00:01On n'ira peut-être pas jusqu'à dire, comme Paul-Éloire, que notre printemps est un printemps qui a
00:06raison,
00:06mais en tout cas, le printemps ne plaît pas à tout le monde tel qu'il se déroule,
00:11avec des gens sur les places, place de la République à Paris, mais aussi dans 60 villes de France,
00:16avec des gens dans la rue, des dizaines de milliers de syndicalistes, de salariés, de militants, de jeunes, de lycéens,
00:22etc.
00:23Ce printemps-là ne plaît pas à tout le monde.
00:25D'ailleurs, c'est assez, comment dirais-je, étonnant d'entendre dire qu'il faut, tous les matins, faire place
00:31nette, place de la République à Paris.
00:34Faire place nette de quoi ? Eh bien, tout simplement, de gens qui discutent, de gens qui débattent,
00:38d'une autre vision de la politique, d'une autre façon de participer à l'action collective.
00:43Donc, faire place nette, c'est peut-être un petit peu, comment dirais-je, remettre le couvercle sur des rêves,
00:49peut-être sur des cauchemars pour d'autres, et au fond, c'est une façon aussi de maintenir les tas
00:54de choses existantes.
00:56Mais bon, ce printemps-là, effectivement, il ne plaît vraiment pas à certains.
01:00On a vu un éditorialiste, il y a quelques jours, François-Lévi-Gisbert, qui est le directeur du Point,
01:05faire une comparaison absolument énorme entre la CGT et le Front National,
01:11au motif que la CGT, comme le Front National, serait quêtée par le repli, l'archaïsme, etc.,
01:16ce qui, évidemment, est une absurdité scandaleuse.
01:19Mais il y a Pierre Gattaz aussi, à qui tout ça ne plaît pas beaucoup.
01:23Alors, voici ce qu'il écrivait dans le Figaro, ce qu'il disait dans le Figaro de lundi,
01:29« Nous ne sommes pas d'accord pour avoir des syndicats à tous les étages.
01:33Je ne dis pas qu'il ne faut pas de syndicats dans l'entreprise, mais ce sont aux salariés de
01:37décider.
01:38Tant qu'on aura des syndicats comme la CGT et il faut politiser et obnubiler par la lutte des classes,
01:43on ne s'en sortira pas.
01:44Et plus loin, nous ne pouvons pas discuter avec des organisations qui refusent la mondialisation
01:50et ont une culture de lutte des classes. »
01:53Alors, qu'est-ce qu'il faut comprendre ?
01:54Que Pierre Gattaz, le président du MEDEF, c'est pour, je ne sais pas, l'interdiction de FO, de la
01:59CGT,
01:59il est pour les mettre constamment au banc des discussions.
02:04Et en tout cas, Pierre Gattaz, visiblement, la lutte des classes, lui, ça l'obsède.
02:08On comprend, puisqu'il est du côté des procédants, il est du côté de ceux qui mènent la lutte des
02:12classes.
02:12On peut rappeler d'ailleurs cette déclaration de William Buffett, le milliardaire américain,
02:17qui a dit il y a maintenant 2-3 ans, « Oui, la lutte des classes existe,
02:21c'est la nôtre qui la menons et qu'ils sommes en train de la gagner. »
02:25Eh bien, Pierre Gattaz, il est absolument de ce côté-là.
02:27Mais ça va au point que du coup, il est très embêté,
02:29parce que la loi El Khomri, ça ne va plus du tout comme il l'a voulu.
02:32Il pense que le gouvernement, déjà, a cédé un petit peu trop de terrain à la rue et aux syndicats,
02:38et donc, lui, la loi El Khomri, il n'en veut plus.
02:41Alors, du coup, le gouvernement se retrouve dans cette position totalement cocasse,
02:45une loi qui est combattue par la rue, par les syndicats, par les étudiants, par les lycéens,
02:50et de l'autre côté, un patronat qui lui dit « Allez vous faire voir »
02:54et donc, comme dirait une expression cocasse,
03:00Pierre Gattaz dit un peu au gouvernement,
03:01« Bon, continuez, tenez bon de pinceau, moi je retire mon échelle. »