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  • il y a 9 minutes
La rédaction du JDD a refusé de rencontrer Geoffroy Lejeune, journaliste d'extrême droite imposé par le groupe Lagardère à la direction éditoriale du média, et reconduit pour 24 heures la grève débutée le 22 juin.

"Nous demandons toujours à la direction du groupe de renoncer à la nomination de Geoffroy Lejeune à la tête du JDD et d'offrir à la rédaction des garanties d'indépendance juridique et éditoriale. Pour toute réponse, nous avons été conviés à le rencontrer mercredi 5 juillet, à 11h15 pour qu'il nous expose son projet. Rencontre que la rédaction a refusée", ont expliqué les porte-paroles de la rédaction du média, réunis ce matin devant le siège du groupe Lagardère news.

"La ligne qui est la sienne va à l'encontre de l'identité du JDD. (...) On ne le reconnaît pas comme directeur de la rédaction", a affirmé Bertrand Greco, coprésident de la SDJ du Journal du Dimanche, dont le discours a été accueilli par des applaudissements.

Une quarantaine de personnes se sont rassemblées devant les locaux du groupe Lagardère, au moment où Geoffroy Lejeune est venu s'adresser à la rédaction. Tous portaient un badge "JDD en grève".

En parallèle, la rédaction a reconduit pour 24 heures sa grève pour son 13e jour consécutif. Au total, 94% des votants se sont exprimés pour sa poursuite.

Le JDD n'est pas paru à l'occasion des deux derniers dimanches, une première dans l'histoire du journal. La précédente grève, en 2016, avait touché un seul dimanche.

Nombre d'observateurs voient dans l'arrivée de Lejeune à la tête du journal, très suivi par les milieux politique et économique, la main du milliardaire Vincent Bolloré, aux opinions ultra-conservatrices.

Ce dernier pilote le groupe Vivendi, mastodonte des médias en France, qui compte dans son giron le groupe Canal+ et ses chaînes C8 et CNews ainsi que Prisma, premier groupe de presse magazine, et le groupe d'édition Editis.

La nomination de Geoffroy Lejeune est survenue juste après le feu vert donné sous conditions par la Commission européenne à Vivendi pour absorber Lagardère, groupe auquel appartient également Paris Match, Europe 1 et le leader de l'édition, Hachette.

Une caisse de grève a été ouverte pour soutenir le mouvement et une pétition a été lancée. Elle avait recueilli mercredi près de 37.500 signatures.Abonnez-vous à l'Humanité 👉 https://abo.humanite.fr/2243

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Transcription
00:0013ème jour de grève pour les journalistes du JDD qui ne baissent pas les bras.
00:03Ils se trouvent ici devant le siège de Lagardère News pour protester contre l'arrivée de Geoffroy Lejeune,
00:08journaliste d'extrême droite, à la direction de la rédaction.
00:11Alors pourquoi ici ? Eh bien parce que c'est en prenant le contrôle du groupe Lagardère
00:15que Vincent Bolloré a mis la main sur le JDD pour y imposer ce choix.
00:18A 11h15, Geoffroy Lejeune était censé rencontrer ses supposés futurs collègues,
00:22mais la rédaction du JDD en a décidé autrement.
00:24Nous, rédaction du journal du dimanche, entamons ce matin, après un vote à 94%,
00:30notre 13ème jour de grève qui a entraîné la non-parution historique de deux numéros consécutifs du journal.
00:39Cette décision est un déchirement pour chaque membre de cette rédaction,
00:43alors que nous ne pouvons pas couvrir les actualités majeures qui secouent aujourd'hui le pays.
00:49Mais notre détermination reste intacte.
00:53Nous demandons toujours à la direction du groupe de renoncer à la nomination de Geoffroy Lejeune à la tête du
01:00JDD
01:00et d'offrir à la rédaction des garanties d'indépendance juridique et éditoriale.
01:06Pour toute réponse, nous avons été conviés à le rencontrer ce matin à 11h15
01:11pour qu'il nous expose son projet, rencontre que la rédaction a refusé.
01:16En effet, pourquoi écouter et donner du crédit au projet de quelqu'un dont les objectifs et les méthodes sont
01:23clairs et affichés depuis le début de sa carrière ?
01:25Chacun connaît la ligne éditoriale d'extrême droite qu'il a développée à valeurs actuelles,
01:30allant jusqu'à la condamnation du titre pour injure publique à caractère raciste.
01:35Geoffroy Lejeune a toujours promu un journalisme d'opinion décomplexé,
01:39tout en affichant un soutien politique manifeste à Éric Zemmour.
01:44La ligne, qui est la sienne, va à l'encontre de l'histoire et de l'identité du journal du
01:50dimanche.
01:50Son passage à valeurs actuelles s'est par ailleurs achevé par une contre-performance économique
01:55marquée par la chute des ventes et des recettes publicitaires.
01:59Au regard de ce parcours, nous ne voyons pas comment Geoffroy Lejeune
02:03pourrait nous présenter un projet compatible avec notre journal.
02:06Il n'y a rien à attendre de quelqu'un qui a lui-même déclaré,
02:10en parlant de la ligne de valeurs actuelles dans une interview publiée sur le site de l'ICEP,
02:16l'école fondée par Marion Maréchal,
02:18« Nous avons une vraie volonté de conquête.
02:20Nous essayons de faire progresser nos idées dans le débat public. »
02:25Nous, qui faisons le JDD quotidiennement,
02:27nous n'avons qu'un seul message à transmettre à Geoffroy Lejeune,
02:30aujourd'hui, qu'il renonce, raisonnablement, et de lui-même, à cette nomination.
02:38Nos opposants, entre guillemets, nous parlent de pluralisme.
02:41Mais si quelqu'un veut créer un journal d'extrême droite, c'est son droit.
02:44On peut le faire en France.
02:46Pourquoi venir piétiner un journal qui a une histoire vieille de 75 ans,
02:51qui défend des valeurs qui ne sont pas celles de l'extrême droite ?
02:56Si M. Lagardère ou quelqu'un d'autre veut créer un journal qui porte ces valeurs-là, libre à lui.
03:02Pourquoi s'emparer d'un titre, le piétiner, casser toute sa ligne éditoriale,
03:06et au passage, rendre notre travail très difficile au quotidien ?
03:11Il y a déjà beaucoup de sources qui nous disent qu'elles ne nous parleront plus.
03:14Comment va-t-on faire ce journal avec un changement de ligne éditoriale comme ça ?
03:19Les conséquences seraient catastrophiques, parce que le JDI, ce n'est pas n'importe quel journal.
03:24C'est le quotidien du 7e jour.
03:27C'est un journal qui est très influent, qui n'est peut-être pas connu par tout le monde dans
03:31le grand public,
03:32mais qui est extrêmement lu dans la profession.
03:36C'est un journal prescripteur que tous les journalistes connaissent
03:40et tous les décideurs de tous les partis politiques, de tous les horizons lisent attentivement.
03:48C'est la lecture du dimanche.
03:50Et si ce média tombe entre les mains de l'extrême droite,
03:53c'est un signe très très fort sur l'emprise de cette idéologie sur la société française.
03:59Les journalistes du JDD qui craignent pour leur liberté éditoriale
04:02ont demandé des actions concrètes et ont poursuivi leur manifestation à 14h,
04:07devant le siège du groupe de Vincent Bolloré.
04:08On l'a eu à ITV, on l'a eu à Europe 1.
04:11Malheureusement, en l'état, on se dirige vers le même phénomène au JDD.
04:15C'est-à-dire, on nomme un directeur de la rédaction
04:17qui est rejeté par 99% des gens de cette rédaction.
04:22Le résultat, c'est que c'est les gens de la rédaction qui doivent partir.
04:25C'est totalement inacceptable.
04:27Sachez qu'a été envoyé ce matin un courrier commun
04:32de Marie-Lise Léon, secrétaire générale de la CFDT,
04:35et de Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT,
04:39à Madame Borne, concernant la situation du JDD.
04:42Puisque pour nous, le ministère de la Culture,
04:44pour l'instant, n'est pas un interlocuteur qui nous permet d'avancer.
04:48Nous espérons que l'interpellation des deux secrétaires généraux
04:51des deux premiers syndicats de France
04:53aura un poids dans cette affaire.

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