00:00On va justement écouter maintenant l'intervention du ministre de l'Intérieur Laurent Nunes et du ministre de l'Éducation
00:06nationale Édouard Geffray.
00:08Ça se passe au ministère de l'Intérieur à la veille. Oui, vous êtes en direct sur BFM TV. Nous
00:12sommes à la veille de la nouvelle journée d'action.
00:14Vous pouvez y aller, monsieur le ministre.
00:16Bonjour à toutes et à tous. Donc on organise ce point presse avec monsieur le ministre de l'Éducation nationale
00:23Édouard Geffray,
00:24ici depuis le ministère de l'Intérieur pour faire un point, un bilan sur le mouvement lycéen et sur un
00:30certain nombre d'actions qui vont être mises en oeuvre.
00:33Nous venons de réunir avec monsieur le ministre de l'Éducation nationale en visioconférence l'ensemble des préfets, des préfets,
00:39des rectrices, des recteurs de notre pays
00:43pour faire un point sur le mouvement, un point de situation à date. Je vais vous faire un petit bilan
00:50de la journée d'aujourd'hui
00:52où on a constaté, il faut le dire, une extension du mouvement, un nombre d'établissements concernés qui, au moment
01:02où on se parle,
01:02le bilan n'est pas encore consolidé, on va le consolider dans la journée. Généralement, on arrête nos chiffres plutôt
01:07en fin de journée.
01:08Au moment où on se parle, il a concerné 356 établissements. Donc au même moment, hier, on était à 338.
01:15Donc il y a une légère évolution qui a pu concerner, mais le ministre de l'Éducation nationale, il reviendra
01:21à des établissements nouveaux,
01:22c'est-à-dire qui n'avaient pas été concernés par des actions lors des journées précédentes.
01:28Donc extension du mouvement. Ce qu'on constate également, c'est qu'il y a une montée de la violence
01:32en certains endroits, aux abords de certains établissements.
01:36On a une montée de la violence assez significative avec des prises à partie des forces de sécurité intérieure,
01:41des atteintes aux biens également, des atteintes aux établissements.
01:45On a eu aujourd'hui des faits extrêmement graves qui ont été commis, notamment à Lyon, au lycée La Martinière
01:52d'Hydro.
01:52Il y a eu une intrusion par la violence dans un établissement avec de nombreuses dégradations qui ont été commises.
01:57Ou encore dans un lycée à Rennes, où même chose, on a eu une intrusion et où des véhicules du
02:02personnel, des personnels, ont pu être incendies.
02:05Donc on voit qu'il y a une montée en puissance de la violence, montée en puissance des, encore une
02:11fois, prises à partie des fonctionnaires,
02:12jets de projectiles, violences, dégradations, tentatives de mise à feu.
02:17Et ce qui s'apparente dans ces endroits-là, pour ces exactions-là, je le redis, à ce qu'on
02:22appelle des violences urbaines.
02:26Au moment où on se parle, donc je vous le dis, 356 établissements concernés, nous déplorons 83 membres des forces
02:35de sécurité intérieure
02:36qui ont été blessés aujourd'hui, à date.
02:40Donc ce qui est évidemment extrêmement significatif.
02:43Et systématiquement, donc, les forces de sécurité intérieure sont intervenues.
02:49Systématiquement, quand il y avait des troubles à l'ordre public, des exactions.
02:52Et le nombre d'interpellations, donc, au moment où je vous parle, encore une fois, est de 625.
02:57625 interpellés.
02:58Je rappelle qu'hier, pour l'ensemble de la journée, nous étions à 440.
03:02Donc là, nous sommes à 625 interpellés.
03:05Donc 83 membres des forces de sécurité intérieure blessés.
03:08Et pour les personnels de l'éducation nationale ou des élèves, il y a 32 d'entre eux ont été
03:13blessés.
03:15Donc voilà pour le bilan du jour.
03:16Ce que je veux dire également, c'est que j'ai adressé tout à l'heure une nouvelle instruction
03:21à l'ensemble des préfets, des préfets et des patrons de police et de gendarmerie,
03:27aux directeurs de police et aux commandants de groupement de gendarmerie.
03:31Une instruction pour leur rappeler la doctrine qui était la nôtre.
03:34Nous sommes confrontés à un mouvement de lycéens, dont la plupart sont des mineurs.
03:39Et bien évidemment, cet élément est pris en compte dans les interventions de police.
03:44Je veux le redire.
03:45J'en profite évidemment pour remercier l'action des forces de sécurité intérieure
03:49sous l'autorité des préfets dans les territoires qui interviennent avec beaucoup de proportionnalité,
03:54avec beaucoup de tact pour mettre un terme aux exactions, aux troubles à leur public quand ils ont lieu.
04:01J'ai adressé une instruction au préfet dans l'après-midi, qui reprend d'ailleurs en grande partie les termes
04:06de celles qu'ils reçoivent habituellement sur la gestion des mouvements de lycées.
04:10C'est-à-dire qu'il y a des interventions qui s'effectuent toujours en lien très étroit avec les
04:16responsables d'établissements,
04:17lorsqu'il y a des blocages d'établissements pour procéder à des déblocages,
04:21ou lorsqu'il y a des troubles à leur public sur l'espace public à l'extérieur des établissements.
04:28Et j'ai bien rappelé évidemment au préfet, au préfet, que ces interventions doivent se faire avec la plus stricte
04:34proportionnalité.
04:35Mais proportionnalité ne veut pas dire inaction.
04:38Quand il y a des troubles à leur public, des violences, des exactions, il y a une intervention systématique des
04:43forces de sécurité intérieure,
04:44et qui prend en compte bien évidemment le fait qu'en phase 2, pour la plupart, ce sont des mineurs.
04:50Juste quelques éléments pour caractériser à nouveau le mouvement, puis je passe la parole à M. le ministre de l
04:54'Éducation nationale.
04:56On a constaté qu'en certains endroits, et on avait la présence d'élus,
05:01on a constaté aussi qu'il y avait en certains endroits des individus qui jouaient un rôle d'agitateurs,
05:06qui d'ailleurs passaient d'un établissement à l'autre pour exciter en réalité les lycéens, les élèves,
05:12et les inciter à commettre des exactions.
05:15Bien évidemment, ces individus, chaque fois que c'est possible, ils sont interpellés,
05:18puisque leurs actions tombent sous le coup de la loi pénale, comme vous pouvez l'imaginer.
05:24Voilà, donc je passe la parole à M. le ministre de l'Éducation nationale.
05:29Vous dire qu'on sera attentifs, et j'en termine par là pour ce qui me concerne,
05:33demain où il y a un appel à un blocage généralisé des établissements scolaires,
05:38notamment des lycées, et à un appel qui porte sur le mardi 6 octobre,
05:43où on a un appel également à des déambulations.
05:46Donc on va être évidemment extrêmement attentifs à ces différents appels.
05:50M. le ministre de l'Éducation nationale.
05:52M. le ministre de l'Intérieur, Mesdames et Messieurs.
05:55Alors, simplement, j'allais dire, pour compléter le tableau qu'a dressé le ministre de l'Intérieur de la situation
06:02actuelle,
06:02sur les 350 à peu près établissements qui ont été perturbés aujourd'hui,
06:07il faut savoir qu'il y en a 205 qui ne l'avaient pas été les jours précédents.
06:12Autrement dit, ça conforte ce que disait le ministre de l'Intérieur,
06:15nous avons des groupes qui tentent, si je puis dire, de provoquer des perturbations ou des blocages
06:20en tournant d'un établissement à l'autre, pour voir, entre guillemets, là où cela prend.
06:25Parmi ces groupes, effectivement, certains sont d'une extrême violence.
06:30Je partage avec vous le fait, avec beaucoup de tristesse,
06:35que 119 élèves et personnels ont été blessés depuis vendredi dernier.
06:40C'est 34 personnels qui ont été blessés au total depuis le début des troubles.
06:47Je crois que c'est inédit dans l'éducation nationale.
06:50Et on ne peut évidemment en aucun cas admettre que des agents publics
06:55qui dédient leur vie à leurs élèves puissent faire l'objet d'attaques,
07:01de poursuites parfois, de la part des fauteurs de troubles en question.
07:07Ce n'est ni l'esprit de l'école, ni l'esprit de la République
07:12que la démocratie puisse le céder à la violence.
07:15Deuxième élément, c'est que les revendications sont extrêmement diverses,
07:21souvent très locales.
07:23Elles touchent, bien sûr, pendant ce temps d'entraînement, à la vie scolaire.
07:26Il est question notamment de l'état des bâtiments,
07:28il est question de la situation des cantines,
07:31il est question de classes regardées comme surchargées,
07:34il est question d'emploi du temps regardé comme trop lourd,
07:36il est question de professeurs qui ne sont pas toujours remplacés,
07:40mais il est aussi parfois question de sujets qui n'ont absolument rien à voir avec l'école
07:43et qui peuvent, par exemple, avoir trait à la situation internationale,
07:47au Moyen-Orient, etc., mais sur lesquels, j'allais dire, il n'y a pas d'enjeux scolaires.
07:53Pour permettre de faire face à la suite,
07:56nous avons travaillé, évidemment, avec le ministre de l'Intérieur
07:59et nous avons demandé aux préfets et aux recteurs que nous avons réunis
08:02en cette fin d'après-midi, il y a une heure,
08:05de réunir l'ensemble des présidents de conseils régionaux
08:08et les maires des communes qui abritent sur leur territoire des lycées
08:14pour travailler à la sécurisation des établissements et de leurs abords,
08:18pour à la fois limiter les blocages,
08:20parce que je rappelle que le premier droit d'un lycéen,
08:22c'est celui d'aller en cours,
08:24et aussi pour faire en sorte que la sécurisation des abords
08:27évite que lorsque des groupuscules violents s'infiltrent
08:31parmi des lycéens, j'allais dire, qui font part de leurs revendications,
08:36les choses ne tournent mal.