00:00Ne croyez pas qu'un chauffeur qui a une berline vit de son activité, non.
00:03Aujourd'hui, c'est parce que Uber a montré une certaine image en disant que
00:07ces chauffeurs doivent avoir une certaine gamme de véhicules pour attirer les clients.
00:11Mais finalement, c'était juste pour essayer de donner une image de cette plateforme,
00:14d'une plateforme soi-disant professionnelle.
00:22On a vu émerger un phénomène qu'on appelle le bullshit job, c'est-à-dire un job à la
00:26con.
00:27Et qu'est-ce qui se passe, c'est qu'on fait croire à des indépendants qui sont patrons,
00:30ils ne sont pas patrons.
00:32On a de l'autre côté des plateformes qui tout simplement se dédouanent de leurs obligations sociales,
00:36fiscales et patronales.
00:37Je rappelle que notre outil de travail, c'est tout simplement notre véhicule.
00:41On l'utilise 10 à 15 heures par jour, donc 0,15 centimes.
00:44Qu'est-ce que ça représente ? Rien du tout pour nous, puisque je rappelle encore une fois
00:47que de l'autre côté, est-ce qu'on a bloqué le prix du carburant ?
00:50On ne sait pas si ça va réaugmenter derrière.
00:52Le constat, c'est qu'on a des chauffeurs qui n'en peuvent plus, qui sont essoufflés,
00:56qui voient derrière de l'autre côté des plateformes, qui baissent le forfait.
01:00Parce qu'il faut savoir qu'aujourd'hui, c'est un prix forfaitaire.
01:02C'est-à-dire que si elles veulent baisser d'un euro, deux euros, elles le peuvent.
01:06Alors ce qui s'est passé, c'est qu'il y a 15 jours, elles ont baissé ce forfait-là.
01:09Et dernièrement, vous avez vu du marketing social où elles disent qu'elles ont augmenté
01:12les prix de 0,66 centimes.
01:14Finalement, c'est donné pour mieux reprendre.
01:16Voilà ce qui se passe.
01:20Quand vous avez dans les conditions d'utilisation générale de la plateforme Uber qui prévoit
01:24au 31 janvier 2021 une déconnexion sans préavis, sans justification, finalement, on s'amuse
01:29avec tous ces chauffeurs-là.
01:31On s'amuse à les déconnecter, à les reconnecter pour certains.
01:34Mais ces chauffeurs-là sont pris en otage par leurs créanciers.
01:38Donc, on ne peut pas parler d'une profession.
01:40Une profession, c'est quand on est libre d'être un indépendant et d'avoir les outils nécessaires
01:45pour l'être.
01:46Finalement, on nous a enlevé ces outils-là et on nous a mis sous tutelle avec les plateformes
01:50numériques.
01:50On a infantilisé ces chauffeurs-là.
01:53Il est hors de question que ça se passe comme ça.
01:54Vous avez vu que dernièrement, ils ont fini à 897 millions d'euros de bénéfices.
01:59Une plateforme qui disait qu'auparavant, ils ne s'en sortaient pas, finalement, ils s'en
02:02sortent très bien.
02:03Vous voyez ?
02:04Et donc, comment ils font ?
02:05Ils utilisent justement un système qui est basé comme Tinder.
02:08Il y a un livre qui en parle très bien qui s'appelle « L'amour sous algorithme »
02:11qui tout simplement s'amuse avec des données, collecter des données et matcher
02:15les profils entre eux pour justement augmenter leurs profits.
02:18Donc, c'est ça qui se passe aujourd'hui.
02:19C'est que si, par exemple, il y a des chauffeurs qui ne rentrent pas dans les clous, on les
02:22déconnecte.
02:23Et donc, moi, je me pose la question à savoir, nous, on vit de notre temps.
02:27Vous savez, on parle souvent de chauffeurs VTC, des scolarisés, qui ne maîtrisent aucun
02:33sujet.
02:33Alors, ils ont un représentant aujourd'hui qui maîtrise ces sujets et je pose la question
02:37à ces candidats.
02:37Qu'allez-vous faire si vous êtes dans un monde où, justement, il n'y a pas une police du
02:42numérique pour réguler tout ça ?
02:43Qu'allez-vous faire dans un monde où, justement, on utilise nos citoyens comme,
02:49excusez-moi, un système de recyclage où, finalement, on a besoin de tâcherons et quand
02:53on n'en a plus besoin, on les jette à la poubelle ?
02:55Voilà la question aujourd'hui.
02:58Je suis en carburant à plus de 90 euros tous les deux jours.
03:05Tous les deux jours.
03:06Je parle en jours.
03:07Un plein, c'est deux jours.
03:08Donc, vous ramenez ça au mois, c'est des sommes astronomiques.
03:13On est à 1 000 euros au mois en plus de carburant.
03:16Mon budget carburant sur mon dernier bilan était de l'ordre de 10 000 euros.
03:21Là, je vais avoisiner les 17 000, 18 000 euros.
03:24C'est impressionnant.
03:26On ne peut plus.
03:30Ça leur permet de faire baisser les statistiques du chômage.
03:34Mais malheureusement, ceux qui font ce métier-là, il y en a au bout d'un an qui voient que
03:39ça
03:39ne leur rapporte rien.
03:42Donc, ils ne rentrent plus dans le cadre du chômage, mais ils rentrent dans le cadre
03:45du RSA.
03:46Donc, indirectement, c'est nous qui payons.
03:48C'est les gens qui travaillent.
03:49Il faut arrêter.
03:50Le travail précaire ne résout en rien la problématique de l'emploi en France.
03:55Et ce n'est pas un dialogue social qu'on demande.
03:57Si on veut que nous soyons vraiment indépendants, donnez-nous notre indépendance.
04:02C'est-à-dire arrêtons d'octroyer aux plateformes la décision de nos tarifs, de nos libertés,
04:09de notre façon d'exécuter les transports et d'avoir le droit de vie et de mort sur un
04:14chauffeur.
04:15Indirectement, c'est ça.
04:16Demain, un chauffeur, s'il est déconnecté de toutes les applications, ne peut plus subvenir
04:21à ses crédits, à ses charges.
04:22Il est mort.
04:23Il est mort.
04:24Il n'aura que des dettes, en fait.
04:32J'avais une clientèle privée avant l'arrivée des plateformes.
04:36Aujourd'hui, je n'en ai plus parce que, comme tout à chacun, tout le monde regarde le prix.
04:41Et maintenant, les gens, qu'est-ce qu'ils veulent ? Ils veulent des choses pas chères,
04:44du low cost et malheureusement, quand on veut du low cost, on ne peut pas avoir un service
04:49de qualité.
04:50Est-ce que l'on veut demain pour nos enfants, pour nos petits-enfants, des professions précaires,
04:58plus de droits, plus aucune visibilité ? Parce que c'est surtout ça.
05:04C'est-à-dire que c'est les plateformes qui décident.
05:06S'ils ont envie de vous donner des courses, ils vont vous les donner.
05:10S'ils n'ont pas envie, je pense que là, ceux qui passent à la télé, déjà, on est
05:15les bêtes noires.
05:16Donc, on va être mal vus.
05:18Heureusement, il n'y a pas qu'eux.
05:19Je tiens à leur dire quand même.
05:21Mais, en attendant, ça permet de faire un plus.
05:24Si demain, ils n'ont plus envie de nous donner de travail, ils ne nous en donnent plus.
05:27Mais, ils ont pris le marché du transport.
05:34Un VTC est par nature juridique indépendant.
05:38Ce qui implique, quand on est indépendant, c'est qu'on puisse fixer ses prix, comme on
05:43veut.
05:43Je vous prends l'exemple d'un artisan plombier.
05:45Il n'y a pas une plateforme qui lui dit, voilà, le robinet s'étend.
05:49C'est lui qui fixe ses prix en fonction de son déplacement, en fonction de la marchandise
05:53qu'il a achetée.
05:53Donc, ça devrait être pareil pour les chauffeurs VTC.
05:57Et non, cette maîtrise sur aucun sujet, les VTC.
06:00Ils ne peuvent pas maîtriser leur prix.
06:03Et donc, voilà.
06:04Donc, c'est la grande problématique.
06:06C'est sur l'indépendance fictive, en fait.
06:09Et il y a un lien de subordination qui est caractérisé entre une plateforme, quelle
06:14que soit la marque, ça peut être Uber, Itch, et le chauffeur VTC.
06:18Dès lors qu'on vous donne des ordres, dès lors qu'on vous impose une tarification,
06:22oui, vous êtes sous la subordination d'un patron.
06:28Et donc, c'est l'enjeu.
06:29Ça va se la tuer.
06:30En France, on va se la tuer.
06:32La cour de cassation s'est prononcée.
06:34Là, il va y avoir peut-être 200, entre 200 et 300 instances devant le conseil des prud'hommes
06:38de Paris.
06:39Donc, c'est l'attente judiciaire qui fait son chemin.
06:42Mais on va avoir des très bonnes décisions.
06:44J'en suis convaincu.