- il y a 6 minutes
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Art et designTranscription
00:07Je n'arrive pas à reproduire l'entrée de Tom Cruise, on ne se le glisse pas assez.
00:12Pour une fois que j'apprécie un Alexandro Gun The Last Scenari 2, c'est celui que tout
00:15le monde déteste.
00:27Bonjour tout le monde et bienvenue dans ce vlog qui revient dans le
00:30Digger, le nouveau film réalisé par Alejandro Gontález Inarito, avec Tom Cruise dans
00:36le rôle principal, un film qui a un peu fait parler de lui avant de sortir parce que beaucoup
00:42de la promo a été faite autour de Tom Cruise et de sa tentative d'avoir un Oscar, et apparemment
00:48il est en train de se faire lapider maintenant par tout le monde, par la presse, par le public,
00:52etc.
00:52Et honnêtement je ne comprends pas parce que je trouve que ça marche extrêmement bien
00:56et c'est un de mes... probablement celui que j'ai préféré de la carrière de Alejandro
01:01Gontález Inarito, il n'y en a aucun que j'ai envie de revoir dans sa carrière, pas même
01:04Birdman, qui était un de ceux qui était bien passé, celui-ci honnêtement je ne dirais
01:07pas non à le revoir au moins une fois, cela dit c'est peut-être parce que le film réussit
01:10trop bien ce qu'il essaye de faire, on y reviendra dans deux secondes.
01:13Le film revient sur la vie d'un certain Digger Rockwell, un mania du pétrole qui possède
01:19des forages au Groenland, et qui apprend un matin que la calotte glaciaire sur laquelle il avait
01:24installé son forage, s'est détachée, qu'elle menace de s'écraser sur les côtes
01:28de l'Europe.
01:29Il y a donc un énorme désastre écologique qui se dessine à l'horizon, et Digger va
01:34essayer de s'en sortir.
01:35Je ne peux pas aller trop en détail, mais c'est uniquement la surface du film, il y a
01:40quelque chose en plus qui arrive plus tard dans le récit, et je pense que je serais obligé
01:45de faire une section spoiler pour en parler vraiment plus en profondeur.
01:48pour faire un avis rapide, franchement j'ai passé un très bon moment, je suis quelqu'un
01:53qui a toujours eu du mal avec Docteur Folamour, ou comment j'ai appris à aimer la bombe et
01:57ne plus m'en faire, Docteur Strange Love, or How I Learned to Love the Bomb and Stop
02:02Worrying, Stop Worrying and Love the Bomb, qui est la grande satire de Kubrick sur le nucléaire
02:07qu'il avait fait à l'époque, qui moi m'a jamais parlé parce que j'ai jamais réussi
02:12à véritablement sentir la satire dans l'histoire en fait.
02:15Je trouve que l'histoire est, en fait, Kubrick est un mec qui est quand même plus terre-à-terre,
02:18et je trouve qu'il n'arrive pas à gérer l'humour correctement, parce que pour gérer
02:22l'humour il faut aller un peu au-delà de ce qui est terre-à-terre, et donc je trouve
02:24que ce qu'il montre est finalement beaucoup trop réaliste et presque trop crédible et
02:29ça marche pas trop, à l'exception de la farce absolue du film, qui est le Docteur Folamour,
02:33le Docteur Strange Love, qui est donc ce scientifique nazi qui est en fauteuil roulant pendant
02:37tout le film et qui finit en se levant de son fauteuil et en faisant « Mein Führer,
02:41I can walk » et tout le bordel.
02:42« Mein Führer, I can walk »
02:47C'est le seul élément vraiment absurde et délirant du film, le reste est à mon
02:52sens beaucoup trop terre-à-terre et ça m'a jamais fait rire.
02:54Alejandro González-Naritu vient ici de faire l'exact inverse de ce qu'a fait Kubrick
02:59avec Folamour, c'est une satire de satire, ça pousse tellement loin la satire que ça
03:04satirise la satire en fait.
03:07Du coup il n'y a absolument aucune question sur le fait que le film soit satirique, il y a
03:11énormément de passages extrêmement drôles et qui poussent le truc le plus loin possible
03:17avec des blagues qui marchent très bien, notamment celle du chat qui moi me fait mourir de rire
03:20même si c'est très sombre justement, c'est faire de l'humour sur un truc sombre, mais
03:23du coup toute l'histoire sur le chat qui est complètement mourant et qui arrive même
03:26à rester debout dans les bras de son maître, etc.
03:28Même moi qui ai vécu des moments difficiles avec un chat en fin de vie, etc, ça m'a fait
03:32vraiment mourir de rire pendant tout le film.
03:33Et il y a beaucoup de passages et de blagues qui sont très très drôles et où la salle
03:36s'est vraiment marrée à voix haute, la salle n'est pas extrêmement pleine non plus
03:40cela dit, mais la salle s'est vraiment beaucoup marrée devant le film.
03:50Donc, personnellement, j'ai vraiment que du bien à en dire, j'ai passé un très
03:54bon moment devant le film et je vous encouragerais plutôt à y aller.
03:57Pour essayer d'aborder quelques petits trucs sans avoir à aller directement dans les spoilers,
04:01le film est très très beau visuellement, j'en ai déjà parlé avec mon analyse de la
04:05bande-annonce quand elle était sortie, les visuels sont absolument dingues dans ce film,
04:08il y a quelque chose assez kubriquien aussi dans le fait d'avoir des visuels qui sont quasi
04:11des tableaux, tu as des paysages à la fenêtre qui ont clairement l'air d'être des tableaux,
04:16tu as des lumières qui sont magnifiques, tu as toute cette scène qui est au Parlement européen,
04:20qui ressemble clairement à une peinture de Michel-Ange avec ses couleurs et ses teintes
04:23extrêmement crémeuses et ça rappelle vraiment cette façon de... c'est assez contrasté,
04:29il y a beaucoup de couleurs dans la chapelle Sixtine, mais il y a cette ambiance générale beige
04:33et tu sens vraiment qu'il essaye de reproduire ce truc là et ça marche vraiment plutôt bien.
04:36Il y a des décors qui sont assez dingues et le film a coûté assez cher, je crois qu'il
04:39a coûté un peu plus de 100
04:40millions de dollars à réaliser et tu vois pourquoi, parce que les décors sont toujours à la fois extrêmement
04:46grands, extrêmement riches en détails, extrêmement bien habillés, très bien réfléchis, il y a beaucoup de choses
04:51qui sont très intelligentes dans le décor, par exemple le fait qu'il ait des trucs naturels tués partout sur
04:59ses murs, il a des oiseaux empaillés, il a des miroirs avec des serres de serre du coup partout autour,
05:05donc il y a tout un tas de trucs comme ça qui sont vraiment intéressants dans la façon de faire
05:08les décors,
05:09travailler les couleurs bois, les couleurs un petit peu merde et un petit peu pisse je dois dire honnêtement,
05:14des décors qui prennent l'eau depuis des années, il y a une salle d'attente dans la salle du
05:19parlement qui est
05:21complètement délabrée, qui est en train de pourrir, de prendre l'eau, il y a des seaux partout pour récupérer
05:25les gouttes de pluie,
05:26le papier pépin qui se décolle et ça montre bien justement le niveau de délabrement, de déliquescence,
05:31comment est-ce qu'on laisse les choses empirer au fur et à mesure.
05:33Un autre truc qui m'a beaucoup plu au niveau des décors, c'est qu'il y a une artificialité
05:36qui est totalement assumée,
05:38notamment tout son bureau principal, son salon principal, il y a un côté un peu kubrickien aussi d'ailleurs,
05:42un petit hommage à Shining, beaucoup de gens disent que les décors n'ont pas de sens,
05:48ce sont labyrinthiques, etc, ce que je n'ai jamais trouvé vrai, ils font tout à fait sens, ils sont
05:51tout à fait logiques,
05:52surtout si tu prends en compte le fait que c'est des décors de cinéma et que tu vas forcément
05:55gréger certains trucs au cinéma,
05:56mais il y a tout un décor qui est son salon principal, il y a une énorme fenêtre, et en
06:01fait la fenêtre est donc sur le mur,
06:03évidemment le mur fait à peine un mètre d'épaisseur en tout cas, mais juste à côté de la fenêtre,
06:07des deux côtés de la fenêtre,
06:08tu as une porte, et quand tu ouvres la porte, tu vois un long couloir qui se prolonge en profondeur,
06:14mais du côté de la fenêtre, du côté de l'extérieur, ce qui fait qu'en principe tu devrais voir
06:18un mur apparaître à l'extérieur,
06:19tu devrais voir un couloir, tu devrais voir un pan quelque part, pour montrer que l'environnement s'étend de
06:23ce côté-là,
06:23dans cette direction-là, etc, et ils ne le font pas au final, et donc il y a un côté
06:27assumé au côté délirant de certains décors,
06:30au côté artificiel, avant de passer au spoiler aussi, on peut dire que les performances sont assez bonnes de la
06:36part de tous les acteurs,
06:37et notamment Tom Cruise, qui a des séquences assez dingues, il y a toute une séquence avec un plan séquence,
06:44ou presque, parce que juste avant il y a eu quelques cuts, devant les Nations Unies ou le Parlement européen,
06:49l'un ou l'autre,
06:50et quand il rentre vraiment dans le cœur de son monologue, quand il va vraiment y aller à fond,
06:54on commence un plan séquence qui va durer plusieurs minutes, où il va vraiment jouer jusqu'au bout son monologue,
07:01il va partir partout dans le décor, il va faire des cascades, il va sauter sur des trucs, il va
07:05se casser la gueule,
07:06il va se prendre des trucs dans la gueule, il va changer son intensité de jeu, il va passer très
07:10très fort, très très bas, très machin, etc,
07:13et il va passer un peu dans tous les registres en une seule scène, donc c'est vraiment la scène
07:16de démonstration de performances d'acteurs au final,
07:20et tous les autres acteurs du film sont excellents dans leur rôle, le Riz Ahmed, il est très très drôle
07:25notamment,
07:26il y a tout un tas de séquences où il va être complètement bourré, il le joue plutôt bien,
07:30et en même temps il va aussi être vachement investi dans certaines scènes, etc, etc.
07:34John Goodman, en président complètement dingue, passe très très bien aussi,
07:37j'avais dit quand j'ai vu l'abandon parce que c'était clairement une satire de Trump, plus ou
07:41moins,
07:41disons qu'il y a beaucoup de codes visuels qui évoquent Trump, mais en soi le mec n'est pas
07:47vraiment cette satire de dirigeant débile,
07:51en revanche il a un peu ce côté, un peu Trumpien, mais qui peut arriver à peu près à n
07:55'importe qui,
07:56de folie des grandeurs, où il est persuadé que le monde tourne autour de lui, littéralement il pense être le
08:02monde,
08:02il y a toute une scène où il parle de ça, où il fait un parler entre ce qui se
08:04passe dans le monde et ce qui lui arrive à lui,
08:07et la performance de John Goodman à ce moment-là est évidemment complètement dingue,
08:10le mec joue au maximum, pourtant il a l'air diminué John Goodman, je ne sais pas ce qu'il
08:16s'est pris dans la gueule là,
08:17ou si c'est du maquillage, mais je ne crois pas que ce soit du maquillage,
08:19mais il a vachement perdu de poids d'un seul coup, il fait du coup tout maigre alors qu'il
08:22était quand même identifié par son poids
08:24pendant une bonne période de sa carrière, jusqu'à très récemment,
08:28et donc du coup c'est vrai que c'est un peu inquiétant, je vous avoue, de le voir aussi
08:30maigre que ça,
08:32mais clairement ça ne l'atteint pas du tout au niveau de sa performance, parce qu'il est à fond
08:34de la caisse,
08:35et comme il doit jouer à un personnage diminué, peut-être qu'il a eu un truc,
08:38peut-être qu'il a fait un régime avant de tourner, etc, etc, je ne sais pas exactement ce qui
08:41se passe,
08:41je ne sais pas en tout cas qu'il n'a rien, parce que c'est un très bon acteur
08:43John Goodman.
08:44Et tout le casting est excellent, on a Sandra Huller qui revient, qui va jouer dans Anatomy d'une chute,
08:48on a Jesse, je ne sais jamais si c'est Piemonts ou Plemonts, Plemonts,
08:52le mari de Kirsten Dunst, qui fait aussi une très bonne performance dans un rôle un peu surprise,
08:59on ne sait pas qui c'est pendant une bonne partie du film, et puis ça va être révélé un
09:02peu plus tard.
09:03Donc vraiment, performance excellente, musique aussi, musique et bruitage excellent,
09:08beaucoup de bruit et de musique très sourde d'un seul coup pour marquer certains événements importants,
09:12beaucoup de jeux sur des effets sonores par exemple, des effets de nature,
09:18qui vont être mis au-dessus de certaines images, au-dessus du générique de fin par exemple,
09:21on a des bruits de la nature, un bruit de forêt tropicale par exemple,
09:25il y a beaucoup de sons parasites partout, dans tous les décors, dans tous les environnements,
09:30et dans tous les dialogues, ce qui fait que du coup ça reproduit un petit peu cette idée que
09:35le vrai message est parasité par tout un tas de trucs, et qu'on n'arrive pas à vraiment écouter
09:38les choses,
09:39et à vraiment faire en sorte d'agir, etc.
09:41Il y a un truc aussi, c'est marrant, il y a tout un passage où Digger, Tom Cruise, est
09:47en train de parler,
09:48et il est dans son appartement, il passe derrière des colonnes,
09:50et en fait à chaque fois qu'il passe derrière une colonne, sa voix est modifiée,
09:54et tu sens que tu captes pas toutes les fréquences de sa voix qui sont interrompues par la colonne,
09:59et que le son se réverbe de façon un petit peu différente,
10:01et du coup il y a un côté presque un peu naturaliste au son,
10:05où il provient vraiment de ce qui est filmé à la caméra,
10:08et si le personnage se retourne, tu l'entends un peu moins bien, etc.
10:10Je crois pas que ce soit tenu dans toutes les scènes,
10:12mais en tout cas dans une bonne partie des scènes c'est tenu,
10:14et puis il y a de très beaux visuels et de très beaux jeux,
10:16mais je peux pas totalement en parler sans arriver à la partie spoiler.
10:18Donc maintenant, je vous conseille d'aller voir le film,
10:21je passe à la partie spoiler pour ceux qui ont déjà vu le film,
10:24et qui veulent aller un petit peu plus loin dans le truc,
10:25et notamment sur la question de la satire.
10:28En vérité, le film est donc une satire de satire,
10:31c'est-à-dire que le film sait pertinemment ce qu'il est.
10:34Il sait que c'est le sempiternel film qui essaye de nous prévenir par rapport aux dangers climatiques,
10:39dans la lignée par exemple de Don't Look Up, par exemple,
10:41de Le Jour d'après, de Roland Emmerich par exemple,
10:43ça date d'il y a un petit peu de temps, ça pétaratait de partout,
10:45mais c'est un petit peu la même idée aussi, quoi.
10:47Et il sait, justement c'est le côté satire de satire,
10:50il sait aussi que c'est un peu voué à l'échec.
10:52Il sait que c'est un exercice un petit peu vain,
10:55et qu'on a beau prévenir les gens autant qu'on veut,
10:57on n'arrivera jamais véritablement à faire quelque chose,
10:59et à agir pour empêcher les choses d'arriver avec un film.
11:02C'est justement le contraire de cette espèce de pensée très poétique,
11:08comme quoi un film peut changer le monde,
11:09l'art peut changer les gens, etc.
11:11Et là c'est l'inverse, c'est en train de dire,
11:13mais par exemple, ça évoque l'IA à un moment,
11:15et on fait, mais regardez,
11:17combien de films on a fait sur des IA qui deviennent dingues,
11:19et sur le fait que ça retire le contrôle aux humains,
11:21et que ça soit dangereux, et que ça puisse faire ci, etc.
11:24Et on est quand même en train de le faire,
11:26et on est justement en train de voir arriver tous les problèmes qui peuvent arriver,
11:28on est en train d'essayer de limiter nos IA à l'heure actuelle,
11:31pour pas qu'elles fassent les genres de conneries qu'elles font,
11:33où on a des IA qui vont pirater des trucs qu'elles ne devraient pas pirater, etc.
11:36et qui agissent indépendamment.
11:37Je crois que j'ai entendu quelqu'un dire il n'y a pas longtemps
11:39que les gens qui développent l'IA la développent sciemment, sans curiosité,
11:42parce que la pire chose qu'ils pourraient imaginer,
11:44c'est une IA qui commence à devenir consciente d'elle-même,
11:46qui commence à questionner les choses, etc.
11:48Mais malgré tout, on la développe cette IA,
11:49avec le risque qu'on arrive à ce genre de débordement,
11:51et donc du coup, on va satiriser la satire,
11:57jusqu'au fait que la campagne de promo soit une campagne de promo satirique.
12:04Quand la bande-annonce est sortie, la première bande-annonce de Digger,
12:06c'était une bande-annonce de 2 minutes 30,
12:08et c'était 1 minute 30 de montage de scènes d'autres films de Tom Cruise,
12:12en axant tout le film sur « Regardez, c'est Tom Cruise ! »
12:14Il va faire sa performance d'acteur,
12:15il a fait des performances d'acteurs pendant des années,
12:17et maintenant il va faire sa grande performance,
12:18sa plus grande performance dans Digger,
12:19d'aller rendre reconnaissance d'un scénar et tout,
12:2130 secondes de film et fin de bande-annonce.
12:23Et quand j'avais vu le truc, j'avais fait.
12:24Pourquoi est-ce que tu fais une bande-annonce
12:25uniquement sur le fait que tu as une performance de Tom Cruise ?
12:27En plus, c'est vraiment une grosse demo reel
12:30de tout ce qu'a fait Tom Cruise dans sa carrière.
12:32Et en fait, maintenant que je vois le film,
12:33je comprends qu'il y a un côté satirique à ce truc-là.
12:35C'est le côté satirique du film à Oscar,
12:37le côté satirique du film à performance d'acteur,
12:39qui se vend sur tel ou tel acteur,
12:41qui va faire son show devant la caméra,
12:43qui fait effectivement son show devant la caméra devant le film,
12:45mais on satirise du coup le fait que ce soit ce qu'on est en train de faire.
12:48Et on va au bout du truc avec justement la séquence dont j'ai parlé en plan séquence,
12:52où il est en train de faire tout son monologue, etc.
12:54C'est typiquement le genre de séquence à Oscar
12:56qu'on va faire pour un film,
12:57et ils le font presque ironiquement, satiriquement.
13:01Rien que ça, par exemple, je trouve ça assez génial
13:02dans la façon de promouvoir le film.
13:04Je pense aussi qu'il y a beaucoup de gens qui se sont sentis cons,
13:07qui se sont fait avoir par cette fausse campagne de promo,
13:10par les promesses du film,
13:12et qui du coup sortent de là extrêmement vexés et énervés.
13:16Du coup, c'est pour ça que le film se prend quelques mauvaises critiques dans la gueule.
13:20Mais donc, pour aller au bout de la satire de la satire,
13:23le film, en vérité, ne filme pas
13:26l'événement cataclysmique.
13:29Le film se concentre sur une pièce de théâtre
13:32qui rejoue les événements de ce cataclysme.
13:35Pour quelque part dire,
13:37ce genre de film ne sert à rien en fait.
13:38On a beau essayer de te prévenir sur le monde qui va arriver bientôt,
13:42on a beau essayer de te prévenir sur les cataclysmes,
13:44sur les dangers, etc.
13:46Au final, ça ne change rien,
13:48et le seul truc que ça apporte, c'est un côté cathartique pour le public.
13:51Et donc, c'est une pièce qui est jouée dans le futur,
13:53ça se voit très clairement que c'est le futur,
13:55avec des téléphones beaucoup plus avancés,
13:57les décors sont complètement dingues,
13:58avec tout un tas de...
13:59C'est du volume en LED, en fait,
14:01qui projette des décors autour des trucs.
14:03On va mettre des miniatures qui sont en train d'être utilisées
14:05pendant le spectacle, etc.
14:06Donc, il y a tout un tas de débauches technologiques.
14:09Et en fait, c'est la représentation de la pièce dans le futur,
14:12après que le cataclysme soit arrivé,
14:13et les acteurs sont du coup en train de jouer
14:16les événements qu'on pensait que le film Digger allait raconter, en fait.
14:20Il rejoue au passé ce qu'on pensait être
14:22un film pour te préparer à l'avenir, quelque part.
14:25Et donc, c'est profondément satirique.
14:26C'est l'idée qu'on a beau essayer de nous prévenir,
14:28le bordel va arriver,
14:30et une fois que le bordel sera arrivé,
14:31tout ce qu'on pourra faire,
14:32c'est essayer de gérer avec le bordel qui est arrivé.
14:35Et quelque part, il y a une petite touche,
14:39un soupçon d'espoir saupoudré dans le truc,
14:41ou en tout cas, on peut le voir,
14:42je ne sais pas si le film veut qu'on le voit,
14:43mais il y a un soupçon d'espoir saupoudré dans le fait que
14:46on est toujours là, en fait.
14:47L'humanité continue à exister,
14:49et on aura toujours une forme de vie quelconque,
14:52et on finit avec un plan sur un futur dystopique,
14:55avec un New York à moitié dans l'eau,
14:56avec l'armée qui est dans la rue en train de maintenir l'ordre, etc.
15:00Mais au final, quand il y a quelqu'un qui leur jette un truc à la gueule,
15:02l'armée ne répond pas, elle ne riposte pas,
15:03elle est juste là, quelque part, en apparence,
15:06pour essayer de maintenir les apparences, on va dire.
15:08Il y a des espèces de taxis ultra-futuristes
15:10qui ressemblent à des pièces de maisons entières
15:13qui sont en train de voler avec des trucs en drone
15:15partout dans les rues.
15:16Tu as tout un tas de drones de livraison
15:19qui passent dans le ciel, etc.
15:20Et la population est quand même énorme, en fait.
15:23Les rues sont complètement remplies
15:24de figurants et de personnes qui sont en train de passer.
15:27Donc l'humanité est encore là,
15:29et on a encore une forme de confort,
15:30et on arrive quand même à peu près à vivre.
15:32Juste, on doit gérer avec le fait que
15:34quand tu sors de la salle de théâtre,
15:35tu dois mettre ton masque à gaz
15:36pour gérer le taux d'oxygène extrêmement limité
15:39dans l'air, je suppose,
15:40et puis des infections, et puis des trucs dans ce genre-là.
15:42Et la vie continue à avancer.
15:43Donc c'est tragique,
15:45mais on est quand même encore là.
15:47L'humanité ne disparaîtra pas non plus
15:48avec ce genre de cataclysme.
15:49Il y aura des pertes monstrueuses,
15:51mais l'humanité va continuer à perdurer malgré tout.
15:55Et donc il y a quelque chose de fondamentalement
15:58cynique dans cette façon de représenter les choses,
16:01dans le fait aussi que les acteurs et les personnages
16:04vont eux-mêmes critiquer l'aspect satirique du film
16:07et se demander « mais en quoi est-ce que c'est une satire ?
16:09Est-ce que c'est pas juste une comédie ?
16:10Est-ce que c'est pas complètement con ? »
16:11Le metteur en scène va défendre le truc
16:13avec le côté, et une autre personne,
16:15donc Jesse Plemons,
16:16qui est en fait le fils de Digger,
16:18le petit-fils, je crois,
16:19le petit-neveu de Digger,
16:20dit « mais en fait,
16:21vous avez tous raison en fait,
16:22et peu importe que ce soit pas véridique
16:24ce qui se passe dans la pièce,
16:26le but c'est de permettre au public
16:28de décompresser,
16:30de faire son deuil,
16:31de se venger,
16:33d'assouvir certaines pulsions,
16:35etc. »
16:36Et c'est donc ça le seul et unique but
16:38de tout ça en fait.
16:39Malgré les absurdités,
16:40malgré les exagérations,
16:41malgré les faits que certaines choses
16:42ne se produiraient pas telles quelles,
16:44le côté cathartique
16:45est le truc principal en fait
16:47de ce genre de film.
16:48Mais quelque part,
16:49en le disant,
16:50on montre aussi
16:51à quel point c'est vain
16:51de faire ce genre d'effort.
16:54Personnellement,
16:55j'adore ce film,
16:56j'adore ce message,
16:58j'adore la façon
16:58de faire passer cette idée,
17:00et je trouve ça super bizarre
17:01que ça passe aussi mal
17:02auprès de tout un tas de gens.
17:04Je pense que du coup,
17:04il doit y avoir une question
17:05extrêmement politique,
17:06c'est-à-dire que
17:07les gens de droite
17:08vont évidemment mal réagir
17:10à la représentation
17:11qui est faite
17:11du président américain
17:13qui évoque donc
17:13Trump en bonne partie,
17:15du commentaire qui est fait
17:15sur les millionnaires
17:16parce qu'il déteste
17:17qu'on attaque les millionnaires
17:17à l'Ilon Musk,
17:18Jeff Bezos et tout le bordel.
17:20Et en même temps,
17:21les gens de gauche
17:21vont détester le fait
17:23qu'on est en train de dire
17:24que tous ces efforts,
17:25toutes ces manifestations,
17:27toutes ces tentatives
17:28de régler les choses,
17:30etc.,
17:31sont vaines
17:31et n'arriveront jamais
17:32et que en vérité,
17:34ça ne sert à rien
17:34de faire tout genre de trucs
17:35et que c'est juste
17:35un doudou.
17:37Ce genre de films
17:37sont juste des doudous
17:38pour écologistes,
17:39en fait,
17:39quelque part,
17:40pour se rassurer,
17:41se dire qu'on est bien
17:42du bon côté de l'humanité,
17:43du bon côté des choses
17:44et on essaye de faire quelque chose
17:45et on fait la leçon
17:46un petit peu à tout le monde
17:47et en même temps,
17:48rien ne changera jamais
17:49malgré toutes les leçons
17:50qu'on fait,
17:50en fait.
17:51J'adore le film,
17:53vraiment,
17:53je trouve que le message
17:54est super bien foutu,
17:55passe super bien
17:55et très bien mis en scène
17:57et représenté par le film
17:58qui, du coup,
17:59assume son artificialité
18:00de bout en bout,
18:02son commentaire
18:02sur les acteurs
18:03avec le fait
18:04qu'on voit l'acteur
18:05se préparer pour son rôle
18:06et avoir ses petits délires
18:07dans son coin
18:07et péter son câble
18:09avec son acteur en scène
18:11et dire que tout ça
18:12ne sert à rien
18:13et avoir tous ces problèmes
18:14avec le texte
18:15et les machins,
18:16etc.
18:16Trahir donc l'artificialité
18:17de la mise en scène
18:18avec ces décors
18:19qui sont clairement
18:21incohérents et absurdes
18:22avec donc cette porte
18:24qui donne sur tout un pan de mur
18:25qui n'est pas visible
18:26et qui n'existe pas
18:26à la fenêtre du mec,
18:28tous ces décors
18:28où on assume le fait
18:29que ce soit des miniatures
18:30ou des moments
18:31où des effets vont rater
18:32et puis tu vas avoir
18:32le technicien
18:33qui va venir remettre
18:34tout l'effet spécial en place
18:35et on va avoir des discussions
18:36avec toute l'équipe technique,
18:37etc.
18:39j'ai trouvé que c'était
18:40une super bonne idée
18:40que c'était super bien foutu
18:42peut-être que c'est du coup
18:43trop direct
18:44et que c'est peut-être pour ça
18:45que certaines personnes
18:45vont avoir du mal
18:46avec le truc aussi
18:48contrairement,
18:48comme je vous l'ai dit,
18:49moi je le compare
18:49à Docteur Folamour
18:50le film lui-même
18:51se compare à Docteur Folamour
18:51il y a toute la reprise
18:52du plan sur la grosse ogive
18:54sans doute nucléaire
18:55en tout cas la grosse bombe
18:56qui va être larguée
18:56par l'avion
18:56avec marqué
18:57Suck it nature
18:58et je crois qu'il y a
18:59à peu près la même chose
19:00marquée sur l'ogive
19:01de Docteur Folamour
19:03c'est marqué
19:04un truc genre
19:05hello
19:06ou un truc dans ce genre là
19:07il me semble qu'il y a
19:08un message qui est marqué
19:09sur la bombe
19:10de Docteur Folamour
19:10aussi à un moment
19:12et donc l'allusion
19:13est très clairement faite
19:14mais là où Docteur Folamour
19:15est à mon sens
19:16trop subtil dans son message
19:17et va pas assez dans le truc
19:18là le film est
19:20ultra clair sur son message
19:21et va à fond
19:22dans sa satire
19:23et dans tout ce qu'il essaye
19:24de prouver en fait
19:25et à ce qui me concerne
19:26je trouve que ça passe
19:26beaucoup mieux finalement
19:27d'avoir ce côté
19:28extrêmement artificiel
19:29et de dire clairement
19:31ce qu'on fait
19:31et de parler même
19:32de la vacuité
19:32de ce qu'on fait
19:33par rapport au film
19:35de Kubrick
19:35qui est tellement terre à terre
19:37que t'as même pas l'impression
19:38que c'est une satire
19:38que c'est juste
19:39presque un docu-fiction
19:40sur ce qui pourrait se passer
19:42véritablement dans le monde
19:44et qui quelque part
19:45n'a pas vraiment
19:46d'impact non plus
19:47je veux dire
19:48justement tous ces films
19:49qu'on a fait
19:49pour prévenir
19:50les guerres nucléaires
19:50tous ces univers post-apo
19:52qu'on a fait
19:52pour parler de retombées radioactives
19:54et des trucs dans ce genre
19:54toute cette peur
19:55qu'on a eue
19:56par rapport à la bombe
19:57pendant les années 60
19:58et même après
19:59pendant toute la guerre froide
20:00jusqu'aux années 80
20:0280
20:02parce que c'est
20:0488
20:04ou 89
20:05la chute d'humain de Berlin
20:06au final ça n'a servi à rien
20:07les armes nucléaires
20:08ont proliféré
20:09aujourd'hui même l'Iran
20:10en a
20:10et c'est pour ça
20:11que les Etats-Unis
20:11veulent aller
20:11l'en mettre sur la gueule
20:13et donc en fait
20:14oui malgré tout
20:15tout ça est vain
20:16et donc autant
20:17y aller direct
20:18et le dire franchement
20:19en fait
20:19autant dire les choses
20:20très clairement
20:21quoi
20:21donc vraiment
20:22moi j'ai beaucoup aimé
20:22donc sortons des spoilers
20:25moi j'ai vraiment
20:25beaucoup aimé
20:26ce que fait le film
20:26je vous laisse
20:28profiter des surprises
20:28quand vous irez le voir
20:29j'espère que vous irez
20:30le voir le film
20:32et encore une fois
20:33c'est toujours comme ça
20:34à chaque fois qu'il y a
20:35un réalisateur que tout
20:36monde adore
20:36et d'un seul coup
20:37il fait un film
20:37que tout monde déteste
20:38c'est le film
20:39que je trouve appréciable
20:40dans sa filmographie
20:40j'ai pas eu ça
20:41avec Francis Ford Coppola
20:42cela dit
20:42pour Megalopolis
20:44tout le monde a dit
20:45que c'était de la grosse merde
20:45au final
20:46mais honnêtement
20:47c'est limite un sketch
20:48je crois qu'on essaye
20:49de me faire une blague
20:49quelque part
20:50parce que
20:51contrairement à
20:52beaucoup d'autres films
20:53d'Hinaritu
20:53que j'ai vraiment
20:54pas aimé du tout
20:55par exemple
20:55The Revenant
20:56que j'ai vraiment
20:57pas supporté
20:58et qui est typiquement
20:59justement en plus
20:59performance à Oscar
21:00là pour le coup
21:01non j'ai passé un bon moment
21:02j'apprécie le film
21:03je pense que j'apprécierais
21:04de le revoir
21:04à un moment ou à un autre
21:05et j'espère que
21:06vous serez nombreux
21:07à penser comme moi
21:09voilà
21:10prenez soin de vous
21:11allez voir des films
21:12ciao
21:30Sous-titres par Juanfrance
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