L’univers est plus vaste, plus mystérieux et plus fascinant que tout ce que nous pouvons imaginer, et cette vidéo vous invite à en explorer les confins.
À partir d’une image révolutionnaire capturée par le télescope James Webb, plongez dans un voyage qui vous emmène des paysages familiers de la Terre aux profondeurs insondables de l’espace. De l’orbite basse de notre planète à la Voie Lactée, en passant par les galaxies les plus éloignées et les limites de l’univers observable, chaque étape révèle des distances vertigineuses, des mystères fascinants et des questions qui transcendent notre compréhension.
Cette exploration interroge la nature même de l’univers : est-il infini ou délimité ? Quels secrets se cachent au-delà de ce que nous pouvons observer ? En retraçant les découvertes scientifiques et en s’appuyant sur les avancées de l’astrophysique, cette vidéo met en perspective l’immensité du cosmos et notre propre insignifiance dans cet océan de galaxies.
___________
🌌 CONTINUEZ L’EXPLORATION
Vous voulez creuser davantage le sujet ? Vous êtes au bon endroit ! Voici trois ressources que je vous recommande personnellement :
🎙 Une interview de scientifique que j’ai réalisée
➡ Jean-Pierre Luminet : Vie Extraterrestre, Univers Fini et Espace-Temps | Science & Vie
• Jean-Pierre Luminet : Vie Extraterrestre, ...
📚 Un livre que j’ai particulièrement apprécié
➡ L'Univers chiffonné — Jean-Pierre Luminet
https://www.gallimard.fr/catalogue/l-...
🔬 Un article scientifique que j’ai lu pendant mes recherches
➡ The early Universe with JWST and ALMA
https://arxiv.org/abs/2601.04314
___________
🖋 Recherches, écriture, voix: Christophe Pauly
🎨 Direction artistique et montage principal : Margaux Charrière
🎞 Montage additionnel : Ophélie Malinowski
🎧 Sound design : Anissa Altmayer
🤖 Cette vidéo contient certaines images générées par intelligence artificielle à des fins d’illustration.
🤝 Collaboration commerciale : christophe.monytime@gmail.com
Suivez moi sur :
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➡ Instagram: / christophepauly.tv
➡ Mon site: https://christophepauly.fr
___________
#science #univers #infini #cosmos #espace #cosmologie
À partir d’une image révolutionnaire capturée par le télescope James Webb, plongez dans un voyage qui vous emmène des paysages familiers de la Terre aux profondeurs insondables de l’espace. De l’orbite basse de notre planète à la Voie Lactée, en passant par les galaxies les plus éloignées et les limites de l’univers observable, chaque étape révèle des distances vertigineuses, des mystères fascinants et des questions qui transcendent notre compréhension.
Cette exploration interroge la nature même de l’univers : est-il infini ou délimité ? Quels secrets se cachent au-delà de ce que nous pouvons observer ? En retraçant les découvertes scientifiques et en s’appuyant sur les avancées de l’astrophysique, cette vidéo met en perspective l’immensité du cosmos et notre propre insignifiance dans cet océan de galaxies.
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🎞 Montage additionnel : Ophélie Malinowski
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ÉducationTranscription
00:00Certaines images ont le pouvoir de changer le monde.
00:02Vous vous souvenez peut-être de cette photographie iconique.
00:05La Terre vue depuis la Lune, capturée par les astronautes d'Apollo 8.
00:09Une simple bille bleue, suspendue dans le vide, fragile et solitaire.
00:14Mais aujourd'hui, je voudrais vous parler d'une autre image.
00:16Une image qui a changé à tout jamais ma vision du monde et de l'univers,
00:19et qui m'a donné un sentiment étrange qui me hante jusqu'à aujourd'hui.
00:24Préparez-vous, je vous la montre.
00:26Voilà.
00:26À première vue, on dirait une photo simple du ciel.
00:30Mais je vais vous faire voir que cette photo est beaucoup plus importante que tout ce que vous auriez pu
00:35imaginer.
00:36Elle nous vient du télescope James Webb et montre un minuscule morceau du ciel.
00:41C'est pas grand-chose à première vue.
00:42Mais pour vous donner une idée,
00:44cette portion représente l'équivalent de la taille d'une tête d'épingle tenue à bout de bras.
00:48Mais dans cet espace dérisoire, on ne trouve pas juste quelques étoiles.
00:53On y trouve des milliers de galaxies.
00:56Chacune d'entre elles, comme la nôtre, contenant des milliards d'étoiles et probablement autant de planètes.
01:01Et ça, ce n'est qu'un début.
01:03Cette image a révélé des galaxies si lointaines, si faibles,
01:07qu'elles étaient invisibles aux précédents télescopes, y compris Hubble.
01:11Certaines d'entre elles ont émis leur lumière il y a plus de 13 milliards d'années,
01:15à une époque où l'univers n'était qu'un enfant.
01:17En un seul cliché, on vient de plonger en quelque sorte dans le passé, plus loin que jamais auparavant.
01:23Mais il y a quelque chose d'encore plus fascinant.
01:26Cette image n'a pas été prise dans une région spéciale du ciel,
01:29mais dans une zone complètement anodine, choisie précisément parce qu'elle semblait vide.
01:34Et pourtant, elle déborde de galaxies.
01:36Alors imaginez, si un fragment aussi petit est aussi riche, qu'en est-il du reste ?
01:42Et plus on regarde loin, plus on semble en découvrir d'autres encore plus distantes.
01:47A chaque pas, l'univers dévoile de nouveaux secrets comme s'il n'avait jamais de fin.
01:51Et c'est là qu'une question a commencé à me venir.
01:54Une question qui m'a hanté pendant des jours, des semaines.
01:58Jusqu'à où ça va ?
02:00Est-ce que l'univers est infini ?
02:02Est-ce qu'il a une limite, une frontière, quelque chose après lequel il n'y a plus rien ?
02:06Plus d'étoiles, plus de galaxies ?
02:08Au fin fond de l'univers, est-ce qu'il y a un mur ou une barrière infranchissable ?
02:13Mais plutôt que de vous parler d'équations et de théories abstraites,
02:16aujourd'hui je vous propose de faire plus simple.
02:18Et si on y allait, tout simplement ?
02:20Aujourd'hui, je vous amène en voyage, vous et moi,
02:23à l'intérieur d'une fusée fictive en direction de l'infini.
02:26On va découvrir ensemble ce qui se cache au fin fond de notre univers.
02:34On ressent d'abord une secousse sourde.
02:36Puis l'incroyable poussée de notre fusée qui s'élance vers le ciel.
02:40On vient de quitter la surface de la Terre, notre berceau.
02:44À quelques kilomètres à peine, l'atmosphère bleue pallie.
02:47Le ciel fonce.
02:48Et en moins de 10 minutes, grâce aux technologies avancées dont il dispose,
02:52atteint l'orbite basse.
02:54Une performance à première vue formidable,
02:56mais en réalité, c'est à peine un premier pas.
02:59Là devant nous se trouve la Station Spatiale Internationale.
03:03Elle n'est qu'à environ 400 kilomètres au-dessus du sol.
03:06À peine la distance d'un Paris-Lyon.
03:08Mais c'est déjà un exploit d'y accéder.
03:10Un vaisseau classique, mais une dizaine d'heures pour rejoindre l'ISS après le décollage.
03:14Pourtant, cette altitude, dérisoire à l'échelle cosmique,
03:17est déjà suffisante pour que le paysage se transforme.
03:20On voit clairement la courbure terrestre,
03:22la fine couche bleue de notre atmosphère,
03:24et surtout, le silence sidéral autour.
03:28On pourrait croire qu'on a parcouru un bon bout de chemin,
03:30mais comparé.
03:32La Lune est à près de 400 000 kilomètres,
03:35soit mille fois plus loin que l'ISS.
03:38Pour y aller, même les fusées les plus puissantes de notre histoire,
03:41comme Saturne 5, prendraient trois jours entiers.
03:44Un avion de ligne met environ une journée pour faire le tour du globe,
03:48en multipliant les escales.
03:50La Lune, c'est 30 fois le diamètre de la Terre,
03:53une traversée qui défie déjà notre intuition.
03:55Et c'est rien à côté des distances interplanétaires.
03:58Le Soleil, notre étoile, est à 150 millions de kilomètres.
04:02La lumière, la chose la plus rapide qui soit,
04:05met plus de 8 minutes pour nous atteindre.
04:078 petites minutes pour qu'un photon quitte la surface solaire
04:10et vienne frapper notre rétine.
04:12Pourtant, c'est déjà une éternité à l'échelle de nos voyages humains.
04:16Sans parler des planètes.
04:17Mercure, Vénus, Mars.
04:19Chacune orbite a des dizaines, voire des centaines de millions de kilomètres du Soleil.
04:24À côté de ces chiffres, l'altitude de l'ISS, ou même la distance Terre-Lune, sont ridiculement faibles.
04:31Nous voulons désormais loin de la Terre, loin de l'orbite lunaire.
04:34Plus on avance, plus on se rend compte que ce que nous appelons le système solaire
04:38est un vaste désert noir, où les planètes et les astéroïdes sont autant de petits oasis perdus dans l'immensité
04:45silencieuse.
04:46D'abord, il y a le système solaire interne.
04:49C'est la région où se trouvent les quatre planètes telluriques, Mercure, Vénus, la Terre et Mars.
04:55Dans l'Antiquité, on ne savait pas encore qu'il s'agissait de mondes rocheux.
04:59On y voyait des points lumineux errants qu'on a baptisés planètes, et on leur prêtait des puissances divines.
05:05La planète Mercure, petite, rapide et proche du Soleil, porte bien le nom du messager rapide des dieux romains.
05:12Vénus, la déesse de l'amour et de la beauté, est associée à cette brillante étoile du matin et du
05:17soir.
05:18Éternellement plus proche du Soleil, plus lumineuse que toutes les autres planètes.
05:22Aujourd'hui, on sait que Vénus est un enfer suffocant.
05:26Mars, le dieu de la guerre, apparaît rouge à l'œil nu.
05:30Les anciens y voyaient le symbole du sang et des conflits.
05:33Mais la réalité est plus subtile, c'est sa surface oxygénée qui donne cette teinte karma.
05:39En fait, elle est rouge parce qu'elle est rouillée, en quelque sorte.
05:42À l'échelle de notre voyage, Mars est déjà beaucoup plus loin que la Lune.
05:46Mais c'est encore un monde voisin.
05:48En quittant les planètes intérieures, notre fusée traverse la ceinture d'astéroïdes, un vaste anneau de débris rocheux.
05:54On pourrait s'attendre à un champ de cailloux dense, mais c'est tout l'inverse.
05:58Même ici, la distance moyenne entre deux gros astéroïdes se compte en millions de kilomètres.
06:05Notre vaisseau file dans ce silence, croisant ça et là un bloc de roche chanon.
06:11Cérès, la plus grande, est à peine une goutte d'eau dans un océan de vide.
06:16Au-delà, nous entrons dans le royaume des géantes gazeuses.
06:19Jupiter, l'emblème des dieux, la plus massive, est à plus de cinq unités astronomiques du Soleil.
06:25Chaque unité astronomique vaut 150 millions de kilomètres.
06:28La lumière met plus de 40 minutes pour faire ce trajet.
06:31Pour une sonde terrienne, c'est déjà des années de navigation.
06:34Plus on avance, plus les distances deviennent abstraites.
06:37Uranus, Neptune, à des dizaines d'unités astronomiques, ne sont plus que des taches bleutées, glacées,
06:43bousculées par des vents inimaginables.
06:45La sonde Voyageur, lancée dans les années 70, a mis une décennie pour atteindre ses confins.
06:51Au-delà de Neptune, s'étend la ceinture de Kuiper, un champ d'objets glacés,
06:56parmi lesquels Pluton, autrefois considéré comme une planète, n'est qu'un membre parmi tant d'autres.
07:02New Horizon, l'une de nos plus rapides sondes, a mis presque dix ans à y pervenir.
07:07Et pourtant, ce n'est même pas la fin.
07:08Bien plus loin, à des milliers, des dizaines de milliers d'unités astronomiques,
07:13se trouvait le nuage de Hort, une sorte de réservoir de comète.
07:17Il pourrait s'étendre jusqu'à presque deux années-lumière, un quart de la distance à l'étoile la plus
07:22proche.
07:23Même en accélérant sans cesse, la notion de temps et de distance se brouille.
07:28Les nombres s'étirent, deviennent incommensurables.
07:31Si déjà le système solaire semble être un gouffre sans fond,
07:33qu'est-ce qu'il en est des espaces entre les étoiles ?
07:36Le cosmos est un désert noir, parsemé de quelques perles brillantes.
07:42À ce stade, l'esprit vacille.
07:44Là où on est, toutes ces beautés sont de minuscules points, perdus dans le lointain.
07:48Notre vaisseau file, et le système solaire, qu'on croyait immense,
07:52n'est que le premier palier d'un escalier cosmique sans fin.
07:55Il est temps de pousser plus loin encore.
07:58On est à l'entrée de l'espace interstellaire, un vide plus immense encore,
08:04où le vent solaire s'essouffle, où l'influence directe de notre étoile s'amenuise,
08:08et où la gravité du Soleil cède peu à peu la place à celle d'autres astres de la galaxie.
08:13Ici, chaque direction est semblable.
08:16Pas de nord, pas de sud, et pas de repère évident.
08:19Le concept même de voisinage prend une dimension vertigineuse.
08:23La plus proche étoile après le Soleil est Proxima du Centaure, située à environ 4,24 années-lumière.
08:30Une année-lumière, c'est la distance que parcourt la lumière en un an,
08:34ce qui fait à peu près 10 milliards de kilomètres.
08:37À notre échelle, c'est inconcevable.
08:39Notre fusée, qui continue encore d'accélérer, doit multiplier sa vitesse par des dizaines,
08:44des centaines, peut-être même des milliers, pour que cette distance devienne gérable dans un temps raisonnable.
08:50Et même comme ça, cela resterait un voyage colossal.
08:57Proxima du Centaure est une naine rouge discrète, invisible à l'œil nu depuis la Terre.
09:03Elle orbite à proximité du système Alpha du Centaure,
09:06un ensemble d'étoiles brillantes qui, vues depuis l'hémisphère sud,
09:10forment un repère familier dans le ciel.
09:13Proxima héberge une exoplanète, Proxima b,
09:17située dans la zone habitable de l'étoile,
09:19c'est-à-dire la bonne distance pour que l'eau liquide soit possible à sa surface.
09:23Malgré tout, on ne sait presque rien de ce monde.
09:26Est-il rocheux ? Possède-t-il une atmosphère de l'eau ?
09:29Celle planète est, à l'échelle cosmique, juste à côté de chez nous.
09:33Et pourtant, elle reste un mystère perché au fond de la nuit.
09:36Si nous continuons notre route,
09:38nous entrerons dans un rayon de quelques dizaines d'années-lumière autour du Soleil.
09:42Dans cette bulle restreinte, il y a environ 1400 systèmes solaires
09:47et plus de 2000 étoiles si on compte les systèmes multiples.
09:50Une véritable foule cosmique, mais une foule invisible à l'œil nu,
09:54ou presque tant les distances sont énormes.
09:57Parmi ces milliers d'étoiles, la plupart sont des naines rouges,
10:00faibles et froides, brillant d'une lueur pâle, vivant des milliards d'années.
10:05Il y a aussi des étoiles plus massives,
10:07des naines jaunes, similaires au Soleil,
10:10des naines oranges, plus froides,
10:12des géantes rouges en fin de vie,
10:13ou encore quelques étoiles bleues,
10:15rares et extrêmement lumineuses,
10:18chauffées à des températures si élevées
10:20qu'elles éblouissent leur environnement.
10:22Et puis il y a les exoplanètes.
10:24Depuis les années 90,
10:25nous savons que les exoplanètes ne sont pas un privilège du Soleil.
10:28Les astronomes ont détecté des milliers d'exoplanètes,
10:31et la plupart des systèmes proches en abritent au moins une.
10:35Certaines se trouvent dans la zone habitable de leur étoile,
10:37ce qui nous fait rêver sur l'existence d'eau liquide.
10:40D'autres sont des géantes gazeuses brûlantes,
10:43orbitant si près de leur étoile
10:44que leur année dure quelques jours.
10:47D'autres encore sont des super terres,
10:50plus massives que la Terre,
10:51mais plus petites que Neptune,
10:53dont les conditions peuvent varier de paradisiaque à infernale.
10:57Regardons par exemple le système d'étoiles Rose 128
11:00à environ 11 années-lumière.
11:02Cette modeste naine rouge
11:03héberge une planète,
11:05Rose 128 b,
11:06dont les conditions de surface
11:08pourraient être étonnamment proches de celles de la Terre.
11:11Sa masse est légèrement supérieure à la nôtre,
11:13et la gravité à peine plus forte.
11:16La température pourrait être de quelques degrés seulement
11:18en dessous de la moyenne terrestre.
11:21C'est un monde potentiellement tempéré,
11:23peut-être un havre.
11:24Mais il est si loin.
11:26Même à la vitesse de la lumière,
11:27il nous faudrait plus d'une décennie pour y parvenir.
11:31À 16,8 années-lumière,
11:33nous pourrions croiser Altair,
11:35une étoile bleue-blanche brillante,
11:38plus massive et plus chaude que notre Soleil.
11:40Altair tourne si vite sur elle-même
11:42qu'elle en est aplatie.
11:44Plus loin, à 25 années-lumière,
11:46nous pourrions approcher Fomalo,
11:48un système solaire triple
11:50avec une étoile principale jaune et jeune.
11:52Elle est entourée d'un disque protoplanétaire
11:54de gaz et de poussière,
11:56un véritable berceau pour de futurs mondes.
11:59Cependant, les étoiles ne sont pas éternelles.
12:01Elles naissent, grandissent,
12:03consomment leurs carburants nucléaires,
12:05parfois engendrent des planètes,
12:07et finissent par mourir,
12:09laissant derrière elles des naines blanches,
12:11des étoiles à neutrons,
12:13ou parfois des trous noirs.
12:15On pourrait passer des heures,
12:17des jours,
12:17des années à évoquer chaque voisin,
12:19chaque particularité,
12:21chaque exoplanète étrange.
12:22Certains mondes sont peut-être
12:24de gigantesques océans,
12:25sans surface solide,
12:26d'autres des déserts de glace,
12:28ou des fournesses volcaniques.
12:29Les distances étant ce qu'elles sont,
12:31notre savoir reste fragmentaire,
12:33basée sur quelques mesures
12:35de rayonnement stellaire,
12:36sur l'oscillation gravitationnelle des étoiles,
12:38et sur le tamisage
12:39des faibles lueurs planétaires
12:40qui passent devant leur soleil.
12:42En nous éloignant toujours plus
12:44des étoiles proches,
12:45nous entrons dans une autre dimension
12:46de l'immensité,
12:48celle de la galaxie.
12:50La Voie Lactée,
12:52notre maison cosmique.
12:53Nous venons de quitter
12:55une bulle d'une cinquantaine
12:56d'années-lumière,
12:57déjà remplie de milliers d'étoiles.
12:59Mais ce n'était qu'une goutte
13:00dans un océan.
13:01La Voie Lactée,
13:02c'est environ 100 000 années-lumière,
13:04d'un bord à l'autre.
13:05Un disque spiralé
13:06de plusieurs centaines
13:08de milliards d'étoiles.
13:09Le Soleil,
13:10à notre échelle,
13:11n'est qu'un point quelconque,
13:13situé à environ 25 années-lumière
13:15du centre galactique,
13:16niché dans un bras spirale secondaire
13:18appelé bras d'Orient.
13:21La plus grande partie des étoiles
13:22que nous voyons la nuit,
13:23ou que nous détectons
13:24dans nos télescopes,
13:25se trouve au sein d'un rayon
13:26de quelques centaines,
13:28voire milliers d'années-lumière.
13:29Un volume dérisoire
13:31comparé à la taille totale
13:32de la galaxie.
13:33Essayez de vous imaginer l'échelle.
13:35Si le Soleil était réduit
13:37à la taille d'une cellule sanguine,
13:39alors la Voie Lactée
13:40serait grande comme un continent,
13:42une Europe de 3 000 km de large.
13:45Les espaces entre les étoiles
13:47sont faramineux.
13:48Et ce que nous avons considéré
13:49précédemment comme d'immenses
13:51gouffres interstellaires
13:52n'était en fait que
13:53de petits interstices.
13:55Ici, on parle de traverser
13:56non plus quelques années-lumière,
13:58mais quelques milliers,
13:59puis quelques dizaines de milliers.
14:01Pour franchir ne serait-ce
14:03qu'un bras de la galaxie,
14:04il faudrait imaginer
14:05des temps démesurés
14:06à des vitesses
14:07incroyablement élevées.
14:10Au centre de la galaxie
14:12se trouve un objet fascinant,
14:14un trou noir supermassif
14:16nommé Sagittarius à étoiles.
14:18On estime sa masse
14:19à environ 4 millions de fois
14:22celle du Soleil.
14:23Autour de lui,
14:24un gigantesque bulbe
14:25d'étoiles anciennes
14:26compacté dans une région
14:28où la densité stellaire
14:29est bien plus élevée.
14:30De là partent les bras spiraux,
14:32riches en gaz et en poussière,
14:33et en zone de formation d'étoiles.
14:36Les nébuleuses sont des exemples
14:37de ces pouponnières stellaires,
14:38des bulles de gaz et de poussière
14:40qui donnent naissance
14:41à de nouvelles générations
14:42d'étoiles et de planètes.
14:44Maintenant,
14:45notre vaisseau continue d'accélérer.
14:47Mais même si nous pouvions voyager
14:48à une fraction conséquente
14:50de la vitesse de la lumière,
14:52traverser la galaxie
14:53resterait une tâche titanesque.
14:55À la vitesse de la sonde Voyager 1,
14:57qui file à environ 14 km par seconde,
15:00il faudrait 550 millions d'années
15:03pour atteindre notre point.
15:05En quittant la Voie Lactée,
15:07notre vaisseau pénètre dans un territoire
15:09où les distances ne se chiffrent
15:10plus seulement en milliers d'années-lumière,
15:12mais en millions.
15:14Le groupe local.
15:16Cet ensemble d'une cinquantaine de galaxies,
15:18dominées par trois spirales,
15:20la Voie Lactée,
15:21la galaxie d'Andromède
15:22et la galaxie du Triangle,
15:24s'étendent sur environ
15:2510 millions d'années-lumière.
15:27Autour de ces géantes
15:28gravitent des galaxies naines,
15:30irrégulières,
15:31parfois à peine plus grandes
15:33qu'un amas d'étoiles.
15:34La Voie Lactée,
15:35qu'on pense est gigantesque,
15:36n'est plus qu'une île
15:37parmi d'autres
15:38dans un archipel galactique.
15:40Andromède,
15:40situé à environ 2,5 millions d'années-lumière,
15:43est la galaxie spirale
15:45la plus proche.
15:46On pense qu'elle contient
15:47jusqu'à 5 fois plus d'étoiles
15:48que la Voie Lactée
15:49et un noyau complexe
15:51qui suggère
15:51qu'elle a déjà englouti
15:53d'autres galaxies par le passé.
15:54Notre vaisseau,
15:55toujours en accélération,
15:57sillonne cet espace intergalactique.
15:58Les galaxies du groupe local
16:00ne sont pas simplement posées là.
16:02Elles interagissent gravitationnellement.
16:04La collision future
16:05entre la Voie Lactée
16:06et Andromède,
16:07dans environ 5 milliards d'années,
16:09sera un événement
16:10d'une ampleur difficile à imaginer.
16:13Deux gigantesques galaxies spirales
16:15fusionnant pour former
16:16une encore plus grosse galaxie elliptique.
16:19Mais pour nous,
16:20ces milliards d'années
16:20sont presque abstraits.
16:22Nous survolons en quelques instants
16:23ces régions que même les photons
16:25mettent des millions d'années
16:26à traverser.
16:28Si on agrandit encore
16:29le champ de vision,
16:30le groupe local apparaît
16:31comme une petite entité
16:33au sein d'une structure
16:33bien plus vaste,
16:35la feuille locale.
16:36Puis le super amas de la Vierge.
16:38Ces galaxies ne sont pas
16:40simplement éparpillées au hasard.
16:42A grande échelle,
16:43elles se rassemblent en filaments,
16:45en amas et en super amas,
16:47formant une structure cosmique
16:48évoquant une toile
16:50d'araignée gigantesque.
16:51Le super amas de la Vierge
16:52auquel nous appartenons
16:53s'étend sur plus de
16:54150 millions d'années-lumière.
16:57Il contient des milliers
16:58de galaxies réparties
16:59dans des amas et des groupes.
17:01A notre vitesse,
17:02les effets relativistes
17:04commencent à se faire ressentir.
17:05Le passé, le présent et le futur
17:07deviennent presque
17:07des concepts abstraits,
17:09déformés par la rapidité
17:10de notre déplacement.
17:12L'espace lui-même
17:13se contracte
17:14dans la direction
17:15de notre mouvement,
17:16rendant ce qui est théoriquement
17:17inaccessible
17:18bien moins lointain.
17:20Mais cette relativité
17:21ne suffit pas à annuler
17:22la démesure des distances.
17:24Et ce n'est pas tout.
17:25A ces échelles,
17:26l'expansion de l'univers
17:27entre en jeu.
17:29Au-delà de quelques centaines
17:30de millions d'années-lumière,
17:31les galaxies s'éloignent
17:33les unes des autres
17:33comme des points
17:34tracés sur un ballon
17:36que l'on gonfle.
17:37C'est un effet
17:38de l'expansion cosmologique.
17:39Plus on regarde loin,
17:41plus la distance
17:41augmente rapidement.
17:43Cette expansion,
17:44dont on a à peine évoqué
17:45l'existence,
17:46deviendra critique
17:47pour comprendre
17:47les limites ultimes
17:48de notre voyage.
17:49Mais pour l'instant,
17:50retenons seulement
17:51qu'à l'échelle
17:52des superamas,
17:53la gravité ne suffit pas
17:54pour maintenir
17:55les galaxies ensemble.
17:56Des portions entières
17:57de l'univers s'éloignent.
17:59Et certains objets,
18:00pourtant lumineux,
18:01pourraient ne jamais
18:02être accessibles
18:02car leur lumière
18:03ne pourrait jamais
18:04nous parvenir.
18:06Ainsi,
18:06à l'échelle du groupe local
18:07et des superamas,
18:08nous prenons conscience
18:09que notre galaxie
18:10n'est qu'une brique
18:11dans un mur de galaxies,
18:13elle-même microscopique
18:14au regard
18:15de l'univers entier.
18:17Même avec notre fusée,
18:18avec son accélération
18:20sans limite,
18:21nous ne faisons que plonger
18:22plus profondément
18:23dans un abîme sans fond.
18:24Prendre du recul,
18:25c'est constater que l'univers
18:26ressemble à un gigantesque
18:28labyrinthe fractal
18:29où chaque niveau de structure
18:30en contient un plus vaste.
18:32Nous voici parvenus
18:34aux limites ultimes
18:34de notre expansion cosmologique,
18:36là où la lumière,
18:37elle-même,
18:38ne suffit plus
18:39à éclairer les abîmes lointains.
18:41Jusqu'à présent,
18:42nous avons traversé
18:43le système solaire,
18:44le voisinage stélaire,
18:45la galaxie,
18:46le groupe local,
18:47puis les super amas
18:48de galaxies,
18:49constatant à chaque étape
18:50que l'univers est bien plus vaste
18:52que tout ce qu'on aurait pu imaginer.
18:54Pourtant,
18:54même après avoir franchi
18:55des centaines de millions
18:57puis de milliards
18:58d'années-lumière,
18:59nous n'avons pas trouvé de bord.
19:01Pas de mur solide,
19:02pas de pancarte
19:03indiquant fin de l'univers.
19:05Nous sommes face
19:05à un horizon plus subtil,
19:07l'horizon cosmologique.
19:09L'horizon cosmologique,
19:11c'est cette limite
19:12au-delà de laquelle
19:13la lumière n'a pas eu le temps
19:14depuis le Big Bang
19:15de nous parvenir.
19:16Pour le comprendre,
19:18il faut rappeler
19:18que l'univers a un âge fini,
19:20environ 13,8 milliards d'années.
19:22La lumière voyage
19:23à vitesse constante.
19:24Donc,
19:25il existe une région
19:25au-delà de laquelle
19:26aucun photon
19:27n'a pu nous atteindre.
19:28Ce mur
19:29n'est pas une barrière matérielle,
19:31c'est un effet du temps
19:33et de la vitesse finie
19:34de la lumière.
19:35Depuis la Terre,
19:36l'univers observable
19:37forme une sphère
19:38de 93 milliards
19:39d'années-lumière de diamètre,
19:41bien plus vaste
19:41que 13 milliards d'années-lumière.
19:43Parce que l'univers
19:44s'est étendu
19:45depuis que la lumière
19:46a commencé à voyager.
19:47Ainsi,
19:47des régions autrefois
19:49plus proches
19:49se sont éloignées.
19:50Mais il y a un concept
19:51encore plus extrême.
19:52Le mur de Hubble,
19:54ou sphère de Hubble.
19:56C'est la distance
19:57à partir de laquelle
19:58l'expansion de l'univers
19:59fait reculer des objets
20:00plus vite que la lumière.
20:02Non pas parce que
20:02ces objets se déplacent
20:04localement plus vite
20:05que la lumière,
20:05mais parce que
20:06c'est l'espace lui-même
20:07qui s'étire.
20:09Du coup,
20:09au-delà d'une certaine distance,
20:10la lumière émise aujourd'hui
20:12ne pourra jamais nous atteindre.
20:14Parce que l'espace
20:15s'allonge plus vite
20:16que le rayon de lumière
20:17ne progresse.
20:18On touche là
20:19à la véritable nature
20:20dynamique du cosmos.
20:22La nature expansive
20:23de l'univers
20:24et l'existence
20:25de l'horizon cosmologique
20:26ne peuvent être vaincues.
20:27Certaines régions de l'univers
20:29nous sont
20:29et resteront
20:31inaccessibles.
20:32Et c'est ici
20:32que les questions
20:33de physique théorique
20:34sur la forme,
20:35la taille
20:35et la géométrie
20:36de l'univers
20:37entrent en jeu.
20:37Quelle forme
20:38a l'univers
20:39au-delà ?
20:40L'univers est-il
20:41plat,
20:42ouvert
20:43ou fermé ?
20:44La réponse
20:45dépend de la quantité
20:47totale de matière
20:48et d'énergie
20:48qu'il contient
20:49ainsi que de sa
20:50densité critique.
20:52La densité critique,
20:53c'est un point
20:53d'équilibre théorique
20:55qui détermine
20:56la courbure
20:56de l'espace lui-même.
20:58Si la densité
20:59totale de matière
21:00et d'énergie
21:00s'ajuste exactement
21:02à ce niveau,
21:03l'univers
21:04s'étend
21:04dans une géométrie
21:05dite plate.
21:06Dans un tel cosmos,
21:08les règles familières
21:09de la géométrie
21:10euclidienne
21:10s'appliquent.
21:11Les parallèles
21:12ne se rencontrent pas
21:13et la somme
21:14des angles
21:14d'un triangle
21:15reste strictement
21:17180 degrés.
21:18Et l'espace
21:19pourrait alors
21:19s'étendre
21:20à l'infini
21:21sans jamais
21:22se refermer
21:23sur lui-même.
21:24Si la densité
21:25dépasse la valeur
21:26critique,
21:27les choses
21:28prennent une tournure
21:28différente.
21:29L'espace
21:30acquiert alors
21:30une courbure
21:31positive,
21:32comme la surface
21:34d'une sphère.
21:34Mais ici,
21:35c'est une structure
21:36en quatre dimensions
21:37qui se plie
21:38comme ça.
21:40Dans un univers
21:40dit fermé,
21:41nous pourrions
21:42voyager en ligne droite
21:43encore et encore
21:44et finir par revenir
21:46à notre point de départ.
21:48C'est un peu comme
21:49si on faisait
21:49le tour de la Terre
21:50avec une dimension
21:51supplémentaire.
21:52L'univers
21:53n'aurait pas de bord
21:54à proprement parler
21:55mais serait
21:56fini,
21:57contenu
21:57en lui-même.
21:59A l'inverse,
22:00si la densité
22:01de l'univers
22:01s'avère
22:02plus faible
22:03que cette fameuse
22:03densité critique,
22:05la courbure
22:05deviendrait négative,
22:07rappelant la forme
22:08d'une selle à cheval.
22:09Ici,
22:10les trajectoires
22:10se comporteraient
22:11étrangement.
22:12Les lignes parallèles
22:13s'éloigneraient
22:14sans cesse
22:14les unes des autres
22:15et l'univers
22:16s'étendrait
22:16sans fin,
22:17lui aussi
22:18potentiellement infini
22:19mais très différent
22:20d'un espace plat.
22:21Cette géométrie
22:22ouverte suggère
22:23un cosmos
22:24où le concept
22:24de distance
22:25et de direction
22:26se brouille
22:27encore plus,
22:28transformant notre
22:29compréhension
22:29de ce qui est droit
22:30ou courbe.
22:31Les données cosmologiques
22:33réelles,
22:33notamment obtenues
22:34grâce au fond diffus
22:35cosmologique,
22:36suggèrent que
22:36l'univers
22:37est extrêmement proche
22:39du plat
22:39avec une marge
22:41d'erreur infime.
22:42Cela signifie
22:42que,
22:43dans les limites
22:44de nos observations,
22:45l'univers apparaît
22:46comme presque
22:47parfaitement plat.
22:48S'il est parfaitement plat,
22:50il peut être
22:51réellement infini.
22:52S'il est quasiment plat,
22:54il pourrait malgré tout
22:55être immensément grand
22:57avec un rayon
22:58des centaines
22:59voire des milliers
23:00de fois plus grand
23:01que celui
23:02de l'univers observable.
23:03En d'autres termes,
23:05même le plus optimiste
23:06des scénarios
23:07suggère que l'univers
23:08dépasse largement
23:09tout ce que nous pouvons voir.
23:11Ce que nous nommons
23:12univers observable
23:13n'est alors
23:14qu'un minuscule morceau
23:16d'un ensemble
23:16bien plus vaste.
23:18Cette conclusion
23:19a des implications
23:20vertigineuses.
23:21Même notre fusée magique
23:23capable d'accélérer
23:24sans cesse
23:24ne pourrait jamais
23:25sonder la totalité
23:27de l'univers.
23:28Au mieux,
23:28on pourrait explorer
23:29une fraction
23:30de plus en plus grande
23:31de l'univers observable,
23:33mais le reste,
23:34au-delà de l'horizon cosmologique,
23:37restera à jamais caché.
23:38Et si l'univers
23:39est véritablement infini,
23:42alors aucun voyage,
23:43aucune technologie
23:44ne pourra nous permettre
23:46de le parcourir intégralement.
23:48Même la taille minimale
23:49de l'univers,
23:50établie par les mesures
23:51cosmologiques,
23:52garantit qu'il est déjà
23:53bien trop grand
23:54pour qu'un jour
23:55nous espérions en faire le tour.
23:57La science ne peut nous fournir
23:59qu'une estimation,
24:00pas une certitude absolue.
24:02Elle nous donne des bornes,
24:03des contraintes.
24:04Au-delà,
24:05les lois de la physique,
24:06la vitesse de la lumière
24:07et l'expansion même
24:08de l'espace
24:10décrètent que nous ne pouvons
24:11plus rien observer,
24:12que nous ne saurons peut-être
24:13jamais rien de ce qui se trouve
24:15au-delà.
24:16Donc malheureusement,
24:17pas de réponse facile.
24:18On ne sait pas si l'univers
24:19est infini,
24:20ni où se situerait
24:21ses limites,
24:22si tant et qu'elles existent.
24:23Et pourtant,
24:24c'est précisément
24:25cette incertitude
24:25qui me bouleverse.
24:27Même avec un vaisseau doté
24:28d'une énergie inépuisable,
24:30accélérant indéfiniment
24:31et disposant
24:31d'un temps illimité,
24:33on ne pourra jamais
24:34explorer
24:35qu'une fraction dérisoire
24:37du cosmos.
24:38Jamais on n'atteindra
24:39un bord,
24:39un mur final,
24:41un terme à notre épopée.
24:42Et c'est ce sentiment
24:44que cette image,
24:45celle qui a tout déclenché en moi,
24:46me fait sentir.
24:48Cette photo,
24:49en révélant un foisonnement
24:51de galaxies invisibles
24:52à l'œil nu,
24:52me rappelle à quel point
24:53notre univers
24:54est d'une immensité
24:55au-delà du raisonnable,
24:57au-delà des chiffres,
24:58au-delà de tout
24:59ce que notre esprit
25:00peut concevoir.
25:01Et au cœur
25:01de cet océan infini,
25:03notre Terre
25:04n'apparaît plus
25:05que comme un petit oasis
25:06minuscule,
25:07un îlot de complexité
25:09et de vie
25:09dans un désert
25:11sombre
25:11et silencieux.
25:15Sous-titrage Société Radio-Canada