Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 2 jours
Alors que l'incinérateur d'Ivry est de nouveau à l'arrêt ce jeudi 6 avril, les éboueurs parisiens et les salariés de la filière déchet annoncent repartir en grève reconductible dès le 13 avril prochain. Reportage à Ivry-sur-Seine et au sein du cortège parisien.

A huit jours de la décision du Conseil constitutionnel sur la réforme des retraites, les syndicats ont organisé ce jeudi une onzième journée de mobilisation, alors que les discussions avec le gouvernement sont dans l'impasse.

Mercredi, les leaders des huit principaux syndicats se sont rendus à Matignon pour rencontrer Elisabeth Borne afin de lui demander de "retirer" sa réforme, et d'affirmer haut et fort qu'ils refusent de "tourner la page".

A la Tiru (Traitement industriel résidus urbains) d'Ivry, le plus grand incinérateur de déchets en France s'est une nouvelle fois retrouvé à l'arrêt suite au blocage de l'accès du site.

«Il y a eu le 49.3, on a été réquisitionnés, le droit de grève a été cassé, on nous menace de retirer le statut avec la clause du grand-père, donc si on ne continue pas la mobilisation, le projet de réforme des retraites ne sera pas retiré.», détaille Omar, devant le site de l' usine d'incinération d'Ivry. Le délégué syndical CGT explique : «Il faut essayer de comprendre que de nombreuses personnes sont venues nous aider suite à ces réquisitions, et on espère que ce comportement noble soit compris par les français, l'intersyndicale ne peut pas tout faire.»

La CGT de la filière déchets et assainissement de Paris appelle à une nouvelle grève reconductible contre la réforme des retraites à partir du jeudi 13 avril, après un mouvement de trois semaines en mars qui a provoqué un amoncellement des poubelles dans les rues de la capitale.
Christophe kohnekamp, éboueur à Paris depuis 13 ans, souligne la difficulté de sa profession : «Il y a beaucoup de produits nocifs sur les collectes, de nombreux poids à déplacer, la circulation, la pollution, le froid et la canicule.». L'agent parisien en profite également pour nous expliquer comment leur grève a été comprise : «les gens nous soutiennent car ils nous voient comme un secteur de révolte légitime aujourd'hui.»
Ce nouveau préavis de grève "reconductible et indéterminé" est déposé "pour le retrait de la réforme des retraites Macron/Borne et pour un retour à la retraite à 60 ans maximum, avec pour les personnels concernés un retour à 50 et 55 ans", explique dans un communiqué diffusé lundi soir le syndicat majoritaire du secteur à Paris.

Ce nouveau préavis débutera donc la veille de l'annonce, le 14 avril, des décisions du Conseil constitutionnel sur la réforme des retraites.
Le secrétaire général de la CGT-FTDNEEA, Régis Vieceli, nous explique que les éboueurs et conducteurs de benne de Paris "passeraient à une retraite à 59 ans", contre 57 ans aujourd'hui, en cas d'adoption de la réforme, alors que "la grande majorité des personnels de la DPE a une espérance de vie de 12 à 17 ans de moins que l'ensemble des salariés de Fr

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Macron nous fait la guerre, et sa police aussi, et on reste des terres pour bloquer le pays.
00:07Macron nous fait la guerre, et sa police aussi, police aussi, et on reste des terres pour bloquer le pays.
00:22Au centre de déchets, il faut savoir qu'on est en grève depuis le 6 mars,
00:26donc il y a pratiquement plus d'un mois de grève.
00:28Donc suite à cette grève, on a eu des réquisitions, on a eu pratiquement 3 ou 4 réquisitions.
00:33Une réquisition pour la fosse, une réquisition pour le personnel pour redémarrer, pour obliger à redémarrer l'usine,
00:38c'était pour enlever toutes les insalubrités qui étaient sur Paris.
00:40Donc à partir du moment, il y a eu des rassemblements devant le site d'Ivry pour aider les camarades
00:44qui ont été réquisitionnés.
00:46Et suite aux différents blocages, il n'y a plus assez d'ordures ménagères, si vous voulez, qui sont rentrées
00:51dans l'usine.
00:52Et aujourd'hui, on a été obligés d'arrêter l'usine.
00:55C'est sûr qu'il tombe, tombe, tombe, et nous aurons la liberté.
01:02Il y a le 40euf 3, on a été réquisitionné, la réquisition, on a pété le droit de grève.
01:08On nous menace pour nous enlever le statut avec la clause du grand-père.
01:12Donc aujourd'hui, on est convaincus que le quinquennat de Macron, il est mort.
01:18Je pense que Macron, aujourd'hui, n'a plus rien à perdre.
01:20Et je pense qu'il va aller au fond de ses convictions pour suivre un peu la feuille de route
01:25européenne.
01:25Donc nous, on est convaincus derrière, si on ne continue pas la mobilisation, le projet ne sera pas enlevé.
01:39Il faut essayer de comprendre qu'il y a eu des gens qui sont venus nous aider suite à ces
01:43réquisitions.
01:44C'est un comportement noble.
01:45On espère aussi que ce comportement sera compris parmi tous les Français pour qu'il permette aussi de venir en
01:50manifestation.
01:51Parce que l'intersyndicale, c'est bien, mais l'intersyndicale, elle ne peut pas tout faire.
01:54Il faut aussi l'accompagnement des pays français.
02:00Macron, on l'a élu, si vous voulez, à défaut, pour ne pas que le Rassemblement National arrive au pouvoir,
02:05tout simplement.
02:06Donc je pense que c'est un acte républicain des Français pour ne pas qu'il y ait une guerre
02:09civile ici, en France.
02:11Donc on a donné cette confiance à Emmanuel Macron.
02:13Et aujourd'hui, Emmanuel Macron, avec ce comportement, ouvre la grande voie au Rassemblement National pour 2027.
02:22On commence à 6h du matin.
02:24On n'habite pas tous en région parisienne.
02:26Il y en a qui font beaucoup de kilomètres pour venir travailler.
02:28Donc on se lève très tôt dans la nuit.
02:30Donc on a un cycle de sommeil qui est coupé.
02:32Ensuite, il y a les difficultés liées à la collecte.
02:35Donc beaucoup de produits nocifs sur les collectes.
02:38Beaucoup de poids à déplacer.
02:40Et ensuite, je dirais qu'on est sur la voie publique.
02:43Donc il y a la pollution liée à ça.
02:45Et il y a aussi la circulation, les vélos, les trottinettes, les piétons, les bus, les taxis.
02:50Il y a aussi les conditions météorologiques.
02:53Donc on travaille dans le froid, on travaille sous le soleil, sous la canicule, quel que soit le degré de
02:59température.
02:59Les gens nous soutiennent.
03:00Parce que déjà, d'une, c'est contre la réforme des retraites.
03:04Donc pour un retrait.
03:06Et ça, ça touche tout le monde.
03:07Et on combat pour tout le monde.
03:10Et je pense que les gens ont bien vu qu'on ne lâchait pas.
03:13On est toujours là à reprendre en main notre outil de travail.
03:17Et donc, justement, bloquer les collègues, que les déchets s'amassent dans Paris.
03:20Les gens l'ont bien compris, tout simplement.
03:22Et c'est pour ça qu'ils nous soutiennent.
03:23Ils voient ça comme un secteur de révolte légitime aujourd'hui.
03:31On a suspendu le mouvement à partir du 24 mars.
03:35Et on reprend le mouvement le 13 avril.
03:39Ils sont illimités dans leur obstination.
03:42On sera illimités dans la grève.
03:44Et tant qu'on n'aura pas des avancées et on espère bien le retrait de la réforme, on ira
03:48jusqu'au bout.
03:49Perso, je ne me vois pas derrière une benne à 59 ans.
03:52Montez, descendre, montez, descendre.
03:54On pousse en moyenne par collecte entre 4 et 5 tonnes.
03:57Moi, je suis déjà à mon âge, à 53 ans, avec deux tendinites à chaque bras.
04:02Comment, dans quel étage serait à la fin de ma carrière ?
04:06Un éboueur débutant touche en moyenne entre 1 300 et 1 400 euros.
04:10Après, en fin de carrière, ça dépend tout simplement de la carrière qu'il a eue.
04:14S'il est resté éboueur et après il monte naturellement, ça peut aller à 2002, 2003.
04:20Il y en a qui, suivant les services, peuvent monter jusqu'à 2005.
04:24Mais ça, c'est 2005, c'est au bout de 40 ans de carrière.
04:26Ce n'est pas au bout de 20 ans.
04:28Moi, par exemple, là, j'ai 21 ans de carrière.
04:30Je suis en brut à 1 900 euros.
04:33On espère être une locomotive.
04:34Et comme vous le dites, être rejoint par les raffineries, l'énergie, les transports, les routiers.
04:41Un maximum de personnes qui pourraient justement faire plier le gouvernement
04:44et faire en sorte qu'on obtienne le gain de cause.
04:48La meilleure solution pour faire tomber cette réforme, c'est de mettre les travailleurs en grève.
04:53C'est la seule solution.
04:55Donc on a dit, on repart.
04:56On est toujours en discussion avec ceux qui n'étaient pas en grève,
04:59ceux qui étaient en grève et qui ont abandonné,
05:01pour reconstruire et puis pour repartir.
05:04Et dès demain, on se rencontre avec nos camarades de l'énergie et des transports
05:09pour voir comment on fait à partir de la semaine prochaine.
05:11Donc moi, je pense qu'au-delà des grèves, le MEDEF, à un moment donné,
05:15il va dire à Macron d'arrêter ces conneries.
05:16Parce que c'est juste pas...
05:17En plus, elle est incompréhensible.
05:21On ne la comprend pas, cette loi.
05:23On ne comprend pas cette réforme.
05:25Il y avait l'intersyndicale.
05:27Elle a fait des propositions.
05:28En tout cas, moi, je sais que mon organisation syndicale, la CGT,
05:31elle a fait des dizaines de propositions.
05:34La lutte n'est pas finie.
05:35Et même s'il gagnait sur celle-là, dans ce pays, il s'est construit des choses.
05:39Il s'est construit des choses.
05:41Il s'est construit des solidarités.
05:43On sait qu'on peut y arriver.
05:44On peut arracher des choses.
05:46Donc même s'il gagne sur celle-là, c'est pas terminé.
05:49On va revenir.

Recommandations