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Ce jeudi 12 octobre, les DRH des entreprises du CAC 40 tenaient leur congrès, au Pré Catelan, un restaurant trois étoiles du 16e arrondissement, afin de débattre de l’idéologie managériale. Pour mieux apprécier l’application de la nouvelle loi travail, la « DRH de l’entreprise France » Muriel Pénicaud, était leur invité d’honneur. Syndicalistes, artistes et intellectuels avaient décidé de perturber l’évènement en partant à la chasse aux DRH.

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Transcription
00:00Et elle court après le patronat, elle court pour détruire nos droits.
00:09Ce jeudi 12 octobre, les DRH des entreprises du CAC 40 tenaient leur congrès au Précatlan,
00:14un restaurant 3 étoiles du 16e arrondissement, afin de débattre de l'idéologie managériale.
00:19Pour mieux apprécier l'application de la nouvelle loi travail,
00:22la DRH de l'entreprise France, Muriel Pénicaud, était leur invité d'honneur.
00:28Syndicalistes, artistes et intellectuels avaient décidé de perturber l'événement en partant à la chasse au DRH.
00:34Ce congrès de DRH accueille sa DRH préférée, celle qui a revu la convention collective
00:40de tous les salariés, les travailleuses et les travailleurs français, avec les ordonnances de la loi travail,
00:46celle qui permet plus de confort pour le capitalisme, plus de confort pour les chefs d'entreprise
00:51et plus d'exploitation pour les travailleuses et les travailleurs.
00:54Donc devant ça, on s'est dit, le fouquet de Mme Pénicaud, on va essayer de bousculer un petit peu
01:02les petits fours,
01:03de faire en sorte que ça se passe de manière moins discrète et moins confortable et de le mettre en
01:07lumière.
01:07Considérer que la France est une entreprise qui doit être dirigée comme telle, c'est tout un symbole et un
01:13symbole extrêmement inquiétant
01:16sur la conception de ce gouvernement, de comment il veut, il entend mener sa politique.
01:21Alors c'est en lien évidemment avec ce qu'on voit, c'est-à-dire les ordonnances, le projet de
01:26loi de finances publiques,
01:28ce qui est annoncé sur l'assurance chômage et bien d'autres choses.
01:30Mais en même temps, c'est quand même tout à fait incroyable qu'un congrès de DRH, symboliquement se tienne
01:38dans un des hauts lieux
01:39de la gastronomie parisienne et un des lieux les plus chers aussi, 2500 euros pour la participation à cet événement,
01:45c'est quand même pas rien.
01:46Mais surtout en invitant Madame Pénicaud à la fois pour donner le soutien des grandes entreprises à sa politique,
01:54puisque c'est aussi de ça dont il s'agit, et en même temps sur ce label Entreprise France.
01:59C'est-à-dire qu'aujourd'hui, le lien entre le gouvernement et le MEDEF, il est aussi symbolisé par
02:06ce congrès des DRH.
02:08Nous, on est surtout venus à la chasse à la ministre, puisque nous avons été en grève d'abord le
02:1318 mai,
02:14donc à l'occasion de sa prise de fonction, puis le 20 juin, et nous sommes toujours sans nouvelles de
02:20notre ministre,
02:21donc on commence à se demander si ce n'est pas un hologramme qu'on voit à la télé,
02:25qu'on est venus voir si elle existait vraiment.
02:27Public, privé, c'est le même combat, puisque nous aussi, nous subissons les affres du management,
02:35qui transforment les mots, quand on supprime des emplois,
02:39on fait de l'optimisation des ressources dans un contexte contraint, etc.
02:44et nous n'arrivons même plus à communiquer avec notre hiérarchie, nous aussi dans le public,
02:49puisque nous ne parlons pas le même langage, en plus que de ne pas avoir les mêmes intérêts,
02:54ce qui était déjà historiquement établi.
02:56On est trop nombreux à dire qu'on ne comprend pas que les confédérations ne s'entendent pas,
03:01on ne comprend pas que nos dirigeants ne se mettent pas d'accord,
03:05alors on va le faire par la base, on va faire des actions, on va mobiliser ce qui est mobilisable,
03:10et on espère que, parce qu'on va se montrer déterminé, parce qu'on va aussi donner de l'espoir,
03:16on va montrer que cette autre voie est possible,
03:18que ce n'est pas forcément tout ce que ces messieurs-là vont décider qui va être appliqué,
03:23qu'on peut encore être maître de notre destin.
03:26En donnant cette impulsion-là, on va mobiliser les uns les autres,
03:30créer ce rapport de force, impliquer du coup les organisations syndicales,
03:34les grandes confédérations qui n'auront d'autre choix que de nous suivre,
03:37et on va renverser la table comme ça.
03:39La suppression de l'impôt sur la grande fortune en France,
03:42c'est 4 milliards d'euros qui ne rentreront pas dans les cases de l'État.
03:46C'est exactement le même budget, la même économie qu'on demande aux hôpitaux de faire pour 2018.
03:52Voilà, c'est un choix, ce n'est pas le nôtre.
03:54Et on est venu le dire ici, alors ils ne vont certainement pas nous entendre,
03:58mais c'était important, on ne pouvait pas rater l'occasion de venir dire
04:03qu'une autre voie est très certainement possible, elle n'est peut-être pas confortable.
04:06Il faut la réfléchir, il faut la penser, il faut la mettre en place.
04:10Mais si on a à cœur de mettre l'humain au centre de nos problématiques,
04:14eh bien cette voie-là, on arrivera à la définir.
04:16Il faut répartir autrement les richesses que ces messieurs-dames se proposent.
04:20Il y a quand même une offensive, je dirais, de communication extrêmement importante,
04:25et les salariés ne mesurent pas forcément encore complètement
04:28toutes les conséquences de ces ordonnances.
04:30Donc je pense qu'il y a un travail aussi qu'il faut poursuivre et élargir,
04:33d'explications sur ça, mais comme sur le projet de loi de finances par exemple.
04:37Parce que le projet de loi de finances, c'est une catastrophe,
04:39c'est-à-dire que c'est un projet pour les riches,
04:41enfin pour une toute petite minorité de la population qui va en bénéficier,
04:46alors que la grande majorité, que ce soit les personnes qui sont en situation les plus fragiles,
04:51mais même, je dirais, ce qu'on appelle des clashes moyennes, vont payer assez lourd.
04:54Pourquoi ? Derrière ça, l'assurance chômage, derrière ça, la question des retraites.
04:59Donc je crois que cette espèce d'enfumage qu'il y a eu pendant l'été,
05:03après l'élection de M. Macron, commence à se dissiper petit à petit.
05:07Donc je pense que c'est important qu'on poursuive aussi ce travail
05:10pour dissiper ce que j'appelle moi cet enfumage.
05:13Les patrons, il n'y en a jamais trop, ce ne seraient pas des enfants de salauds.
05:18N'empêche qu'ils se gavent sur notre dos, se gavent sur notre dos.
05:22Ils n'en demandaient jamais trop, à peine 2600.

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