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Au 38e jour de grève contre la réforme des retraites voulue par le gouvernement, de nombreuses manifestations ont pris place partout en France. Nous étions dans le cortège parisien ce samedi 11 janvier.

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Transcription
00:02Bonjour et bienvenue dans ce live de l'humanité.fr sur la manifestation parisienne du 11 janvier
00:082020, 38e jour de grève et après la manifestation du jeudi 9 qui avait été un succès. On rappelle
00:16que le CGT avait annoncé 1,7 million sur toute la France avec notamment 370 000 personnes
00:23dans le quartège parisien, 220 000 à Marseille, 70 000 à Bordeaux, 120 000 à Toulouse. Et là,
00:28on va essayer de vous faire vivre l'événement et d'aller à la rencontre des gens mobilisés
00:31aujourd'hui. Il y a des gilets jaunes présents, mais il y a aussi des robes noires, donc on
00:36va aller les voir avec les avocates. On va suivez-moi.
00:47Bonjour, vous êtes les robes noires présentes dans la manifestation, donc avocates je suppose.
00:52Est-ce que vous pouvez vous présenter un petit peu et nous expliquer pourquoi vous êtes là
00:56aujourd'hui ? Oui, alors moi je suis une jeune avocate,
00:595 ans, je suis à mon compte depuis 6 mois. Je suis là parce qu'on est tous touchés
01:05par cette réforme, principalement le justiciable, parce qu'effectivement avec le doublement
01:11des cotisations de retraite, nous on ne va plus pouvoir défendre les gens qui vont être
01:16à l'aide juridictionnelle. Moi, c'est 60 % de mes revenus. Moi, je suis à moins de 30 000
01:19euros par an, donc moi ça va être la clé sous la porte. Donc c'est la raison pour laquelle
01:24on est là essentiellement aujourd'hui. Et Mme Belloubet ne nous écoute absolument
01:28pas, donc voilà. Et justement, il y a les avocats qui avaient jeté leur robe à plusieurs
01:33endroits en contestation. Pourquoi la ministre de la Justice ne vous écoute pas en fait ?
01:38Non. Non, bah typiquement hier on était à la cour d'appel de Paris, elle était à la
01:43rentrée solennelle de la cour de cassation. On a voulu être là pour se faire entendre
01:46et on s'est fait charger par les gendarmes parce qu'elle n'a pas voulu nous croiser.
01:50Alors effectivement, ça peut choquer le jet de la robe, ça signifie surtout qu'on se
01:55fait marcher dessus, donc c'est surtout une symbolique avant tout.
01:58Et justement, une des rhétoriques de la Macronie pour expliquer que les gens qui manifestent
02:03n'ont pas compris, c'est que ce serait une manifestation uniquement de cheminots, de
02:06régimes spéciaux, de privilégiés. Vous êtes là pour dire le contraire ?
02:09Non, bah nous c'est pas un régime spécial, déjà nous on est un régime autonome.
02:12Donc voilà, après c'est vrai qu'on est là avec tout le monde. Moi je peux pas parler
02:17des régimes spéciaux parce que je les connais pas forcément. Nous si on a des garanties,
02:22parce que nous on a pas le droit au chômage, on paye des cotisations énormes. Donc si nous
02:26on peut rentrer dans le régime universel mais qu'on nous donne le droit d'avoir au chômage
02:30et qu'effectivement nos cotisations sont baissées et qu'on puisse vivre décemment,
02:33y'a aucun problème. Encore une fois, je parle des avocats qui ont des revenus relativement
02:36faibles. C'est pas le cas de tous les avocats, c'est le cas d'énormément d'avocats parisiens.
02:42Et surtout que les avocats à la base on est quand même assez réservés. Là c'est un
02:45mouvement inédit, on est 100% des barreaux en grève. Voilà, donc moi ça me tenait à cœur
02:50d'être là aujourd'hui.
02:52Et aujourd'hui il y a aussi une autre annonce qui doit arriver, c'est celle d'Edouard Philippe
02:55qui doit normalement faire des annonces après les négociations qui ont eu lieu hier
02:58avec les syndicats. Vous en attendez quelque chose ?
03:01Non, vu que depuis le départ y'a aucune annonce sur les avocats, je pense pas qu'il
03:07en fera. Bon après on est jamais à l'abri d'une surprise mais j'en doute fortement.
03:12Si rien ne change et qu'il y a 3 jours de mobilisation encore la semaine prochaine,
03:15je suppose que vous y serez encore ?
03:17Ouais, sachant que nous c'est assez problématique parce que voilà, moi je vous le disais, c'est
03:2060% de mes revenus, les commissions d'office, l'aide juridictionnelle. Moi ça m'ennuie
03:24de laisser des gens en garde à vue sans avocat, en comparution immédiate. Voilà, donc moi
03:29je perds pas mal d'argent, on perd tous pas mal d'argent. Mais s'il faut continuer,
03:33on continuera, ouais. Merci beaucoup.
03:39Alors, on va essayer maintenant d'aller voir les enseignants. On va les retrouver un petit
03:43peu, le cortège est un peu dense à ce niveau là, donc on va essayer de les retrouver.
03:47Alors, les enseignants. Bonjour. Alors, madame, vous êtes directrice, je crois.
04:01Oui, directrice d'école maternelle. Alors, racontez-nous pourquoi vous êtes là,
04:05pourquoi vous êtes présente dans le cortège aujourd'hui et vous étiez présente, je suppose,
04:08dans le lot de cortège. Oui, tout à fait. Oui, oui, oui. Ça fait un an maintenant
04:11qu'on se mobilise régulièrement. Pas toujours parce que c'est pas évident de faire grève.
04:18On n'a pas forcément de caisse de grève pour nous donner des salaires quand nous, on est gréviste.
04:25Donc moi, je fais grève parce que je suis désemparée, désabusée, complètement effrayée
04:33par la case de l'éducation nationale. Je trouve qu'on va dans le mur, qu'on s'oriente vers
04:42une
04:42éducation à deux vitesses et les écoles publiques ont de moins en moins de moyens,
04:49de plus en plus d'élèves, plus de remplaçants pour chez nous. Donc moi, je n'ai pas de décharge.
04:55Donc je fais ma charge de directrice sans décharge. Donc en plus de ma classe de grande section.
05:04Et c'est pas possible. C'est juste pas possible. Et quand on nous dit, oui, mais vous aurez des
05:09primes
05:09qui compteront pour votre retraite. Pas du tout. Nous, on n'a pas de primes.
05:13Donc qu'on arrête de raconter des histoires aux gens. C'est pas vrai. C'est pas vrai.
05:18Nous, on va perdre presque 1000 euros à la retraite. Et donc là, c'est le moment de se mobiliser.
05:26Je ne comprends pas que les enseignants ne soient pas plus mobilisés parce que c'est la fin
05:33de l'éducation nationale, clairement. Donc on comprend bien que votre message dépasse
05:37la question stricte des retraites, mais aussi un bilan général en fait de l'éducation nationale.
05:41Oui, oui, oui, oui. On n'est pas soutenus. Nos inspecteurs sont pieds et poings liés.
05:47Non, personne, ni brigade, ni zil pour nous remplacer. Et voilà. Donc bon, on a de plus en plus de
05:54vacataires,
05:55de contractuels, de gens non formés qui sont devant élèves et qui évidemment se cassent le nez
05:59parce que c'est pas un métier qu'on improvise. Donc voilà. Moi, je suis très défaitiste.
06:07Pas si loin de la retraite, mais je vois la retraite s'éloigner de jour en jour.
06:12Et donc je me dis que là, c'est pas possible. Il faut essayer de se faire entendre,
06:20faire comprendre à M. Blanquer que c'est pas les bonnes décisions qu'il est en train de prendre. Voilà.
06:25Et un des arguments du gouvernement, c'est de dire « mais les femmes vont être les gagnantes de la
06:29réforme ».
06:30Vous répondez quoi à ça ?
06:31Du tout. Du tout. Du tout. Les femmes, elles ont parfois besoin de s'arrêter pour…
06:35ou se mettre à mi-temps pour s'occuper des enfants. Et donc tout ça va leur être retiré.
06:40Donc les femmes auront finalement besoin de travailler plus pour gagner une retraite minimale.
06:46Donc non, les femmes sont les grandes perdantes de la retraite à points. Les grandes perdantes.
06:52Et enfin, il y a de nouvelles mobilisations qui sont annoncées pour le 16, 17, 18. Vous serez présente, je
06:57suppose ?
06:58Oui, j'espère. J'essaierai en tout cas. Et sur ma circonscription, on a de plus en plus de grévistes
07:05aussi.
07:06Quelle circonscription ?
07:07Taverni. Taverni-Val-d'Oise.
07:10Merci beaucoup. Bonne manie.
07:12Merci.
07:13Alors on va essayer de se déplacer un petit peu dans le cortège, remonter un peu le cortège.
07:23Donc pour le moment, le cortège ne s'est pas encore élancé. Le coup d'envoi était pour 13h30, mais
07:28comme d'habitude, ça prend un peu plus de temps, évidemment.
07:39Tout à l'heure, on a croisé Philippe Martinez et Yves Verrier de Force Ouvrière presque côte à côte avec
07:47aussi le nouveau secrétaire général de la FSU.
07:50On va essayer de voir si on peut les avoir à un moment du live.
08:07Alors là, on est dans le cœur en fait des mobilisés, plutôt des professions libérales, puisque là, on a, comme
08:13vous pouvez voir, les robes noires, les avocats.
08:16Et derrière, je vois aussi les pancartes des kinésithérapeutes.
08:21Là, vous voyez les syndicats des avocats de France devant vous.
08:31On va poursuivre un peu.
08:39On va essayer d'aller voir les kinés, donc.
08:41Et là, ils sont là !
08:47Il a fait grève, il a fait grève.
09:07Cette journée-là, qui on fait une bouffe, c'est l'humanité pour les faire.
09:11C'est quelle heure ?
09:13L'humanité.
09:15L'humanité ?
09:22— Moi, j'ai infirmière. Allez. C'est pour le collectif.
09:29— Alors du coup, on est en présence de... Vous pouvez vous présenter donc orthophoniste et infirmière.
09:34— Oui. Je m'appelle Marion. Je suis orthophoniste en libéral en Haute-Loire. Voilà. Je suis montée.
09:40Je suis présidente de l'association Aura, les orthophonistes. Et voilà. On est monté aujourd'hui
09:46pour protester contre cette réforme des retraites qui va nous mettre à terre.
09:51— Vous êtes montée exprès à Paris pour la mobilisation. Et vous ?
09:54— Alors moi, je suis Lyslène Sikre. Je suis la présidente de Convergence Infirmière.
09:58Je suis de Montpellier. Je viens à Paris pour manifester contre cette réforme des retraites.
10:03Et nous sommes dans le collectif SOS Retraites avec les avocats, les kinés, les pédicures podologues,
10:10les experts comptables, les ergothérapeutes, les personnels navigants, etc., etc.
10:18Parce que le doublement des cotisations va mettre en mal nos professions
10:22et va mettre en mal surtout nos régimes autonomes.
10:26Donc pour ne pas qu'il y ait une disparition de nos régimes autonomes, nous sommes là aujourd'hui.
10:31— Concrètement, expliquez-nous ce que va changer la réforme si elle passe pour vous.
10:34— Un régime autonome, c'est un régime où les professionnels cotisent pour leur propre retraite.
10:44Elle ne coûte rien à l'État. Elle ne coûte rien aux contribuables.
10:48En fait, les cotisants payent en temps réel, puisque c'est un régime de répartition,
10:54payent la retraite. Et comme les caisses sont très...
10:58Aujourd'hui, elles ont mis des réserves de côté, si vous voulez,
11:01ça nous permet de tenir 25 ans, normalement.
11:05Et jusque-là, on n'avait pas de soucis.
11:07Sauf que comme M. Macron et l'État surtout ont des soucis dans son régime actuel
11:16et qu'il y a des caisses vides, on voudrait bien récupérer les réserves des caisses autonomes.
11:20Et vous comprenez bien qu'on ne va pas se faire voler nos réserves.
11:25Alors le hold-up en col blanc, on n'en veut pas.
11:29Vous voulez rajouter quelque chose ?
11:31Oui, nos régimes, ils sont autonomes, mais aussi, ils reversent pour la solidarité nationale
11:38énormément d'argent chaque année.
11:40En 2018, je crois que c'était 237 millions d'euros.
11:43Et on est déjà solidaires.
11:46On est autogérés.
11:50Ça fonctionne.
11:52Alors on ne dit pas que c'est la panacée.
11:53Mais là, concrètement, Macron et son gouvernement
11:58vont nous jeter dans une réforme complètement floue.
12:01Le projet de loi ne détaille pas du tout comment il le finance non plus.
12:08Il faut savoir que si on nous baisse la CSG, par exemple,
12:14alors déjà, ça ne couvrira pas le reste à charge.
12:20Mais en plus, ça va baisser les recettes de la sécurité sociale.
12:23Ça veut dire que tout le monde va le payer.
12:25Ou nous, les patients, vont le payer parce qu'il va y avoir des économies de dépenses de santé.
12:32ou alors Macron va devoir, le gouvernement va devoir réabonder les caisses de la sécurité sociale.
12:38Et ça veut dire plus d'impôts pour tout le monde.
12:40Donc c'est ni fait ni affaire, cette réforme.
12:44Il n'y a rien qui est détaillé.
12:46Tout est flou.
12:47On nous demande de dire oui pour quelque chose
12:50qui n'est pas chiffré, qui n'est pas préparé,
12:52qui est mal ficelé.
12:53C'est inacceptable.
12:55Ce n'est pas possible.
12:56Merci beaucoup.
12:57Bonne minute.
13:06Donc vous voyez, profession libérale qui sont présentes dans le cortège.
13:09On a vu orthophonistes, pardon.
13:12On a vu les avocats.
13:14On a vu les kinésithérapeutes qui sont là aussi.
13:17Et les infirmières libérales.
13:22Alors on va remonter un peu.
13:23Il y a un cortège attaque.
13:25Attaque black rock là-haut.
13:28Avec des corbeaux black rock.
13:31Qu'on pouvait voir au fond.
13:37Alors on va la refaire.
13:38Donc j'ai répliqué le cortège.
13:45Et là c'est une partie du cortège.
13:48Une partie du cortège manifestement féministe.
13:53Donc de bien vouloir laisser l'espace, vous allez voir.
13:55Donc je vous réexplique comment ça va se passer.
13:57On a les femmes en bleu devant qui dansent.
14:01Je crois qu'on va avoir le droit à un punning justement.
14:04Voilà, dans les bleus, vous mettez bien.
14:05Et vous essayez de...
14:09C'est un cortège de forme.
14:11Et alors...
14:12Ah oui.
14:14Oui.
14:15Pourquoi pas.
14:16Est-ce que...
14:17Voilà.
14:17Essayez de faire des lignes.
14:18Voilà.
14:19Et de sorte que vous ne me cachez pas les unes les autres.
14:21Voilà, ça va y avoir encore la place.
14:24Donc un plan cortège sur un mot pile.
14:26Quand on va avancer, il faut vous dire que tous les pas qu'on fait, il faut essayer d'avancer.
14:32Donc même le fameux mouvement point levé qu'on faisait sur place sur la poulette,
14:35alors on l'avance.
14:36Donc tous les pas qu'on fait, le but étant d'avancer.
14:39Quand ça se passe, quand ils sont en place.
14:41Quand ça avance, on avance.
14:43Donc, d'abord comme je disais, les femmes en bleu, on essaye de faire des belles lignes,
14:47de sorte qu'on le voit toutes.
14:50Après, il y a derrière et sur les côtés, les boutons de la croix qui interviennent à la fin de
14:54la chorégraphie.
14:57Et après, il y a la banderole unitaire féministe.
15:00Et en fait, le reste des visuels, c'est important qu'ils soient derrière cette banderole unitaire.
15:07Voilà, donc là, est-ce que vous êtes prêtes pour refaire un...
15:10Voilà, donc tous les autres visuels qui ne sont pas à la limite, c'est bien derrière la grande banderole.
15:16Voilà, en gros, on a la banderole et les vautous.
15:18En gros, les femmes devant, vautous et la banderole.
15:22Voilà, on va la faire.
15:24Vous êtes prêtes ?
15:26Voilà, on est chaud, on est chaud !
15:35Bravo, Yannick !
15:48Tu déconnes, on se laisse pas faire, tu prends tout pour déconner.
15:57T'as un plan de retraite ?
16:24Pourquoi tout émanons ?
16:27À cause de Macron !
16:29En présence, nous serons, faut que dire ce qu'est qu'on...
16:35À cause de Macron !
16:59La décennie, c'est le mot qui vient, quand je pense à mes copines.
17:06En mode gilets jaunes, pour nous, c'est la galère.
17:15La décennie, c'est le mot qui vient, c'est le mot qui vient, c'est le mot qui vient,
17:26c'est le mot qui vient.
17:30À cause de Macron, c'est le mot qui vient, c'est le mot qui vient, c'est le mot
17:39qui vient.
18:01À cause de Macron !
18:21À cause de Macron !
18:24C'est-à dire que c'est le mot qui vient, c'est le mot qui vient, c'est le
18:27mot qui vient, c'est le mot qui vient.
18:59Sous-titrage Société Radio-Canada
19:30Sous-titrage Société Radio-Canada
19:33Sous-titrage Société Radio-Canada
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