00:00On fabrique 220 000 tonnes de papier journal et demain, si Chapelle ferme, qu'est-ce qu'on va faire
00:06de tout ça ?
00:06On va le brûler, on va l'enfouir, on ne sait pas.
00:14On est très attaché à la fabrication du papier et ce papier, aujourd'hui, que vous voyez là par terre,
00:20c'est très symbolique pour nous parce que c'est 350 000 tonnes de papier recyclé à Chapelle-Larblay
00:25et on fabrique 220 000 tonnes de papier journal.
00:30Je suis révolté, les centres de tri sont aujourd'hui saturés
00:34et on ferme encore la dernière usine de 100% recyclé en France.
00:38Donc ça, c'est inadmissible.
00:39Quand on entend les discours de certains politiques où ils misent le 100% écologique,
00:44excusez-moi, mais nous, on est quand même une usine où on recycle à 100% le papier,
00:49nos déchets sont retraités aussi bien dans la chaudière Biomasse qu'on a actuellement,
00:53qui fabriquent de l'électricité aussi.
00:56Donc tout ça, c'est incohérent.
00:58Aujourd'hui, il y a des usines qui sont en train de se réorienter dans d'autres fabrications
01:02et du coup, on n'aura plus de fabricants de papier journal en France.
01:05On achètera malheureusement du papier journal en Allemagne ou en Espagne ou dans les pays européens.
01:13On viendra l'imprimer en France pour imprimer la presse française
01:16et au moment de le recycler, on le renverra peut-être en Allemagne pour le recycler
01:21et qu'ils reviennent après en papier recyclé chez nous.
01:24Ce qui est une aberration pour la planète, mais on en est là aujourd'hui.
01:34On a décidé de monter à Percy avec les salariés,
01:36rencontrer Bruno Le Maire, le ministre de l'économie et des finances.
01:40On attend des réponses de sa part concernant le dossier Chapelle.
01:43Aujourd'hui, le 15 juin, c'était la dernière réunion, le PSE a été envoyé à la directe.
01:48Donc les salariés sont en attente du courrier, des lettres, des licenciements.
01:52Il est plus que grand temps d'avoir des réponses sur notre situation.
01:55On a tous écouté, nous les salariés, l'allocution du président
01:57quand il parlait de Made in France, quand il parlait de continuer à produire en France, tout ça.
02:03Maintenant, il y a le discours et maintenant il y a les actes.
02:05On a invité tous les ministres, on a envoyé tous les ministères des courriers.
02:09Ils ne sont jamais venus sur le site prendre la situation en main.
02:12Donc nous, on va continuer à faire parler.
02:13On a un an de sursis avec la sauvegarde du site et de l'outil industriel.
02:17On continuera à faire parler de nous tant qu'on n'aura pas trouvé une solution.
02:19Ils vont nous prendre nos emplois à la mai-juillet.
02:22Nous allons être licenciés, nous allons recevoir nos lettres.
02:24Mais ils n'auront pas notre conviction de lutter et de sauver le site.
02:27On nous parle qu'il y avait peut-être d'autres repreneurs intéressés
02:31mais qu'on n'a pas les noms et qu'on n'a pas forcément les tenants et les aboutissants.
02:37On ne travaille pas conjointement, donc il faudra continuer à être dans la rue,
02:40à montrer ce qu'on sait faire, à venir déposer le papier
02:43qui demain sera dans la rue si la solution n'est pas trouvée sur le site.
02:47Donc j'invite toutes les pachats à garder leur conviction de sauver le site.
02:51C'est que le début d'un nouveau combat.
02:53On a un an de cause de sauvegarde du site.
02:56Il faut s'en servir.