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Avec Primetime, Lance Oppenheim transforme une émission de télévision controversée en un thriller psychologique aux accents horrifiques. Porté par un Robert Pattinson hypnotisant, le film nous plonge dans les dérives du sensationnalisme médiatique, où la quête d’audience finit par prendre le dessus sur l’humanité.

Entre gros plans oppressants, images aux allures de VHS, éclairages maladifs et ambiance néo-gothique, Primetime nous confronte à une question dérangeante : jusqu’où peut-on aller au nom de la justice et du divertissement ?

Une satire médiatique glaçante, à la frontière entre thriller et film d’horreur

Catégorie

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Personnes
Transcription
00:00Gna gna gna, ce que cette scène faisait, ce n'était pas moral.
00:02Nique les pédos, tu m'entends pas ?
00:04Nique les pédos.
00:06Prime Time est une satire médiatique, un thriller et un film d'horreur aussi.
00:09Imaginez bien les missions de télévision qui piègent les prédateurs sexuels,
00:12qui les confrontent à leurs actes devant des caméras
00:14et puis qui transforment leur humiliation en divertissement pour des millions de spectateurs.
00:18Difficile de ne pas se dire que ces gens méritent ce qui leur arrive.
00:21Je pense que c'est là où Prime Time devient une sorte de terrain glissant.
00:25En fait, pour moi, dès le départ, dès la première scène du film, qui pour moi est la meilleure,
00:28Le film pose une question qui est assez dérangeante.
00:31Est-ce qu'une bonne cause justifie absolument tous les moyens ?
00:35Même quand les personnes visées sont parmi les plus détestables qui soient.
00:38Et surtout, à quel moment la volonté de rendre justice devient-elle simplement une manière de produire du spectacle ?
00:44C'est tout le sujet du film de Lance Oppenheim.
00:47Il s'inspire de l'émission américaine To Catch a Predator, présentée par Chris Henson.
00:51Après, le film ne cherche absolument pas à reproduire des événements
00:54ou à nous présenter une sorte de documentaire déguisé.
00:57Je pense que ce film nous est présenté comme une sorte de cauchemar, en fait.
01:00Déjà, juste par rapport à la mise en scène qui est absolument fabuleuse.
01:03Le format 4 tiers, les gros plans extrêmes, le grain de l'image, les couleurs saturées,
01:07plus les déformations visuelles, les sauts qui rappellent les vieilles cassettes VHS.
01:10Tout semble sortir directement d'un téléviseur des années 2000.
01:13Sauf qu'ici, je ne vois pas ça comme nostalgique, mais plutôt comme une ambiance poisseuse et maladive.
01:18Je pense que le film nous interroge aussi sur notre plaisir à regarder la télévision.
01:21Et au centre de tout ça, on a Robert Pattinson qui, encore une fois, mais quelle performance !
01:26Il incarne Chris Henson qui est persuadé d'accomplir une mission presque divine.
01:30Le mec ne veut pas juste faire son travail, il veut marquer la télévision.
01:33Il veut être celui qui expose les monstres, il veut être celui qui les confronte,
01:37celui qui obtient les images que personne d'autre ne peut obtenir.
01:41Pattinson a ce regard vide, mais malgré ça, cette lueur d'anticipation,
01:44lorsqu'il s'apprête à entrer dans la pièce.
01:46Il sait ce qu'il va faire, il connaît ses répliques, il a préparé la scène,
01:49il se prend pour le héros de sa propre émission.
01:52Toute l'émission fonctionne comme une machine, il faut absolument trouver la prochaine cible,
01:55il faut absolument obtenir une confrontation, il faut produire des images, il faut faire de l'audience.
02:00Et c'est là que le film devient une satire des médias.
02:02Le but, c'est de faire grimper les audiences et de conquérir une meilleure case horaire
02:05pour devenir le programme dont tout le monde parle.
02:08Les êtres humains deviennent du contenu et la justice devient un produit.

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