- il y a 16 minutes
Dans Affaire suivante, l'avocat des oncles et tantes de Delphine Aussaguel dénonce les "mensonges" de Cédric Jubillar lors de la reconstitution des faits. Le peintre-plaquiste a notamment dû reproduire les gestes qu'il aurait effectué pour tuer sa femme en 2020.
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00:00Se redéployer sur les lieux, refaire les gestes, expliquer le passage à l'acte, c'est ce qu'a fait
00:05Cédric Jubilard,
00:06vendredi, accompagné de son avocat, toute la journée, lors de la reconstitution des faits du meurtre de Delphine Osaguel.
00:11Avec nous, pour en parler, j'accueille Mourad Batik, l'avocat de l'oncle et de la tante de Delphine.
00:16Merci d'être avec nous, vous avez assisté à la reconstitution, vous allez nous expliquer.
00:20Jacques Fonbonne, général de gendarmerie, ancien commandant de la section de recherche d'Orléans,
00:25général d'Aouster, resté avec nous, Dominique Rizet également.
00:27Alors, Mourad Batik, ça a duré 5 heures vendredi, à l'intérieur du domicile familial à Cagnac-Lémine.
00:33Cédric Jubilard a remimé la scène, a refait les gestes, nous on n'y était pas, racontez-nous comment ça
00:39s'est passé.
00:40Écoutez, on s'est d'abord, dans un premier temps, rendu dans le domicile conjugal,
00:45et donc dans le domicile conjugal, il s'agit de refaire la scène,
00:50et que Cédric Jubilard nous explique ce qui s'est passé avant, pendant, après.
00:53Et donc, Cédric Jubilard va continuer à s'enferrer dans des mensonges parfaitement absurdes,
00:59puisqu'il va expliquer, comme sa ligne de défense se trace depuis plusieurs semaines,
01:04que finalement, c'est presque un peu de la faute de Delphine.
01:07C'est-à-dire qu'il va expliquer qu'il va péter un plomb, qu'il va devenir fou,
01:13à la suite d'une provocation de Delphine.
01:16Et donc, vous voyez, on a une inversion de la charge.
01:20Celui qui provoque, ça n'est plus lui, c'est Delphine.
01:22Donc, vraisemblablement, dans ses explications à lui,
01:25il explique qu'elle est sur son téléphone portable,
01:27et qu'il y a un premier échange, et qu'à la suite de ce premier échange,
01:30elle lui montre le téléphone portable, en lui disant,
01:33« Tu vois, je suis avec lui, donc comprenez l'amant,
01:38et nous avons des relations intimes qui sont bien meilleures
01:41que celles que je peux avoir avec toi. »
01:43Et donc là, elle vient, elle se lève.
01:46– Dit-il ?
01:47– Dit-il.
01:47– Dit-il.
01:48– Elle se lève, elle va à sa rencontre au niveau de la cuisine
01:52pour poursuivre cette provocation.
01:55Et comprenez que Cédric Jubilard, lui, il subit tout ça,
01:58il subit ces provocations multiples de Delphine.
02:01La provocation du téléphone, et puis la provocation verbale.
02:03Et puis elle continue.
02:05Et le pauvre Cédric Jubilard lui dit,
02:06« Arrête, tais-toi, tais-toi, tais-toi. »
02:08– Simplement, sur PV, il a quand même dit qu'il avait dégoupillé.
02:11Alors, est-ce qu'il a explicitement mimé la scène de l'étranglement ?
02:15Parce que c'est ça le cœur de la scène.
02:16– Il va lui dire de s'arrêter un nombre incalculable de fois,
02:19Delphine refusant, bien évidemment, de s'arrêter.
02:22Et là, il va vouloir la faire taire,
02:24et donc il l'attrape contre le frigidaire.
02:26Il met ses deux mains autour de son cou,
02:28et il sert de toutes ses forces avec les deux pouces sur la carotide.
02:32– Vous voyez cette scène, vous la voyez.
02:34– On voit cette scène, il la mime.
02:36– Alors, qui joue le rôle de Delphine Jubilard ?
02:38– Alors, il y a deux rôles qui sont joués,
02:42un par une officier de police judiciaire,
02:44qui a le même gabarit, une gendarme,
02:46qui a le même gabarit que Delphine Osaguel.
02:49Et puis, une fois que ce premier mime est fait,
02:53eh bien, on a un mannequin, un mannequin lesté,
02:57pour finalement voir s'il est possible
03:00que ce qu'il explique se déroule dans la réalité.
03:03Et donc, une fois que Delphine Osaguel,
03:05donc que la gendarme s'est faite étrangler,
03:09eh bien, le mannequin est à terre.
03:11Et là, il va expliquer qu'il prend Delphine
03:14sur son épaule droite, qu'il la porte,
03:16qu'il la sort de la maison,
03:18qu'il descend une pente à 10%
03:20pour la mettre dans le coffre.
03:22Et donc, là, Patatra a la première possibilité
03:27de reconstituer cette scène.
03:28Il va être dans l'impossibilité,
03:29dans l'incapacité physique
03:31de prendre le mannequin de 60 kilos
03:33et de le mettre sur son épaule.
03:35Il n'y arrive pas.
03:36Il n'y arrive pas.
03:36C'est trop lourd.
03:37Il va essayer une fois, deux fois, trois fois.
03:39Le magistrat instructeur va lui dire
03:40« Monsieur Jubilar, vous n'y parvenez pas. »
03:41Il va dire « Non, je n'y arrive pas. »
03:43Très intéressant.
03:44Qu'est-ce que ça veut dire ?
03:45Ça veut dire quoi ?
03:45Ça veut dire que c'est faux.
03:46Ça veut dire que c'est du pipeau.
03:47Ça veut dire que Céric Jubilar est un menteur.
03:49Mais ça, on n'apprend rien.
03:50C'est une énième preuve de ses mensonges,
03:53de sa manipulation,
03:55des inventions qui sont les siennes.
03:56Tout ce qu'il dit est faux.
03:58Alors, quelle est votre version ?
03:59Si sa version est fausse,
04:01quelle peut être ?
04:01L'autre version, c'est quoi ?
04:03Alors, la version, malheureusement,
04:05il n'y a que Delphine Ossaguel
04:06qui pourrait dire précisément
04:08ce qui s'est passé.
04:09Mais en tout cas, ce qui a pu se passer,
04:11au regard du dossier,
04:12c'est qu'en réalité,
04:15Cédric Jubilar,
04:16non pas par le truchement
04:18de Delphine,
04:19voit ce qui s'est passé,
04:21c'est-à-dire qu'il va l'espionner.
04:23On voit que sur le canapé,
04:25juste au-dessus du canapé,
04:26il y a un mur en placo.
04:28Dans ce mur en placo,
04:29il y a un trou décoratif.
04:32Et donc, il peut passer derrière ce mur,
04:34voir par-dessus l'épaule
04:35ce qu'il se passe sur le téléphone
04:37de Delphine.
04:39Là, lui dégoupille,
04:40en voyant effectivement
04:41qu'elle est en train de parler
04:42à son amant.
04:43Une bagarre éclate.
04:44Je pense qu'il la frappe
04:45très fortement
04:46et très lourdement
04:47puisqu'on va trouver
04:47les lunettes de Delphine
04:49cassées
04:51à différents endroits.
04:53Je pense qu'elle s'enfuit
04:55du domicile,
04:56elle court,
04:57il la rattrape.
04:58Pourquoi est-ce que je dis ça ?
04:59Parce que les voisines
05:00vont entendre
05:01des cris stridents.
05:03À 23h07.
05:05Exactement.
05:05Des cris stridents,
05:06des cris de détresse.
05:08Elle essaye de fuir,
05:09il la rattrape,
05:10il va la tuer
05:11à l'extérieur
05:12et il va la mettre
05:13dans le coffre
05:14pour...
05:14Et comment il fait alors ?
05:16Si on suit votre raisonnement,
05:17il la tue à l'extérieur
05:18et comment il fait
05:19pour la mettre dans la voiture
05:20sachant qu'il a eu du mal
05:21à soulever ce même poids
05:23dans la cuisine ?
05:24Comment il y arrive
05:24à l'extérieur ?
05:25On va être sur quelque chose
05:27de très morbide
05:27mais je pense qu'il la traîne
05:29soit par les pieds
05:31et on imagine
05:32la tête de Delphine Ossaguel
05:34tapée sur chacune
05:36des marches reconstituées
05:37dans le domicile,
05:39soit ce serait une autre hypothèse,
05:42il la traîne par les bras.
05:44Mais je pense,
05:44en tout cas,
05:45je ne sais pas,
05:46je pense,
05:46factuellement,
05:47il a été dans l'incapacité
05:48de la soulever
05:49et de la portée
05:50donc il l'a traîné.
05:51Jacques Fonbonne.
05:52Oui, il y a quelque chose
05:53qui est étonnant
05:55qui pose la question finalement
05:56de savoir comment il est conseillé,
05:59comment il est défendu.
06:00Si vous vous rappelez,
06:02sa théorie,
06:02et on vient d'en reparler,
06:04c'est,
06:04je me suis énervé,
06:05je ne l'ai pas fait exprès.
06:07Je dirais qu'il lui suffisait
06:08de laisser planer le doute
06:10sur quelque chose
06:11qui s'emballe,
06:12c'est-à-dire,
06:12je l'ai frappé volontairement,
06:15mais ensuite,
06:16la mort est survenue
06:17d'une façon
06:18qui n'était pas ma volonté.
06:19Or,
06:20il dit,
06:21je l'ai étranglé.
06:23On sait qu'effectivement,
06:25il y a une perte de connaissance
06:27très rapide
06:28lors d'un étranglement,
06:295, 10, 20 secondes,
06:30mais qu'ensuite,
06:31il faut presser le cou
06:34et couper les carotides
06:36pendant 3 à 4 minutes.
06:37Je pense qu'il aura du mal
06:39à expliquer
06:39devant la cour d'assises
06:41comment,
06:42dans un acte
06:43qui n'est,
06:44selon lui,
06:44pas prémédité,
06:45mais je pense qu'on pourra
06:46en reparler,
06:47comment il a pu rester
06:48dans cette situation criminelle
06:49aussi longtemps,
06:50c'est-à-dire qu'à un moment donné,
06:52la colère passe,
06:53mais elle passe en quelques secondes,
06:54c'est véritablement
06:55une intention de tuer,
06:56alors qu'il lui suffisait de dire
06:57« elle est tombée,
06:58elle est tombée malencontreusement,
07:00il n'y a pas le crâne,
07:01il n'y a aucune constatation
07:02de police technique
07:03sur le squelette,
07:04ça passait au moins dans le doute. »
07:05Alors moi j'ai une question
07:06pour vous deux,
07:07comment se fait-il
07:08que les gendarmes
07:09n'aient rien retrouvé
07:10dans le coffre de la voiture,
07:12ils emportent,
07:13traînent,
07:14déposent
07:14dans le coffre de la voiture,
07:16comme l'avait fait
07:17Jonathan Daval
07:17dans sa voiture,
07:18le corps de sa femme,
07:20on doit retrouver,
07:21alors c'est la voiture
07:22de Delphine,
07:23on retrouve,
07:24tu vas me dire,
07:25on retrouve son ADN,
07:26on retrouve,
07:27mais bon,
07:28dans le coffre
07:28de la voiture de Delphine,
07:29il n'y a pas forcément
07:30d'état de son Delphine,
07:31il n'y a pas forcément
07:32des mèches de cheveux
07:33avec un petit morceau
07:34de chair,
07:35Mais c'est vrai que de toute façon
07:36ce n'est pas la position normale.
07:38Je pense que ça peut être
07:39un élément qui peut être discuté
07:40du point de vue
07:41de la préméditation,
07:42c'est-à-dire prendre
07:43la précaution
07:44d'avoir habillé
07:44le coffre de la voiture
07:46avec des secs poubelles,
07:47avec quelque chose
07:47qu'on va enlever ensuite
07:49de façon à ne pas laisser
07:50forcément de traces.
07:51S'il y a des traces
07:52un peu partout dans la voiture,
07:54c'est de l'ADN de contact,
07:55mais ça François le dira
07:56mieux que moi,
07:57ce n'est pas étonnant.
07:58Si on avait effectivement
07:59une trace de sang dans le coffre,
08:01là ça devient
08:02beaucoup plus difficile
08:02à expliquer.
08:03Tout à fait.
08:05L'ADN n'est pas incriminant,
08:07étant donné que même si
08:08dans le coffre
08:09ce n'est pas la position habituelle,
08:10elle met des courses,
08:11elle met ça,
08:12et on a les transferts ADN
08:13de Delphine.
08:15Donc à partir de ce moment-là,
08:17ce n'est pas là où il y en a le plus.
08:18Ce n'est pas probant du tout.
08:20De plus,
08:22comme disait Jacques tout à l'heure,
08:23où il a habillé le coffre,
08:24voire il a peut-être mis
08:26la fameuse couette,
08:28mettre son épouse
08:30et la cacher dedans.
08:31Donc on voit que
08:33ce n'est pas ça
08:34qui est le déterminant.
08:35Le déterminant,
08:36c'est effectivement,
08:37c'est est-ce que les gestes
08:38sont compatibles ?
08:39Les gestes compatibles,
08:41on l'avait déjà évoqué,
08:43et j'avais expliqué
08:45que si on étrangle
08:45quelqu'un face à soi,
08:47le poids du corps
08:48fait qu'on ne tient pas
08:49quatre minutes
08:49la personne comme ça.
08:51Donc certes,
08:52elle est inconsciente,
08:53mais on doit continuer
08:54le geste
08:54pour arriver jusqu'à la mort.
08:56Donc il y a de la détermination.
08:57Il y a de la détermination
08:58de la volonté.
08:59Et le geste,
09:00il y avait plusieurs hypothèses.
09:03Soit elle était sur le canapé
09:04et il l'a étranglée
09:05sur le canapé.
09:06Et comme elle était
09:07légèrement en hauteur,
09:08après il peut la traîner
09:10à l'extérieur.
09:11Soit elle s'enfuit
09:12et il la rattrape dehors
09:13et il l'attrape par derrière.
09:14Et il refait le fameux geste
09:16qu'il a expliqué
09:18à une de ses amies
09:21au parloir.
09:22Et là c'est différent
09:23parce qu'on peut tenir
09:24quelqu'un
09:25et on peut le tenir
09:25plus de quatre minutes
09:27sans aucun problème.
09:28Mais Maître Bati,
09:29comment il l'est ?
09:30Quel est son comportement
09:32pendant cette reconstitution ?
09:33Son avocat dit
09:33qu'il est coopératif.
09:35Ok.
09:35Mais est-ce qu'il est détaché ?
09:37Est-ce qu'il est très affecté ?
09:39Comment vous le voyez ?
09:41C'est quand même
09:41un acte d'enquête
09:42assez exceptionnel
09:43une reconstitution.
09:44Il est à quelques mètres de vous.
09:45Comment il se comporte ?
09:46Très détaché émotionnellement.
09:48Là, aucune émotion.
09:49On ne sent pas de remords.
09:51Il ne pleure pas.
09:52Il n'a pas les yeux rouges.
09:54Voyez, il ne tremble pas.
09:56C'est quelqu'un
09:57qui est en maîtrise,
09:57en pleine maîtrise
09:58de lui-même
09:59et c'est presque déstabilisant.
10:01C'est-à-dire que
10:02j'avais le sentiment
10:03que nous, avocats,
10:04qui ne connaissions pas
10:07Delphine directement,
10:08nous étions plus emprunts
10:09d'émotions
10:10que lui-même.
10:11Il est rentré
10:11dans cette maison
10:12dans laquelle
10:12il n'est pas rentré
10:13depuis plusieurs années.
10:14Aucune émotion.
10:15Aucune émotion.
10:16Il ne laisse rien transparaître.
10:17Il répond de manière
10:18très laconique.
10:20Oui, non, peut-être.
10:22Quand on lui pose une question,
10:23il y répond
10:23sans aucune émotion.
10:25Et si vous voulez,
10:26il est sorti de là.
10:27Il est retourné en détention
10:28sans qu'il ne se passe
10:29rien émotionnellement.
10:31Et c'était très déstabilisant.
10:32Et ça a duré
10:32en fait très peu de temps
10:33quand même
10:33parce qu'il est sorti.
10:35Ça a commencé à 9h.
10:36À 14h, c'était terminé.
10:37Donc, il y a le domicile.
10:39Ça, vous l'avez bien expliqué.
10:40Ensuite, il y a eu le trajet.
10:41Vous avez fait le trajet.
10:42Et ensuite, il y a ce fameux
10:43tas de compost
10:44sur lequel ont été retrouvés
10:45les deux fémurs.
10:45Il a fait les trois étapes
10:46en moins de 4h.
10:47On a fait les...
10:48C'est allé très vite.
10:50Puisqu'il a une version,
10:51il déroule sa version.
10:52Alors, c'est un tissu de mensonge.
10:54Comme toujours
10:55avec Cédric Jubilard,
10:56il y a une vérité
10:56qui est entourée
10:58de 10 mensonges.
10:59C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
11:00il vous dit
11:01j'ai tué Delphine Ossaguel
11:03et ça, c'est une vérité.
11:04Et cette vérité,
11:05il va devoir l'agrémenter
11:07d'énormément de mensonge
11:08pour garder,
11:09pour conserver
11:10finalement
11:11une forme de possession.
11:13De maîtrise.
11:14De maîtrise sur Delphine,
11:16sur l'histoire.
11:16Un peu comme un pied de nez
11:17en disant à Delphine
11:19jusqu'au bout,
11:20je te tiens
11:21et c'est moi qui détiens
11:22la version
11:22qui sera écrite.
11:23Maître, moi,
11:24je vais prendre la défense
11:25de Jubilard
11:25à ce moment-là,
11:26mais il a dit la vérité.
11:28Il a dit
11:29où était le corps
11:29de sa femme.
11:30Quel intérêt, selon vous,
11:31a-t-il à mentir aujourd'hui ?
11:33Pourquoi vous dites
11:34que ce n'est pas la bonne version ?
11:35Et si c'était la bonne version ?
11:36Je crois...
11:37Alors, d'abord,
11:37ce n'est pas la bonne version
11:38puisque c'est une version
11:39qui ne correspond pas
11:40aux faits factuellement,
11:42pragmatiquement.
11:42Qui ne colle pas à la reconstitution.
11:43Ça ne colle pas aux éléments.
11:45Alors, quel intérêt a-t-il à mentir ?
11:46Qu'est-ce qu'il va gagner ?
11:47Alors, je suis avocat,
11:49je ne suis ni psychologue
11:50ni psychiatre,
11:50mais je crois qu'il y a quelque chose
11:51de l'ordre de la perversion
11:53chez Cédric Jubilard.
11:54Je crois qu'il veut
11:57maintenir sa vérité,
11:58l'imposer,
11:59vous voyez,
11:59un peu comme les vainqueurs
12:00qui écrivent l'histoire
12:01et qui écrivent le récit,
12:02il va confisquer la vérité
12:05à Delphine
12:05et à ses enfants
12:07jusqu'au bout.
12:08De la même manière
12:08qu'il a confisqué le corps,
12:09de la même manière
12:10qu'il a caché le corps
12:11dans du compost,
12:13dans du fumier.
12:14Vous voyez,
12:14il y a quelque chose
12:14de très fort de dire
12:15eh bien,
12:16tu n'as pas voulu être avec moi,
12:18tu n'auras rien.
12:20Ni la vérité,
12:21ni le corps,
12:22ni une tombe,
12:23ni une sépulture,
12:23tu n'auras rien,
12:24je te primes de tout.
12:25Mais souvenez-vous,
12:25Cédric Jubilard,
12:26il avait dit
12:26je fais cette reconstitution
12:27pour mes enfants.
12:29Oui, et puis vous avez noté
12:30qu'il y a 15 jours,
12:32il avait une relation intime
12:33dans le parloir
12:34alors qu'il est censé
12:35être au plus bas moralement,
12:37qu'il était dans une forme
12:39de rédemption.
12:40Parce qu'on va vous expliquer
12:40que l'isolement,
12:41c'est très dur.
12:42Oui, ça n'avait pas l'air
12:43très dur au regard
12:44de ce qui s'est passé,
12:44au regard de la découverte
12:46qu'en ont fait les surveillants
12:47en plein ébat
12:49avec une inconnue
12:50qui est venue
12:51une nouvelle visiteuse
12:52qui est venue lui rendre visite.
12:53Il avait l'air tout à fait joyeux
12:55et pas du tout
12:56au fond du trou,
12:57si je puis me permettre.
12:58François ?
12:59Il peut y avoir effectivement
13:01la puissance psychologique
13:02et sa personnalité,
13:03mais il y a aussi
13:04ce qu'on appelle
13:05c'est un calcul
13:06qui est un calcul
13:07pour les prochaines assises.
13:09Donc le procès en appel
13:11c'est en avril
13:11et on rappelle
13:12qu'en première instance
13:12il a été condamné à 30 ans.
13:1330 ans,
13:14alors qu'il pouvait avoir
13:15la perpétuité
13:16parce que le meurtre sur conjoint,
13:18eh bien c'est une circonstance aggravante,
13:20c'est l'article 221-4
13:21du code pénal.
13:23Donc,
13:23qu'il y ait préméditation ou pas,
13:24le canton est le même.
13:25En revanche,
13:26sur des jurés,
13:28si on a des gestes
13:29qui sont préparés à l'avance,
13:30ce n'est pas
13:31quelqu'un qui a dégoupillé
13:33mais qui a décidé
13:33froidement
13:34de la tuer,
13:36eh bien,
13:36cette perception
13:37d'une repentance
13:39sur le tard
13:40ne marchera pas.
13:42Elle va sonner faux.
13:43Elle va sonner faux
13:43et les jurés
13:45n'y seront absolument pas sensibles.
13:47Au contraire,
13:48ils vont voir
13:49quelqu'un de calculateur
13:50et là,
13:51il risquera réellement
13:52de reprendre la perpétuité.
13:53Parce qu'il y a cette notion
13:54de préméditation
13:55qui est au cœur des débats
13:56et qui va sans doute
13:57éclairer les assises en appel.
13:59Alors,
13:59ce que je disais tout à l'heure,
14:00c'est-à-dire comment
14:00peut-on dégoupiller
14:02et continuer
14:03l'action criminelle
14:04que l'on a menée ?
14:04Mais je pense qu'il y a
14:06des éléments
14:07qui sont vraiment
14:08en faveur de la préméditation.
14:09Il y a d'abord,
14:10si vous vous en souvenez,
14:11la voiture
14:12qui est dans le sens inverse.
14:13Et il dit,
14:14c'est pour sortir de chez moi
14:15avec le corps de ma femme
14:17éventuellement dans le coffre,
14:18je vais jusqu'en bas
14:19de la descente.
14:20La voiture a suffisamment
14:21d'élan,
14:22contact,
14:23seconde.
14:23On ne peut pas le faire
14:24si on est en marche arrière.
14:25La compression est au fort.
14:27Ensuite,
14:28dans ces actes
14:29de préméditation,
14:30ce qu'on évoquait tout à l'heure,
14:31c'est qu'il n'y a pas
14:31de trace dans la voiture.
14:34Donc,
14:34ça veut dire que,
14:35a priori,
14:36et on va le mettre
14:36au conditionnel,
14:37il aurait prévu
14:38de monter dans la voiture
14:39avec des bottes,
14:40avec quelque chose
14:40qui permettait
14:41de ne pas salir la voiture
14:42et de ne pas donner
14:44pense à cette préméditation.
14:46Mais,
14:47ensuite,
14:48il y a autre chose
14:49qui, à mon avis,
14:49mérite d'être évoquée.
14:51On ne comprend pas
14:53pourquoi il s'accroche
14:54à cette différence
14:55d'horaire
14:56entre 23h
14:58et quelques minutes
14:59au moment
15:00où les voisines
15:00entendent des cris stridents
15:02et lui qui dit
15:03« Je me suis réveillé
15:04à une heure et demie du matin. »
15:05Je pense que,
15:06tant qu'il n'avait pas...
15:07Enfin,
15:07c'est comme ça
15:07que je le comprends.
15:08Tant qu'il n'avait pas
15:09avoué le meurtre,
15:10ça veut dire quoi ?
15:11Ça veut dire
15:11au moment où les voisines
15:12ont entendu crier
15:13« Je dormais,
15:15donc ce n'est pas chez moi,
15:16donc elles se trompent d'horaire. »
15:17Mais maintenant
15:18qu'il a avoué le meurtre,
15:19ça se retombe contre lui.
15:21Pourquoi ?
15:21Parce qu'il est une heure et demie
15:23du matin
15:23au moment
15:24où il avoue
15:24avoir comme il est fait.
15:26Engueulade.
15:27Meurtre.
15:28Ensuite,
15:29quelques minutes
15:30pour voir
15:31si personne n'a été
15:32attiré par les cris.
15:33Mettre le corps
15:34dans la voiture.
15:35Là encore,
15:36regarder s'il n'y a personne.
15:38Partir.
15:39C'est à 30 kilomètres.
15:40Nuit de confinement.
15:41Oui,
15:41mais on est effectivement
15:42en couvre-feu.
15:43C'est-à-dire qu'il a quand même
15:44900 sur 10
15:45de tomber sur une patrouille
15:46de gendarmerie.
15:47Il roule obligatoirement doucement.
15:49Il regarde s'il y a des phares.
15:50Il regarde s'il y a du monde.
15:51Il arrive sur place.
15:52Il attend encore.
15:53Sors le corps.
15:54C'est vrai qu'il n'a pas besoin
15:55de fouiller longtemps.
15:56Et ensuite,
15:56il fait le trajet inverse.
15:57En s'assurant
15:58que les enfants
15:59ne sont pas réveillés.
15:59En s'assurant
16:00qu'il n'y a pas de voisins.
16:01Et là,
16:02il est 4h09
16:03au moment où il prévient
16:04les gendarmes.
16:05C'est-à-dire que grosso modo,
16:06entre 2h moins le quart,
16:082h moins 10 du matin
16:09et 4h,
16:114h09,
16:12il a fait tout ce que je viens
16:13d'exprimer.
16:14C'est-à-dire qu'en fait,
16:15cette différence d'horaire
16:16se retourne contre lui.
16:17Et pourquoi ?
16:18Parce que ça veut dire
16:19qu'il y va directement
16:20et que forcément,
16:21il a reconnu les faits
16:22avant d'y aller.
16:23Il avait repéré les lieux,
16:24vous voulez dire ?
16:25Oui, il avait repéré les lieux.
16:26C'est-à-dire qu'on ne se promène pas
16:27en voiture à 2h du matin
16:28pendant le confinement
16:29pour chercher un endroit.
16:30La juge lui pose la question,
16:32nos confrères du Parisien,
16:33Renan Folgoas,
16:35information confirmée
16:36par BFM TV.
16:37Donc la juge,
16:38qui va l'entendre,
16:39lui pose la question.
16:39Mais cette route d'Albi,
16:42sur la droite,
16:42il y a l'endroit
16:43où on va retrouver
16:44le corps de votre femme,
16:45vous la preniez souvent
16:46parce que vous alliez travailler là-bas.
16:47Et d'ailleurs,
16:48votre téléphone borne,
16:49on sait que vous passiez régulièrement ici.
16:51Donc comment se fait-il
16:52que ce soit justement ici
16:53que vous ayez déposé le corps ?
16:55Sous-entendu,
16:57vous saviez,
16:57vous aviez reféré,
16:58vous aviez...
16:59Et il dit quoi ?
17:00Non, pas du tout.
17:00C'est le fruit du hasard.
17:01C'est le fruit du hasard.
17:02C'est le fruit du hasard.
17:02Et il a redit ça vendredi
17:05devant le tas de compost ?
17:06Il y avait deux défenses.
17:09Moi, je suis dans le dossier
17:10depuis le départ.
17:11En première instance,
17:12c'est le dossier est vide.
17:14Il n'y a rien contre moi.
17:15« Je suis innocent,
17:16vous êtes en train de commettre
17:17une énorme énergie quissière. »
17:18Et là, on passe à une nouvelle phase.
17:20C'est le fruit du hasard.
17:21C'est le nouveau mantra,
17:22c'est le nouveau maître mot.
17:23Tout est le hasard.
17:24C'est tout.
17:25Les lunettes,
17:26pourquoi est-ce qu'on les retrouve cassées ?
17:27Je ne sais pas,
17:27elles ne les portaient pas ce jour-là.
17:28Franchement,
17:29ça doit être le fruit du hasard.
17:30Comment est-ce que vous repérez les lieux ?
17:32Je ne sais pas,
17:33je roulais comme ça
17:34et puis je me suis arrêté...
17:35C'est ce qu'il dit vendredi
17:36quand vous êtes devant
17:37à la jonction,
17:38à l'intersection ?
17:39Je lui pose la question en direct.
17:40Je lui dis,
17:41« Monsieur Gibilar,
17:42je repère que devant la botte
17:44de fumier ou de compost,
17:47appelons-la comme on veut,
17:48élégamment ou moins élégamment,
17:50plus réellement,
17:51il y a un tout petit chemin,
17:53un tout petit passage,
17:53comme si vous vous étiez arrêté
17:55en voiture
17:55et que vous l'aviez traîné
17:57à travers ce petit passage
17:59et que vous l'aviez amené ici.
18:01Ah non, non, non, non,
18:02non, non, pas du tout.
18:03Mais alors,
18:04comment est-ce que vous expliquez
18:05que vous arrivez ici,
18:05sur cette route-là ?
18:07Je passais comme ça,
18:08je ne savais pas où m'arrêter,
18:09je me suis arrêté à cet endroit-là
18:10et puis je me suis dit,
18:11pourquoi pas ?
18:12Et donc, si vous voulez,
18:13à chaque fois qu'on le confronte
18:14à des éléments tangibles,
18:16pragmatiques,
18:17presque mathématiques,
18:18à chaque fois,
18:18il vous répond,
18:19je ne sais pas,
18:20il hausse les épaules,
18:20il vous dit,
18:21je ne sais pas.
18:22Pour vous,
18:23il s'échappe à ce moment-là ?
18:24Pour vous,
18:24il prend la tangente
18:25à chaque fois qu'on...
18:26Complètement.
18:27C'est son nouvel axe de défense
18:29qui évidemment ne tiendra pas
18:31la route une seule seconde,
18:32mais c'est son nouvel axe de défense.
18:34Ça peut être très violent en appel,
18:38connaissance des lieux.
18:39Si vous vous en rappelez,
18:40Pauline et vous tous,
18:41on avait des photos de comparaison
18:43entre le tas de compost
18:45quelques mois avant
18:47et ce tas de compost
18:48tel qu'il était devenu
18:49au moment où on a retrouvé le corps,
18:50il n'est pas du tout à la même place.
18:52Non mais attendez,
18:52d'ailleurs,
18:53on a retrouvé de nouveaux ossements
18:54pendant les deux jours précédents
18:55les fouilles
18:56dans une parcelle
18:57derrière celle de Mayoc,
18:58je passe au votre contrôle,
18:59ce qui accrédite la thèse
19:01que cet agriculteur,
19:02comme il l'avait dit,
19:03avait épandé,
19:04on dit épandé,
19:06ce fameux tas de terre.
19:07Pardon,
19:08non, je vous ai coupé.
19:08Non, non,
19:08mais ça veut dire qu'a priori,
19:10il ne va pas forcément par hasard
19:12parce qu'il ne pourrait
19:12rien y avoir sur le terrain.
19:14Il a nécessité quand même
19:16de dissimuler le corps
19:17au moins le temps
19:19que la décomposition
19:20fasse son oeuvre
19:21et qu'on n'ait plus de traces
19:22sur les tissus moules.
19:23Ça veut dire qu'on ne peut pas
19:24l'abandonner à la surface
19:25dans un champ.
19:25Encore une fois,
19:26il faut aller très vite.
19:27Et donc, ça veut dire,
19:29selon moi,
19:29et encore au conditionnel,
19:30qu'il y aurait eu un repérage
19:32dans les jours précédents
19:34de façon à y aller directement.
19:35Il est obligé
19:36d'y aller directement.
19:36Il ne peut pas prendre le risque
19:37de tourner en rond
19:38et de chercher un endroit.
19:39C'est la nuit,
19:40c'est le mois de décembre
19:41et encore une fois,
19:42on est dans le couvre-feu.
19:43Et vous imaginez la violence
19:45à laquelle,
19:47qu'il faut vouloir infliger
19:49à Delphine,
19:51mettre son corps
19:52dans un tas de fumier,
19:54dans un tas de compost
19:54qui va se défaire
19:57extrêmement rapidement.
19:58Mais donc ça,
19:59il le savait, selon vous,
20:00en le mettant
20:00sur ce tas de compost,
20:01il savait que le corps
20:04allait très vite...
20:05Allait se décomposer.
20:06Allait se décomposer.
20:07Et finalement,
20:08quand on a fait
20:09les gros titres
20:09en disant
20:09qu'on a retrouvé
20:11le corps de Delphine,
20:12on a retrouvé
20:13deux bouts de fémurs.
20:15Le reste est étalé,
20:17éparpillé.
20:18Il a été écrabouillé,
20:19ce corps.
20:19C'est une raison pour laquelle
20:20on retrouve des ossements
20:21avant-hier.
20:21Exactement.
20:22Il y a quelque chose
20:23qui m'intrigue.
20:24Ça, c'est son audition
20:27chez la juge.
20:28Je sors du village,
20:30je prends bêtement
20:31la direction d'Albi,
20:32je n'ai pas réfléchi.
20:33Je roule sans objectif précis.
20:35Il dit être arrivé
20:36à l'entrée d'Albi,
20:37voir des lumières,
20:38il prend une route à droite
20:39dans le noir.
20:40Il ne veut pas retourner
20:41sur Albi.
20:42Il dit,
20:43je prends à droite
20:44où il fait noir.
20:45Je roule,
20:45je roule,
20:46je roule jusqu'à un endroit
20:46où je peux dissimuler le corps.
20:48Le problème,
20:49c'est que la reconstitution,
20:50elle a lieu en plein jour.
20:51C'est ça ?
20:52Oui, oui.
20:52Le tatoumé,
20:53vous y allez en plein jour.
20:54Or, la cohérence
20:56aurait été d'y aller la nuit
20:57pour voir si ça tait.
20:58Oui, c'est vrai qu'il y avait
20:59certes.
20:59Visiblement,
20:59il éteint les phares de la voiture.
21:00C'est une voiture
21:01avec laquelle on peut
21:03rouler sans les phares.
21:04C'est un modèle ancien.
21:05Aujourd'hui, c'est impossible.
21:06Il y a au moins les veilleuses.
21:06Donc, il est dans le noir
21:07avec sa voiture.
21:08Il arrive,
21:09il ne connaît pas cet endroit,
21:11dit-il,
21:12et dans le noir,
21:13il va sortir le corps,
21:14réussir à distinguer
21:15le tatoumé.
21:16Ça ne tient pas.
21:17Attendez,
21:17mais vous...
21:18Donc, ce n'est pas
21:18une reconstitution
21:19comme elle aurait dû être faite.
21:21Alors, il y a deux choses.
21:21D'abord, je vous réponds
21:22sur être dans le noir.
21:24Il explique qu'il va avoir
21:25une lampe frontale.
21:26Ah bon ?
21:27Mais alors, la lampe frontale,
21:28où est-ce qu'il la trouve ?
21:29Et où est-ce qu'elle est,
21:29aujourd'hui ?
21:31Sur la table de la cuisine.
21:32Et pourquoi est-ce qu'il y avait
21:33une lampe frontale
21:34sur la lampe de...
21:35Parce qu'on a toujours
21:36tous une lampe frontale.
21:37Parce qu'elle était là,
21:38elle était posée là, voyons.
21:39Il ne parle pas de la frontale,
21:40il ne parle nulle part de la frontale.
21:41Non, non, non, mais ça,
21:41ça a été fait dans la reconstitution.
21:43Non, mais c'est ça
21:43que vous dites, Mouradette.
21:44Dans la reconstitution,
21:44il a une lampe frontale.
21:45Mais alors, ça ne change rien.
21:47Enfin, ça ne change rien.
21:48Si, ça change tout
21:48sur la préméditation,
21:49mais pourquoi est-ce qu'il roule
21:51comme ça ?
21:52Et pourquoi est-ce qu'il en arrive
21:54à cet endroit ?
21:55Eh bien, par le fruit du hasard.
21:56C'est ce qu'on disait tout à l'heure.
21:57Et attendez,
21:57est-ce qu'il a expliqué
21:58comment est-ce qu'il la dépose ?
21:59Est-ce qu'il creuse avec ses mains ?
22:00Est-ce qu'il l'a expliqué, ça ?
22:01C'est très intéressant
22:02ce que dit Dominique Rizet
22:03puisqu'effectivement,
22:03nous avons fait une reconstitution
22:05en pleine journée
22:07et dans un climat très accueillant.
22:09Il faisait beau le ciel.
22:09Comme dirait François Daouz,
22:11ce n'était pas le bon biotope.
22:12Non, exactement.
22:13Et donc, il va nous expliquer
22:14qu'il creuse avec ses mains.
22:16À main nue.
22:17À main nue.
22:17Et puis, il remet la terre par-dessus
22:21jusqu'à ce qu'elle soit dissimulée complètement.
22:23On est en plein hiver.
22:25Évidemment qu'il y a un côté
22:26qui se durcit.
22:28Je l'ai.
22:29Et donc, évidemment,
22:30qu'est-ce que ça veut dire ?
22:30Ça veut dire qu'il y allait avec des outils.
22:32C'est-à-dire qu'il y allait avec une pelle.
22:33Ça veut dire qu'il savait exactement
22:34ce qu'il faisait.
22:35Et ça, il ne le dit pas.
22:36C'est-à-dire que sa version,
22:36elle ne tient pas à un cœur.
22:38Et ça, il n'est pas questionné
22:39sur les outils.
22:40Il n'est pas questionné
22:41sur l'endroit où il va mettre
22:42ses vêtements
22:43après la dissimulation.
22:45Si vous voulez, on a fait une reconstitution
22:46de 5 heures.
22:47Si on commence à le reprendre
22:47sur chacune de ces contradictions,
22:49on y est pendant 48 heures.
22:51Vous voyez ?
22:52Donc, est-ce que c'était utile ?
22:54Pas vraiment.
22:54Est-ce que ça a apporté quelque chose ?
22:56Pas grand-chose.
22:57Je ne suis pas d'accord avec vous.
22:58On apprend quand même
22:59que ça ne colle pas devant le frigo.
23:01On apprend qu'il a une langue frontale.
23:03On apprend que ça ne colle pas
23:03depuis le premier jour.
23:04Il suffisait de lire le dossier.
23:05Il y a trois ans,
23:06on savait déjà que ça ne collait pas.
23:07Est-ce qu'on sait
23:08si c'est une nuit noire ?
23:09Puisque vous savez
23:10que quand on fait des reconstitutions...
23:12Il y a certains avocats
23:13qui ont demandé
23:14des conditions de réelle.
23:15Est-ce qu'on sait
23:16si c'est une nuit noire,
23:17une nuit de lune ?
23:19Les forces spéciales
23:20disent les nuits
23:20c'est de 1 à 5.
23:21C'est une nuit 0,
23:22enfin de 0 à 5.
23:24C'est une nuit 0
23:24ou une nuit 5 ?
23:25Alors là, Dominique Rizet,
23:26vous êtes dans un peu de précisions
23:27que je ne sais pas moi-même.
23:28On a même ça,
23:29on doit le savoir.
23:30Non, mais on le sait dans le dossier.
23:32C'est une nuit
23:34où il explique
23:35ou il expliquait
23:36que Delphine était sortie
23:37pour aller voir
23:38les étoiles filantes.
23:39Donc, elle était lumineuse.
23:40On sait que c'était
23:41une nuit dégagée
23:43où on pouvait voir
23:45les étoiles filantes.
23:45Donc, si vous voulez,
23:46ce n'était pas une nuit
23:47ça donne une information précise.
23:49Puisque, pendant très longtemps,
23:50souvenez-vous de Dominique Rizet,
23:51il va expliquer
23:52qu'elle s'était probablement
23:53enfuie par elle-même
23:54et qu'elle avait
23:55qu'il suive le domicile
23:56conjugal
23:56parce qu'elle aimait
23:57regarder les étoiles filantes
23:59et que, par conséquent,
24:00il fallait l'imaginer
24:01errer au milieu de la nuit
24:03pour s'adonner à...
24:04Bon, François Daud,
24:05c'est quand même utile
24:05ce que raconte Mourad Batik,
24:07c'est quand même utile
24:07cette reconstitution,
24:08ça a quand même nous aidé
24:09pour le prochain appel.
24:10Oui, pour moi,
24:12elle est très utile
24:12parce qu'elle met
24:13encore plus en avant
24:14les contradictions
24:15et les impossibilités
24:16par rapport
24:17à des déclarations
24:18qui se veulent sincères
24:19et spontanées.
24:20Donc là, derrière,
24:23il va falloir
24:24qu'il travaille autrement
24:26pour revenir
24:26et expliquer
24:27ce qui s'est réellement placé.
24:29La seule possibilité
24:30pour lui de travailler autrement,
24:31c'est de dire la vérité,
24:31mais il en est incapable
24:32de dire que nous sommes d'accordés.
24:33Il reste quelques mois,
24:34le procès en appel
24:35est donc programmé
24:36en avril 2027.
24:37Merci à tous
24:38pour vos lumières croisées.
24:39On se retrouve
24:40la semaine prochaine,
24:40même endroit, même heure,
24:41avec vous.
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