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  • il y a 8 heures
Le gouvernement a annoncé jeudi des mesures en faveur du secteur culturel face à la crise sanitaire, une "aumône" largement insuffisante selon la CGT, qui a appelé à "étendre" le mouvement d'occupation des lieux culturels.

Les mesures, qui concernent l'emploi et l'accès des intermittents aux congés maladie et maternité, ont été annoncées, lors d'une rencontre en vidéoconférence du Premier ministre Jean Castex et de la ministre de la Culture Roselyne Bachelot avec les syndicats, un an après le début du premier confinement, alors que les occupations de théâtres s'amplifient.

Vingt millions d'euros supplémentaires seront mobilisés pour soutenir les équipes artistiques en région. Les équipes artistiques représentent une minorité des artistes en France souligne Philippe Gautier, secrétaire général du SNAM-CGT, le syndicat des artistes musiciens et musiciennes.

A également été abordée la situation des intermittents qui bénéficient jusqu'au 31 août 2021 d'une prise en charge par l'assurance chômage au titre de "l'année blanche" sans se prononcer sur la revendication, centrale, d'une prolongation pour les intermittents.

"Le bilan n'y est pas ! On nous a lâché des miettes, des aumônes, 20 à 30 millions d'euros pour soutenir l'emploi alors qu'il en faut au moins vingt fois plus", a regretté Denis Gravouil, le secrétaire général de la CGT spectacle, dénonçant également la poursuite de la réforme de l'assurance-chômage, après cette réunion à laquelle il participait.

En conséquence, "le mouvement d'occupation des lieux (culturels) continue. Nous appelons à l'étendre" et "à poursuivre la lutte", a-t-il ajouté, précisant que les autres syndicats du secteur étaient "bienvenus" pour s'y joindre.


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Transcription
00:00Bonjour Philippe Gauthier.
00:02Bonjour.
00:03Vous êtes secrétaire général du SNAM, le syndicat des artistes musiciens et musiciennes CGT.
00:07Depuis une semaine, vous occupez le théâtre de l'Odéon à Paris avec de nombreux professionnels de la culture
00:11afin d'exiger la réouverture des lieux culturels et la prolongation de l'année blanche pour les intermittents du spectacle.
00:19Alors ce matin, vous avez participé avec d'autres organisations syndicales à une rencontre avec le Premier ministre Jean Castex.
00:27Comment s'est déroulé votre échange ?
00:30Ce qu'il faut comprendre, c'est que le gouvernement a une certaine vision de la vie culturelle de ce
00:37pays
00:37qui, premièrement, n'est pas la nôtre, mais surtout est une fausse vision.
00:41Donc Jean Castex a annoncé notamment 20 millions d'euros d'aides déployées auprès de ce qu'ils appellent les
00:49équipes d'artistique
00:50qui sont en fait les compagnies, les ensembles musicaux qui sont déjà financés par le ministère de la Culture.
00:58Et nous sommes… ce n'est pas du tout ce que nous demandons.
01:01Parce que les équipes artistiques qui sont déjà aidées par le ministère de la Culture,
01:08c'est une minorité des artistes de ce pays.
01:11Parce que si on prend le cas de la vie musicale, la vie musicale c'est beaucoup plus large.
01:17Évidemment, il y a tout le secteur marchand, il y a tout le secteur associatif,
01:21il y a tout le secteur occasionnel, des fêtes et des festivités.
01:26Et donc nous, ce qu'on demande, c'est que le gouvernement finance l'emploi artistique
01:31pour tous les types d'activités musicales.
01:35Et là, on a la réponse sur une partie du secteur seulement.
01:40C'est très positif d'avoir 20 millions de plus.
01:43Ce n'est pas assez, mais c'est déjà mieux que rien d'avoir 20 millions de plus.
01:46Pour le secteur des musiques et musiciens et musiciennes qui sont déjà aidés
01:52par le ministère de la Culture, mais la plupart des artistes et des techniciens
01:57de notre pays, la majorité d'entre eux, n'en verra pas la couleur.
02:03Concernant la date d'une réouverture, est-ce que vous avez obtenu une réponse ?
02:08Écoutez, nous, par rapport à la réouverture, nous sommes dans une position,
02:16premièrement, de dénoncer un gouvernement qui dit que la culture n'est pas essentielle.
02:21C'est la première chose.
02:22Et puis, dans un deuxième temps, nous sommes pragmatiques.
02:26C'est-à-dire que ça va reprendre.
02:31Quand ça reprendra, la vraie question, c'est est-ce que ça va reprendre partout ?
02:37On a déjà vécu une reprise, rappelez-vous, c'était au mois de juin l'année dernière.
02:41Et ce qui s'est passé l'été dernier, c'est que ça a repris peut-être à 20 %.
02:47Et c'est ce qu'on ne veut pas.
02:49Donc, je dirais que nous, le moment où ça ouvre, ce n'est pas obligatoirement
02:53la question la plus importante.
02:55Pour nous, la question la plus importante, c'est au moment où ça reprend,
03:00ça reprend partout et ça reprend pour tous les artistes et tous les techniciens du pays.
03:04On sait très bien qu'au moment où ça va reprendre, tout ne pourra pas reprendre en même temps.
03:10Tous les théâtres ne pourront pas rouvrir certainement en même temps.
03:12Tous les artistes ne pourront pas jouer en même temps.
03:16De toute façon, tout s'est accumulé depuis bientôt, depuis le mois d'octobre, notamment.
03:21C'est pour ça que nous disons qu'il y a une question de moyens.
03:23On sait que les salles seront peut-être pleines à un quart de leur capacité.
03:31Eh bien, je vous le dis, là où on jouait un jour, il faudra jouer quatre jours.
03:36Si on veut qu'il y ait autant de public.
03:38On nous dit que les festivals les plus importants vont devoir se réduire à 5000 spectateurs.
03:44Ça veut dire que la durée des festivals doit être très, très augmentée
03:50pour que tout le monde puisse en profiter.
03:55Vous voyez, c'est notre optique.
03:57C'est de dire, subventionner l'emploi, subventionner l'activité.
04:03Et puis, il y aura de la musique partout.
04:06Il y aura de la musique pour tout le monde.
04:07Et on jouera quatre fois, dix fois de rang s'il faut,
04:13pour voir autant de spectateurs qu'on aurait vus.
04:16Si on avait joué une seule fois, il y a beaucoup de scènes
04:19dans notre pays.
04:22Il y a les salles, avec les beaux jours vont revenir les plein airs.
04:26On a la capacité d'organiser vraiment de très nombreux spectacles
04:31à condition que la barrière financière saute.
04:37Concernant la prolongation de l'année blanche pour le régime des intermittents,
04:42qui s'arrête donc au 31 août prochain,
04:45est-ce que vous avez obtenu des garanties ou des réponses ?
04:48Alors, pour l'instant, nous devons toujours faire avec les promesses.
04:52C'est toujours la promesse que pour l'année blanche, ça va se faire.
04:56Ça date, la première promesse de Roselyne Bachelot,
04:58si ma mémoire est bonne, elle date du 13 janvier.
05:01Ça fait donc deux mois qu'on nous le promet,
05:03mais ça ne sort pas parce qu'il y a des blocages.
05:07Ces blocages, on les connaît.
05:09Ces blocages, Mme Bachelot l'a même écrit,
05:13dans un courrier commun avec la ministre du Travail, Elisabeth Borne,
05:18c'est que parallèlement, il y a une réforme de l'assurance chômage
05:21qui va toucher toutes les autres catégories de travailleurs précaires.
05:26Et le gouvernement dit qu'il ne veut pas prolonger les intermittents du spectacle
05:32et réduire les droits des autres.
05:35D'ailleurs, on ne demande pas ça.
05:36Nous, on ne demande pas une mesure de faveur.
05:38On demande que les travailleurs précaires du spectacle voient leur droit prolongé,
05:44que tous les travailleurs précaires de tous les secteurs d'activité voient leur droit prolongé.
05:50Et le projet du gouvernement, comme chacun sait,
05:52puisque l'ensemble des syndicats unis sur cette question,
05:55l'ensemble des syndicats de salariés de ce pays,
05:57ont écrit au gouvernement pour dire qu'ils refusaient cette réforme de l'assurance chômage
06:02parce qu'elle est injuste, parce qu'elle est dure aux plus pauvres de notre pays.
06:06Et donc, il n'y aura d'année blanche que s'il y a en même temps un retrait de
06:14cette réforme de l'assurance chômage
06:16et une réelle prise en compte de la précarité partout dans l'économie et dans le pays.
06:24Nous ne sommes pas là pour une bataille corporatiste.
06:29Nous sommes là pour des droits sociaux, des droits sociaux pour nous, des droits sociaux pour toutes et tous.
06:35De nombreux théâtres en province, je pense au Théâtre National de Strasbourg,
06:40le Théâtre en région parisienne de la Colline,
06:42mais aussi en province, de nombreux théâtres sont occupés par des artistes, par des étudiants.
06:49C'est quelque chose qui, j'imagine, doit vous motiver au Théâtre de l'Odéon,
06:54qui doit un petit peu vous renforcer ?
06:56Bien entendu, parce que je vais vous le dire à ce près, on ne l'avait pas du tout prévu.
07:02Ça fait sept jours aujourd'hui, lorsque nous sommes rentrés ici jeudi dernier,
07:08premièrement, nous n'avions pas prévu de rester aussi longtemps.
07:11Nous n'avions pas prévu non plus cet effet tâche d'huile, mais c'est la vérité.
07:16Et cet effet tâche d'huile, pourquoi il se réalise ?
07:19Pour deux raisons.
07:21Premièrement, on nous l'a assez dit, on nous l'a assez fait comprendre,
07:25nous ne serions pas essentiels.
07:27Et deuxièmement, nous recevons des soutiens de toute la société,
07:32nous recevons des soutiens, je dirais même, de nombreux groupes politiques
07:38et de nombreuses personnalités politiques.
07:41C'est pour ça que le mouvement dure, c'est pour ça qu'il s'étend,
07:44c'est parce que, à la fois, les professionnels n'en peuvent plus d'attendre
07:49et à la fois, on ne va pas arrêter un mouvement aussi populaire.
07:54Comment ça se passe aux terres de l'Odéon quotidiennement ?
07:58Écoutez, on apprend à vivre dans des conditions de confort un peu précaires,
08:05mais aussi, on apprend à vivre en collectif, il y a aussi de la fraternité,
08:12de l'amitié, de la solidarité, on débat, même si vous voulez un scoop,
08:17des fois on s'engueule, mais on avance et en fait,
08:21on tire toutes et tous en le même sens, c'est ça qui compte.
08:23Et pour ceux qui voudraient vous soutenir, ils peuvent se rendre sur place ?
08:27Il n'est pas possible de rentrer dans le théâtre,
08:29mais tous les jours de 14h à 15h30, nous tenons une agora
08:34sur la place de l'Odéon devant le théâtre.
08:38Et donc, à la fois, nous diffusons des messages de soutien
08:41qui nous viennent de partout, des gens prennent la parole en bas,
08:46c'est une agora, on essaye de faire un peu circuler la parole
08:49de manière libre, nous sommes un lieu de culture
08:52et un lieu de lutte sociale, et donc, l'endroit où la culture
08:58et la lutte sociale se réunissent, ça s'appelle la démocratie,
09:01et c'est ce qu'on essaye de faire vivre ici.
09:04Quelles vont être vos initiatives prochaines ?
09:06Nos initiatives, ça va être de rester là, ça va être d'appeler
09:11et de voir des théâtres occupés encore plus demain qu'aujourd'hui,
09:16le mouvement s'amplifiait et puis on va gagner.
09:20On va gagner, notre cause est juste, c'est une cause sociale,
09:24c'est une cause culturelle, c'est une cause qui consiste à dire
09:28que nous voulons travailler, mais c'est travailler,
09:33pour moi qui représente ici des musiciens et des musiciennes,
09:35ça veut dire porter la musique là où se trouve le public,
09:39là où vivent les gens, c'est pas un métier qu'on fait pour nous,
09:43c'est un métier qu'on fait pour le public,
09:44et on va continuer dans ce sens-là.

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