00:00La première chose que je dois vous dire, c'est qu'en tant qu'écologiste, nous avons toujours été très
00:04clairs, nous condamnons la violence, toute la violence, systématiquement.
00:09Et moi, je suis capable de vous dire ça. J'aimerais que le Premier ministre et que le ministre de
00:13l'Intérieur, puisque c'est leur prérogative,
00:15soient capables de dire quand des gestes de certains membres des forces de l'ordre sont inadmissibles.
00:22Parce qu'en quelques jours, on a vu une tentative de naïade sur un jeune, on a vu une jeune
00:26reprocher à un policier de l'avoir étranglé en disant
00:29« J'ai eu très peur, j'ai crié que j'allais mourir ».
00:30L'intentative de noyade est vraiment contestée, Madame Pondelier, pardonnez-moi.
00:34Oui, mais tout est contesté, tout est contestable. On a bien compris, mais quand on regarde les réseaux sociaux, on
00:41voit des choses illégales à longueur de vidéos.
00:44On a un bilan qui est clair aussi, c'est un jeune qui a perdu l'usage de sa main
00:49à Lens, où j'étais ce matin.
00:50Moi, j'étais lycéenne à Lens et je vous avoue que quand on manifestait il y a 25 ans, jamais,
00:54en tant que lycéen, on imaginait que ça puisse nous arriver.
00:57Il y a un autre jeune qui a la mâchoire défoncée, un autre qui a perdu l'usage de son
01:01oeil.
01:02Et dans n'importe quelle démocratie, un seul de ces trois cas de figure serait arrivé, qu'on devrait tous
01:07s'arrêter en se disant « Ce sont des mineurs, ils manifestent, c'est leur droit, on doit leur permettre
01:13de manifester en sécurité ».
01:14Qu'est-ce qu'on fait ensemble pour que ça n'arrive plus ? Jamais.
01:18Est-ce qu'on continue l'usage du LBD tel qu'il est à lieu actuellement en France, ce qui
01:22est un cas unique en Europe dans le nombre d'usages et les mutilations qui en résultent ?
01:26Est-ce qu'on continue avec les grenades de désencerclement qui sont des armes de guerre qui ne sont autorisées
01:31pour le maintien d'ordre dans aucun autre pays d'Europe ?
01:33À quel moment, dans notre démocratie qui va si mal, on se pose ces questions ensemble et on prend les
01:38décisions pour que ça n'arrive plus ?
01:40Ça me paraît assez logique de faire comme ça.
01:43Et si le ministre de l'Intérieur n'est pas capable de poser ces questions de la doctrine du maintien
01:48de l'ordre en France et de la manière dont elle est mise en œuvre par certains ou certaines,
01:52alors il doit démissionner.
01:54Ce n'est pas possible de faire comme si de rien n'était, d'expliquer que c'est légitime, que
01:58c'est proportionnel.
01:59Comment peut-on justifier qu'un jeune sorte d'une manifestation avec une main, une mâchoire ou un œil en
02:05moins ?
02:06Marine Tondelier, c'est un drame et vous avez raison de le rappeler.
02:10Mais je vous inverse la question.
02:11Vous avez dénoncé aujourd'hui un manque d'humanité de l'État.
02:14Mais face cette fois-ci à des individus cagoulés, masqués, qui vous jettent des pavés et des mortiers,
02:20vous leur répondez avec quoi si vous n'avez pas d'armes intermédiaires ?
02:24Vous recevez les pavés sur la tête ?
02:25Madame Mabrouk, le jeune à Lens correspond-il au classement que vous venez de faire ?
02:35À la description que vous venez de faire ?
02:37Il était en deuxième ligne.
02:38Son père était venu, comme d'autres parents d'ailleurs, à l'entrée du lycée pour s'assurer que la
02:43manifestation s'en passe bien.
02:44Mais 20 minutes avant le drame a dû partir pour aller au travail.
02:47Ce jeune était en deuxième ligne.
02:49Il n'était pas en première ligne.
02:50Tout ça, c'est des éléments que l'on connaît.
02:52Alors, il y aura une enquête.
02:53Moi, je ne suis pas enquêtrice qui en dira peut-être plus.
02:55Mais vous voyez bien que les cas que vous décrivez, ce sont des cas de casseurs.
02:59Ce ne sont pas les cas de lycéens qui sont là pour porter des revendications de leur lycée.
03:05Et plusieurs lycéens qui ont fait l'objet de violences inadmissibles, et encore plus quand il s'agit de mineurs,
03:11ne correspondent absolument pas à la description que vous faites.
03:14Et si on s'habitue à ce que vous dites, c'est-à-dire à dire, bon, il y a
03:17des casseurs,
03:18donc maintenant on peut faire ce qu'on veut envers les jeunes dans ce pays,
03:21alors ce sera très grave pour notre démocratie.
03:22Vous reconnaissez que c'est une question ?
03:24Je sais aussi qu'il y a...
03:25Madame Tondolivac, si je n'ai pas dit ça, je vous pose la question.
03:29Mais moi, je vous pose une autre question, Madame Mabrouk.
03:33Mais quel est le rôle des chaînes d'actualité en direct aussi là-dedans ?
03:37Parce que vous savez bien qu'il existe une forme de pornographie de la violence
03:41où des gens restent sur leur canapé à regarder toute la journée
03:45et quand il y a une poubelle qui brûle à l'image, ça fait aussi plus d'audience.
03:49Et on s'habitue à ça.
03:50On s'habitue à ça et même, quelque part, de manière assez morbide,
03:53certains recherchent ça dans les images.
03:55Et donc, moi, je pose la question sur notre responsabilité collective.
03:58Parce qu'il y a aussi des jeunes qui peuvent considérer que pour passer à la télé,
04:01pour qu'on parle d'eux, il faut faire ça.
04:03Et moi, je dis, ce que je souhaite, ce soir et tous les soirs qui suivront,
04:07c'est qu'on parle des revendications des lycéens qui sont précieuses
04:10et dont sont solidaires, je pense, la grande, grande majorité des Françaises et des Français.
04:14Parlons-en, si vous voulez bien, Marine Tondoli.
04:14Pendant qu'on parle des débordements des uns et des autres,
04:16on ne parle pas des revendications.
04:17Merci à vous.
04:18Parlons-en, mais on ne peut pas aussi passer sous silence certaines violences.
04:21Je l'ai rappelé tout à l'heure, il y a eu un fait très grave.
04:23Mais j'ai commencé par dire que je l'ai condamné, il n'y a pas de problème.
04:25Non, non, je sais bien, sur un bébé, mais on ne peut pas masquer les violences également
04:29parce que certains regardent la télévision.
04:30Les revendications des lycéens, elles sont légitimes.
04:33Mais quelle réponse politique peut être apportée, Marine Tondolière,
04:36par un gouvernement sans argent et sans ressources financières
04:40dans une situation de crise de la dette telle que nous la connaissons ?
04:46Alors déjà, il faut arrêter avec l'argument sans argent.
04:48On a un gouvernement qui a accordé 63 milliards par an de baisse d'impôts, en fait.
04:56Et surtout, quand même, pour les plus riches, à part la taxe d'habitation
04:59qui a bénéficié à toutes les Françaises et tous les Français.
05:01Et donc, une fois que je vous ai dit ça, on voit bien que de l'argent, il y en
05:05avait,
05:05il y en a moins aussi parce que l'État a décidé de baisser les impôts
05:08et de baisser ses recettes fiscales au profit notamment des plus riches.
05:12Quand on en est dans les lycées, à ne pas avoir assez de papier toilette dans les toilettes,
05:16puisque c'est une des revendications des lycéens qui pourraient prêter à sourire
05:20si ce n'était pas aussi grave.
05:21On ne peut pas dire, désolé, vous n'aurez pas de papier toilette dans les toilettes
05:24parce qu'il n'y a plus d'argent.
05:24Non, bien sûr, c'est grave, mais ce n'est pas à l'État de gérer cela.
05:26À Amiens, l'année dernière, il y avait 15 degrés dans les salles de classe.
05:35Au Conseil Régional des Hauts-de-France, nous sommes venus, les écologistes,
05:37avec des moufles et des bonnets en séance pour montrer ce qui se passait dans ce lycée à Amiens.
05:42C'est ça la situation dans beaucoup d'établissements en France aujourd'hui.
05:45Des salles de classe qui manquent de chaises et de tables,
05:48qu'on doit déménager à chacun de court pour que tout le monde puisse s'asseoir.
05:51On en est là.
05:52Et pendant ce temps-là, on ne taxe pas les ultra-riches.
05:54Excusez-moi, ça n'a aucun sens.
05:56Donc, vous pensez que cet argent doit venir, ces 10 milliards qui sont demandés,
06:00par la taxation des ultra-riches ?
06:02Nous sommes dans une situation, malgré tout, contrainte sur un plan budgétaire,
06:05un gouvernement sans argent en fin de règne.
06:07Et vous dites aujourd'hui qu'il doit faire un effort de 10 milliards, notamment.
06:13Je vous donne un exemple.
06:14C'est ce qui s'appelle la grande transmission.
06:17D'ici 2040, il y a 9000 milliards d'euros
06:20qui vont passer d'une génération à une autre par le biais de l'héritage,
06:23des flux successoraux qui, du fait de la pyramide des âges,
06:26vont être très élevés, beaucoup plus que les années précédentes,
06:29d'ici 2040.
06:309000 milliards d'euros.
06:31Je propose avec les écologistes qu'on ne touche pas à 99% des héritages
06:35parce que les Français veulent transmettre à leurs enfants.
06:37C'est logique.
06:38Mais pour les 1% des héritages les plus élevés,
06:40c'est-à-dire les héritages de plus de 4 millions d'euros,
06:44on propose de taxer de 10% de plus qu'aujourd'hui.
06:47Et pour les 0,1% des héritages les plus élevés,
06:49c'est-à-dire les héritages de plus de 13 millions d'euros,
06:5110% supplémentaires.
06:53Avec ça et quelques niches fiscales successorales qui n'ont pas lieu d'être,
06:56on récupère 10 milliards dès 2027,
06:59puis 15 milliards par an jusqu'à 2040.
07:02Là-dedans, nous, on proposait de mettre tous les ans 2 milliards d'euros
07:05pour la rénovation du bâti scolaire.
07:07C'est une proposition que les écologistes portent depuis des mois.
07:09Eh bien, vous voyez, avec 2 milliards d'euros par an,
07:11on pourrait en rénover des écoles, des collèges et des lycées
07:14pour qu'ils aient des températures convenables l'hiver et l'été
07:18et qui sortent de l'insalubrité
07:20puisque plusieurs établissements sont insalubres
07:22avec des rats, des cafards, des cafards, c'est pas possible.
07:24C'est notre jeunesse étudiée comme ça.
07:26Pour conclure, Marine Tondelier, puisque vous êtes attachée comme nous
07:28à ce que les manifestations se passent bien
07:30pour qu'on parle des revendications,
07:32qu'est-ce qu'il faut des jeudis ?
07:33Est-ce qu'il faut de nouveau la présence des parents ?
07:36Est-ce qu'il faut de nouveau les services d'ordre de certains syndicats ?
07:39Est-ce qu'il faut de nouveau les casques blancs
07:41ou les brassards blancs, comme on les a appelés ?
07:45Moi, je lance un appel à tous les parents qui nous regardent
07:48parce qu'en réalité, ils regardent vos émissions,
07:50ils regardent sûrement les réseaux sociaux,
07:52ils voient ces vidéos terribles
07:53et chaque parent de ce pays se demande
07:56s'il a raison ou pas de laisser ses enfants manifester.
07:59Et certains ont le réflexe que je peux complètement comprendre
08:02de ne plus laisser sortir leurs enfants
08:03en disant tu ne vas pas manifester, c'est trop dangereux.
08:06Moi, je pense qu'on pourrait faire l'inverse,
08:08c'est-à-dire de dire à vos enfants
08:10bien sûr que tu dois manifester,
08:12bien sûr que tes revendications sont légitimes
08:14dans un monde en guerre, en effondrement climatique,
08:18où l'intelligence artificielle va remplacer vos futurs emplois,
08:22où Parcoursuc est un enfer,
08:24où vous n'avez pas des profs assez bien payés
08:27par rapport à la moyenne européenne
08:29dans des classes qui sont les plus chargées d'Europe.
08:31Bien sûr que tout c'est légitime.
08:32Mon enfant, je serai à tes côtés en manifestation
08:34pour m'assurer que ça se passe bien.
08:36Alors là, on peut faire quelque chose.
08:38Vous savez, ce qui se joue aussi là,
08:39c'est la bataille de l'opinion en ce moment.
08:41Est-ce que ce mouvement, il est à bout de souffle
08:43et c'était un barou d'honneur aujourd'hui, c'est terminé,
08:45ou est-ce que c'était aujourd'hui
08:47la première étape de quelque chose de bien plus grand ?
08:50Et moi, je pense que c'était la première étape
08:52de quelque chose de bien plus grand
08:52que les luttes vont converger
08:54entre les fonctionnaires,
08:55entre les précaires,
08:56entre les travailleurs,
08:57entre les femmes,
08:58entre les mamans.
08:58Il faut qu'on soit tous ensemble dans la rue
09:00dans les semaines qui viennent
09:01pour obtenir enfin
09:02ce que les macronistes nous ont refusé
09:04pendant 10 ans
09:05et cela jusqu'à la victoire en 2027.
09:08Et pour ça, on a besoin
09:10de se dire qu'on manifeste
09:11et qu'on est en sécurité.
09:12Donc j'appelle tous les parents
09:13à se munir de vêtements blancs,
09:15de brassards blancs,
09:16de casques blancs,
09:17à être avec leurs enfants,
09:19en solidarité,
09:20sur les blocages,
09:21dans les manifestations.
09:23Et ce qu'on a vu à Paris aujourd'hui,
09:25jusqu'à la dispersion,
09:26qui est un grand classique
09:26de fin de manif
09:27où ça se passe rarement bien.
09:29Mais toute la manifestation
09:30s'est bien passée
09:31parce qu'en première ligne,
09:32il y avait des écologistes
09:33avec des casques blancs
09:35qui ont fait en sorte
09:36que les choses étaient respectées
09:38et que ça s'est bien passé
09:39des deux côtés.
09:40Et bien c'est comme ça
09:40qu'il faut organiser
09:42ces manifestations désormais.
09:43Donc parents,
09:44habillez-vous en blanc
09:45et soyez dans la rue
09:45avec vos enfants.
09:46C'est comme ça qu'on va
09:47pouvoir les aider
09:48et leur garantir
09:49un avenir plus vivable.
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