint des niveaux inédits. Thomas Dandois enquête sur cet engrenage sanglant alimenté par l’insatiable appétit du monde pour la poudre blanche.
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00:00Musique
00:52Ce serait mentir de dire qu'on se sent fort dans ces moments-là.
00:56C'est pas vrai.
00:58Ce qu'on ressent, c'est de la peur.
01:04Si on se fait arrêter, ou si le produit n'arrive pas à destination dans les deux cas, tu sais
01:10exactement à quoi t'attendre.
01:14Il y a de la peur, beaucoup de peur.
01:23Ce qui compte pour un GoFast, c'est la rapidité à laquelle on va livrer la marchandise.
01:33Un kilo a une certaine valeur quand il arrive aux Etats-Unis.
01:36Mais quand il arrive en Europe, il vaut trois fois plus cher.
01:40Le même kilo.
01:48Un bateau chargé ne va jamais jusqu'à terre. Jamais.
01:52Il arrive à un point où il remet la marchandise.
01:55Et cette marchandise continue sa route.
01:58À ce moment-là, avec le point GPS, on marque que la livraison a eu lieu et on est payé.
02:07Les autres organisations entrent en action.
02:10Ça peut être les cartels mexicains ou les Américains eux-mêmes.
02:21Si on a des contacts dans l'armée, on cherche à savoir où sont leurs opérations, dans quelles zones.
02:32Il y a des gens qui font la connexion avec certaines personnes pour qu'on puisse passer.
02:36D'une manière ou d'une autre.
02:42Peut-on faire un voyage de ce type, sans corrompre personne ?
02:46Non. Impossible.
02:51Il faut le faire.
02:54C'est toute une chaîne.
02:56Celui qui part sans corrompre personne, il est condamné.
03:00Il sort même pas du port.
03:32La cocaïne se répand plus que jamais sur la planète.
03:40La consommation augmente partout.
03:43On compte aujourd'hui près de 25 millions d'usagers dans le monde.
03:57Les Etats-Unis et l'Europe restent les premiers importateurs.
04:01Mais pas un continent n'échappe au trafic désormais.
04:04Etats-Unis et l'Europe restent les premiers importateurs.
04:08Etats-Unis et l'Europe restent les premiers importateurs.
04:10Etats-Unis et l'Europe restent les premiers importateurs.
04:10C'est difficile de se passer.
04:14D'année en année, les saisies mondiales battent des records.
04:192 275 tonnes interceptées en 2023.
04:29Les narcotrafiquants rivalisent toujours plus d'ingéniosité pour exporter leur production.
04:39Les milliards brassés par ce business clandestin leur permettent de rester à la pointe du progrès et de la technologie.
04:50La Colombie est de loin le premier pays producteur.
04:54A elle seule, elle fournit les trois quarts de la cocaïne consommée sur la planète.
05:03Voyage au cœur d'un pays où depuis quelques années, la fabrication de la poudre blanche explose
05:10et sème derrière elle toujours plus de violence et de chaos.
05:29Avec ses milliers d'hectares de forêts primaires, ses montagnes de basse altitude, ses vallées humides et son climat subtropical,
05:38la Colombie offre les conditions idéales pour la culture de la cocaïne.
05:46Cette plante est l'ingrédient indispensable pour produire de la cocaïne.
05:53Au sud de Cali, dans la région du Cauca, on compte des centaines de fermes où des petits producteurs la
06:01cultivent à longueur d'année.
06:04« Allez, on va travailler mademoiselle ! »
06:16« Maria Magdalena possède avec son mari une exploitation agricole depuis 30 ans. »
06:33Dans cette région, difficile d'accès et sans infrastructure,
06:37la coca demeure souvent la seule ressource pour les populations locales.
06:45« Demain matin, il faut qu'on retourne cueillir les feuilles de coca.
06:50Cette plante m'a permis de payer les études de mes enfants.
06:53J'ai pu subvenir à leurs besoins,
06:55découvrir les dépenses pour plein d'autres choses comme les médicaments quand ils sont tombés malades.
07:00J'ai pu leur payer l'école.
07:03C'est en ramassant ces feuilles que je les ai fait vivre et qu'ils ont pu avancer dans la
07:06vie.
07:08Il y a des gens qui ne comprennent pas, ils pensent que ce qu'on fait est mauvais, que c
07:12'est mal.
07:12Mais en vérité, non.
07:14Pour nous, cette plante est une bénédiction.
07:17On vit grâce à elle.
07:22Depuis 2022, le gouvernement colombien tolère les petites exploitations de coca.
07:28Il n'est plus interdit de la cultiver.
07:31Cette mesure vise à ne pas pénaliser les populations qui en dépendent.
07:38Mais pendant des décennies, l'armée les détruisait systématiquement.
07:43Elles dispersaient par avion du glyphosate sur les plantations.
07:48Nous, on était en train de faire la récolte et ils ont pulvérisé partout.
07:53Ils s'en fichaient qu'on soit dans les plantations.
07:56C'était comme ça.
07:58Je sais qu'on tombait même malades à cause de ce qu'ils nous balançaient.
08:03Si tu ne te protégeais pas la tête, tu devenais chauve.
08:05Alors, bien sûr, on devait se mettre à l'abri.
08:08Il fallait se protéger et constamment rester sur ses gardes.
08:12Quand on était en train de travailler et qu'on voyait les avions arriver,
08:16on devait courir pour se cacher.
08:18Ou alors on se couvrait ou on entrait dans une cabane.
08:21Parfois même, on était avec les enfants.
08:24Il fallait courir pour les protéger.
08:25On lâchait le sac et on fonçait pour les mettre à l'abri.
08:42Une fois récoltée, la feuille de coca est vendue à des intermédiaires qui vont la transformer.
08:54Cette seconde étape est totalement illégale.
08:58Elle se passe dans la clandestinité.
09:09Des laboratoires clandestins, il en existe des centaines dans la région,
09:13des milliers dans tout le pays.
09:16À l'abri, sous des bâches noires et sous les arbres,
09:19les petites mains du narcotrafic commencent le processus de préparation
09:24de ce qui deviendra, au bout de la chaîne, de la cocaïne.
09:47Le procédé est on le peu plus artisanal.
09:50Après avoir été passé à la broyeuse,
09:52les feuilles sont mélangées à de la chauve blanche.
10:08Pourquoi est-ce qu'on met ce produit chimique ?
10:12D'abord, il faut qu'il se concentre dans la feuille.
10:16Et ça, ça va la faire transpirer.
10:22Une fois que le produit a bien pénétré au cœur de la feuille,
10:26ça permet de libérer l'alcaloïde.
10:33L'alcaloïde présent dans la feuille de coca s'appelle cocaïne.
10:37Et c'est cette molécule qui provoque l'effet psychotrope.
10:42Pour l'extraire, ils vont devoir ajouter une dizaine de produits chimiques hautement toxiques.
10:46Et surtout, des litres et des litres d'essence.
10:55On planque l'essence parce que si les flics la trouvent,
10:57ils peuvent faire beaucoup de dégâts ici.
11:15S'ils nous attrapent, c'est direct la prison.
11:22Il faut qu'on fasse très attention.
11:26On doit travailler discrètement.
11:55Toute cette essence qu'on a ici
11:57va nous permettre d'extraire le produit.
11:59C'est une espèce d'huile contenue dans la feuille qui va être extraite.
12:04Ensuite, on va ajouter de l'eau
12:06pour séparer l'essence de l'alcaloïde.
12:09L'eau va garder l'alcaloïde
12:11et le reste s'en va.
12:21En tout, le processus d'extraction peut durer deux ou trois jours.
12:29Les bidons contenant l'alcaloïde sont transportés vers un autre laboratoire
12:33où le produit est filtré, chauffé, séché.
12:51L'alcaloïde, quand on le coupe
12:53et qu'on le cuisine,
12:55il prend la texture d'une espèce de pâte.
12:58C'est ce qu'on appelle la base de coca.
13:06Celui qui va nous l'acheter,
13:08il va encore la transformer
13:10pour obtenir ce produit qu'on appelle sur le marché
13:13la cocaïne.
13:20C'est le grossiste qui vient nous l'acheter ici
13:22qui se fait de l'argent.
13:24Il l'envoie ailleurs
13:25et là, pour lui, c'est le jackpot.
13:28Ce sont ces gens-là
13:29qui se font de l'argent.
13:30Nous, les paysans,
13:31on ne gagne que ce qui correspond à notre travail.
13:33Rien de plus.
13:35Par exemple, avec ce qu'on vient de fabriquer,
13:37on va se faire environ 80 euros.
13:39C'est déjà beaucoup pour nous.
13:4880 euros pour deux jours de travail
13:51à trois personnes.
13:59Les grossistes,
14:01ceux qui empochent la majorité des gains dans la région,
14:04ce sont le plus souvent des groupes armés.
14:07Cette zone du cauca
14:09est tenue par une faction de dissidents des FARC,
14:12les forces armées révolutionnaires colombiennes.
14:16Sur les routes environnantes,
14:18on retrouve leur sigle
14:20taguée à la bombe.
14:22Dans les villes et les villages,
14:24impossible d'y échapper.
14:26La région est en état de guerre.
14:34Depuis plus de 70 ans,
14:37la Colombie baigne dans la violence
14:38des conflits internes.
14:42Des guérillas marxistes
14:44s'opposent à l'armée colombienne
14:45appuyée par des milices d'extrême droite.
14:49Les affrontements
14:50auraient fait près de 200 000 morts
14:52et déplacé des millions de personnes.
14:57Dans les années 80,
14:59la montée du narcotrafic
15:00et des cartels
15:01plonge un peu plus le pays dans le chaos.
15:04Des figures emblématiques émergent,
15:07comme Pablo Escobar
15:08avec le cartel de Medellín.
15:13Quand leurs intérêts convergent,
15:15les guérillas font des alliances
15:17avec les barons de la drogue
15:18pour commettre des attentats
15:20et des assassinats.
15:26En 2016,
15:27les Colombiens reprennent espoir
15:29lorsque les leaders des FARC
15:31signent un accord de paix
15:33avec le gouvernement.
15:37Le pays connaît alors
15:3910 ans d'accalmie.
15:41Mais certains groupes rebelles
15:43refusent toujours de rendre les armes.
15:52Diana,
15:54il faut changer ça.
15:59Ignacio Gomez
16:00est un journaliste d'investigation.
16:03Il est reconnu
16:04pour ses enquêtes
16:05sur les paramilitaires
16:06d'extrême droite
16:07et les narcotrafiquants.
16:10T'as vu,
16:11il y a des gros tags FARC
16:12EP partout.
16:13Quelle cochonnerie.
16:18Là, voilà,
16:19l'explosion.
16:20L'explosion qu'on cherchait là,
16:22juste derrière.
16:23Agrandis l'image.
16:26Plusieurs fois agressé,
16:28blessé
16:28et régulièrement menacé de mort,
16:31il continue ses investigations
16:32malgré tout.
16:34Il est aujourd'hui
16:35rédacteur en chef
16:36dans une chaîne de télévision.
16:37Quel bon reportage.
16:42Selon lui,
16:43les guérillas actuelles
16:44comme les dissidents
16:45des FARC
16:46n'ont plus rien à voir
16:47avec les idéaux populaires
16:48des origines.
16:56Avant,
16:56il y avait des civils
16:57chargés de faire payer
16:58un impôt sur la production
16:59de cocaïne.
17:01Là,
17:02ils les ont assassinés
17:03et ils ont repris eux-mêmes
17:04en tant que guérillas
17:05la structure des narcotrafiquants.
17:10Avant,
17:11ils se contentaient
17:12de faire payer des taxes.
17:14À partir de ce moment-là,
17:16la plus grande guérilla
17:17d'Amérique latine
17:18a assumé
17:19sa position de cartel.
17:24et pourtant,
17:25on continue de parler
17:27de coordination
17:28de la guérilla
17:29et de je ne sais trop quoi.
17:31Mais on sait tous
17:32que tout ça
17:33n'est qu'une mascarade.
17:35Ce sont des structures
17:36militaires
17:36détournées
17:37en structures criminelles.
17:39On force une réalité
17:40qui n'existe plus,
17:41qui n'a rien à voir.
17:44Mais ça,
17:45ni la presse,
17:46ni les institutions,
17:48ni la police
17:48n'en parlent.
17:50Même eux,
17:51les combattons,
17:52dans leur tête,
17:53ils se prennent
17:54pour une guérilla
17:54avec Marx,
17:56Lénine
17:56et tout le reste.
18:03Guérilla dévoyée
18:05ou stricte organisation
18:06de narcotrafique,
18:08les Colombiens
18:09demeurent
18:09les principaux fournisseurs
18:10de la cocaïne mondiale.
18:13La production
18:14est en constante augmentation.
18:16Elle a été multipliée
18:17par trois
18:18ces 20 dernières années.
18:28Medellin,
18:29la deuxième ville
18:31la plus peuplée
18:31de Colombie,
18:32rendue célèbre
18:33par Pablo Escobar.
18:36Le trafic de drogue
18:38y est toujours
18:39très actif.
18:45Autrefois,
18:46la poudre blanche
18:47qui passait par ici
18:48était réservée
18:49quasi exclusivement
18:50pour le marché international.
18:52Depuis quelques années,
18:53elle se vend aussi
18:54sur place
18:55sur le marché local.
19:07Ce laboratoire clandestin
19:09Ce laboratoire clandestin
19:09situé dans un des multiples
19:11barriots de la ville
19:12transforme chaque semaine
19:14des kilos de pâtes
19:15de base de coca
19:16en cocaïne.
19:24voici la fameuse
19:25de base de coca.
19:28Je dissous la matière
19:29première
19:29qui devient liquide.
19:33Il faut mélanger
19:34et aller vite
19:34pour la réchauffer.
19:39Ensuite,
19:40je vais lui balancer
19:40une sorte de bombe chimique.
19:45Voilà,
19:46c'est la fameuse bombe.
19:47On va ajouter ce produit
19:48pour faire ressortir
19:49la matière première.
20:07En gros,
20:08là,
20:08on chauffe.
20:13Il faut attendre
20:14que toute la vapeur parte.
20:16le liquide va s'évaporer
20:18et il va rester
20:18la matière première.
20:39Il faut obtenir
20:40une pâte bien ferme
20:41qui ne garde pas de liquide,
20:42ni d'acide,
20:43ni rien.
20:44C'est pour ça
20:45que c'est très important
20:46de la mettre au micro-ondes.
20:47Ça permet d'assécher
20:49le produit.
20:50C'est liquide.
21:19On produit ça vite fait
21:20pour alimenter
21:21les pointes d'île
21:21du quartier.
21:23Pour l'exportation,
21:24ça demande beaucoup plus
21:25de temps et de manipulation
21:26parce qu'il faut le nettoyer
21:28à fond.
21:29On le liquide
21:30plusieurs fois,
21:30on recommence
21:31et puis on fait encore
21:33d'autres manipulations
21:33pour l'extraire
21:34et qu'il soit totalement propre.
21:36Il faut que ce soit pur,
21:38parfaitement propre,
21:38sans coupe,
21:40sans rien.
21:43La drogue produite
21:45dans ce laboratoire
21:46est appelée
21:47le Périco.
21:49De la cocaïne
21:51ultra-coupée,
21:52pure à seulement 40%.
21:53Elle se vendra
21:55à moins d'un euro le gramme.
22:01Là,
22:02on a fabriqué
22:02un petit kilo de coke.
22:07ça va partir direct
22:08comme ça
22:09vers les points de vente,
22:11dans les villages
22:13ou les quartiers.
22:18Il y a une grande différence.
22:22Ce qu'on fabrique ici,
22:24c'est pour les points
22:25d'île dans le quartier.
22:27Dans la jungle,
22:28ils fabriquent beaucoup
22:29pour l'international.
22:30Tout ce qui va en Espagne,
22:31en France,
22:32aux Etats-Unis.
22:33Là-bas,
22:34c'est fait pour l'exportation.
22:39Ce laboratoire
22:40appartient
22:41à une structure
22:42narcotrafiquante
22:43de petite taille,
22:44comme il en existe
22:45des dizaines aujourd'hui.
22:56Les spécialistes,
22:57comme Victor González,
22:58de la marine colombienne,
23:00ont récemment repéré
23:01des changements en profondeur
23:03dans l'organisation
23:03du monde du narcotrafic.
23:06Nous disposons
23:07d'une base
23:08de données graphiques
23:09de tous les événements
23:10liés au trafic
23:11de drogue maritime
23:12depuis 2020.
23:16Ce capitaine
23:17de frégate
23:17fait partie
23:18du centre
23:19de recherche
23:19et d'analyse
23:20contre le trafic
23:21de drogue maritime.
23:23selon lui,
23:24les méthodes
23:25d'action
23:25des mafias
23:26n'ont plus rien
23:27à voir
23:27avec les vieux modèles
23:28des années 90.
23:30Ces grands cartels
23:34que nous avons connus
23:35par le passé,
23:36comme celui
23:36de Pablo Escobar
23:37qui contrôlait
23:38absolument tout,
23:39les routes,
23:40les pistes
23:40d'atterrissage,
23:41les avions,
23:42on ne voit plus ça
23:43aujourd'hui.
23:45Certaines organisations
23:46se consacrent uniquement
23:47à la sécurité
23:48des cultures,
23:49d'autres à la cristallisation
23:50pour passer
23:51de la pâte de base
23:52à la cocaïne.
23:54D'autres encore
23:55se chargent
23:55de la sécurité
23:56des transports.
23:57Il y a aussi
23:58ceux qui blanchissent
23:58l'argent
23:59et ceux qui distribuent
24:00dans les rues.
24:04Mais nous avons aussi
24:05repéré qu'il existe
24:06des organisations
24:07internationales
24:08telles que la mafia
24:09albanaise
24:09et la mafia italienne.
24:12Elles contrôlent
24:13certains ports d'Europe
24:14pour garantir
24:15l'entrée de la drogue
24:16dans les villes européennes.
24:23Pour sortir
24:24leurs marchandises
24:25du pays,
24:26les trafiquants colombiens
24:27peuvent profiter
24:28de 3200 kilomètres
24:29de côtes,
24:30majoritairement
24:31recouverts
24:32de mangroves,
24:33de forêts.
24:37Les voies navigables
24:38sont souvent
24:39très étroites,
24:41peu profondes
24:41et non cartographiées.
24:47La région
24:48du Val d'El Cauca
24:49sur la côte pacifique
24:50à la frontière
24:51de l'équateur
24:52est l'une des plus
24:53difficiles à contrôler.
25:00Malgré la présence
25:01continue
25:02des hommes
25:02de la marine colombienne,
25:04les narcotrafiquants
25:05ont fait de cette zone
25:06un de leurs points
25:07de passage privilégiés.
25:21la nuit dernière,
25:23les marins
25:23de la base navale
25:24de Buenaventura
25:25ont intercepté
25:27un go-fast,
25:28un de ces hors-bords
25:29équipés
25:30de moteurs
25:30ultra-puissants
25:31pour transporter
25:32la drogue.
25:37L'équipage,
25:39interpellé
25:39à 300 000 nautiques
25:41au large
25:41des côtes,
25:42faisait route
25:42vers le Guatemala.
25:43le Guatemala.
25:56Là, ce qu'on fait,
25:59on doit encore
25:59déterminer la quantité.
26:03Ensuite,
26:04on va ranger
26:05tout ça par paquets
26:07et encore après,
26:09on va tout ouvrir,
26:10un par un.
26:13Un peu plus tard,
26:15le bureau du procureur
26:16va venir
26:17pour réaliser des tests
26:18et pour peser
26:20tous ces paquets.
26:22Ce sont eux
26:23qui vont déterminer
26:24ce qu'il y a dedans.
26:31Les marques
26:32sur les paquets
26:32indiquent
26:33les différents
26:34destinataires.
26:38Dans la cour,
26:39il y a près
26:40d'une tonne
26:40de cocaïne pure
26:42à 90%.
26:45Sur le marché
26:46européen,
26:47une fois coupée,
26:48cette cargaison
26:49de drogue
26:50représente
26:50un gain potentiel
26:51de 60 millions d'euros.
26:57La marine nationale,
26:59avec ses forces
27:00navales du Pacifique,
27:02mène en permanence
27:02des opérations
27:0324 heures sur 24,
27:04365 jours par an
27:06contre ce fléau
27:07qu'est le narcotrafic.
27:10Il est donc
27:10très fréquent
27:11que nous obtenions
27:12des résultats.
27:15D'ailleurs,
27:16depuis le début
27:17de l'année,
27:17nous avons saisi
27:18au sein des forces
27:18navales du Pacifique
27:20environ 80 tonnes
27:21de chlorhydrate
27:22de cocaïne.
27:24Et pour toute
27:25la marine nationale,
27:26nous en sommes
27:27environ à 160 tonnes
27:28de chlorhydrate
27:28de cocaïne
27:29en presque 4 mois.
27:34160 tonnes,
27:36une goutte d'eau
27:36dans l'océan
27:37de la production
27:38colombienne.
27:39Selon l'ONU,
27:41le pays exporte
27:42ces dernières années
27:43environ 3 800 tonnes
27:45de cocaïne par an.
27:47Et la production
27:48augmente plus vite
27:49que les saisit.
27:56Fin 2025,
27:58les passages
27:59de Go Fast
27:59s'intensifient
28:00sur la côte pacifique.
28:05Les narcotrafiquants
28:06cherchent à éviter
28:07la mer des Caraïbes
28:08où sont momentanément
28:10déployés les navires
28:11de la marine américaine.
28:15Une centaine
28:16d'embarcations
28:17présentées par
28:18Donald Trump
28:19comme des Go Fast
28:20sont alors bombardées
28:23sans sommation.
28:29Durant quelques semaines,
28:31les routes de la drogue
28:32sont perturbées.
28:34Mais depuis,
28:35dans la zone,
28:37le trafic a repris
28:38comme avant.
28:41Les narcotrafiquants
28:42sont habitués
28:43à perdre
28:43plusieurs dizaines
28:44d'hommes par jour.
28:46Alors perdre
28:476 personnes
28:47dans un bombardement
28:48ils s'en fichent
28:50complètement.
28:51Ils ont encore
28:526,
28:5320,
28:5430 autres capitaines
28:55de vedettes
28:55prêts à sortir
28:56de la cargaison
28:57suivante
28:57avec les mêmes risques.
29:01Et ça ne va pas
29:02affecter la marchandise
29:03non plus.
29:04On produit toujours
29:05plus de cocaïne
29:06qu'on en consomme.
29:07Alors ces pertes,
29:08elles ont déjà été
29:09absorbées par les organisations.
29:17La majeure partie
29:18de la cocaïne
29:19transportée
29:19ne passe pas
29:20par les go fast,
29:21mais dans des cargos.
29:26À Cartagène,
29:28le plus grand port
29:28de marchandises
29:29de Colombie,
29:304 millions
29:31de containers
29:32transitent chaque année.
29:43Les 60 hommes
29:44du service
29:45antinarcotique
29:46ne peuvent contrôler
29:47qu'une infime partie
29:48des cargaisons.
29:54sous forme liquide,
29:56on peut en trouver
29:56entre 3, 8 ou 10 kilos,
29:58plus ou moins.
30:00On en trouve même
30:01sous forme liquide
30:01à l'intérieur des poutres.
30:06Dans les poutres
30:07des containers,
30:08dans la nourriture,
30:10dans la marchandise,
30:11tous les moyens sont bons.
30:14Les milliards
30:15générés chaque année
30:16par les narcotrafiquants
30:17leur permettent
30:18une corruption
30:19à grande échelle.
30:20Ils peuvent aussi
30:21se payer les services
30:23des meilleurs techniciens
30:24et des meilleurs ingénieurs
30:26pour déjouer
30:27la surveillance
30:27des autorités.
30:36Dans un quartier résidentiel
30:38d'une grande ville
30:39de Colombie,
30:43un laboratoire éphémère.
30:51ce chimiste est spécialisé
30:53dans la dissimulation
30:54de cocaïne.
30:56Il travaille
30:57pour une organisation
30:58qui envoie régulièrement
30:59de la marchandise
31:00à l'autre bout du monde.
31:10Là, j'ai pesé le produit.
31:12Je veux savoir
31:12exactement
31:13combien je vais mettre.
31:15Comme ça,
31:16quand ça arrive
31:17de l'autre côté,
31:18je peux leur dire
31:18quelle quantité
31:19il y avait exactement.
31:20Ils doivent savoir
31:21combien ils doivent
31:21essayer de récupérer.
31:40Pour ces manipulations,
31:42il va utiliser
31:43une dizaine
31:44de produits chimiques
31:45dont de l'acide nitrique,
31:47de l'acide sulfurique
31:48et de la soude caustique
31:50qui sert généralement
31:51pour déboucher
31:52les canalisations.
32:04Après des semaines
32:05de discussion,
32:06il a accepté
32:06de dévoiler
32:07certaines de ses techniques,
32:09dont celle-ci,
32:10l'imprégnation.
32:18Regardez ici,
32:19c'est complètement dissous.
32:21C'est à ce moment-là
32:22qu'on peut commencer
32:22à imprégner.
32:32Alors ça, par exemple,
32:33c'est un tissu épais.
32:35Ça se sent.
32:36Si c'est épais,
32:37c'est mieux.
32:38Pourquoi ?
32:40Parce que ça va absorber
32:42davantage.
32:43Ça pourra absorber
32:44plus de produits.
32:45On a d'autres parties,
32:46mais ici,
32:47il y a 40 grammes.
32:48L'idée,
32:49c'est d'imbiber
32:49cette matière
32:50que vous voyez là.
32:52Alors on commence
32:52par humidifier le pinceau
32:53tant que possible.
32:55Il faut être patient.
32:56Et puis on commence
32:58à imprégner.
33:12On peut aussi le faire
33:13sur d'autres vêtements.
33:18Ça imbibe très vite.
33:21Regardez,
33:22j'utilise ça,
33:22mais ça traverse.
33:25Ça traverse trop facilement.
33:33Une fois que c'est sec,
33:35on essaie de passer
33:35une deuxième couche
33:36et ainsi de suite.
33:38S'ils tombent sur une valise
33:39et qu'ils voient
33:40quelque chose de suspect,
33:41à nous,
33:42on leur complique la tâche.
33:44Qu'est-ce qui se passe
33:45s'ils font des tests ?
33:46L'idéal,
33:47c'est d'ajouter
33:47un autre produit
33:48pour les berner
33:48quand ils feront
33:50le premier contrôle
33:50avec le fameux narco-test.
33:54Le narco-test
33:56est ce produit
33:57utilisé
33:57par les services
33:58anti-narcotiques.
34:00En cas de présence
34:01de cocaïne,
34:03le liquide
34:03vire au bleu.
34:09Ah oui,
34:10c'est super positif
34:11à la cocaïne, là.
34:18Alors l'idée, là,
34:19c'est que ça ne marque plus.
34:33j'ai déjà mis pas mal
34:34de coups de pinceau
34:35et pas mal de produits.
34:36On va donc tester de nouveau
34:38et espérer que ça ne marque pas.
34:42Pour recommencer,
34:43encore et encore.
34:45Et puis là,
34:46ça ne marque plus.
34:51Arrivée à destination
34:52en Europe
34:53ou en Australie,
34:54la pâte de base
34:55de coca
34:56sera récupérée
34:57par le processus inverse
34:59dans un autre laboratoire.
35:04Le chimiste
35:05est aussi capable
35:07d'imprégner la drogue
35:08dans toutes sortes
35:08de matériaux
35:09comme le café soluble,
35:10le quinoa,
35:11le sucre
35:12ou le caoutchouc
35:13des pneus des voitures.
35:20L'imprégnation
35:21est juste une technique
35:23parmi d'autres.
35:24Pour exporter
35:25leurs tonnes de cocaïne,
35:27les narcotrafiquants
35:28emploient tous les moyens
35:29et adaptent
35:30des technologies
35:31toujours plus surprenantes.
35:43Dans les bases
35:44de la marine colombienne,
35:45on trouve à marée basse
35:46de drôles d'engins
35:47échoués.
35:48Ce sont des semi-submersibles
35:50et des sous-marins.
35:55Ces engins,
35:56difficilement détectables
35:57par les radars,
35:58sont capables
35:59de naviguer
36:00au ras de l'eau
36:01ou à 1 mètre
36:02sous le niveau
36:03de la mer,
36:03chargés de 5 à 7 tonnes
36:05de drogue.
36:12Regardez comment
36:12les technologies évoluent.
36:15Normalement,
36:15sur ce type
36:16d'embarcation,
36:17il n'y a que
36:18ce revêtement
36:19et des moteurs hors bord.
36:21Mais celui-là,
36:21c'est un sous-marin.
36:22Il a une grande capacité
36:24de charge.
36:25Regardez tout l'espace
36:26qu'ils ont.
36:37Ces narcos sous-marins,
36:39les mafias les font
36:40fabriquer dans des ateliers
36:41au cœur de la mangrove
36:43ou dans les montagnes.
36:45Les équipages doivent vivre
36:47dans des espaces hyper-confinés,
36:49en autonomie complète,
36:51pendant plusieurs semaines
36:52d'affilée.
37:00Cela fait 30 ans
37:02que ces monstres marins
37:03sont utilisés
37:04par les narcotrafiquants.
37:06Longtemps,
37:07ils n'ont été capables
37:08de parcourir
37:09que quelques centaines
37:10de milles nautiques.
37:17Bien, bonjour à tous.
37:20Nous allons commencer
37:21la séance du jour.
37:24On va passer en revue
37:25la base de données
37:26événement par événement.
37:28On commence par la Colombie.
37:31Au Centre international
37:33de recherche et d'analyse
37:34contre le narcotrafic maritime,
37:37les experts ont recensé
37:39ces dernières années
37:39de nouveaux sous-marins
37:41et semi-submersibles
37:42capables d'atteindre
37:44l'Europe,
37:45l'Afrique
37:45ou même l'Australie.
37:51Les derniers semi-submersibles
37:53que nous avons vus
37:54en 2026
37:55traversent l'Atlantique.
37:57Ils partent probablement
37:58de l'embouchure
37:59de l'Amazone au Brésil
38:00pour aller jusqu'à
38:02la côte portugaise.
38:04Les semi-submersibles
38:06sont sans aucun doute
38:07la technique
38:07qui évolue
38:08le plus rapidement.
38:10Il est clair
38:11que les organisations
38:12criminelles
38:12adaptent toutes
38:13les innovations
38:14technologiques
38:15à ce moyen de transport.
38:21Le tout dernier modèle
38:22de narco sous-marin
38:24intercepté en 2026
38:26est un véritable
38:27drone des mers.
38:28Il se pilote
38:29à distance
38:30via Starlink
38:32et n'a plus besoin
38:33d'équipage.
38:36Ce semi-submersible
38:37dispose d'une technologie
38:39de communication
38:39par satellite.
38:41Il peut être téléguidé
38:42de n'importe quel endroit
38:43dans le monde.
38:44C'est un défi
38:46pour toutes les forces navales
38:47parce que cela implique
38:48de modifier
38:49nos techniques d'approche
38:50et nos protocoles.
38:52Pour nous,
38:53monter à bord
38:53d'un véhicule piloté
38:54par un équipage
38:55n'est pas la même chose
38:56que monter à bord
38:57d'un véhicule téléguidé
38:58à distance.
38:59Une organisation criminelle
39:00peut le charger d'explosifs
39:02et cela peut avoir
39:02des conséquences dramatiques
39:04sur la sécurité en mer.
39:09Les craintes d'attentats
39:10ne sont pas sans fondement.
39:15Depuis 2026,
39:17la Colombie traverse
39:17une vague de violence
39:19qui rappelle
39:19les années noires
39:20de l'époque
39:21de Pablo Escobar.
39:23Assassinats ciblés,
39:26attaques de postes militaires
39:27avec des drones
39:28chargés d'explosifs,
39:31attentats à la voiture piégée
39:32en pleine ville.
39:38En 2022, pourtant...
39:40Me llamo Gustavo Petro
39:44y soy su presidente.
39:50Gustavo Petro,
39:51le premier président
39:52colombien de gauche,
39:53est élu.
39:55Il veut négocier
39:56avec les guérillas
39:57et les narcotrafiquants
39:58pour obtenir
39:59la paix totale.
40:03En réalité,
40:05les groupes armés
40:06en profitent
40:06pour étendre
40:07la production de cocaïne
40:08et pour se réarmer.
40:12Depuis,
40:13les affrontements
40:13et la violence
40:14ne cessent de se répandre
40:16dans les campagnes
40:16et dans les villes.
40:29Je passe mes journées
40:30à circuler dans les rues.
40:31Toute la journée,
40:32sans exagérer.
40:34Alors,
40:34il m'arrive plein de choses.
40:35Par exemple,
40:36la semaine dernière,
40:36je me suis retrouvée
40:37au milieu d'une fusillade
40:38avec la police.
40:40J'allais vers le quartier
40:40d'Alameda
40:41et je suis tombée
40:42au milieu d'une fusillade.
40:43La police cria
40:44arrêtez, arrêtez !
40:45Alors,
40:45je me suis arrêtée
40:46en me demandant
40:46ce qui se passait.
40:47Et là,
40:48dans le rétro,
40:48j'ai vu qu'une camionnette
40:49tirait sur la police.
40:50Je me suis baissée aussitôt.
40:53C'est dur, la rue.
40:58Alejandra Benitez Moreno
40:59est propriétaire
41:00de deux restaurants
41:01à Cali
41:02depuis une dizaine d'années.
41:07Jusqu'ici,
41:07les affaires allaient
41:08plutôt bien.
41:09Mais ces derniers mois,
41:10elle a subi
41:11plusieurs tentatives
41:12de braquage.
41:13Et régulièrement,
41:14elle reçoit des menaces
41:16comme de nombreux
41:17commerçants
41:17de la ville.
41:27Entre restaurateurs,
41:28on a un groupe
41:28d'entraide.
41:29On s'envoie
41:30les numéros
41:31et les messages
41:31des escrocs.
41:33Certains nous contactent
41:34directement depuis la prison.
41:36Ils nous appellent
41:37pour nous intimider,
41:38du genre,
41:39envoie-moi de l'argent
41:40tout de suite
41:40ou je te tue.
41:41et là,
41:42à l'instant,
41:42on vient de recevoir
41:43un message d'alerte
41:44sur un escroc
41:44en prison.
41:46Ici,
41:46sur l'écran,
41:47ça dit
41:47arnaque prison.
41:50Ils nous disent
41:51qu'on fait partie
41:52de tel groupe criminel
41:54et si tu ne nous paie pas
41:56une certaine somme
41:56d'argent,
41:58on va venir te tuer
41:59toi ou ta famille.
42:02Il y a des gens
42:02qui cèdent,
42:03ça commence à 700 euros,
42:05il y a des gens
42:05qui paient
42:06et d'autres non.
42:08Moi,
42:08je leur dis
42:08allez vous faire foutre
42:09et ils me disent
42:11on va te tuer.
42:13Qu'est-ce que je peux faire ?
42:14Je ne peux pas arrêter
42:15de travailler
42:16parce que quelqu'un
42:16me dit qu'il va me tuer.
42:18je peux mourir
42:18n'importe où
42:19donc tu es moi.
42:35Quand tu as un commerce,
42:36ils croient
42:37que tu roules sur l'or.
42:38Alors,
42:39ils se sentent libres
42:40de te raqueter.
42:45Bien sûr,
42:45j'ai très peur
42:46qu'ils le fassent vraiment.
42:49mais j'ai la conviction
42:51qu'il faut continuer
42:51à travailler.
42:54Je continue
42:54à faire ce que je veux.
42:57Mais oui,
42:58ça fait peur.
42:59D'ailleurs,
43:00je n'ai pas d'horaire fixe ici.
43:01Je ne viens jamais
43:02à la même heure,
43:02je change de voiture.
43:04En réalité,
43:05ça te rend un peu parano.
43:07Dans la rue,
43:08je regarde derrière moi,
43:09je regarde sur les côtés.
43:11J'ai trois téléphones
43:11et selon la personne,
43:13je donne un numéro
43:13de téléphone différent.
43:15Je me rends compte
43:16que j'ai l'air un peu cinglé.
43:30la violence des rues de Colombie
43:33fait par ailleurs
43:34les beaux jours
43:34des entreprises de sécurité.
43:44Dans ce garage spécialisé
43:47dans le blindage de voitures,
43:49le directeur,
43:50Ravi Valdiviezo,
43:52a vu son chiffre d'affaires
43:53grimper de 30% en un an.
43:56Les produits qu'il propose
43:57ne sont plus réservés
43:59à une riche élite.
44:05ça serait pour réparer ça,
44:07la garniture des portes
44:09et aussi les vérins du coffre.
44:12Ok, on va regarder le coffre.
44:13Et le blindage,
44:14ça prend combien de temps ?
44:16L'installation ?
44:17Trois semaines
44:18et ça sera nickel.
44:25Aujourd'hui,
44:27malheureusement,
44:27ce genre de produit
44:28est devenu un bien
44:29de première nécessité.
44:31Il faut absolument
44:33avoir une voiture protégée,
44:34aussi bien contre
44:35les milices urbaines
44:36que contre les grandes
44:37organisations criminelles.
44:42Rendez-vous compte,
44:44l'année dernière,
44:45en Colombie,
44:45rien que pour les homicides,
44:47il y a eu
44:4814 780 meurtres
44:51en un an.
44:52C'est énorme.
44:54Ça fait presque
44:55un homicide
44:56toutes les deux heures.
44:58Et ça,
44:58c'est sans compter
45:00les personnes
45:00qui sont blessées,
45:02poignardées
45:02ou amputées
45:04d'un membre
45:04à cause d'un braquage.
45:16Dans la banlieue
45:17de Cali,
45:18au club de tir,
45:19c'est jour
45:20de tournage.
45:27Ravi se prépare
45:28à entrer en action
45:29pour une vidéo
45:30de promotion
45:31sur un nouveau type
45:32de vitre blindée.
45:35comme ça.
45:38C'est prêt ?
45:41Ok, on y va.
45:42Pour vanter
45:43les mérites
45:43des produits
45:44qu'il commercialise,
45:45il est prêt
45:46à donner
45:46de sa personne.
45:49On va m'expliquer ?
45:50Oui.
45:51Vas-y, monte.
45:52Monte.
45:57Un tir.
45:58Si tu me dis
45:59que je suis OK,
45:59je lui donne
46:00le signal
46:00pour le deuxième.
46:02Je dois parler où ?
46:04Mais à qui je le dis ?
46:05À moi.
46:06Donc je dis
46:06OK, tir suivant
46:07et comme ça
46:08pour les trois.
46:09Ok.
46:16Léo, nous sommes prêts.
46:17Le compte à rebours commence.
46:20Cinq.
46:22Quatre.
46:24Trois.
46:25Deux.
46:29Ok.
46:30Muevamente ?
46:31Un, trois, deux, deux.
46:34Action.
46:36Bien, Javi.
46:37OK.
46:38Disparés, OK.
46:40Action.
46:43Prueba superada.
46:45Monte.
46:46Monte.
46:48Le carburant est totalement intact.
46:52J'étais serein
46:53parce que je connais
46:54la qualité des vitres.
46:55Mais évidemment,
46:56je suis un peu ému.
47:01Regarde ça.
47:02C'est resté intact.
47:04Trois impacts
47:05avec une arme
47:06de 9 mm.
47:07Totalement intact.
47:09Perfect.
47:21Regarde la ligne de mire.
47:23Alejandra, la restauratrice,
47:25a entrepris des démarches
47:26pour faire blinder sa voiture.
47:29Et on doit très lentement
47:30vers l'arrière.
47:32Et c'est déjà prêt ?
47:34Doucement.
47:35Tout doucement.
47:38Elle est venue tester
47:39les produits de blindage.
47:41Non, non.
47:44Ils me pesent tantôt.
47:53Donc ici,
47:54c'est une vitre
47:55de 21 mm d'épaisseur.
47:57Et on a environ
47:5812 impacts de balles.
47:59entre du 9 mm
48:00et un mini-usille
48:01avec un chargeur
48:02de 10 coups.
48:04Dans son enfance,
48:06la jeune femme
48:07a connu des drames.
48:08A la fin des années 90,
48:10son père a été assassiné
48:12par les Farc
48:12parce qu'il refusait
48:14de payer l'impôt révolutionnaire
48:15qu'il lui réclamait.
48:18Les années suivantes,
48:19elle les a vécues
48:20dans la peur des attaques
48:21et l'insécurité constante.
48:25Regarde la différence
48:26de pression de la balle.
48:28Ça, c'est un mini-usille
48:30et ça, un revolver 38.
48:37Vraiment, c'est super.
48:41Je l'achète, je le veux.
48:44En fait, j'ai toujours voulu
48:45une voiture blindée.
48:47C'est le polycarbonate,
48:50la dernière couche
48:51à l'intérieur du véhicule.
48:53C'est ça qui retient la balle.
48:56J'ai vécu cette violence
48:57quand j'étais enfant.
48:59Nous devions nous cacher,
49:00on était en cavale.
49:01C'était douloureux,
49:02on nous poursuivait.
49:03On devait donner
49:04une fausse identité
49:05pour ne pas mettre en danger
49:06le reste de notre famille.
49:07J'ai connu tout ça.
49:10Et après,
49:11il y a eu une période
49:12où la situation
49:12était beaucoup plus calme.
49:15Mais là,
49:16je sens que ça recommence.
49:17je revis l'histoire
49:18de mes dix ans,
49:19la même histoire.
49:20On n'achète pas
49:21la voiture qui nous plaît
49:22parce qu'on se dit
49:23qu'il nous voit peut-être.
49:24Je ne sais pas
49:25à quoi ça sert de travailler
49:26si au final,
49:26je ne peux pas acheter
49:27la voiture que je veux.
49:29Mon père, à l'époque,
49:30il a acheté les terres
49:31qu'il voulait
49:31et regardait
49:32comment ça s'est terminé.
49:35Ces derniers temps,
49:36le même schéma se répète.
49:37Si tu montres tes richesses,
49:39tu as une cible sur le front.
49:42On a connu
49:43une très longue période
49:44où ce genre de choses
49:45n'arrivait plus,
49:45mais maintenant,
49:46ça recommence.
49:47En vérité,
49:48depuis trois ou quatre ans,
49:49ça se passe mal.
49:51Et la paix totale,
49:52on en est loin.
49:53C'est de pire en pire.
50:01Les espoirs de paix totale
50:02ont vécu en Colombie.
50:05Après une dizaine
50:06d'années d'accalmie,
50:07les kidnappings reprennent,
50:09les assassinats
50:10d'hommes politiques,
50:12de syndicalistes,
50:13la production
50:14et la distribution
50:15de drogue explose.
50:17Les bandes armées
50:18sont plus puissantes
50:19de jour en jour.
50:26Lors de la dernière
50:27campagne présidentielle,
50:29les Colombiens ont élu
50:30un président d'extrême droite,
50:31Abelardo de la Espréia.
50:36Soutenu par Donald Trump,
50:38il entend désormais
50:39renouer avec une politique
50:40de répression radicale
50:42et promet de bombarder
50:43massivement
50:44tous les groupes insurgés,
50:46de traquer
50:46toutes les organisations illégales.
50:52pour les quatre années à venir,
50:54la Colombie s'engage
50:55une fois encore
50:56sur la voie des armes.
51:00d'みたい
51:04C'est parti !