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00:00Europe 1, le journal de 20h. Avec vous Maëlle Hassani, bonsoir.
00:06Bonsoir à tous, ravis de vous retrouver en ce jeudi soir sur Europe 1 pour votre journal de 20h, une
00:11demi-heure d'informations
00:12et vos rendez-vous quotidiens avec les signatures Europe 1, celles qui vous réveillent tous les jours entre 7h et
00:189h autour de Dimitri Pavlenko.
00:20Alexis Brézet, directeur des rédactions du Figaro, revient sur les quelques options possibles qui se présentent à Sébastien Lecornu
00:26pour tenter de faire passer le budget. Dans son édito international, Vincent Hervouet dresse le bilan pas vraiment flamboyant de
00:33la visite d'Emmanuel Macron en Espagne.
00:34Et puis la signature Europe 1 du jeudi, la philosophe Julia Dufines analyse l'une des phrases marquantes prononcées en
00:40France par le pape
00:41« Ce qui est légal n'est pas forcément moral ». Tout d'abord c'est votre journal et à
00:45la une, pas un mouvement social mais bel et bien des violences urbaines pour le gouvernement.
00:49Les blocages de lycées se répandent dans tout le pays et les débordements ne cessent de s'intensifier.
00:54Plus de 1000 actions recensées depuis ce matin, 1900 interpellations.
00:58Situation très tendue à Lyon où nous retrouvons le correspondant d'Europe 1 dans quelques instants.
01:03Face à un mouvement devenu incontrôlable, une cellule interministérielle de crise convoquée aujourd'hui par Sébastien Lecornu.
01:09L'occasion d'identifier clairement les initiateurs de ce chaos.
01:12La France insoumise et ses proxys d'ultra-gauche, c'est ce qu'indiquent les renseignements.
01:17Explication à suivre.
01:18Dans ce journal également, les détails des textes budgétaires présentés ce matin en Conseil des ministres.
01:2454 milliards d'euros d'efforts, donc 43 milliards de mesures nouvelles.
01:31La violence est encore montée d'un cran aujourd'hui dans toute la France.
01:34Dans le cadre des blocages de lycées, un millier d'établissements concernés, plus de 1900 interpellations.
01:40Le hall d'un établissement incendié à Nantes, des proviseurs agressés à Marseille, en Normandie ou encore à Orléans.
01:47Des attaques incessantes contre les forces de l'ordre.
01:50Jean-Luc Bougeon, vous êtes le correspondant d'Europe 1 à Lyon où des élèves justifient ces exactions sans nécessairement
01:56y prendre part.
01:57Oui, il y a parfois chez les lycéens une acceptation de cette violence.
02:01En tout cas la conviction que même s'ils n'en sont pas les auteurs, ces dégradations, ces incendies servent
02:06in fine leur cause.
02:07Exemple ce matin devant le lycée Lumière dans l'huitième arrondissement de Lyon, des feux de poubelle embrasent la façade
02:13de l'établissement, dégradant le portail et les murs de l'entrée.
02:17Pas de condamnation chez cet élève de seconde qui voit ces violences comme un moyen de faire avancer ces revendications.
02:22On a un manque d'effectifs en termes d'enseignants, de CPE, on a des salles toutes petites, on est
02:27genre quoi, plus d'une trentaine par salle.
02:29Il fait chaud, on transpire tous, les salles, elles puent, elles sont toutes petites.
02:32La quantité de 4,55 euros en une semaine, tu multiplies les fois ça, ça fait 25 euros la semaine.
02:36C'est super cher.
02:37Et ça justifie la violence selon toi, toutes ces raisons-là ?
02:40En fait, en soi non, mais dans la fin on a manifesté, ça ne nous a pas écoutés, il n
02:43'y a rien qui a changé.
02:44Nous, on doit niquer un lycée pour qu'on se fasse comprendre.
02:47En fait, on est obligé de faire de la merde pour se faire écouter.
02:49Propos assez hallucinants qui n'augurent rien de bon pour la suite.
02:51Depuis le début de la semaine, 90 attaques de lycées ont eu lieu dans la seule région Auvergne-Rhône-Alpes
02:56pour des dégâts estimés entre 25 et 30 millions d'euros.
02:59La région qui a indiqué qu'elle préparait le dépôt de 400 plaintes contre des casseurs
03:03et qu'elle allait supprimer toutes ces aides, transport ou cantine, qu'elle leur distribuait jusque-là.
03:08Jean-Luc Bougeon, correspondant d'Europe 1 à Lyon.
03:11Et pour le gouvernement, plus question de parler de mouvement social.
03:15Ces blocages de lycées sont devenus un prétexte pour commettre des violences urbaines.
03:19à l'initiative du mouvement, selon les renseignements, la France Insoumise et ses proxys d'ultra-gauche.
03:25Et de fait, Jacques Serret, les figures de LFI ne cachent pas leur solidarité avec les élèves mobilisés.
03:30Oui, partout dans le pays, devant les barricades des élus insoumis, chauffage blanc, les lycéens.
03:36Bravo de vous mobiliser comme vous le faites ce matin !
03:38Mégaphone à la main, le député Emmerick Caron harangue des adolescents parisiens devant un drapeau palestinien.
03:45C'est extrêmement important que vous vous fassiez entendre votre voix.
03:48Bien évidemment, certains racontent que vous êtes simplement en train de créer du Caron.
03:54Mais pas du tout ! Vous exprimez qui vous êtes !
03:58Pendant ce temps, Mathilde Panot
04:06Faut le tour des lycées de sa circonscription, écharpe tricolore à l'épaule,
04:11et cite le révolutionnaire africain Thomas Sankara.
04:14Le président du Burkina Faso disait, une jeunesse mobilisée est dangereuse, elle est plus dangereuse qu'une bombe atomique.
04:23Le pouvoir à faire debout, ne lâchez rien, restez dignes, restez disciplinés, et c'est comme ça qu'on a
04:30gagné.
04:31Le feu est là, et LFI souffle sur les braises.
04:35Le Jacques Serret du service politique d'Europe 1, directement mis en cause par les services de renseignement.
04:41La France insoumise, par la voix de son coordinateur national Manuel Bompard, appelle le gouvernement, je cite, à ne pas
04:47sombrer dans le complotisme.
04:48Le patron d'Horizon, Edouard Philippe, fustige de son côté l'exploitation cynique des lycéens par LFI.
04:54Le président des Républicains, Bruno Retailleau, va même jusqu'à suggérer l'interdiction du mouvement de Jean-Luc Mélenchon.
05:00Le ministre de l'Éducation nationale doit s'exprimer dans les prochaines minutes à la télévision.
05:04Pour l'instant, Edouard Geoffrey s'est contenté de condamner les violences,
05:08et de promettre l'ouverture d'une plateforme pour permettre aux lycéens de lister leurs revendications.
05:12Mais Alexandre Chauveau, les courants distanciels devraient être mis en place dès demain dans les établissements les plus sensibles.
05:18Oui, la liste des lycées concernés sera publiée dans les prochaines heures.
05:22La mesure, officiellement, est prise pour protéger la sécurité des lycéens comme du personnel éducatif.
05:27Politiquement, c'est surtout une tentative d'assécher le mouvement.
05:30Un mouvement que les services de renseignement attribuent clairement à la France insoumise et à ses proxys de l'ultra
05:35-gauche.
05:36C'est ce qu'indique Matignon à l'issue de la cellule interministérielle de crise convoquée tout à l'heure.
05:40Matignon évoque par ailleurs un moment de bascule, le blocage des lycées évoluant clairement vers un phénomène de violence urbaine.
05:48Dans le même temps, Edouard Jeffrey indique qu'il va rencontrer prochainement les organisations représentatives des lycéens
05:53et qu'une plateforme de concertation sera ouverte en début de semaine pour que les élèves puissent faire part de
05:58toutes leurs demandes sur le plan sécuritaire.
06:00Enfin, Gérald Darmanin a réuni cet après-midi en visioconférence les procureurs généraux pour transmettre des consignes de fermeté à
06:08l'égard des casseurs interpellés ces derniers jours.
06:11Alexandre Chauveau. Un contexte bien difficile pour défendre un budget.
06:15Et pourtant, le gouvernement présente aujourd'hui son projet de loi de finances et celui de la sécurité sociale pour
06:202027.
06:21Objectif 54 milliards d'euros d'efforts et un retour à 5% de déficit en 2027.
06:27Aurélien Fleureau, vous avez scruté les détails des mesures dévoilées ce matin.
06:31Ces annonces sont-elles réalisables ?
06:33Ce ne sera pas simple. Ramener le déficit du pays à 5% du PIB, c'est la trajectoire.
06:38Pour cela, le gouvernement mise sur 1% de croissance l'an prochain.
06:42Une prévision solide selon Bercy, mais jugée optimiste par le Haut Conseil des Finances Publiques.
06:4854 milliards d'euros, vous l'avez dit, 43 représentent de nouvelles mesures.
06:53Et 11 correspondent aux effets de mesures prises l'an dernier.
06:57L'heure est à la mobilisation collective, a insisté le ministre de l'Économie, Roland Lescure.
07:02C'est un effort significatif. Il y a des mesures difficiles, courageuses que nous avons annoncées cette année.
07:08L'effort sera partagé, il sera important, il sera juste.
07:11Sur les dépenses notamment, et j'insiste, 60% de l'effort pour l'année prochaine, c'est un effort
07:17sur les dépenses.
07:19Et parmi ceux qui vont contribuer les retraités, 5 milliards et demi d'euros à la clé.
07:23Le point d'indice des fonctionnaires gelés s'était attendu, comme la contribution des entreprises.
07:28La surtaxe sur les bénéfices est réduite, mais doit encore apporter 5 milliards.
07:32La réponse du MEDEF n'a pas tardé.
07:34Le patronat estime à près de 20 milliards d'euros les nouvelles taxes,
07:37et souligne qu'affaiblir encore les entreprises, c'est affaiblir le pays.
07:41Les explications d'Aurélien Fleureau pour en pain et pour éviter la censure sur ce budget,
07:46le Premier ministre espère notamment bénéficier de la clémence du Parti Socialiste.
07:50Eh bien c'est mal parti, les députés PS affirment aujourd'hui ne voir aucune main tendue dans la copie
07:55gouvernementale,
07:56allant même jusqu'à dénoncer une provocation.
07:58Des montages grossiers d'obscures captures d'écran manipulables,
08:01ces preuves n'en sont pas et ne tiendront pas une seconde devant un tribunal.
08:05Réaction de Jordan Bardella aux éléments fournis ce soir par Mediapart
08:09pour corroborer son enquête dévoilée en début de semaine.
08:12Le président du RN accusé par le journal d'avoir écrit des messages antisémites et complotistes, remontant à 2013.
08:18Pas de surprise au Sénat, malgré l'arrivée d'un groupe RN après les élections de dimanche dernier.
08:23Gérard Larcher, confortablement réélu par ses pères dès le premier tour aujourd'hui.
08:27A 77 ans, dont 15 déjà passés à la tête de la Chambre haute,
08:31l'élu LR des Yvelines, rempli jusqu'en 2029.
08:34Les vieux trains corail, incapables de circuler pendant les canicules,
08:38seront progressivement remplacés dès l'année prochaine.
08:41Annonce du PDG de la SNCF aujourd'hui,
08:43Jean Castex promet l'arrivée des premières rames neuves surnommées Oxygène
08:47à partir de l'été 2027 sur les lignes intercitées Paris-Clairmont et Paris-Toulouse.
08:52Des liaisons systématiquement perturbées lors des dernières vagues de chaleur.
08:56Et puis cette nouvelle déchirante,
08:57annoncée aujourd'hui par les proches d'Hubert-Félix-Tiefen dans les colonnes de Paris Match.
09:01Le chanteur est atteint d'une maladie incurable.
09:04La faim est inéluctable selon eux.
09:06A 78 ans, l'interprète de la fille du coupeur de juin entame ce week-end une tournée d'adieu
09:12qui l'amènera au zénith de Paris en mai prochain.
09:1520h10 sur Europe 1, la météo désormais avec vous Marlène Duray.
09:20Et une journée calme demain ?
09:21Oui, plutôt calme, assez bien ensoleillée.
09:23On a l'anticyclone des Açores qui va commencer à gonfler,
09:26qui va même fusionner avec celui qui est centré sur l'Europe du Nord et l'Europe de l'Est.
09:30Et ça va repousser évidemment les perturbations qui se rapprochent.
09:34Et notamment, il y en a une qui va être projetée vers le Royaume-Uni.
09:38Alors, pour demain, il y a quand même quelques brumes, brouillards et plaques de nuages bas à prévoir,
09:43notamment dans les régions où il a beaucoup plu hier et dans les campagnes.
09:46Donc entre la Basse-Vallée du Rhône, l'Auvergne-Rhône-Alpes, la Saône-et-Loire, le Dijonais, la Franche-Comté
09:52et l'Alsace.
09:53Des brouillards aussi, on en trouvera, mais seront moins nombreux au nord de la Seine, vers les Landes et le
09:57Roussillon.
09:58Puis une fois dissipé tout ça, le temps va devenir beaucoup plus lumineux,
10:02même si quelques plaques de grisaille peuvent stagner et être beaucoup plus tenaces,
10:06notamment dans le Haut-Rhin, donc dans le nord de l'Alsace.
10:09Une fois dissipé, je le disais, un temps lumineux, voire bien ensoleillé,
10:12avec une exception pour le côté provençal.
10:16Le ciel restera chargé toute la journée et puis en Corse aussi, un ciel bien couvert.
10:20Dans l'après-midi, ce qui va se passer, c'est que le temps va commencer à devenir un peu
10:23plus changeant dans le sud,
10:25avec notamment des nuages assez épais qui vont arriver sur la partie sud-ouest du pays via les Pyrénées.
10:31Un petit risque d'averse orageuse d'ailleurs sur la partie est des Pyrénées et en Corse.
10:35Et des températures qui vont repartir à la hausse.
10:38On a senti le rafraîchissement aujourd'hui, elles repartent un petit peu à la hausse.
10:4120 degrés prévus à Brest, 22 à Paris et Nancy, 23 du côté de Blois,
10:4624 à Limoges, 25 à Montpellier, 26 à Toulouse et jusqu'à 28 à Draguignan.
10:50Merci beaucoup Marlène Duray, deux actualités majeures donc en ce jeudi soir,
10:54les blocages de lycées qui se poursuivent et la présentation du budget par le gouvernement.
10:59Ce sera d'ailleurs le sujet de l'édito politique d'Alexis Brézé dans un instant sur Europe 1.
11:08Europe 1, le journal de 20h, Maëlle Assani.
11:13Merci d'écouter Europe 1 en ce jeudi soir.
11:16Place maintenant à vos signatures.
11:17Europe 1, celle qui vous réveille tous les matins entre 7h et 9h autour de Dimitri Pavlenko.
11:22Dans son édito politique, Alexis Brézé revient sur la copie budgétaire du gouvernement.
11:28Présenté aujourd'hui en Conseil des ministres,
11:29les débats sur le fond vont animer les prochaines semaines.
11:32Mais avant toute chose, Alexis, posons-nous cette question.
11:35Ce budget a-t-il des chances d'être adopté ?
11:37Europe 1, le journal de 20h.
11:41C'est tout le paradoxe de la situation, Dimitri.
11:44Un paradoxe tragique d'ailleurs.
11:46La France, probablement depuis la guerre, n'a jamais eu autant besoin d'un budget.
11:51Mais il n'a jamais été si peu probable que ce budget soit voté par l'Assemblée.
11:57Alors, on ne va pas assister sur la nécessité absolue pour notre pays de pouvoir afficher qu'il sait où
12:02il va.
12:03La France est étranglée par la dette, les marchés financiers sont sur les dents.
12:06Et alors qu'une crise financière peut nous tomber dessus à tout le monde,
12:10ce serait évidemment désastreux de donner le signal d'une France à la dérive incapable de se doter d'un
12:15budget.
12:15Bon.
12:16Mais malheureusement, le calendrier politique rend ce vote quasiment impossible.
12:21Pourquoi ? Parce qu'à six mois de la présidentielle,
12:23personne, hormis les représentants du bloc central et encore,
12:27ne peut donner son aval explicite ou même son assentiment implicite
12:32à l'acte politique qui résume et qui cristallise toute l'action gouvernementale.
12:37La colère est telle dans ce pays que tout l'enjeu de la bataille présidentielle,
12:42pour LFI, pour le PS, pour le Rennes et même pour LR,
12:45c'est d'incarner la rupture avec les années Macron.
12:48Chaque candidat veut pouvoir dire « je ferai le contraire de l'actuel président ».
12:52Évidemment, il vaut mieux ne pas avoir voté son dernier budget.
12:55Bon, donc c'est fichu Alexis, ce budget ne passera jamais.
12:58Alors, ce n'est pas forcément fichu Dimitri.
13:00Parce que si personne, pour les raisons que nous venons de dire,
13:03n'a intérêt à endosser politiquement le budget,
13:06personne, en tout cas personne qui espère gouverner un jour,
13:09n'a intérêt non plus à endosser la responsabilité d'une crise politique
13:14qui pourrait accoucher très vite d'une crise financière gravissime.
13:18Parce qu'apparaître comme le naufrageur de la France,
13:21ce n'est pas très bon quand on nourrit une ambition présidentielle.
13:24Et si jamais on est élu, ce n'est pas non plus un sort très enviable
13:27de se retrouver sous la tutelle du FMI,
13:30contraint de renoncer à son programme pour mettre en œuvre une politique d'austérité.
13:34Donc, si on réfléchit bien,
13:36ce qu'il faudrait, et au fond ça arrangerait tout le monde,
13:39c'est une solution juridique qui garantit ça à la France un budget,
13:43mais qui permette aux partis et aux candidats d'opposition
13:46de s'exonérer de la responsabilité de ce budget.
13:48Alors bon, je sais, c'est un peu technique, c'est un peu compliqué, pardon,
13:51mais cette solution, elle est prévue par la Constitution,
13:54même si elle n'a jamais encore été utilisée,
13:57ce sont les ordonnances.
13:59Au bout de 70 jours de discussion,
14:01si le budget n'est toujours pas voté,
14:03le gouvernement peut décider de l'appliquer par ordonnance
14:06dans sa version initiale.
14:08Alors évidemment, les groupes politiques court-circuités
14:11par cette procédure votent la censure,
14:12le gouvernement tombe,
14:14mais le budget, lui, entre en application.
14:17C'est toute la différence avec le 49-3
14:19qui, si la censure est votée,
14:21aboutit, lui, au rejet pur et simple du budget.
14:24Et c'est d'ailleurs ainsi qu'Emmanuel Macron
14:25aurait voulu qu'on procède l'an dernier.
14:27Mais à l'époque, l'an dernier,
14:29donc Sébastien Lecornu n'avait pas voulu
14:30recourir aux ordonnances.
14:32Pourquoi est-ce qu'il le voudrait cette année ?
14:33Pour une raison assez simple, Dimitri.
14:35En 2025, s'il avait utilisé le forceps des ordonnances,
14:39le budget aurait été adopté, on vient de le dire,
14:40mais il aurait été contraint, lui, Lecornu,
14:434 mois après sa nomination,
14:44de laisser la place à un autre Premier ministre.
14:47Et c'est la raison pour laquelle
14:48il a préféré la voie de la négociation avec le PS.
14:51Ça nous a tout de même coûté la bagatelle
14:53de l'abandon de la réforme des retraites.
14:55Mais cette année, en 2026, c'est très différent.
14:57D'abord, le PS ne veut plus négocier.
14:59Donc cette voie-là, ben Dieu merci, est bouchée.
15:01Et puis ensuite, Sébastien Lecornu,
15:03même s'il est censuré,
15:05et dans cette hypothèse, il le sera,
15:06il n'est plus obligé de quitter Matignon.
15:08Parce qu'à 4 mois d'un scrutin présidentiel,
15:12on ne nomme pas un nouveau Premier ministre,
15:13on garde l'ancien jusqu'au bout,
15:15démissionnaire certes,
15:16mais chargé des affaires courantes.
15:18Et c'est ainsi, grâce à ces ordonnances,
15:21que le bon docteur Lecornu
15:23peut espérer rester dans l'histoire
15:25comme celui qui, sans aucune majorité,
15:27aura fait adopter non pas un,
15:29mais deux budgets.
15:30Alexis Brézel, édito politique
15:31avec nos amis du Figaro,
15:33tous les matins,
15:34à 7h50,
15:35sur Europe 1.
15:36Dans l'édito de Laurent Tessier,
15:37retour sur les blocages de lycées,
15:39la spirale de la violence
15:40paraît désormais inarrêtable.
15:42Et Laurent, c'est à se demander
15:43où est passée l'autorité de l'État.
15:45Chaque jour,
15:46nous montons de plus en plus
15:47dans la violence.
15:47Lundi, 164 interpellations.
15:49Mardi, 440.
15:51Et hier, 625.
15:52Chaque jour,
15:53le nombre de policiers et gendarmes blessés augmente.
15:55Mardi, 48.
15:56Hier, 83.
15:57Pour répondre à ces agressions,
15:59ces dégradations,
15:59pour montrer l'autorité de l'État,
16:01pour sonner la fin de la récréation,
16:03le ministre de l'Éducation nationale,
16:04Edor Jeffrey,
16:05a sorti hier une grande mesure.
16:06Nous allons ouvrir
16:07une grande plateforme de concertation
16:08à laquelle tous les lycéens,
16:10soit à titre individuel,
16:12soit à titre collectif,
16:13pourront alimenter cette plateforme.
16:15Ils pourront faire part
16:16de toutes leurs demandes,
16:17de leurs inquiétudes,
16:18de leurs angoisses,
16:20de leurs incompréhensions,
16:21de leurs revendications aussi.
16:23Une grande plateforme de concertation
16:24pour faire part
16:25de leurs revendications.
16:26Où est l'autorité là-dedans ?
16:27Vous avez peut-être vu
16:28ces images de professeurs frappés,
16:29poursuivis dans la rue,
16:30mis au sol,
16:31ces feux de poubelle,
16:31ces incendies.
16:32Et le ministre de l'Éducation nationale
16:34lance donc...
16:36Nous allons ouvrir
16:37une grande plateforme de concertation.
16:39Quand on n'a pas trop d'idées,
16:41quand on ne sait pas
16:41comment montrer son autorité,
16:42on lance soit un numéro vert,
16:43soit une grande concertation.
16:45Comme Emmanuel Macron,
16:46lors d'un discours
16:46le 27 novembre 2018,
16:48pendant le mouvement
16:48des Gilets jaunes.
16:49Je souhaite que partout
16:50sur le territoire,
16:51cette décision de concertation
16:53puisse être déclinée.
16:54Cette grande concertation
16:55de terrain sur la transition
16:56écologique et sociale.
16:57En attendant la grande
16:58plateforme de concertation,
17:00l'Union étudiante
17:01et l'Union syndicale lycéenne
17:02appellent de nouveaux blocages
17:03aujourd'hui.
17:04Où est l'autorité
17:04quand ces syndicats
17:05partagent sur les réseaux sociaux
17:06un tuto ?
17:08Cinq étapes
17:08pour bloquer sa fac
17:09ou son lycée.
17:10C'est une œuvre d'art.
17:13Je vous lis ce qui est écrit.
17:15Étape 1,
17:16réunir du monde.
17:17Créer un groupe
17:18où tous les membres
17:18sont prêts à bloquer
17:19à 6h30 le lendemain.
17:21Il faut se lever tôt,
17:22ce n'est pas évident.
17:22Étape 2,
17:23prévoir des pancartes,
17:24des enceintes,
17:25des slogans.
17:26Voici quelques idées,
17:27je cite,
17:27Macron nous fait la guerre
17:28et sa police aussi,
17:29mais on reste déter,
17:31déterminés pour bloquer le pays.
17:32Voilà.
17:33L'étape 3 maintenant,
17:34venir à 6h30 et bloquer.
17:35Pour bloquer,
17:36il faut venir en avance
17:37pour avoir le temps
17:38de trouver des poubelles,
17:39barrières,
17:39à mettre devant l'établissement.
17:41Donc ils n'ont vraiment
17:42que ça à faire
17:42et crier
17:43Pas content !
17:44Pas content !
17:45Étape 4,
17:46tout filmer
17:46et les partager
17:47au syndicat lycéen-étudiant.
17:49Et alors là,
17:49Dimitri,
17:49l'étape 5,
17:50faire face à la répression.
17:52Filmer les interventions
17:53de policiers
17:53pour montrer,
17:54je cite,
17:54les violences policières.
17:56Il y a des conseils également,
17:57dissimuler votre visage
17:58ne peut a priori
17:59pas vous contraindre
18:00à une garde à vue.
18:01En garde à vue,
18:02garder le silence,
18:03demander à avoir un avocat.
18:04Voilà ce que font
18:05des lycéens,
18:05des étudiants
18:06au lieu de travailler
18:06pour leur avenir.
18:07Encore une fois,
18:08où sont les parents ?
18:08Mais soyons rassurés
18:09avec cette grande année.
18:12Nous allons ouvrir
18:13une grande plateforme
18:13de concertation.
18:14Allez,
18:15c'est parti pour la concertation.
18:16Europe 1,
18:17le journal de 20h.
18:19Maëlle Senn.
18:20L'édito de Laurent Tessier
18:22tous les matins
18:22à 6h15 et 7h20
18:24sur Europe 1.
18:25Emmanuel Macron
18:26a condamné
18:27ses violences
18:27devant les lycées.
18:28Hier,
18:28le président de la République
18:30en visite en Espagne
18:31ces deux derniers jours.
18:32Et tout ne s'est pas passé
18:33comme prévu.
18:34C'est le sujet
18:35de l'édito international
18:36de Vincent Hervouet.
18:37Un caramba
18:38encore raté.
18:39Depuis bientôt 4 ans,
18:41les deux pays
18:41ont signé
18:42un traité d'amitié
18:43et hier encore
18:44ils ont échoué
18:45à le ratifier.
18:45Dans l'histoire diplomatique
18:47du jamais vu.
18:48Le traité de Barcelone
18:49c'est son nom
18:50par une idée simple.
18:51En Europe
18:52on est tous frères
18:53bien entendu.
18:54Mais entre voisins
18:55et médias
18:55l'histoire enseigne
18:57qu'il faut beaucoup
18:57s'aimer
18:58pour arriver
18:59à se supporter.
19:00D'où le traité
19:01d'amitié
19:01avec l'Allemagne
19:02signé par De Gaulle
19:03et Adenauer.
19:04Il a été renforcé
19:05en 2019.
19:06L'affection
19:07entre les deux rives
19:08du Rhin
19:08est si peu spontanée
19:09que Paris passe son temps
19:11à la consolider
19:12et à céder
19:13aux caprices
19:14de Berlin.
19:14Avec l'Italie
19:15entre deux scènes
19:16de ménage
19:17l'Elysée a proposé
19:18d'en faire autant
19:19à faire conclu
19:20illico presto
19:21en 2021
19:22un traité
19:23avec beaucoup
19:24d'emphase
19:24peu de contraintes
19:25ça allait très bien
19:26aux Italiens.
19:27Emmanuel Macron
19:28a proposé
19:29le même
19:29à Pedro Sanchez
19:31ces deux-là
19:31s'entendent si bien
19:32qu'ils finissent
19:33par se ressembler
19:34près de dix ans
19:35au pouvoir
19:35pas de majorité
19:36au Parlement
19:37ni de budget
19:38plus aucun crédit
19:39dans l'opinion
19:39le temps leur est compté
19:41mais ils resteront
19:42sur scène
19:42jusqu'à la dernière seconde
19:43fiers des réformes
19:45sociétales
19:45qu'ils ont imposées.
19:47Mais sauf Vincent
19:47que le traité
19:48de Barcelone
19:49les élus espagnols
19:50n'en veulent pas.
19:51Alors les députés
19:52ont hésité
19:52les sénateurs
19:53de droite
19:54ont refusé
19:55leur prétexte
19:56c'est que
19:56la participation
19:57occasionnelle
19:58de ministres français
20:00au conseil
20:00des ministres espagnols
20:02dont les délibérations
20:03sont couvertes
20:03par le secret
20:04les gouvernements
20:05ont alors
20:05amendé le texte
20:07les français
20:08resteront dans l'antichambre
20:09l'opposition
20:10s'est obstinée
20:11réclamant le blanc-seing
20:12du conseil constitutionnel
20:14elle l'a obtenu
20:15alors elle a de nouveau voté
20:17c'était mardi
20:18Emmanuel Macron
20:19était à Madrid
20:20pour ramener
20:21comme un trophée
20:21ce traité signé
20:23et bien les sénateurs
20:24de droite
20:24ont voté
20:25no
20:26clarouk et no
20:27ce n'est pas
20:28la France
20:28à la France
20:29qu'ils en veulent
20:29quoique
20:30c'est à Pedro Sanchez
20:32qu'il refuse
20:32de faire un cadeau
20:34il dénonce
20:34son bilan
20:35sa femme mise en examen
20:37son frère en prison
20:38son conseiller politique
20:39aussi
20:39tout ce clan
20:40qui trafique de l'influence
20:41ajoutez la crise
20:43à Ceuta
20:43et vous vous demandez
20:45ce qu'allait faire
20:46Emmanuel Macron
20:47dans cette arène
20:48surchauffé
20:49Vincent
20:49disons qu'il y a aussi
20:504000 entreprises françaises
20:52qui ont des filiales
20:53en Espagne
20:53oui mais le président
20:54n'est pas venu signer
20:55des contrats
20:56une visite d'état
20:56c'est le must du protocole
20:58le tapis rouge
20:59le plus épais
20:59la garde royale à cheval
21:01le couple royal
21:02qui attend
21:02pendant une heure
21:03les macrons en retard
21:04les épouses en dimanche
21:06et il n'y a pas que leurs toilettes
21:07qui sont empruntées
21:08les dirigeants aussi
21:09surjouent les manifestations
21:11d'amitié
21:11et pas un conseiller
21:13pour leur dire
21:14que l'arrivée en Rolls
21:15le défilé de mode
21:17le dîner de gala
21:18tout cet étalage de luxe
21:19est déplacé
21:21alors que les français
21:22peinent à boucler
21:22leur fin de mois
21:23oui c'est le travail
21:24du président aussi
21:25Vincent
21:25de représenter la France
21:26à l'étranger
21:27De Gaulle président
21:28a fait 21 voyages
21:31à l'étranger
21:32en 10 ans
21:33Emmanuel Macron
21:34en a déjà fait
21:35335
21:36et cela ne fait pas 10 ans
21:38l'an dernier
21:39un par semaine
21:40en moyenne
21:4155 voyages
21:42cette frénésie
21:43s'intensifie
21:44moins il pèse
21:45sur la situation
21:45à l'intérieur
21:46plus il se met
21:47en scène
21:47à l'extérieur
21:48contrairement à la tradition
21:50il commente à l'étranger
21:51les affaires du pays
21:52certains de voir
21:53les caméras dociles
21:54et les micros tendus
21:56De Gaulle
21:57était la France
21:58à l'étranger
21:59Emmanuel Macron
22:00est un globetrotter
22:01sans frontières
22:02et sans complexes
22:03Europe 1
22:03le journal de 20h
22:06Maël Hassani
22:07l'édito international
22:09de Vincent Hervouet
22:10tous les matins
22:10à 7h40
22:11sur Europe 1
22:12et puis la signature
22:14européenne du jeudi
22:15la philosophe
22:16Julia de Funès
22:17s'arrête sur l'une
22:18des déclarations fortes
22:19du pape Léon XIV
22:20lors de sa visite en France
22:22ces derniers jours
22:22au sujet de l'aide à mourir
22:24ce qui est légal
22:25n'est pas nécessairement moral
22:27et oui
22:27je voudrais revenir
22:28sur cette phrase
22:29parce qu'elle est
22:29philosophiquement intéressante
22:30la loi dit
22:31ce qui est permis
22:32ou interdit
22:33c'est indiscutable
22:34mais la loi ne dit pas
22:35ce que nous devons
22:36approuver moralement
22:37on peut très bien vivre
22:38dans une société
22:39où un acte est légal
22:40tout en se disant
22:41moi je ne le ferai jamais
22:42c'est tout le sens
22:43de la clause de conscience
22:44le droit permet à certains
22:46sans demander à tous
22:47d'approuver
22:48une permission juridique
22:50n'est donc pas
22:50une prescription morale
22:52et en ce sens
22:53le pape Léon XIV
22:54a parfaitement raison
22:55mais il faut aller plus loin
22:57car la fin de vie
22:57ne se résume pas
22:58ne se réduit pas
22:59au partage
23:00entre la loi
23:01d'un côté
23:02et la conscience
23:03de l'autre
23:03le vrai problème commence
23:05quand deux morales
23:06s'affrontent
23:07du côté de l'église
23:08la position est claire
23:09il n'est pas moral
23:10de permettre à un tiers
23:11de provoquer la mort
23:12d'une personne
23:13même à sa demande
23:14ni de faire entrer
23:15dans le geste médical
23:16un acte
23:17dont la finalité
23:17est la mort
23:18ce sont de vraies positions morales
23:20dans le camp opposé
23:21chez les partisans
23:22de l'euthanasie
23:22il s'agit d'écouter
23:24celui qui est encore capable
23:25de décider pour lui-même
23:27de respecter sa volonté
23:28lorsqu'il parle de sa vie
23:30de sa souffrance
23:31de sa mort
23:31de ne pas lui imposer
23:33de survivre
23:33quand pour lui
23:34survivre est devenu
23:35un calvaire
23:36est-ce immoral ?
23:37bien sûr que non
23:39autrement dit
23:39aucun des deux camps
23:40de camp
23:41pardon Julia
23:42selon vous
23:42n'a le monopole
23:44de la morale
23:44non car les uns
23:46placent leur morale
23:46dans l'interdit
23:47de donner la mort
23:48et dans la protection
23:49de la vie
23:49ce que l'on peut
23:50parfaitement comprendre
23:51les autres placent
23:52leur morale
23:53dans la liberté
23:54d'une personne
23:55consciente
23:55de décider de sa vie
23:56jusqu'au bout
23:57ce que l'on peut
23:58tout aussi bien comprendre
23:59on peut adhérer
24:00davantage à l'une
24:01ou à l'autre
24:02de ses conceptions
24:03mais si on est
24:04philosophiquement honnête
24:05intellectuellement honnête
24:06on ne peut pas faire
24:07comme si d'un côté
24:08il y avait la morale
24:09et de l'autre
24:10son absence
24:10ce sont deux conceptions
24:12morales qui se heurtent
24:13et c'est précisément là
24:15à cet endroit
24:16que le droit
24:17devient moral
24:18parce qu'au fond
24:19qu'est-ce qui permet
24:20à des conceptions
24:21morales différentes
24:22de coexister
24:23dans une même société
24:24c'est précisément
24:25le droit
24:25et c'est parce que
24:26le droit organise
24:27cet espace commun
24:28sans imposer
24:29une morale particulière
24:30qu'il remplit lui-même
24:32une fonction
24:33profondément morale
24:34le légal n'est donc
24:35pas nécessairement
24:37morale
24:37par ce qu'il dit
24:38par ce qu'il prescrit
24:40mais il est moral
24:41par sa fonction
24:42par ce qu'il rend possible
24:43c'est-à-dire
24:44un espace
24:45où plusieurs conceptions
24:46morales peuvent tenir
24:47ensemble
24:47sans que l'une
24:48s'impose aux autres
24:49autrement dit
24:50la moralité du droit
24:52ne tient pas
24:52à une morale particulière
24:54mais à la liberté morale
24:56qu'il garantit
24:57question subsidiaire
24:58est-ce que le droit
24:59parviendra à maintenir
25:01cette cohabitation
25:02cet équilibre
25:02entre des morales
25:03qui ne s'entendent pas
25:04mais qui peuvent cohabiter
25:05c'est ce qui s'est passé
25:06avec l'avortement
25:07voilà
25:07et c'est grâce au droit
25:09et dans sa moralité
25:10que justement
25:10des conceptions morales
25:11peuvent vivre ensemble
25:12mais l'extension du droit
25:13telle qu'on l'observe
25:14Julia
25:14est-ce que ça ne rompt pas
25:16finalement cet équilibre
25:17entre les morales
25:17finalement
25:18on est hors édito
25:20oui oui
25:21non mais si le droit
25:23promeut
25:24si vous voulez
25:24une morale particulière
25:25là on dérive
25:26mais entre permettre
25:27et promouvoir
25:28c'est pas du tout
25:29la même chose
25:29Europe 1
25:31le journal de 20h
25:32Maëlle Sani
25:35Julia Dufines
25:36signature
25:36Europe 1 du jeudi
25:38et demain
25:38vous retrouverez
25:39Catherine Ney
25:40à 8h30
25:40sur Europe 1
25:41très belle soirée
25:42à l'écoute
25:43de votre radio
25:44dans un instant
25:45le journal permanent
25:46suivi de la France Bouge
25:47avec Elisabeth Assayag
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