00:00La loi concernant la protection de l'enfance et le code pénal des mineurs ne sera pas respectée.
00:05Nous nous mettons dans l'illégalité, nous nous mettons dans le non-respect de la Convention des droits de l
00:10'enfant sur certaines situations.
00:22A cause de cela, il y a des unités éducatives d'insertion qui ne pourront pas ouvrir lundi,
00:27qui ne pourront pas accueillir des mineurs, que nos jeunes, une partie de nos jeunes qui sont très en marge
00:33de la société,
00:33pour certains tellement abîmés par la vie, sont déscolarisés depuis un certain nombre d'années.
00:38Et c'est par le biais, grâce à ces dispositifs éducatifs munis de professeurs techniques, d'éducateurs de la PJJ,
00:46voire pour certains de psychologues, ne pourront pas réinsérer ces jeunes pour les orienter vers les dispositifs de droit commun.
00:55Sur l'île de France, c'est 1500 jeunes qui ne seront pas pris en charge.
00:57Donc il faut quand même imaginer que toutes ces choses-là vont laisser des tas d'enfants et d'adolescents
01:02sur le carreau.
01:03Par exemple, dans le 93, on le sait que la Seine-Saint-Denis n'arrive pas à faire face aux
01:09besoins.
01:10Le social à l'enfance en Seine-Saint-Denis ne fonctionne plus.
01:12Donc il y a des fois, il y a des reports qui se font.
01:14Nous, quand on reçoit un jeune pour un vol de portable,
01:18ou parce qu'il était en bas d'une zone de deal avec les copains, tout ça,
01:23et qu'il y a des difficultés sociales et scolaires depuis des années,
01:26que ça a été signalé, mais qu'il n'y a personne qui les prend en charge.
01:29Alors que si on avait pu le prendre en charge à 15 ans ou juste ses 16 ans,
01:34on aurait pu le réinscrire dans le système scolaire.
01:36Suite aux émeutes et encore au printemps,
01:38on n'a pas arrêté de mettre l'accent sur ces mineurs délinquants,
01:41qui ne respectent pas l'autorité,
01:43qu'il faut sanctionner avec des parents démissionnaires.
01:46Et finalement, ce qui permet de travailler avec eux les posibles actes de délinquance,
01:53la prévention de la récidive, la réinsertion,
01:55c'est le travail avec les éducateurs et on supprime des postes.
01:59Je rappelle quand même que le code de la justice pénale des mineurs,
02:01qui a été voté par le ministre de la Justice,
02:06et donc qui est une réforme portée par Emmanuel Macron,
02:10rappelle la priorité à l'éducatif.
02:12Et donc l'éducatif, c'est bien les éducateurs qui le mettent en place.
02:14Et surtout, impose un rythme dans le traitement des dossiers très structuré,
02:19avec des délais d'audience qui sont très précis.
02:21Et là, on va se retrouver avec des audiences où finalement,
02:24la mesure n'aura même pas commencé.
02:25Donc les jeunes seront jugés en culpabilité, en sanction,
02:30et aucun travail éducatif n'aura débuté.
02:32Donc finalement, ces audiences ne serviront strictement à rien,
02:34à part dire, c'est bon, il y a une condamnation.
02:36Eh bien, on voit concrètement là, sur la PJJ,
02:39ces suppressions de postes, ces baisses de moyens.
02:41Ce n'est pas simplement des contractuels qui se retrouvent sans emploi,
02:45ce qui est déjà en soi gravissime.
02:46Ce n'est pas simplement une dégradation des conditions de travail,
02:50mais c'est aussi une perte de sens pour les professionnels de la PJJ.
02:53Et à l'arrivée, au bout de course, des jeunes qui devraient être pris en charge,
02:57qui ne vont pas l'être.
02:58C'est-à-dire des jeunes les plus fragilisés par la vie,
03:01les plus en situation finalement de danger,
03:04qui ne vont pas avoir le suivi éducatif.
03:07Alors qu'on sait d'ores et déjà que bien souvent,
03:09un jeune, hélas, ne garde pas le même suivi éducatif.
03:13Eh bien souvent, ça jongle.
03:15Et donc cette dégradation-là, c'est une honte pour notre nation.
03:18La jeunesse, ça doit être la priorité,
03:20se préoccuper de nos jeunes,
03:22et notamment nos jeunes les plus fragilisés.
03:28Madame Lissa, je ne parle pas sur nous.
03:32Ne me mettez pas sur l'air.