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  • il y a 4 minutes
Blocage des lycées : "C'est agaçant de voir ce mouvement réduit aux violences" pour l'intersyndicale Follereau à Belfort

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Transcription
00:00Ici Matin, le mouvement lycéen s'étend et se durcit des manifestations devant 4 lycées autour de Belfort hier,
00:06une quinzaine d'interpellations, les lycéens soutenus dans leurs revendications par leurs professeurs.
00:11La secrétaire du syndicat SNES-FSU du département et membre de l'intersyndicale au lycée Follreau de Belfort est votre
00:17invitée Lisa Guinick.
00:18Bonjour Elvire Salma.
00:19Bonjour.
00:20Ces tensions grandissantes avec les forces de l'ordre, est-ce que ça brouille le message de départ des lycéens
00:25?
00:26Alors, résumer le mouvement des lycéens à un mouvement de violence, comme dans beaucoup de médias on le voit apparaître,
00:35c'est un peu réduire ce mouvement qui est légitime et qui dénonce les conditions d'apprentissage et de travail
00:44aussi dans lesquelles se trouvent actuellement les lycéens.
00:47Par exemple, vous, à votre lycée Follreau à Belfort, qu'est-ce qui ne va pas dans le lycée pour
00:52ces mauvaises conditions d'apprentissage de vos élèves ?
00:55Alors, dans nos établissements en général, parce que, bon, bien sûr, je peux parler au niveau du Follreau parce que
01:02j'y enseigne,
01:02mais en général, les lycéens dénoncent donc leur angoisse face à Parcoursup.
01:11Parcoursup qui, je vous rappelle, a accompagné l'installation de la réforme Blanquer en 2018 et qui n'a cessé...
01:18C'est un logiciel qui permet aux lycéens de poursuivre leurs études en sphère ?
01:24Oui, s'ils arrivent à y accéder des fois.
01:28C'est un peu... Donc, ça va ouvrir là prochainement.
01:31C'est une source d'angoisse parce qu'on ne connaît pas généralement l'algorithme qui domine ce Parcoursup.
01:37Et en manque de transparence ?
01:38Manque de transparence. Il y a aussi les effectifs par classe qui concernent, par exemple, au Courbet, j'avais des
01:46informations,
01:47les classes à 35, dans des conditions aussi, dans des salles qui sont surchauffées.
01:52Mais ça n'a pas toujours été le cas, ces grosses classes avec beaucoup d'effectifs ?
01:57Alors, non. Ces dernières années, on n'arrête pas, le gouvernement n'arrête pas de nous sortir la recette baisse
02:06démographique.
02:07La baisse démographique justifierait leur suppression de postes et la politique d'austérité qui s'est mise en place vis
02:15-à-vis de l'éducation nationale.
02:16Sauf que la baisse démographique qui pourrait nous servir à dégonfler les classes au niveau des effectifs
02:25et surtout être plus présent pour toutes les difficultés que rencontrent nos élèves,
02:32eh bien, ce n'est pas le cas.
02:34Donc, oui...
02:34On voulait partager, on sent toutes ces revendications des lycéens.
02:39Est-ce que vous êtes aussi prêt à descendre dans la rue avec eux ?
02:44Nous sommes déjà descendus dans la rue, ils sont venus nous rejoindre le 29 septembre dernier.
02:53Nous défendions donc les services publics et ils sont venus se joindre à nous
02:58et leurs revendications, eh bien, ce sont les nôtres depuis quelques années, nous les portons.
03:04Et c'est toujours avec beaucoup de mépris que les instances nous reçoivent
03:07parce que nous dénonçons ces situations, mais nous ne recevons aucune réponse concrète.
03:12et la seule réponse éventuellement qu'on peut entendre au niveau local, c'est nous faisons remonter.
03:18Sauf qu'à force de faire remonter, ça va nous tomber dessus et on le voit bien, ça tombe dessus
03:23mais sans réponse.
03:24Vous constatez quand même qu'il y a des violences, certes en marge de ces manifestations.
03:29Quel regard vous portez là-dessus ?
03:31Alors moi, je répète, nous sommes donc... je porte parole de l'intersyndical.
03:37Nous condamnons tout type de violence.
03:40Ce n'est pas la majorité de vos élèves ?
03:41Non, non.
03:43Non, il faut bien distinguer que les élèves ne se résument pas.
03:47Et c'est vraiment agaçant de voir que ce mouvement se réduit à être qualifié de violent
03:56parce que les images circulent, alors que non, dans la plupart des cas,
04:01les élèves veulent juste une porte de dialogue, être entendus et avoir enfin des réponses.
04:07Sauf que les réponses ne peuvent pas être essentiellement locales.
04:12Elles doivent être gouvernementales parce que recruter, ça fait partie du ministère
04:18qui doit mettre les moyens derrière.
04:20J'entends que ces violences sont à la marge, elles sont quand même là, on les voit.
04:24Est-ce qu'il y a une certaine peur chez vos élèves, voire chez vous-même ?
04:27On sait qu'il y a un chef d'établissement dans l'académie de Besançon,
04:29on ne sait pas dans quel lycée, qui a été frappé, victime de ces violences.
04:35Est-ce que vous ressentez quelque chose aujourd'hui à aller au lycée le matin ?
04:38Alors je le redis, nous condamnons ces violences.
04:42Nous, en tant qu'enseignants et éducateurs aussi, nous avons une responsabilité,
04:47c'est d'être avec nos élèves pour éviter tout type de violences.
04:52Elles existent, mais elles existent des deux côtés,
04:54parce qu'il y a eu quand même des arrestations ou des...
04:59Un peu musclées, des forces de l'ordre, c'est ça ?
05:01Un peu musclées, et moi ça fait plus de 20 ans que je suis représentante syndicale.
05:06Les manifestations, nous en avons vu,
05:09mais nous avons rarement vu une violence pareille, en plus sur des adolescents.
05:16Et ça, ça nous...
05:18Alors, est-ce qu'on en a peur ?
05:19Je suis désolée, on est un peu pris par le temps,
05:22je suis obligée de vous couper,
05:24mais on entend bien votre message ce matin,
05:26le mouvement lycéen qui ne se résume pas à ces violences,
05:28très à la marge.
05:29Merci beaucoup Elvire Selma,
05:31de l'intersyndicale des professeurs du lycée Folrault
05:34et secrétaire du SNES-FSU dans le territoire,
05:36d'avoir été avec nous ce matin.
05:37Merci à vous.
05:38Merci.
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