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  • il y a 7 heures
Environ 150 chauffeurs VTC (voiture de transport avec chauffeur), ont manifesté lundi, à Paris, afin d'exiger plus de protection alors que la hausse du prix de l'essence grève leurs revenus. Une première mobilisation qui s'est tenue à l'appel de l'intersyndicale nationale VTC (INV).

"On veut un tarif minimum, horaire et kilométrique, négocié entre le gouvernement et les indépendants", a souligné Brahim Ben Ali, secrétaire général de l'INV, le syndicat national des chauffeurs VTC, qui revendique un peu plus de 2200 adhérents.

"On a vu énormément de chauffeurs s'enfuir de cette profession qui nous promettait d'être nos propres patrons".
"Même si l'Etat nous aide sur le prix du carburant, les plateformes vont baisser les prix pour attirer les clients", a-t-il également dénoncé.

Des pleins de diesel à 120 euros trois fois par semaine
Autour de la Nation, où se sont rassemblés les chauffeurs, certains décrivaient des revenus divisés par deux depuis le début de la pandémie, avec des pleins de diesel à 120 euros trois fois par semaine. Uber, leader du marché, est au centre des attaques pour les fortes commissions qu'il prélève alors que les tarifs des course évoluent régulièrement à la baisse. Une situation devenue intenable avec la hausse des prix des carburants.

Les gens veulent du low cost
"Est-ce que l'on veut demain, pour nos enfants et petits enfants, des professions précaires, sans droit et sans aucune visibilité", s'alarme Denis Oudinet, président d'une petite société de VTC, avant de conclure : "Tout le monde regarde le prix donc les gens veulent du low cost et malheureusement, à ce prix là, on ne peut pas avoir un service de qualité".

A Nantes, selon la police, une quinzaine de VTC ont organisé une opération escargot sur la rocade. L'opération a duré moins d'une heure et provoqué 3 km de ralentissements selon Bison Futé.
Des actions de VTC étaient également prévues à Bordeaux, Toulouse et Marseille entre lundi et mardi, et l'INV promet d'accélérer le mouvement début avril avec des opérations escargot, notamment à Rungis.

M. Ben Ali a aussi interpellé les candidats à l'élection présidentielle à se positionner sur cette question des plateformes. "Qu'allez-vous faire si demain, vous êtes dans un monde où il n'y a pas une police du numérique pour réguler tout ça ? Dans un monde où on utilise les citoyens que l'on jette à la poubelle sans raison...Voilà la question aujourd'hui ?"


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Transcription
00:00Ne croyez pas qu'un chauffeur qui a une berline vit de son activité, non.
00:03Aujourd'hui, c'est parce que Uber a montré une certaine image en disant que
00:07ces chauffeurs doivent avoir une certaine gamme de véhicules pour attirer les clients.
00:11Mais finalement, c'était juste pour essayer de donner une image de cette plateforme,
00:14d'une plateforme soi-disant professionnelle.
00:22On a vu émerger un phénomène qu'on appelle le bullshit job, c'est-à-dire un job à la
00:26con.
00:27Et qu'est-ce qui se passe, c'est qu'on fait croire à des indépendants qui sont patrons,
00:30ils ne sont pas patrons.
00:32On a de l'autre côté des plateformes qui tout simplement se dédouanent de leurs obligations sociales,
00:36fiscales et patronales.
00:37Je rappelle que notre outil de travail, c'est tout simplement notre véhicule.
00:41On l'utilise 10 à 15 heures par jour, donc 0,15 centimes.
00:44Qu'est-ce que ça représente ? Rien du tout pour nous, puisque je rappelle encore une fois
00:47que de l'autre côté, est-ce qu'on a bloqué le prix du carburant ?
00:50On ne sait pas si ça va réaugmenter derrière.
00:52Le constat, c'est qu'on a des chauffeurs qui n'en peuvent plus, qui sont essoufflés,
00:56qui voient derrière de l'autre côté des plateformes, qui baissent le forfait.
01:00Parce qu'il faut savoir qu'aujourd'hui, c'est un prix forfaitaire.
01:02C'est-à-dire que si elles veulent baisser d'un euro, deux euros, elles le peuvent.
01:06Alors ce qui s'est passé, c'est qu'il y a 15 jours, elles ont baissé ce forfait-là.
01:09Et dernièrement, vous avez vu du marketing social où elles disent qu'elles ont augmenté
01:12les prix de 0,66 centimes.
01:14Finalement, c'est donné pour mieux reprendre.
01:16Voilà ce qui se passe.
01:20Quand vous avez dans les conditions d'utilisation générale de la plateforme Uber qui prévoit
01:24au 31 janvier 2021 une déconnexion sans préavis, sans justification, finalement, on s'amuse
01:29avec tous ces chauffeurs-là.
01:31On s'amuse à les déconnecter, à les reconnecter pour certains.
01:34Mais ces chauffeurs-là sont pris en otage par leurs créanciers.
01:38Donc, on ne peut pas parler d'une profession.
01:40Une profession, c'est quand on est libre d'être un indépendant et d'avoir les outils nécessaires
01:45pour l'être.
01:46Finalement, on nous a enlevé ces outils-là et on nous a mis sous tutelle avec les plateformes
01:50numériques.
01:50On a infantilisé ces chauffeurs-là.
01:53Il est hors de question que ça se passe comme ça.
01:54Vous avez vu que dernièrement, ils ont fini à 897 millions d'euros de bénéfices.
01:59Une plateforme qui disait qu'auparavant, ils ne s'en sortaient pas, finalement, ils s'en
02:02sortent très bien.
02:03Vous voyez ?
02:04Et donc, comment ils font ?
02:05Ils utilisent justement un système qui est basé comme Tinder.
02:08Il y a un livre qui en parle très bien qui s'appelle « L'amour sous algorithme »
02:11qui tout simplement s'amuse avec des données, collecter des données et matcher
02:15les profils entre eux pour justement augmenter leurs profits.
02:18Donc, c'est ça qui se passe aujourd'hui.
02:19C'est que si, par exemple, il y a des chauffeurs qui ne rentrent pas dans les clous, on les
02:22déconnecte.
02:23Et donc, moi, je me pose la question à savoir, nous, on vit de notre temps.
02:27Vous savez, on parle souvent de chauffeurs VTC, des scolarisés, qui ne maîtrisent aucun
02:33sujet.
02:33Alors, ils ont un représentant aujourd'hui qui maîtrise ces sujets et je pose la question
02:37à ces candidats.
02:37Qu'allez-vous faire si vous êtes dans un monde où, justement, il n'y a pas une police du
02:42numérique pour réguler tout ça ?
02:43Qu'allez-vous faire dans un monde où, justement, on utilise nos citoyens comme,
02:49excusez-moi, un système de recyclage où, finalement, on a besoin de tâcherons et quand
02:53on n'en a plus besoin, on les jette à la poubelle ?
02:55Voilà la question aujourd'hui.
02:58Je suis en carburant à plus de 90 euros tous les deux jours.
03:05Tous les deux jours.
03:06Je parle en jours.
03:07Un plein, c'est deux jours.
03:08Donc, vous ramenez ça au mois, c'est des sommes astronomiques.
03:13On est à 1 000 euros au mois en plus de carburant.
03:16Mon budget carburant sur mon dernier bilan était de l'ordre de 10 000 euros.
03:21Là, je vais avoisiner les 17 000, 18 000 euros.
03:24C'est impressionnant.
03:26On ne peut plus.
03:30Ça leur permet de faire baisser les statistiques du chômage.
03:34Mais malheureusement, ceux qui font ce métier-là, il y en a au bout d'un an qui voient que
03:39ça
03:39ne leur rapporte rien.
03:42Donc, ils ne rentrent plus dans le cadre du chômage, mais ils rentrent dans le cadre
03:45du RSA.
03:46Donc, indirectement, c'est nous qui payons.
03:48C'est les gens qui travaillent.
03:49Il faut arrêter.
03:50Le travail précaire ne résout en rien la problématique de l'emploi en France.
03:55Et ce n'est pas un dialogue social qu'on demande.
03:57Si on veut que nous soyons vraiment indépendants, donnez-nous notre indépendance.
04:02C'est-à-dire arrêtons d'octroyer aux plateformes la décision de nos tarifs, de nos libertés,
04:09de notre façon d'exécuter les transports et d'avoir le droit de vie et de mort sur un
04:14chauffeur.
04:15Indirectement, c'est ça.
04:16Demain, un chauffeur, s'il est déconnecté de toutes les applications, ne peut plus subvenir
04:21à ses crédits, à ses charges.
04:22Il est mort.
04:23Il est mort.
04:24Il n'aura que des dettes, en fait.
04:32J'avais une clientèle privée avant l'arrivée des plateformes.
04:36Aujourd'hui, je n'en ai plus parce que, comme tout à chacun, tout le monde regarde le prix.
04:41Et maintenant, les gens, qu'est-ce qu'ils veulent ? Ils veulent des choses pas chères,
04:44du low cost et malheureusement, quand on veut du low cost, on ne peut pas avoir un service
04:49de qualité.
04:50Est-ce que l'on veut demain pour nos enfants, pour nos petits-enfants, des professions précaires,
04:58plus de droits, plus aucune visibilité ? Parce que c'est surtout ça.
05:04C'est-à-dire que c'est les plateformes qui décident.
05:06S'ils ont envie de vous donner des courses, ils vont vous les donner.
05:10S'ils n'ont pas envie, je pense que là, ceux qui passent à la télé, déjà, on est
05:15les bêtes noires.
05:16Donc, on va être mal vus.
05:18Heureusement, il n'y a pas qu'eux.
05:19Je tiens à leur dire quand même.
05:21Mais, en attendant, ça permet de faire un plus.
05:24Si demain, ils n'ont plus envie de nous donner de travail, ils ne nous en donnent plus.
05:27Mais, ils ont pris le marché du transport.
05:34Un VTC est par nature juridique indépendant.
05:38Ce qui implique, quand on est indépendant, c'est qu'on puisse fixer ses prix, comme on
05:43veut.
05:43Je vous prends l'exemple d'un artisan plombier.
05:45Il n'y a pas une plateforme qui lui dit, voilà, le robinet s'étend.
05:49C'est lui qui fixe ses prix en fonction de son déplacement, en fonction de la marchandise
05:53qu'il a achetée.
05:53Donc, ça devrait être pareil pour les chauffeurs VTC.
05:57Et non, cette maîtrise sur aucun sujet, les VTC.
06:00Ils ne peuvent pas maîtriser leur prix.
06:03Et donc, voilà.
06:04Donc, c'est la grande problématique.
06:06C'est sur l'indépendance fictive, en fait.
06:09Et il y a un lien de subordination qui est caractérisé entre une plateforme, quelle
06:14que soit la marque, ça peut être Uber, Itch, et le chauffeur VTC.
06:18Dès lors qu'on vous donne des ordres, dès lors qu'on vous impose une tarification,
06:22oui, vous êtes sous la subordination d'un patron.
06:28Et donc, c'est l'enjeu.
06:29Ça va se la tuer.
06:30En France, on va se la tuer.
06:32La cour de cassation s'est prononcée.
06:34Là, il va y avoir peut-être 200, entre 200 et 300 instances devant le conseil des prud'hommes
06:38de Paris.
06:39Donc, c'est l'attente judiciaire qui fait son chemin.
06:42Mais on va avoir des très bonnes décisions.
06:44J'en suis convaincu.

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