00:01Emmanuel Macron, alors là vous allez écouter Emmanuel Macron, c'est formidable.
00:05Cet homme, il faut qu'il se présente à la présidence de la République.
00:07Ah oui, ce qu'il a dit en Espagne, alors là vraiment on sent que c'est un homme qui
00:12a un vrai programme pour la France.
00:15Il faut vraiment qu'il le mette en route.
00:17Moi je vais voter pour lui s'il se représente.
00:20Ah oui, non mais il a fait la bonne analyse.
00:22Emmanuel Macron.
00:25Il y a cette fatigue démocratique qui s'est installée.
00:28Alors, elle fait émerger ce que vous avez appelé des national-populismes.
00:34Pourquoi ? Parce que quand il y a une angoisse qui monte face à cette multi-crise,
00:39les extrêmes sont beaucoup plus à même d'attraper l'angoisse et la colère.
00:44C'est plus efficace.
00:46Et donc vous avez des montées d'extrêmes partout en Europe.
00:48C'est clair, avec des réponses simplistes, mais des réponses en disant
00:54avec moi ça ira beaucoup plus vite, ce sera beaucoup plus radical.
00:56Ça correspond à la polarisation des sociétés et ça correspond aux conséquences de ces crises multiples qui ont émergé.
01:03Est-ce que je pense qu'on va les arrêter du jour au lendemain ? Je ne crois pas.
01:06Je pense que c'est là, ça s'installe, ça va aux extrêmes.
01:09La question c'est quelles réponses on peut apporter et comment agir pour traiter en profondeur ce que nos sociétés
01:14vivent.
01:15– Mais ça fait dix ans, en fait, qu'il pourrait répondre à cette question.
01:19Et écoutez ce qu'il dit sur les classes moyennes.
01:21C'est un commentateur, monsieur Macron.
01:23Écoutez ce qu'il dit sur les classes moyennes.
01:25C'est très intéressant d'ailleurs parce qu'il a raison.
01:28Ces vingt dernières années, en produit intérieur brut par habitant, on a décroché par rapport aux Etats-Unis.
01:34Plus des deux tiers de l'explication de ça, c'est qu'on innove moins.
01:38Donc on doit ré-innover beaucoup plus fort.
01:40Alors, si on veut recréer du consensus dans nos démocraties, et à cet égard, l'innovation qui va à travers
01:45l'IA, la robotique,
01:46il faut la voir aussi comme une opportunité, si on sait bien l'organiser,
01:49parce qu'elle peut redonner des marges de manœuvre à nos sociétés pour nos modèles sociaux
01:54et pour permettre justement de les financer et retrouver ce compromis avec les classes moyennes
01:59et leur permettre de réavancer.
02:01Et tout ça suppose de renforcer et réadapter nos modèles éducatifs,
02:04parce qu'il n'y a pas de progrès social sans modèle éducatif adapté à ces évolutions technologiques.
02:10Et mon dernier point auquel je crois beaucoup aussi, et j'arrêterai là,
02:13c'est que dans ce contexte-là, pour réussir cet agenda, il faut une Europe plus indépendante.
02:18Parce que si cette Europe, elle est faible face au retour des empires, elle va perdre sa souveraineté.
02:23Si elle n'achète que de la technologie américaine, elle ne pourra rien réguler.
02:27Et si elle est simplement consommatrice de ce qui est fait ailleurs,
02:32elle ne réglera pas le problème de croissance qu'elle a avec ses classes moyennes et de modèles économiques.
02:36Et c'est pour ça que l'agenda d'autonomie stratégique, de la défense à la technologie,
02:43passant par tous les domaines de la chaîne de valeur, est clé,
02:46parce que c'est ce qui nous permet de décider pour nous-mêmes.
02:48C'est terrible. Je assure Emmanuel Macron, c'est terrible.
02:51C'est-à-dire que le bilan, c'est parce que l'Europe, il n'y a pas assez d
02:54'Europe,
02:54que la France n'est pas là où elle devrait être. C'est terrible.
02:58Mais vous savez, ça n'a plus aucun impact. Emmanuel Macron, vous avez raison,
03:01est dans le poste du commentateur.
03:03Et il y avait une chose qu'il voulait préserver jusqu'au bout, c'était sa stature internationale, etc.
03:08Hier, pendant le grand dîner de gala en Espagne, il s'est pris un camouflet,
03:12puisque le Sénat espagnol a rejeté la proposition de ratification du traité d'amitié France-Espagne.
03:19Hier soir, pendant que le président était avec sa femme en déplacement en Espagne,
03:23à 142 voix contre 106, pendant qu'il était en dîner de gala avec les députés espagnols.
03:27Alors expliquez-nous, c'est quoi ce traité ?
03:30C'est très symbolique, mais c'est vraiment pour montrer que même sa posture internationale,
03:34ça ne fonctionne plus du tout.
03:36Emmanuel Macron vient en Espagne, il y a tout le tralala, le dîner de gala, etc.
03:39Et ensuite, le Sénat, à ce moment, doit voter.
03:43Est-ce qu'il ratifie un traité d'amitié France-Espagne ?
03:45On en a un, par exemple, avec l'Allemagne, on en a un avec l'Italie, etc.
03:49L'Assemblée espagnole l'avait voté.
03:50Le Sénat espagnol, qui est à majorité à droite, l'a rejeté à 142 voix contre 106,
03:56en cause d'un article qui intégrait une participation au Conseil des ministres
03:59avec un Espagnol qui vient tous les trois mois, un Français qui y va.
04:02Mais c'est le symbole qui est important.
04:04C'est que l'Assemblée espagnole, enfin du coup les sénateurs,
04:07se sont permis de rejeter ça pendant qu'il était en visite là-bas.
04:09Une visite qui n'aura donc porté aucun fruit.
04:11Et ses commentaires ne seront pas très écoutés, ni en France, ni en Espagne.
04:14Mais ce qu'il dit, je ne sais pas ce que vous en pensez d'ailleurs,
04:18c'est ça qui est formidable, c'est toujours d'exclure sa propre responsabilité
04:22sur ce qu'il a fait.
04:24Il est là pendant neuf ans, et il dit sur le plan de la technologie,
04:28si nous n'avons pas une Europe plus forte,
04:30nous n'arriverons pas à faire décoller les classes moyennes.
04:34Et on n'innove pas assez, etc.
04:35Mais c'est parce que l'Europe n'est pas assez forte.
04:38Mais en fait, c'est invraisemblable de dire ça.
04:41On a l'impression d'entendre un commentateur, un observateur,
04:45finalement, qui aimerait éventuellement prendre le pouvoir
04:48ou devenir président dans quelques années.
04:50Alors peut-être qu'il n'écarte pas de revenir, après tout.
04:53Mais c'est vrai que c'est assez surprenant dans la bouche du chef de l'État aujourd'hui,
04:56ce qui ne semble pas finalement avoir de responsabilité dans la situation actuelle.
05:01Parce que si on n'innove pas assez, c'était à lui de faire ça.
05:05Le modèle éducatif, par exemple, il parle du modèle éducatif.
05:08Il a eu je ne sais combien de ministres de l'Éducation nationale.
05:13Différents.
05:14Il était au pouvoir.
05:15Il dit le modèle éducatif performant.
05:18Mais il est comptable du modèle éducatif performant.
05:21Ou alors personne n'est comptable de rien dans ce pays.
05:23Il faudrait que le président se rende compte que la fatigue,
05:27avant d'être démocratique, il y a une fatigue macronique.
05:30C'est-à-dire que les gens ne peuvent plus l'entendre parler.
05:35Moi, ce qui me frappe chez Emmanuel Macron, c'est qu'il passe son temps à expliquer aux gens,
05:40c'est-à-dire aux Français, ce qu'ils vivent.
05:42Comme si les gens ne savaient pas ce qu'ils vivent.
05:44Il a fait ça pour les forêts, il a fait ça pour un certain nombre de dossiers.
05:48Il donne des conseils.
05:48Et en permanence, il explique aux gens le terrain.
05:53Comme s'il voulait montrer qu'il était toujours connecté avec le terrain.
05:57Encore une fois, on sait ce qu'on vit.
05:59Et la colère des gens dans la rue, elle ne vient pas de rien.
06:03Bon, on va faire juste une petite parenthèse, mais ça fait deux fois que vous me faites le coup.
06:08De quoi ?
06:09Le mot « tralala ».
06:10Vous êtes la seule à utiliser ce mot « tralala ».
06:13Je vous le dis.
06:14Vous êtes la seule à utiliser ce mot « tralala ».
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