Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 10 heures
Tous les jours, actualité, débats et bonne humeur rythment L'Heure des pros. Ce jeudi, Pascal Praud revient sur les dernières prises de position d'Emmanuel Macron contre la police.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Mais voyons d'abord, c'est quand même très étrange, très étrange qu'un président de la République ne défende
00:04pas ses policiers.
00:05C'est très cohérent avec ses prises de parole depuis 10 ans, Pascal Praud.
00:09Je veux dire, il n'a jamais été du côté de la police.
00:11Si, parce que parfois il a dit aussi que le mot « violence policière » était inacceptable.
00:16C'est toujours pareil avec Emmanuel Macron.
00:17Vous trouverez dans les archives, et Laurent Tessier l'a fait ce matin, vous trouverez tout et son contraire.
00:23C'est pas ce que retiennent les policiers en tout cas.
00:24Quand ils sont sur le terrain, ils sont écoeurés, ils ont vraiment l'impression pendant 10 ans d'avoir été
00:30complètement abandonnés, désarmés physiquement, moralement.
00:33Je pense que le réarmement moral de la police est absolument nécessaire.
00:37Je veux dire, moi je les rencontre sur le terrain, ils sont désespérés un peu.
00:41Je rappelle quand même qu'un ministre de l'Intérieur, M. Castaner, voulait les faire mettre à genoux.
00:46Vous vous rendez compte ?
00:47Pour Floyd dans l'Amérique.
00:49Heureusement, et ils ne l'ont pas fait.
00:50Voyez ce sujet de Maëva Lamy, qui nous rappelle les dernières prises de position du président de la République.
00:58Leur utilisation suscite la controverse.
01:01Les grenades assourdissantes sont des armes de force intermédiaires.
01:05Leur principe, produire un effet sonore très puissant, accompagné d'un flash lumineux, et selon les modèles, de gaz lacrymogène.
01:13Elle vise à désorganiser un groupe violent pour permettre aux forces de l'ordre de reprendre le contrôle d'une
01:18situation.
01:19C'est 170 décibels, donc c'est hyper impressionnant.
01:23Ça a remplacé un autre dispositif qui, justement, était plus explosif et qui causait plus de dommages collatéraux, si je
01:32puis dire.
01:32Des armes différentes des grenades de désencerclement.
01:35Celles-ci projettent 18 galets en caoutchouc dans un rayon pouvant atteindre une dizaine de mètres.
01:40Elles permettent aux policiers de se dégager lorsqu'ils sont pris à partie.
01:44Toutefois, les grenades assourdissantes ne sont pas sans danger.
01:47Elles peuvent provoquer des blessures graves, notamment des pertes auditives ou des brûlures.
01:52Leur usage est strictement encadré.
01:53Il doit être absolument nécessaire et proportionné.
01:56Elles doivent aussi être lancées avec certaines précautions.
01:59En ce qui concerne notamment les grenades assourdissantes et les grenades de désencerclement,
02:03elles doivent rouler sur le sol.
02:06Donc elles sont lancées à la main, de façon normalement à éviter que quelqu'un s'en saisisse.
02:11Des armes qui suscitent des critiques.
02:13Pour leurs opposants, elles restent trop dangereuses et peuvent laisser des séquelles durables.
02:17Mayalen Trémolet du service politique d'Europe 1, l'Elysée.
02:23Ce qui est inquiétant, c'est que c'est Emmanuel Macron qui a donné cet ordre.
02:26Laurent Nunez l'a réfuté hier, mais on a bien compris pendant l'audition,
02:29durant laquelle Laurent Nunez n'était pas capable d'ailleurs de justifier pourquoi est-ce qu'il avait suspendu ses
02:35grenades.
02:35On a bien compris que c'était un ordre d'Emmanuel Macron.
02:37Ce qui me paraît dangereux, c'est que ça crée un précédent, si vous voulez.
02:41On ne sait pas pourquoi ça a été suspendu.
02:42C'est suspendu le temps de l'enquête.
02:44C'est ce qu'a demandé Laurent Nunez après le drame de lance de ce jeune homme qui a eu
02:47la main arrachée.
02:48Mais ça crée un précédent.
02:49Ça veut dire qu'à la prochaine grosse manifestation, où quelques lycéens se mêleront,
02:53il faudra encore une fois retirer une arme aux forces de l'ordre pour montrer qu'on comprend,
02:57pour montrer qu'il y a une gradation dans la réponse, etc.
02:59Et que c'est seulement de la légitime défense.
03:01Pour moi, c'est mettre en porte-à-faux une fois de plus les forces de l'ordre, voire les
03:04mettre en danger directement.
03:05On rappelle que c'est des armes intermédiaires qui leur permettent de ne pas aller au corps à corps
03:09et bien évidemment de ne pas faire usage de leurs armes létales.
03:12Parce que là, après, il ne va plus rester que les armes létales.
03:15Ou le corps à corps, mais le corps à corps...
03:16C'est ça qui est délicat.
03:18Alors, écoutez ce qu'a dit Marine Le Pen ces dernières heures sur ce sujet.
03:23Emmanuel Macron est toujours du côté qui consiste à taper sur la police.
03:29Ce n'est pas la première fois.
03:30Au cours de ses deux mandats, il a très souvent mis en cause la police.
03:35Il a très souvent exprimé son désamour à l'égard de nos forces de l'ordre.
03:40Donc, clairement, moi je considère que les forces de l'ordre font leur travail.
03:44Ils le font dans des conditions qui sont difficiles.
03:47Et vous voyez des images de Strasbourg avec ces policiers, justement, qui sont en première ligne,
03:52qui auraient bien autre chose à faire que de s'affronter quotidiennement avec ces manifestants.
04:00C'est vrai que la situation paraît sous contrôle à l'instant avec cette image.
04:05Mais il y a quelque chose d'étonnant.
04:07Moi, je n'ai pas souvenir d'un président de la République sous la Ve République
04:14disant publiquement des mots de réserve, ayant des réserves sur sa propre police.
04:21Il y a eu l'affaire Théo et François Hollande quand même qui était un désastre aussi
04:23quand il était allé rendre visite à ce jeune homme à l'hôpital.
04:26C'est un bon exemple, vous avez raison.
04:28Mais c'est vrai que sinon, on a peu d'exemples dans le passé aussi frappants.
04:31Moi, la question que je vous pose, c'est pourquoi fait-il tout ça ?
04:33Je suis obligé de penser que Emmanuel Macron nourrit des ambitions pour l'avenir
04:36et que toutes ces décisions ces derniers mois sont guidées par une seule chose,
04:40essayer de plaire à une partie de la jeunesse.
04:43De la reconnaissance de l'État de Palestine jusqu'aux propos qu'il tient sur les policiers,
04:47j'y vois une ligne, une conductrice qui vise à tenter de séduire et à ne pas insulter l'avenir.
04:52Lors la valette du Rassemblement national.
04:55On ne voit pas la fin de ce que dit Marine Le Pen.
04:57Elle raconte aussi que finalement, il est anti-police,
04:59mais quand il a eu très peur au moment des Gilets jaunes,
05:01il a fait bien appel à la police pour se protéger à l'Elysée.
05:04Donc c'est vrai qu'on a une certaine fébrilité dans ce président de la République
05:08qui n'arrive pas quand même à être du côté des policiers.
05:10Je veux dire, vraiment, en dix ans, je pense qu'il a saccagé le lien
05:12qu'il y avait entre les syndicats de police et lui.
05:15Là, les syndicats de police sont vent debout et on peut les comprendre.
05:18Mais la vraie question, c'est qu'au bout d'un moment,
05:19je pense que nous ne serons plus protégés en fait.
05:23Les policiers sont tellement mis sous pression tout le temps.
05:26Moi, je n'aimerais pas être policier à l'heure actuelle,
05:28partir le matin en disant, mais comment est-ce que je vais protéger
05:30sans avoir une enquête de l'IGPN sur le dos en rentrant le soir ?
05:35Après, voilà, ce drame, c'est terrible.
05:37Moi, si j'étais la maman du garard à qui il manque une main
05:39après une manifestation, on ne part pas à une manifestation
05:41en se disant qu'on va revenir amputé.
05:43Bien sûr, il faut cette proportionnalité et c'est ça qui est toute la difficulté.
05:48Mais il y a quand même 6500 interpellations, 800 policiers blessés.
05:51L'enquête est en cours et Reda Bellage, précisément, nous disait hier
05:55sur ce drame de lance qui est effectivement un drame pour un jeune homme
05:58que ce jeune homme, effectivement, a ramassé une grenade
06:02mais qu'avant cela, et c'était les policiers qui témoignaient,
06:05il lançait contre les policiers, il lançait contre les policiers,
06:10je ne sais quel projectile, etc., qui a motivé cette réponse.
06:14L'enquête, effectivement, par définition, je ne la connais pas.
06:19Je vous cite les paroles de Reda Bellage, telles qu'il nous les a dit hier,
06:23qui est un policier que vous connaissez, qui intervient régulièrement,
06:26syndicat de police, unité police.
06:29On marque une pause à 9h26.
06:30Les policiers ne tirent que sur ordre, je voudrais juste le rappeler.
06:33C'est ce qu'il disait aussi.
06:33Ils ne balancent pas des grenades comme ils le savent, etc., c'est sur ordre.
06:36Il est 9h26.

Recommandations