00:00Beaucoup de professeurs ne veulent plus enseigner parfois dans les quartiers, dans les banlieues,
00:04parce qu'il n'y a pas un état d'esprit pour apprendre,
00:07il y a une hostilité, c'était son expression, à l'enseignement,
00:10et parfois même une hostilité tout court à ceux qui représentent l'État, l'autorité ou la France.
00:16Alors est-ce que vous l'avez constaté ou pas ?
00:18Moi je pense qu'il faut comprendre en fait.
00:21Certes, je vous le dis, il y a une défiance des institutions à toutes les échelles en fait,
00:25de la part des jeunes, et encore plus de la jeunesse des quartiers populaires,
00:28parce qu'en fait, on est malmené et maltraité à longueur de journée.
00:31Quand vous voyez la manière dont on est traité, quand on est un lycéen du centre-ville de Paris,
00:35et un lycéen de banlieue, ce n'est pas la même chose.
00:38Par exemple, le cas des professeurs non remplacés, ça arrive beaucoup plus fréquemment
00:42quand on vient d'un lycée de banlieue que quand on vient d'un lycée de centre-ville de Paris.
00:45Et c'est d'ailleurs pour ça, là où je salue aussi les lycéens qui n'ont pas forcément les
00:49mêmes problématiques que nous,
00:50et qui se soulèvent aussi dans la rue ces derniers jours,
00:54en solidarité avec ce qu'on vit nous.
00:57Et bien sûr que oui, aujourd'hui, il y a un gros problème,
01:00c'est qu'on nous envoie des profs de plus en plus jeunes, de plus en plus mal payés, en
01:03plus mal formés.
01:05Donc voilà, il y a toutes ces questions-là.
01:07Et comment voulez-vous qu'à un moment donné, quand on débute sa carrière de professeur,
01:10quand on nous met dans des établissements où effectivement,
01:13en fait, c'est des conditions très précaires,
01:15comment voulez-vous qu'on continue à exercer notre métier ?
01:18Il y a une forme de dégoût du métier, avec tout ce qui s'ensuit.
01:21Et donc forcément, il y a beaucoup de réorientation professionnelle
01:25qui font que forcément, on ne veut plus enseigner.