00:00Malheureusement, ce à quoi on s'attend, c'est une situation potentiellement de plus en plus violente,
00:07à laquelle on n'aura toujours pas les moyens de se confronter avec efficacité.
00:11Parce que la réalité, c'est qu'on est cantonné à un rôle de spectateur.
00:15Je veux dire, l'État regarde les violences.
00:17Il assiste aux violences, il espère que ça s'apaise, mais on n'a pas la main.
00:20Et on envoie mes collègues au front pour essayer de gérer ces situations de plus en plus violentes,
00:26de plus en plus périlleuses pour eux dans leurs interventions.
00:29Mais au final, qu'est-ce qu'on fait ?
00:30On leur demande d'y aller, d'interpeller, oui.
00:33Et ils interpellent, ils interpellent même par milliers.
00:35Mais on leur demande aussi de le faire sans trop de violence.
00:38Il faut éviter qu'il y ait un drame.
00:41Et ce drame, c'est jamais de notre côté, si vous voulez, qu'il est appréhendé.
00:46C'est forcément dans le corps adverse.
00:48Ce qu'il faut éviter, c'est qu'il y ait un émeutier qui soit blessé ou pire.
00:52Mais le sort des policiers qu'on envoie au charbon sans moyens, sans effectifs,
00:57sans capacité réelle de riposte, ça paraît secondaire.
01:00Ça paraît secondaire aujourd'hui.
01:02En tout cas, c'est le sentiment qu'on peut avoir, très clairement.
01:03Et vous avez vu à Belfort, on a commencé notre émission avec votre collègue
01:09et la prise de parole du procureur avec un des deux interpellés
01:12qui porte plainte pour tentative de meurtre contre votre collègue.
01:16On en est là aujourd'hui.
01:18Mais si vous voulez, il y a le cas de notre collègue à Belfort.
01:22Il y a le cas de la collègue lieutenant à Paris qui se fait pourchasser
01:24par une meute de sauvage, qui la met à terre et qui la roue de coup.
01:27Ils sont à 4 ou 5 sur une jeune femme qui doit avoir 25 ans.
01:31Et donc, mon collègue à Belfort, en effet, lui aussi lynché au sol
01:35par une meute de sauvage.
01:37Au final, qu'est-ce qu'on entend ?
01:39J'ai envie de vous dire qu'il y a une inversion comme ça de valeur
01:45et de culpabilité comme stratégie de défense.
01:48Dire, c'est lui qui a voulu me noyer, ce n'est pas moi qu'il faut condamner.
01:51Voilà, c'est une stratégie.
01:52Et la justice, après, fait son travail et les responsabilités seront établies.
01:57Moi, ce que je vois dans cette affaire à Belfort, c'est un policier,
01:59encore une fois, qui essaye de faire son travail,
02:01qui prend tous les risques pour le faire.
02:03Il interpelle, il faut qu'il aille vite parce que sinon,
02:05il sait très bien que les autres vont vouloir venir
02:07et soustraire l'interpellé à la police.
02:10C'est toujours comme ça.
02:11C'est vrai, là, dans cette affaire à Belfort,
02:13mais n'importe quelle intervention,
02:15s'il y a un groupe d'individus aux abords,
02:17ils vont essayer de venir pour retirer l'interpellé des mains de la police.
02:21Bon, voilà, donc il fait ce qu'il peut.
02:23Et on voit bien par la suite dans quel climat de violence
02:25cette interpellation a été réalisée,
02:27étant donné qu'ils n'ont pas hésité à le fracasser par terre
02:30à un grand coup de pied dans la tête alors qu'il était inconscient.
02:34Mais c'est vrai que cette situation, elle est extrêmement anxiogène
02:37parce qu'elle est exponentielle, dans la mesure où, encore une fois,
02:39on ne la maîtrise pas.
02:41On est là pour encadrer les violences,
02:42on n'a pas la main pour y mettre un terme,
02:44parce que c'est des jeunes qui n'ont aucun frein.
02:48Ils sont complètement en roue libre.
02:49C'est-à-dire que le chaos des violences urbaines,
02:51ça leur donne une opportunité de faire n'importe quoi.
02:54Et vu qu'ils n'ont pas de cerveau et qu'ils sont fascinés par la violence,
02:57ils font tout ce qui leur passe par la tête.
02:58Donc, ils crament tout ce qu'ils vont trouver.
03:01Ils agressent ceux qu'ils vont croiser.
03:03Ils explosent ceux qui vont avoir le malheur
03:05d'essayer de se opposer à leur violence.
03:08Là, je pense à cet enseignant, c'est à la Siotta,
03:09qui a voulu éteindre un feu pendant ces violences.
03:12Qu'est-ce qu'ils font ?
03:13Il y en a un qui passe et qui balance de l'essence dessus.
03:14Est-ce que vous croyez qu'ils espèrent comme résultat
03:16par en faire une torche humaine ?
03:18C'est un miracle, si vous voulez, qu'il n'ait pas cramé, ce monsieur.
03:21Mais c'était ça, l'intention.
03:22Vous jetez de l'essence sur quelqu'un qui est proche d'un feu.
03:24Vous voulez qu'il se passe quoi ?
03:25Donc, voilà, ils n'ont aucun frein.
03:27Ils sont extrêmement dangereux.
03:28La police, c'est le seul rempart entre l'anarchie qu'ils veulent semer
03:33et notre état de droit.
03:35Mais cette police qui est envoyée, elle est extrêmement fragilisée.
03:38Vous l'avez dit, il y a eu le chasse aux flics
03:40qui est orchestré actuellement.
03:43Et nos collègues en font les frais quotidiennement.
03:46Donc, on a des policiers qui sont extrêmement courageux
03:48et qui continuent d'aller au charbon dans ces conditions.
03:51Moi, je vous dis sincèrement, au bout d'un moment,
03:52ça tient du miracle que les collègues continuent
03:54à vouloir aller sur le terrain et procéder à ces...
03:57Benjamin, je voudrais qu'on ouvre le dialogue également
03:59avec Sylvain Duic.
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