00:02Monsieur le Président, Monsieur le Ministre,
00:10Nous saluons le puissant élan de solidarité des peuples européens et du monde entier avec
00:17le peuple français en deuil, mais debout et déterminé face aux exécutions dont ont été
00:25victimes des journalistes, beaucoup de mes amis personnels, des policiers et des citoyens
00:33de confession juive. Hier, dans chaque ville et chaque village, le peuple de France uni s'est
00:40rassemblé pour dresser un front, un barrage solide, contre le fondamentalisme intégriste,
00:48contre la barbarie. Et il l'a fait en ayant à l'esprit, conscient qu'ailleurs, dans le monde
00:55de Bagdad à Kaboul, d'Alep à Kobané, la même terreur inonde de sang les rues. Celles et ceux
01:02qui ont été assassinés l'ont été pour ce qu'ils représentaient. Certains, la religion juive,
01:09les policiers, le service public de la République française et nos amis journalistes parce qu'ils
01:16représentaient l'esprit libre et frondeur, le refus de l'esprit de caserne. Par fidélité aux idéaux,
01:25de ses amis exécutés, il nous faudra éviter toute récupération politicienne et réfléchir à
01:32travailler plus au moyen d'éviter cela, au moyen efficace d'éradiquer le terrorisme. À l'évidence,
01:41l'esprit de guerre ne le permet pas. Quel est le bilan de 15 années de guerre contre le terrorisme
01:48? Il
01:49faut s'y prendre autrement et porter un plan de co-développement, de dialogue avec les peuples
01:55du Proche et du Moyen-Orient. Le refus de faire droit au mouvement national palestinien depuis si
02:02longtemps n'a fait que jeter du sel sur des plaies de l'humiliation. Le débat va certainement naître
02:09aussi entre la dialectique de liberté et celle sur la sécurité. On ne peut sacrifier la sécurité sur
02:18l'autel. On ne peut sacrifier la liberté sur l'autel de la sécurité. Les deux doivent vivre et progresser
02:26de pair. Nous avons la responsabilité de jeter de nouveaux ponts avec la Méditerranée pour un nouveau
02:33type de dialogue et de coopération, tout en asséchant le financement des réseaux terroristes.
02:39Enfin, on ne peut laisser, comme c'est le cas aujourd'hui, tant de quartiers à l'abandon, d'enfants,
02:48d'adolescents en souffrance, de jeunes sans avenir. Voilà pourquoi il faut sortir. Il faut sortir des
02:55choix d'austérité pour donner des moyens financiers à l'école, à la culture, au sport, à la formation, à
03:02la
03:02petite enfance, à l'emploi, l'aide aux villes. Ceci doit nous faire réfléchir. En même temps, il faut
03:10absolument sortir des amalgames, des discours de division et de haine qui se répandent depuis des
03:18mois. Au contraire, c'est l'esprit de l'unité populaire qui doit primer, l'esprit du débat, le rejet
03:25de
03:25l'exclusion, pour faire société commune, Europe commune. La France, hier, a dit son esprit de fraternité,
03:33du vivre ensemble contre la barbarie. Soyons-en dignes.
03:46Madame Rivasi. Monsieur le Président, chers collègues, mes pensées, nos pensées vont aux 17 victimes, artistes et journalistes défendant la
03:59liberté d'expression.
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