00:02Qu'il s'en aille du Parti Socialiste, en s'en prenant ainsi à l'ancien ministre Benoît Hamon,
00:07qui avec 38 autres députés socialistes réticents à l'austérité s'est abstenu sur la première partie du budget à
00:13l'Assemblée Nationale,
00:14le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, avoue la fébrilité du tandem gouvernant.
00:20Après les critiques de Martine Aubry sur la politique conduite par François Hollande, Emmanuel Valls,
00:25et avant d'autres étapes périlleuses, comme le vote du budget de la Sécurité Sociale mardi prochain,
00:30le Président et le Premier ministre sont inquiets qu'une alternative de gauche puisse se dessiner.
00:36D'où les rappels à la discipline et les menaces, bien éloignés du goût du débat qu'ils attribuent à
00:42la gauche.
00:43Mais il leur est bien difficile d'imposer le silence dans les rangs.
00:46D'abord parce que les voix critiques relaient à leur tour le mécontentement de l'électorat de gauche,
00:51qui voient les promesses trahies et ne se reconnaît pas dans les choix libéraux du gouvernement.
00:56Ensuite, parce que le tandem gouvernant n'a aucune légitimité pour invoquer l'esprit de parti ou parti socialiste.
01:02En effet, le dernier congrès des socialistes avait défini des orientations très loin de la décalcomanie du programme du MEDEF,
01:09qui est aujourd'hui mise en œuvre.
01:11Le problème d'éthique que Jean-Christophe Cambadélis oppose au frondeur serait mieux destiné à l'exécutif.
01:18Enfin, les dernières déclarations de Manuel Valls dans l'Obs montrent qu'il n'a pas perdu de vue l
01:23'objectif qu'il avait naguère,
01:25faire disparaître le parti socialiste.
01:27Désormais, il propose de le remplacer par une vague fédération des progressistes,
01:33qui ne ferait pas du tout référence au socialisme,
01:37et qui n'aurait pour définition, je cite, que pragmatique, réformiste et républicain.
01:42Pour bien se faire comprendre, le Premier ministre regrette à nouveau l'erreur de ne pas avoir tendu la main
01:48à François Bayrou lors de la présidentielle de 2012.
01:52Un vague parti démocrate à l'américaine, comprenant la droite centriste,
01:56l'abandon des références à la transformation de la société,
02:01Manuel Valls jette le parti socialiste aux orties pour mieux embrasser le libéralisme.
02:05Ainsi propose-t-il, dans ce même entretien au magazine,
02:08d'agir sur les inégalités importantes entre les salariés en CDI,
02:13qu'il juge très protégés,
02:15et les salariés très précaires en CDD et en intérim.
02:18Mais il veut le faire d'abord en réduisant les droits des travailleurs en CDI,
02:23en réduisant leur protection,
02:24et en diminuant le coût des licenciements.
02:27Sa conception de la justice sociale
02:29se résume donc à l'abaissement des conditions de vie
02:32de la majorité des salariés modestes,
02:34et à des cadeaux par dizaines de milliards
02:36aux chefs d'entreprise,
02:38et surtout à ceux du CAC 40.
02:40Voilà les propositions du Premier ministre,
02:42auxquelles François Hollande vient aujourd'hui
02:44de remettre les insignes de grand croix de l'ordre du mérite,
02:48en le félicitant d'avoir mis en œuvre sa politique d'austérité.
02:51Désormais, les deux hommes jouent au poker à découvert,
02:54comme on dit,
02:55pour faire passer leur ralliement au libéralisme.
02:58Ils veulent se débarrasser du parti socialiste.
03:00Nul doute que dans cette entreprise,
03:02ils se heurteront à beaucoup de militants de ce parti.
03:06Ceux-ci ne sont en effet condamnés
03:07ni à la soumission,
03:09ni à l'errance individuelle.
03:10Le dialogue qui s'amorce entre communistes,
03:13front de gauche, écologiques et socialistes critiques,
03:16dessine en effet la possibilité d'un autre choix.
03:18Pour les uns et les autres,
03:20il ne faudra pas tarder,
03:22sous peine de voir la gauche démembrée
03:24par certains de ses dirigeants
03:26qui la renouent.
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