- il y a 3 semaines
Diaporama sonore. Jeudi 26 mars, retraités sans ressources depuis des mois, salariés de la Caisse de retraite Nord Picardie, syndicalistes et élus communistes manifestent à Villeneuve d'Ascq. Ambiance.
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00:00Il y a 15 jours, moi c'est pareil, exactement 14 jours, ils m'ont fait la notification pour 500
00:06euros par mois
00:06avec un questionnaire requête et ça va se débloquer dans 5 mois d'après ce qu'on m'a dit
00:11au téléphone à Montpellier
00:12puisque mon dossier était envoyé à Montpellier, après à Lecresse, je ne sais même pas où c'est.
00:17Et pourquoi Montpellier ?
00:19Ah bah parce qu'ils ne pouvaient pas le faire ici en juillet.
00:21Ils sont en train d'éparpiller les dossiers.
00:22Ils ont tout éparpillé au mois de juillet, au mois d'août.
00:24Et 500 euros et un document de requête auprès du président des requêtes à la mer.
00:31Et vous travaillez dans quel secteur ?
00:33Ah bah moi j'étais assimilée fonctionnaire au ministère de l'Agriculture à Paris.
00:36Et vous avez eu une carrière compliquée ? Votre dossier il est compliqué ?
00:40J'ai travaillé uniquement au ministère de l'Agriculture et après j'étais en invalidité, c'est tout.
00:45Donc c'est extrêmement simple et la personne qui s'occupait de mon dossier sur le Nord depuis 10 ans,
00:50qui venait tous les deux ans, elle avait vraiment me relevé de carrière parfaite.
00:55Elle m'avait fait les prévisions il y a 8 mois à peu près.
01:00Et deux jours au lendemain, elle m'a appelée en disant c'est fini, je ne peux plus revenir.
01:03Je ne peux plus m'occuper de votre dossier, je ne peux plus sortir du bureau, on travaille dans les
01:06bureaux.
01:07Donc ils ne viennent plus dans les communes, c'est tout.
01:09Alors dites-moi, on est en période de vote citoyen, est-ce que ça a influencé votre vote ou pas
01:14cette histoire ?
01:15Je faisais toutes les meetings politiques et toutes les réunions politiques de tous les partis, sauf du Front National.
01:20À chaque fois on m'a dit on va vous aider.
01:22À chaque fois c'était pire que tout, on m'a carrément envoyé chier.
01:25Même le maire de ma commune m'a dit moi je ne suis pas là pour ça, je ne peux
01:28pas me substituer à l'État, s'ils font des conneries, ce n'est pas mon problème.
01:31Ça veut dire que quel bulletin vous avez mis dans l'urne ?
01:34À blanc, évidemment, évidemment.
01:37Même pas blanc, j'ai voté nul puisque j'ai écrit quelque chose sur mon bulletin.
01:41Je n'avais pas le choix, je n'ai pas le choix.
01:43Alors vous êtes une électrice de gauche d'habitude ou de droite ?
01:45Oui, de gauche.
01:48La seule personne qui m'a réellement aidée, c'est Madame de Messines, au PC, la sénatrice, et une jeune
01:55femme de 29 ans qui se présentait à l'UMP, qui m'a aidée psychologiquement je dirais.
02:00C'était une interlocutrice, ça ne va pas loin, d'autant plus qu'elle est amie avec le maire de
02:05ma commune qui lui a dit je ne peux pas me substituer à l'État.
02:08Si vous voulez, vous allez au Resto du Coeur, moi je connais les Restos du Coeur parce que j'étais
02:12inscriptrice au Resto du Coeur, on ne peut même pas aller au Resto du Coeur puisqu'on n'a pas
02:17de bulletin de paye, on n'a aucun document.
02:19Vous ne pouvez pas prouver vos revenus ?
02:20Rien du tout, on n'a qu'une solution, c'est l'armée du salut, c'est tout.
02:25Ou les poubelles du marché, comme cette dame à qui on doit quand même 48 000 euros.
02:29Deux retraités qui ont vendu leur maison dans le Nord, non ils ne sont pas là, ils n'osent même
02:35plus sortir de chez eux tellement ils ont...
02:37Ils ont vendu leur maison dans le Nord pour partir à la retraite dans le Sud, ils faisaient construire une
02:41maison, ils ont dû tout arrêter, ils ont une location sur la Madeleine,
02:44enfin à la limite de l'île, à 1700 euros par mois, ils ne peuvent plus payer le loyer, les
02:49charges, etc.
02:51Ça vous dit d'interpeller le gouvernement ?
02:53On n'arrête pas, je crois que là on fait vraiment beaucoup avec madame de Messines.
02:59Madame de Messines est allée voir Marisol Touraine deux ou trois fois, les 800 euros, s'il y a quelqu
03:05'un qui a eu les 800 euros en 72 heures,
03:07ou même en plus, ça chapeau, parce qu'ils n'ont jamais existé à mon avis ces 800 euros.
03:12Vous les avez eus ?
03:12Non, non, on n'a rien eu.
03:13Ça n'a jamais existé, en décembre ça n'a pas existé, et là ça n'a pas existé.
03:18Les assistantes sociales de la CARSAT n'étaient même pas au courant une semaine après.
03:24Moi j'ai appelé toutes les assistantes sociales du Nord, mais vraiment, toutes celles de la CARSAT qui sont dans
03:29les communes,
03:30il n'y en a pas une qui était au courant.
03:31Je suis allée au département pour voir les assistantes sociales, elles ne sont pas au courant.
03:34On nous a coupé la sécu.
03:36Là vous n'êtes plus couverte par la sécu.
03:38Là je suis couverte à la sécu parce que j'y suis encore retournée.
03:42Moi j'ai été coupée de la sécu du 2 décembre jusqu'au 16 janvier.
03:47On a voulu me prendre ma carte verte, ma carte vitale, il y a un monsieur dans le hall de
03:52la sécu qui m'a dit
03:52ne le donnez pas, moi ça fait 15 jours que je l'ai donné, je n'ai plus de sécu,
03:56je suis là depuis 15 jours.
03:57Je l'ai cherché à mettre la pneumatique, je l'ai gonflé avec mon gonfleur dans le hall de la
04:00sécu,
04:01immédiatement ils m'ont remis la sécu.
04:03Et à la banque ils vous disent quoi ?
04:05Non mais moi ça va.
04:07Mais bon, les autres, il y a plusieurs personnes de ma ville, à la Madeleine,
04:12qui est une ville relativement bourgeoise, où les gens n'ont pas l'habitude d'être sans argent,
04:17qui ont honte de sortir de chez eux.
04:19Ils se tapent les poubelles à la fin du marché.
04:21Les gens qui ont droit à 4000 euros de retraite par mois, mari et femme confondus.
04:28Ça fait déjà des années qu'on alerte en disant qu'il y a une augmentation seulement de la charge
04:33de travail,
04:33et une baisse des effectifs.
04:37Ça fait plusieurs années qu'on prévient.
04:44Le problème c'est qu'ils se basent sur des chiffres INSEE, en disant mais non, l'activité va baisser,
04:49etc.
04:51Mais tous les ans ils nous disent ça, et tous les ans on voyait que notre activité elle a augmenté.
04:56C'est ça le problème d'aujourd'hui, c'est ce qu'on disait aussi tout à l'heure,
04:59c'est qu'ils se basent sur des statistiques, des chiffres,
05:01et ils n'écoutent pas ceux qui sont réellement sur le terrain et qui voient aussi ce qu'il se
05:05passe.
05:05Ça fait 38 ans que je bosse à la CARSAT, je me suis engagée parce que j'adore le service
05:10public,
05:10et j'aime bien l'humain, et malheureusement je souffre de voir que l'humain actuellement,
05:16avec tous les moyens de communication qu'on a, comme vous, avec votre portable,
05:20plus il y a moyen de communication, moins les gens communiquent.
05:23Plus les gens ont des accès, moins les gens peuvent nous voir.
05:26Nous, on est là pour conseiller les gens, pour leur apporter de l'aide, et tout ça.
05:31Tout ça, ça disparaît, et ça, que ce soit les politiques, etc., c'est comme ça.
05:36Ils acceptent ça, et moi je trouve ça intolérable.
05:38Moi je suis pour la proximité.
05:40La proximité, quand vous voyez à tous les niveaux, malheureusement, il n'y a pas qu'à la CARSAT.
05:44Moi j'ai des collègues qui travaillent à la CAF, des amis,
05:46dans tous ces organismes-là qui sont là pour aider les gens.
05:50Tout ça, ça disparaît, que ce soit la droite, que ce soit la gauche,
05:53ce n'est même pas une question de politique pour moi, ça disparaît, et c'est bien dommage.
05:57Et moi je suis là pour dire ça aux directeurs, parce que là, chez nous,
06:01moi ça fait déjà trois ans, ils n'arrêtent pas de nous changer les organisations.
06:05Tout ça, pour nous dire, on va optimiser, on va essayer de sortir des dossiers, d'accord ?
06:09Nous on fait le maximum, le maximum, tous, on est très impliqués,
06:13mais ils ont beau changer les organisations, et c'est ça que je voulais dire à mon directeur,
06:17ils ont beau changer les organisations, il manque du personnel, et c'est ça le problème.
06:22On ne peut pas faire le boulot de dix personnes.
06:24Mais madame, il n'y a plus d'argent en France pour embaucher des fonctionnaires !
06:27Mais s'il y a de l'argent, s'il y a de l'argent en France,
06:29mais il faut l'employer là où c'est nécessaire, à l'humain d'abord.
06:32Voilà, c'est bon, voilà.
06:33Et le fait que le département puisse basculer à droite ?
06:36Disons que ça, ce n'est pas une question de droite ou de gauche, si vous voulez.
06:40Parce que de toute façon, quand c'était la droite, en fait,
06:43de toute façon au niveau de la politique, de la proximité, etc.,
06:47c'est quelque chose qui est engagé depuis des années.
06:49Ils sont en train de détruire toute la proximité.
06:51Et vous n'avez pas vu de changement avec le gouvernement de gauche ?
06:53Il n'y a aucun changement par rapport à ça.
06:55Ce n'est pas une question de politique pour moi.
06:58C'est une question de volonté.
07:00En fait, est-ce qu'on veut une société comme ça ou comme ça ?
07:04Avec de la proximité ou alors qu'avec des moyens informatiques
07:07que, bien sûr, les nouvelles générations me manipulent bien,
07:11étant donné qu'ils sont nés avec ça.
07:13Mais je veux dire, moi, les mamies qui m'appellent pour me demander quelque chose,
07:18je ne vais pas leur dire, allez sur le site de la CARSAT, les pauvres, quand même.
07:21Je suis là pour faire le nécessaire.
07:24Mais si on ne me le permet plus, je ne fais plus mon métier.
07:27Et voilà.
07:27On nous empêche de faire correctement notre métier.
07:30Et on en souffre tous.
07:31Et c'est pour ça que nous, on est là.
07:33Moi, je ne suis pas une spécialiste des grèves.
07:36Je ne fais jamais grèves.
07:36Mais alors là, je trouve que c'est tout, quoi.
07:39C'est un ras-le-bol à tous les niveaux, quoi.
07:42Je veux dire, ce n'est pas normal, quoi.
07:45Bonjour à tous.
07:46Depuis 2013, la CFDT, tout comme bon nombre d'entre nous ici présents,
07:51a alerté à plusieurs reprises par le biais de notre union régionale
07:54la branche retraite et le niveau national sur les retards de la CARSAT, Nord-Pucardie.
08:01Force est de constater que la situation n'a fait qu'empirer.
08:03Cette situation est inacceptable pour des centaines, voire des milliers de personnes en attente du règlement de leur retraite
08:11et laissée sans revenu durant plusieurs lois pour certains d'entre eux.
08:15Il est à noter que la Caisse nationale d'assurance retraite n'a pas pris la mesure de la situation,
08:20malgré nos diverses interventions, la minimisant en une forme de déni assez remarquable.
08:25Ce n'est que fin décembre que la ministre n'a été informée et a demandé à ce qu'une
08:29aide d'urgence soit attribuée.
08:30Mais cette aide, dans un premier temps, fait l'objet de conditions d'attribution tellement souhaites et complexes,
08:37ça n'a pas permis que chacun puisse en bénéficier.
08:40La CFDT s'interroge sur ses mois d'attente, restés sans solution face à un problème relevant du droit à
08:46percevoir sa retraite,
08:48pendant lequel on a laissé des personnes tomber dans la précarité et dépendre uniquement de la solidarité familiale pour survivre.
08:56Pourquoi des accomptes sur le minimum JIS n'ont-ils pas été versés dans l'attente d'une liquidation définitive
09:02?
09:03Comment un organisme social peut-il faire si peu de social et ne pas prendre les mesures qui s'imposent
09:09?
09:10En outre, ces mois de retard vont entraîner le moment venu, un rappel de paiement qui va dépasser le cadre
09:15d'une année de référence fiscale.
09:17Les conséquences de ces insuffisances perduront donc au-delà du non-paiement de ces retraites,
09:23notamment par un risque de payer plus d'impôts qu'en situation normale.
09:27Les agios, majorations d'impayés, peuvent aussi représenter des dépenses subies supplémentaires.
09:32Qu'en est-il de ces dégâts collatéraux ?
09:35Enfin, nous voyons également qu'une absence de gestion prévisionnelle des emplois et des compétences à travers un manque d
09:40'effectifs
09:41ainsi qu'un manque d'organisation sont des facteurs de dysfonctionnement graves.
09:45La CFDT souhaite que plus jamais cela ne se reproduise et demande aux autorités compétentes d'y veiller.
09:51Bonjour à tous les camarades et je vous remercie tous d'être présents, quelle que soit l'étiquette syndicale aujourd
09:55'hui.
09:56Il est vrai qu'effectivement la région métallurgie s'est inscrite dans ce mouvement.
09:59Il est à distance simple qu'aujourd'hui nous soyons tous présents face à ce gouvernement qui se désengage totalement
10:03et qui n'est plus capable de payer des pensions à des ouvriers ou à des cadres ou à des
10:10techniciens
10:11qui ont travaillé toute leur vie, 42 ans, dans une détresse sociale pas possible.
10:17Ils sont aujourd'hui, ce gouvernement est asservi aujourd'hui au service du capitalisme.
10:22Ce capitalisme qui ne fait que détruire les conditions de travail, créer les précarités.
10:27Oui effectivement aujourd'hui il y a de l'emploi.
10:29Les camarades l'ont démontré à travers leur discours.
10:31Nous pouvons créer aujourd'hui sans emploi.
10:33Mais ce désengagement n'est que le début.
10:36Il faut faire prendre conscience à toute la population, aux actifs, aux retraités et à la fois aux privés d
10:45'emploi
10:45que de l'emploi aujourd'hui il en existe par millions.
10:49D'ailleurs l'État, ce gouvernement précédent, ce gouvernement ou ce gouvernement précédent
10:54a mis en difficulté les camarades de 261 salariés se retrouvent sur le carreau.
11:00Tout ça parce que le gouvernement a cédé leurs entreprises aux Russes.
11:04Aujourd'hui les camarades de ces Vélnord dont 700 salariés sont en débrayage
11:09pour leurs conditions de travail et leurs salaires.
11:11Oui de l'emploi il y en a, s'il y a une réelle volonté de ce gouvernement à vouloir
11:15en créer.
11:16D'ailleurs la précarité, les conditions de travail déplorables, permanentes,
11:21peuvent créer de l'emploi aujourd'hui.
11:23Il y a tellement de chômeurs que nous pourrions réduire et améliorer les conditions de travail
11:29tels que la CGT l'a présenté, de réduire le temps de travail, de repasser à 32 heures
11:34tels que les 35 heures ont créé, plus de 40 millions d'emplois.
11:36Nous pourrions repartir sur ces formules-là.
11:39Aujourd'hui on remet en cause l'Agir et l'Arco en nous disant qu'il n'y a plus
11:45de sous dans les caisses
11:45alors qu'il suffirait qu'une simple cotisation de 7 euros chez les cadres
11:49suffirait à rétablir le système et à remettre en péril nos retraites
11:54où nous prenons déjà un allongement à 67 ans.
11:57C'est inacceptable.
11:59Il faut que le gouvernement prenne toutes ses responsabilités
12:02et se réengage auprès de l'ensemble des salariés et de la population ouvrière
12:07et qu'il arrête d'asservir le capitalisme.
12:09Merci mes camarades.
12:12On est où ? On est où ? On est où ? Au tiers-monde ?
12:16Ce n'est pas possible. Je ne veux pas continuer comme ça
12:19à voir des gens malheureux sur notre sol.
12:22Pauvre France. Voilà.
12:25Merci madame.
12:26Et c'est pour ça qu'on est là aujourd'hui.
12:29Et autour de nous, il y a plein de salariés
12:32qui demandent la retraite et qui ne l'ont pas.
12:34alors qu'il faudrait aussi les amener avec nous.
12:38Voilà le problème.
12:39Je suis d'accord, mais vous seuls, ok.
12:41Il y en a plein madame qui ne vont pas leur retraite.
12:44Donc il faut leur dire de venir également devant la CARSAT
12:49parce que ça ne peut pas durer en effet.
12:52À ce moment-là, je peux vous dire qu'il y a une dame
12:53qui a 161 euros par mois.
12:56Forcément qu'elle ne peut pas payer son loyer
12:58et ça c'est qu'un exemple.
12:59Nos pensions, nous aurons, nous aurons, nos pensions.