00:0013h, 13h, Christine Kelly sur Europe 1.
00:04Il est 11h05 sur Europe 1, d'abord Marine Le Pen qui creuse l'écart dans les sondages.
00:11Est-elle en train de prendre une longueur d'avance décisive ?
00:14Qui peut empêcher Marine Le Pen d'arriver en tête du premier tour ?
00:19On a d'abord Alexandre qui nous appelle de l'Aveyron.
00:23Bonjour Alexandre.
00:25Bonjour, bonjour Kelly.
00:26Bonjour, ravi de vous entendre ce matin.
00:28Vous voulez réagir au Premier ministre à ces annonces hier soir qui semblent peut-être en décalage.
00:34Mais peut-être aussi à ce sondage qui donne Marine Le Pen vraiment largement en tête
00:39et qui creuse même l'écart dans les sondages.
00:42On a l'impression, mon cher Alexandre, que cette séquence des lycéens
00:46sur laquelle on va évidemment revenir avec vous profite à Marine Le Pen.
00:50Qu'en pensez-vous ?
00:51Ma chère Christine, je vais prendre un petit peu le contre-pied de tout ce qui est dit
00:56mais je vais quand même y répondre.
00:58Pour moi, là-haut...
00:58Vous avez vraiment, allez-y.
01:01Voilà.
01:02Là-haut, parce qu'un de vos confrères a qualifié toutes ces personnes de les casseurs du haut.
01:07Et que ce soit pour moi Marine Le Pen, M. Mélenchon ou tous les copains qui sont là-haut,
01:13pour moi le problème n'est pas réellement là.
01:15Si vous voulez, pour étayer un peu mes propos, pour moi là aujourd'hui,
01:19c'est parce que je suis artisan et commerçant, c'est important de le dire.
01:22Donc je fais partie de ces personnes qui se lèvent le matin à 6 heures,
01:26qui savent où sont les problèmes, qui payent les URSAF,
01:30qui voient toutes les taxes qui partent.
01:32Aujourd'hui, on est face à une pièce de théâtre.
01:35On est face à une pièce de théâtre où tous les protagonistes,
01:38à savoir ces casseurs du haut, tous ces énarques
01:43qui gèrent le pays encore aujourd'hui, sont face au pied du mur.
01:46On est là, c'est une pièce de théâtre, tout le monde sait qu'on va droit dans le mur,
01:51tout le monde le sait, le peuple et eux.
01:54Tout le monde saurait comment faire.
01:56Et tout le monde est en train de prendre la tangente en disant
01:59« Bon, on va écouter, on va trouver des petites mesurettes. »
02:03En fait, pour faire un peu plus simple et pour imager ce que je dis,
02:06c'est comme si on essayait, on est face à un problème,
02:08on est face à un bateau, on veut faire naviguer un voilier sur du sable.
02:13Et là, on est en train de dire « Ah ben zut, ça ne marche pas.
02:16Ah ben alors attendez, comment on peut faire ?
02:18Peut-être agrandir la voilure, peut-être ? »
02:20Non mais non, stop ! Stop, stop !
02:21Il faut arrêter les bêtises.
02:23Est-ce que vous vous rendez compte que personne,
02:26personne là-haut n'a proposé de réduire les dépenses de fonctionnement ?
02:30Personne là-haut s'est dit « Ah peut-être qu'il faudrait qu'on fasse un peu plus preuve
02:36d'austérité
02:37face à nos très gros salaires. »
02:39Personne n'en a parlé.
02:40Moi par exemple, dans mon entreprise, si je sens que les finances commencent à être mauvaises
02:46et Dieu sait si elles le sont pour la France, mes salariés par exemple, je vais leur dire
02:51« Bon les gars, là, bon les gars ou les filles, parce que sinon on va me tomber dessus.
02:56Aujourd'hui, c'est sandwich.
02:59Le restaurant, on va limiter. »
03:01Non, personne n'en parle.
03:03Et vous les appelez ces casseurs du haut.
03:06C'est votre expression, ces casseurs du haut.
03:08Et vous dites qu'effectivement, réduire les dépenses de fonctionnement, personne ne les propose.
03:13Alors c'est vrai, on entend, par exemple, le livre de Sarah Knafou,
03:17« La casse du siècle » qui a 246 000 ventes.
03:21Un record incroyable.
03:22Et on voit effectivement ce décalage entre le Français qui va acheter ce livre,
03:27qui découvre, qui relie la casse du siècle et qui veut absolument cette réduction
03:32des dépenses du train de vie de l'État, notamment du fonctionnement.
03:37Et vous dites effectivement qu'il n'y a que les Français qui le voient,
03:39mais que les casseurs du haut, comme vous les appelez, ne font rien.
03:43Exactement.
03:44Et alors je voudrais dire deux choses, parce que je sais que j'ai un temps limité.
03:48Première chose, et vous l'entendez peut-être dans mes propos,
03:53je suis un peu péchu et un peu direct,
03:55je serais ravi d'être invité sur un de vos plateaux face à un politique.
04:03Et je serais ravi de lui dire, non, non, non, non, non, non,
04:05moi je suis chef d'entreprise, d'accord,
04:08moi ça ne marche pas, on règle le problème.
04:11Alors n'essayez pas de prendre la tangente dans vos discussions,
04:15vous savez, de faire des réponses politiquardes à ne pas répondre aux questions.
04:18Maintenant, parlons concret.
04:19C'est très intéressant.
04:21Vous êtes plutôt de gauche, vous êtes de droite,
04:23vous êtes artisan commerçant, mais dans quel secteur précisément, dites-moi ?
04:26Alors moi je suis dans la rénovation, dans la rénovation des bâtiments.
04:30Et comment on peut vous décrire, de gauche ou de droite, mon cher Alexandre ?
04:34Je ne suis ni de gauche, ni de droite, je suis au niveau du bon sens.
04:40J'adore.
04:42Et moi je m'arrête là.
04:44Je suis au niveau du bon sens.
04:46Ma mère n'est pas française,
04:51donc je le dis parce que, voilà, très vite vous savez,
04:55les propos très vite délibérés, partir dans du racisme et tout ça.
04:59Donc je ne me considère pas de droite, pas de gauche, pas de droite,
05:02je me considère du parti du bon sens.
05:05Parti du bon sens.
05:06Vous aviez voté pour qui ? Emmanuel Macron ou pas ?
05:09Non, j'ai voté blanc.
05:10D'accord, très intéressant.
05:11J'ai voté blanc.
05:12Ah bah écoutez, alors...
05:13Non mais vous représentez tellement une grande partie de la population
05:17qui a voté blanc, parti du bon sens.
05:19Mais bien sûr, mais on ne nous écoute pas.
05:19Parti du bon sens.
05:20Alors s'il vous plaît, madame Kelly.
05:22Non mais je vous écoute, pardon.
05:23Je suis vraiment désolée parce que je sais que vous avez des auditeurs
05:26et je sais que je n'ai pas beaucoup de temps,
05:27mais encore deux dernières choses.
05:29Donc cette première chose, en fait c'est trois choses.
05:31Premièrement, je serais ravi de venir sur un de vos plateaux
05:35et de discuter avec un politique et de dire, voilà, maintenant on arrête.
05:39Moi, le voilier qui doit naviguer sur du sable, stop.
05:43On arrête tout de suite, stop.
05:44Ça c'est la première chose.
05:46Deuxième chose, je voudrais dire que le problème des lycéens, pour moi,
05:50et je pense, pour vous, alors moi je n'ai pas d'enfant,
05:53mais pour vous qui avez peut-être des enfants,
05:55et pour plein de gens qui font partie du bon sens,
05:58c'est un faux problème.
05:59Je vais vous dire tout simplement, parce que moi je connais un paysan,
06:02vous voyez, aujourd'hui il a réussi.
06:04C'est un homme très intelligent qui a réussi.
06:06Quand il était jeune, il allait à l'école à pied, dans la neige.
06:12Il me disait, il y avait un poêle au milieu, on avait froid.
06:14Et je suis certain que le certificat d'études dans les années 60,
06:20il valait largement un bac aujourd'hui de décérébrés
06:23qui sont face à leurs petits écrans noirs.
06:26Donc ça, pour moi, le problème des lycéens...
06:27Des cérébrés, c'est un peu fort quand même, des cérébrés.
06:31C'est peut-être un peu fort, mais vous savez,
06:33j'ai travaillé un petit peu dans l'éducation nationale.
06:39Ça vole pas très haut.
06:41Et dernière chose, pour moi, ce problème des lycéens,
06:43bon, c'est...
06:44Oui, bon, c'est là...
06:46Bon, pour moi qui suis chef d'entreprise,
06:48bon, très bien, vous avez chaud, vous avez froid,
06:50des petites classes grandes...
06:51Bon, pour moi, c'est un faux problème.
06:53Et ensuite, dernière chose,
06:57et je terminerai là-dessus,
06:59c'est que...
07:01M. Macron,
07:03j'en parle, parce que vous m'avez parlé de M. Macron,
07:07tous ses copains, là-haut,
07:09personne n'est en train de dire,
07:10non, mais...
07:11Oh, t'es en train de partir tout le temps à l'étranger,
07:15t'as ton pays qui est en train de foirer, là.
07:17Personne ne le dit.
07:19Personne.
07:21Alors, Alexandre, non, mais c'est intéressant ce que vous dites,
07:23et effectivement,
07:24que le fait que le bateau est en train de couler,
07:27en fait, vous êtes en train de vous dire,
07:29que le bateau est en train de couler,
07:31que les politiques sont en train de jouer de la musique,
07:32sont en train de chanter, même, pratiquement,
07:34et que la population française est en train de couler avec le bateau,
07:38si j'ai bien compris.
07:39Vous parlez de ces casseurs du haut,
07:41vous qui êtes artisan, commerçant,
07:43et vous tapez du poing sur la table,
07:44Alexandre, 34 ans, pas d'enfant,
07:46mais que vous dites effectivement qu'il y en a marre,
07:48que les politiques ne soient pas en lien avec la population
07:52et ne puissent pas prendre des grandes décisions
07:55comme réduire les dépenses de fonctionnement.
07:57Merci infiniment, Alexandre.
07:58On vous a écouté, on vous a entendu,
08:00un témoignage poignant.