00:00Ouais, en fait, dans ce pays, j'ai capté.
00:01Quand les jeunes ne s'intéressent pas à la politique, on leur reproche leur indifférence.
00:04Par contre, quand ils ont des choses à dire et qu'ils se mobilisent,
00:06ah bah là, pour le coup, oh, ils sont trop violents, oh, il y a un certain parti qui les
00:09manipule.
00:10Et outre le fait qu'il y ait beaucoup de conneries qui a été dites,
00:12en fait, à quel moment les gens vont accepter que les jeunes ont aussi des choses à dire ?
00:15Bon, je vais pas te refaire l'histoire, je pense que tu l'as déjà entendu.
00:17Mais en ce moment, il y a des lycéens qui se mobilisent pour avoir des professeurs,
00:20des classements chargés, bref, des meilleures conditions pour étudier, quoi.
00:23En phase 2, on peut entendre des gens qui vont jusqu'à dire qu'ils font tout ça pour ne
00:27juste pas aller en cours.
00:28Alors, évidemment, on peut discuter des blocages mille et une fois,
00:31même si pour moi, c'est vraiment pas le sujet principal.
00:34En fait, toute cette situation, mais on exergue le fait que, bah, dans ce pays,
00:37on préfère donner des fausses intentions à des gens plutôt qu'écouter leurs revendications.
00:40Et quand on sait que là, on parle des jeunes, c'est-à-dire le futur de notre pays,
00:44ouais, bah ouais, il faut aller se faire voir.
00:45Eh bien, cette mauvaise façon de regarder les jeunes, il y a un film qui en parlait il y a
00:48presque 100 ans.
00:50100 ans d'avance sur certaines personnes, quand même.
00:51C'est un peu la honte.
00:52Avant qu'on aille plus loin, si tu aimes ce que je dis, évidemment, et le cinéma,
00:55bah, n'hésite pas à liker et à t'abonner pour la force.
00:57Je t'en remercie d'avance.
00:58En 1933, Jean Vigo réalisait Zéro de conduite.
01:01En gros, c'est un film qui parle de jeunes qui vont se révolter dans un pensionnat autoritaire.
01:05Et, bah, quand on regarde d'un mauvais prisme,
01:06on voit juste des enfants indisciplinés qui veulent foutre le bordel dans un pensionnat.
01:10Sauf que, bah, justement, le réalisateur, il déplace notre regard.
01:13Le réalisateur nous fait partager leur quotidien, leur punition et leur besoin de liberté.
01:17Et de fait, leur comportement devient beaucoup plus compréhensible.
01:20Et ça, d'ailleurs, bah, c'est une force du cinéma.
01:21Nous faire passer du jugement d'un comportement à la compréhension d'une situation plus globale.
01:25Du coup, tu vois, là où je veux en venir, hein,
01:27il y a des personnes, haut placées ou non, d'ailleurs, qui n'arrivent pas à faire ce pas de
01:30recul.
01:30Parce que, oui, une fois que tu écoutes les revendications des jeunes,
01:33ah, bah, ouais, tout de suite, ils paraissent moins fous.
01:34Les images sur les blocus ne racontent absolument pas les revendications derrière.
01:38À savoir, bah, une envie plus décente d'étudier.
01:40Ce qui est tout à fait normal, normalement.
01:41Sauf que lorsqu'on a un maire qui vient soutenir ces mêmes jeunes dans leur combat,
01:45bah, là, on se pose des questions sur, est-ce que ce parti, bah, exploite ce chaos ?
01:48Il faut se rendre compte d'à quel point c'est machiavélique ce qu'ils font.
01:51Dire que ces jeunes sont manipulés par un parti, c'est littéralement décrédibiliser leur combat.
01:54Et là encore, on peut faire un lien avec le film Zéro de Conduite.
01:57Parce qu'il faut sachez que ce film, bah, il n'a pas été autorisé en France avant la libération.
02:01Cette censure a montré quelque chose qui est encore d'actualité aujourd'hui.
02:03À savoir que certaines personnes ont du mal à reconnaître
02:05que les jeunes peuvent avoir un point de vue sur l'autorité qui s'exerce sur eux.
02:09Ça ne signifie pas, évidemment, que tous les gestes sont acceptables.
02:11Comprendre une colère n'oblige pas à l'excuser, on est d'accord.
02:14Mais si l'école doit former des citoyens capables de réfléchir,
02:17leur réflexion doit aussi porter sur l'école elle-même.
02:20Et ça signifie également que leurs revendications doivent être écoutées,
02:22bien qu'on sait que certains ont vraiment beaucoup de mal avec ça.
02:25Spécialement qu'on sait des jeunes de banlieue.
02:27Mais, c'est pour un autre débat.