00:01Quel titre dans Figaro Économie, mardi ?
00:05Pacte de responsabilité, Valls menace le patronat.
00:09Panique dans les conseils d'administration, dans les bureaux du MEDEF,
00:13Rue de Serbie à Paris, comment, qu'est-ce qui se passe, etc.
00:17C'est très simple.
00:18Manuel Valls, le Premier ministre, explique que depuis le pacte de responsabilité,
00:23avec tout l'argent versé aux entreprises,
00:25finalement, il n'y a pas eu vraiment de création d'emplois.
00:28Donc, il dit, on va peut-être réorienter les aides.
00:30Du coup, le MEDEF réagit.
00:31Non, mais qu'est-ce qui se passe ?
00:32Ça fait trois ans qu'on ne nous demande rien, on nous donne de l'argent, ok,
00:35mais on ne nous demande rien, tout d'un coup, il faudrait, voilà, qu'on se mette à créer des
00:38emplois.
00:39Il n'en est pas question, bien entendu.
00:41Donc, au fond, avec un peu d'ironie, paradoxal, on peut pratiquement comprendre le MEDEF,
00:47parce que pourquoi, tout d'un coup, Manuel Valls lève le ton,
00:51hausse le menton et leur dit que les règles du jeu vont changer.
00:55Eh bien, tout simplement, et on le sait très bien,
00:57c'est parce que dans 14 mois, il y a des élections présidentielles
01:00et que Manuel Valls a besoin, tout en actant d'une véritable coupure idéologique,
01:06il a dit pratiquement ces termes avec la gauche de la douche,
01:09Manuel Valls a besoin, je dirais, d'essayer de prouver l'efficacité de son dispositif
01:16et en même temps de dire que s'il n'y a pas de création d'emplois, c'est la
01:20faute du MEDEF.
01:21C'est pourquoi les patrons réagissent.
01:22En réalité, il y a deux choses là-dedans.
01:25Il y a un aveu qui est phénoménal.
01:27Malgré toutes les mises en garde de la gauche de la gauche,
01:30les mises en garde des frondeurs du PS sur l'inefficacité des 40 milliards versés au patronat,
01:36Manuel Valls avoue, parce que c'est bien le mot,
01:39il avoue aujourd'hui que ces 40 milliards n'ont servi pratiquement à rien.
01:43C'est quand même atterrant, parce que si personne n'avait rien dit, on pourrait comprendre,
01:48mais en fait, la gauche de la gauche a bien averti.
01:52Est-ce que cet argent va aller vraiment à la création d'emplois, à la production,
01:56ou est-ce qu'il va aller aux actionnaires ?
01:58Eh bien, on connaît le résultat, il n'a rien, ça n'a servi à rien,
02:01si ce n'est effectivement à aller aux actionnaires.
02:03Et ensuite, l'autre chose, c'est qu'au fond, il s'agit d'un petit jeu politicien,
02:08à destination du grand public, parce qu'en réalité, le MEDEF sait très bien
02:13que la réorientation des aides, les conditions que le gouvernement pourrait leur imposer
02:19à 14 mois de l'élection présidentielle n'auront aucun effet et n'auront aucun sens,
02:24donc ils ne redoutent strictement rien.
02:25En fait, c'est un petit jeu à deux, parce que le MEDEF, les entreprises,
02:30continuent à empocher l'argent public, Manuel Valls lève le ton,
02:34il fait ce qu'on y a mieux, il fait le méchant,
02:36mais il est un petit peu comme ce personnage de Sampé, le dessinateur,
02:42dans un dessin déjà un peu ancien, où on voyait un homme parler d'un ton très impérieux
02:48aux vagues de l'océan qui venaient mourir à ses pieds, et qui leur disait « couchez ! »
02:52et les vagues venaient mourir à ses pieds.
02:55Le monsieur était content, très fier de lui, il avait le sentiment d'avoir du pouvoir.
03:00Sous-titrage Société Radio-Canada
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