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Raphaël Glucksmann, candidat "Place publique" à l'élection présidentielle et à la primaire socio-démocrate, était l'invité du Face à Face ce mercredi 30 septembre.
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00:00Bonjour Raphaël Luxman, merci de répondre à mes questions ce matin, vous êtes candidat à l'élection présidentielle
00:04mais en passant par la primaire de la gauche, primaire socialiste et vous êtes député Place Publique,
00:11cette primaire des deux mouvements. Beaucoup de questions à vous poser mais je voudrais qu'on commence évidemment par ce
00:16qu'il se joue
00:17en ce moment même, à nouveau d'ailleurs devant les lycées, un mouvement lycéen, on va revenir sur les dégradations
00:22semble-t-il en cours notamment à Lyon.
00:24Mais globalement vous le soutenez ce mouvement, ce mouvement lycéen ?
00:27Je soutiens leurs revendications, je soutiens les revendications des lycéens qui sont dans une situation souvent intenable.
00:32On a des lycées, des collèges qui sont délabrés, on a un tiers du bâti scolaire en France qui est
00:38soit insalubre, soit en état de délabrement avancé
00:41et donc il faut absolument répondre. On a aussi les professeurs qui ne sont pas remplacés quand ils sont absents.
00:47En Seine-Saint-Denis c'est un cas particulier où il y a un an et demi de perte de
00:52scolarité à cause des professeurs non remplacés
00:54donc cette demande de pouvoir étudier dans de bonnes conditions, c'est la base.
00:57Moi je comprends la colère, je comprends la détresse, je comprends le désespoir à la fois des lycéens et aussi
01:03des enseignants
01:04parce qu'on est dans un moment où l'école publique a été sacrifiée depuis dix ans et où il
01:09faut impérativement répondre à ces demandes.
01:11Et on a entendu d'ailleurs un certain nombre de professeurs qui sont aux côtés de leurs élèves devant ces
01:15lycées.
01:16Vous parliez notamment de la Seine-Saint-Denis. Le maire de Saint-Denis, Bali Bagayoko, dit à propos de la
01:23promesse républicaine
01:24que là elle n'est qu'un souvenir. Vous partagez ?
01:26Il faut renouer avec cette promesse républicaine et ça demandera un effort et ça demandera un plan de sauvetage
01:30de l'école publique que je propose. Vous savez aujourd'hui en France, les enseignants sont plus mal payés
01:35que dans tous les autres pays européens. Un enseignant français en primaire est aujourd'hui plus mal payé
01:39que son collègue slovéne ou portugais. On a aussi un nombre d'élèves par classe qui est supérieur en France
01:46à tous les autres pays européens. C'est particulièrement vrai en primaire et en maternelle.
01:51Et donc on doit faire un effort. Et par ailleurs, la République française a organisé une concurrence déloyale
01:57qui vise sa propre école, l'école publique, en subventionnant le privé à hauteur de 10 milliards d'euros par
02:03an
02:03sans imposer la moindre conditionnalité de mixité sociale. Le résultat c'est quoi ?
02:07C'est qu'aujourd'hui on a un système à deux vitesses qui s'installe. On a des collèges publics
02:12où 43% des enfants sont issus de milieux défavorisés et des collèges privés
02:16où seulement 18% des enfants sont issus de milieux défavorisés et la différence entre les deux
02:20ne cesse de s'accroître. Et donc si on veut renouer avec cette promesse républicaine,
02:24il faut un véritable plan pour l'école publique.
02:26C'est-à-dire, est-ce qu'il faut réduire les subventions données à l'école privée ?
02:29Il faut les conditionner. Les conditionner à la mixité sociale. En fait, tout euro dépensé par l'État
02:35doit servir à former ce creuset républicain qui est en train de disparaître.
02:39Il faut que les jeunes se rencontrent, qu'ils se croisent, qu'ils habitent ensemble, qu'ils vivent ensemble.
02:44Et ça, c'est la nécessité d'un sursaut républicain.
02:47Moi je suis d'accord, la promesse républicaine aujourd'hui c'est des mots.
02:50Il faut que ça redevienne une politique publique.
02:52Il y a une question aussi qui est celle des affrontements.
02:54Au moment où l'on se parle d'ailleurs du côté de Lyon, il y a semble-t-il des
02:58dégradations
02:59qui sont constatées devant au moins un lycée.
03:03Plusieurs lycées qui devraient à nouveau être bloqués aujourd'hui.
03:05Comment vous les jugez, ces affrontements ?
03:08Est-ce que vous considérez, Sophie Binet le disait hier matin,
03:11que c'est les policiers qui doivent se calmer ?
03:14Ou est-ce que vous considérez que ce sont les jeunes qui doivent se calmer ?
03:18Je condamne toute forme de violence et le succès de ce mouvement sera basé sur la non-violence.
03:23Donc il faut absolument que ce mouvement reste non-violent.
03:27Et il y a des violences et il faut les condamner.
03:29Et il faut aussi condamner la violence des forces de l'ordre.
03:32Quand on a un adolescent qui se fait tirer dessus à deux mètres avec une grenade lacrymo,
03:40honnêtement c'est absolument inacceptable.
03:43L'image de ce jeune qui a eu les dents cassées et qui a été hospitalisé.
03:47Et c'est à ça que vous faites référence.
03:48Exactement.
03:49Et donc on doit impérativement faire baisser l'attention.
03:51C'est ça notre rôle.
03:52Mais la responsabilité première du gouvernement, c'est de répondre aux aspirations.
03:56Je veux dire, les aspirations présentées par les lycéens aujourd'hui sont parfaitement rationnelles.
04:01Et il est du devoir du ministre de l'Éducation nationale de recevoir les organisations lycéennes
04:06et de leur répondre sur le fond de leurs demandes.
04:09Parce qu'elles sont légitimes.
04:10Et ce n'est pas simplement la demande des lycéens, c'est la demande des enseignants,
04:13c'est la demande de l'ensemble de l'Éducation nationale.
04:15Leurs revendications sont légitimes, est-ce que la violence est légitime ou peut l'être ?
04:20Vous avez sûrement entendu les propos de ce même Bali Bagayoko qui disait à une de nos
04:26consoeurs journalistes qu'il interrogeait sur la violence, peut-elle être légitime ?
04:29Que oui, même s'il estime qu'il faut le plus possible l'empêcher, mais qu'elle peut être légitime.
04:35La violence n'est jamais légitime en démocratie, jamais.
04:39Donc il n'y a aucune violence légitime.
04:43Simplement, quand il y a un problème de fond, qu'on est au pouvoir, qu'on est ministre de l
04:46'Éducation nationale,
04:47on répond aux problèmes de fond.
04:49Et le principal enjeu de ce mouvement, ce n'est pas les violences.
04:52Le principal enjeu de ce mouvement, c'est l'état de l'école publique, l'état des collèges publics, l
04:56'état des lycées publics.
04:57La France, elle a été façonnée par l'école publique et elle a abandonné sa politique scolaire.
05:02Et donc il est temps qu'on renoue avec une ambition pour l'éducation nationale.
05:06Les RG, les Renseignements Généraux, dans une note à laquelle a pu avoir accès BFM TV,
05:12estiment que les origines de ce mouvement résident, selon les services de renseignement,
05:17dans une instrumentalisation, je les cite, par des structures syndicales étudiantes et des mouvements politiques proches de l'extrême gauche,
05:23avec une stratégie d'embrasement de la part des structures syndicales et politiques à sept mois de l'élection présidentielle.
05:30Voilà les mots utilisés par les Renseignements Généraux qui précisent,
05:34ces lycéens sont poussés par des éléments d'extrême gauche parmi des structures syndicales étudiantes
05:38de l'Université de Paris 8 ou de Paris Nanterre, que des organisations politiques
05:42comme les Jeunesses Communistes Révolutionnaires, Révolution Permanente ou LFI.
05:46Est-ce que vous dites qu'ils ont un rôle aujourd'hui ?
05:48Il y a toujours eu une instrumentalisation des mouvements lycéens, des mouvements étudiants.
05:54Il y a toujours eu des organisations politiques qui se greffent sur une colère qui, elles, existe.
05:58Mais simplement le terreau qui permet à ce mouvement de s'étendre,
06:02ce n'est pas le complot d'organisations politiques.
06:05C'est le terreau du sentiment d'abandon qu'ont ces lycéens.
06:09Et en particulier, vous aurez noté que c'est des lycées, des quartiers populaires qui ont commencé,
06:12et c'est les lycées professionnels où le mouvement est particulièrement fort.
06:16Et pourquoi ? Parce qu'en fait, dans ces lycées professionnels, il y a un avenir qui est bouché,
06:19où on ne trouve plus de possibilités d'entrer dans une entreprise,
06:22où en fait, on voit l'avenir comme étant une source d'angoisse permanente,
06:26et qu'on a l'impression, à juste titre, d'être les parents pauvres de l'éducation nationale
06:31et d'être complètement abandonnés par le gouvernement.
06:33Est-ce qu'il faut que ces mobilisations se poursuivent, à vos yeux,
06:35jusqu'à ce qu'il y ait des décisions qui soient prises par le gouvernement ?
06:38Ce qu'il faut, c'est que le gouvernement, ayant conscience du caractère complètement explosif de la situation,
06:45reçoive les organisations et réponde aux demandes.
06:48C'est comme ça qu'on fera baisser l'attention, c'est en répondant aux demandes quand elles sont légitimes.
06:52Là, la demande, ce n'est pas la révolution mondiale, c'est quelque chose auquel on peut parfaitement répondre.
06:57Par exemple, sur le remplacement des enseignants, on a une baisse démographique qui arrive.
07:01Alors, qu'est-ce qu'on fait avec cette baisse démographique ?
07:03Est-ce qu'on fait un plan pour qu'enfin, on puisse remplacer les enseignants ?
07:06Qu'enfin, on puisse assurer leur formation continue ?
07:08Qu'enfin, on puisse baisser le nombre d'élèves par classe ?
07:09Et donc, baisser le nombre, changer les ratios ?
07:11Exactement, où est-ce qu'on va faire des coupes dans le budget de l'éducation nationale ?
07:14Eh bien, ça, c'est un choix politique.
07:16Et il faut que le gouvernement réponde à des questionnements qui sont politiques,
07:18à des exigences qui sont politiques.
07:20Et donc, au lieu de simplement se focaliser sur les violences,
07:22qu'ils s'attaquent au fond du problème.
07:24Et le fond du problème, c'est la situation de nos lycées, c'est la situation de nos collèges.
07:27Une de nos équipes, d'ailleurs, qui donnait la parole aux lycéens a été molestée et insultée hier.
07:32Elle a dû être exfiltrée sous les cris de la foule.
07:36La difficulté aussi, parfois, pour les journalistes à simplement exercer leur travail.
07:41Quelle est votre position là-dessus ?
07:42Que ces violences sont inacceptables.
07:44Et j'ai entendu les BFM racistes, c'est profondément inacceptable.
07:50BFM n'est pas un média raciste.
07:51BFM a le droit de couvrir ces événements, ces mobilisations.
07:55Et moi, je m'opposerais, mais frontalement, à tous ceux qui remettent en question la liberté de la presse.
08:01C'est un fondement de notre démocratie.
08:03Et c'est l'intérêt même des gens qui ont des revendications à faire valoir
08:07que les journalistes puissent couvrir leur mobilisation.
08:11Raphaël Luxman, il y avait d'autres colères qui se sont manifestées hier.
08:15Plusieurs centaines de miniers de manifestants dans les rues de France,
08:19à l'appel de l'intersyndicale, CFDT, CGT.
08:22Vous n'y étiez pas ?
08:23Non, je n'y étais pas.
08:24Et je vais vous dire, on est aujourd'hui face à une sorte de coalition du désespoir,
08:30de la détresse et de la colère.
08:33Je pense que nous, notre responsabilité, plus que d'aller manifester,
08:36c'est de proposer un débouché à ce désespoir, à cette détresse, à cette colère.
08:40Et c'est l'élection présidentielle qui sera ce débouché.
08:43Vous êtes peut-être un peu vacciné des manifs aussi,
08:45parce que les dernières manifestations auxquelles vous avez participé,
08:48vous n'étiez pas forcément bien vus.
08:50Vous y retournerez quand même dans des manifs.
08:51Mais oui, j'irai dans des manifestations.
08:53Et ce n'est pas deux personnes ou trois personnes qui vont m'intimider.
08:55Mais ce que je veux dire, c'est que ce qui se joue est bien plus important
08:58que la présence de tel ou tel à une manifestation.
09:00Ce qui se joue, c'est est-ce qu'on est capable de répondre à cette détresse ?
09:02Vous vous rendez compte qu'on a là 10 ans de pouvoir macroniste
09:05qui se terminent avec 1300 milliards de dettes
09:08et une situation où partout dans le pays, il y a le sentiment d'abandon,
09:12le sentiment de délaissement et le sentiment de colère.
09:14Où les services publics sont sous-financés.
09:16Où on a un hôpital public qui suffoque.
09:18Où on a une école publique, on vient d'en parler, qui est en crise.
09:22Où on a un transfert de richesse qui s'est opéré
09:25depuis les catégories moyennes et populaires vers les catégories les plus riches.
09:28Les leaders syndicaux qui disent, et Sophie Binet notamment,
09:32le gouvernement a 48 heures pour répondre.
09:35Ce bilan-là est une catastrophe.
09:37J'espère que tout le monde en a conscience.
09:39Parce qu'en fait, quand vous...
09:40Elle demande des aides.
09:42Elle demande aussi de lever les dispositions qui seraient dans le budget
09:47et notamment le gel du point d'indice des fonctionnaires.
09:50Elle dit, vous avez 48 heures, sinon on relance des grèves, des manifestations.
09:53Et vous avez vu la copie du budget.
09:55Vous avez vu ce que propose le Premier ministre.
09:57Moi, je veux bien.
09:58C'est-à-dire qu'on nous dit, la dette, c'est un sujet sérieux.
10:00Et je pense que c'est un sujet sérieux.
10:02On nous dit, il ne faut pas de tabou face à un sujet aussi sérieux.
10:05Eh bien, moi, je pense effectivement qu'il ne faut pas de tabou face à un sujet aussi sérieux.
10:08Mais quelle est la réponse qui est apportée ?
10:10Alors, pas de tabou sur la baisse des APL ou sur le gel de l'indice.
10:14Mais par contre, un tabou sur la taxation des plus hauts patrimoines,
10:17un tabou sur la taxation des super profits de Total,
10:19un tabou sur la taxation des méga héritages.
10:23Non, ça ne peut pas fonctionner comme ça.
10:24Vous le trouveriez comment, vous, l'équilibre entre recettes et dépenses ?
10:27Quand vous demandez un effort collectif, un effort à la population française,
10:32il faut que les plus fortunés contribuent en premier.
10:36Il faut que ceux qui ont le plus contribuent le plus.
10:38Si vous voulez, aujourd'hui, le gouvernement refait la même erreur
10:43qu'Emmanuel Macron au tout début de son premier quinquennat,
10:45quand il a supprimé l'ISF le même jour où il baissait les APL.
10:49Eh bien là, donc, ils vont proposer la baisse des APL,
10:51mais ils ne le toucheront pas aux plus hauts patrimoines
10:53qui parviennent via l'optimisation fiscal à l'échapper à l'op.
10:56Vous avez, en France, des milliardaires qui continuent à s'enrichir
10:59de manière inédite dans notre histoire.
11:01On est d'accord, vous partez du principe, vous, qu'il faut réduire la dette ?
11:02Vous ne dites pas qu'il faut la geler ou la brûler ?
11:04Non, il faut réduire les déficits.
11:05Donc la dette, c'est un sujet sérieux, dites-vous ?
11:06Il faut réduire les déficits.
11:07Il faut une trajectoire sérieuse, et nous la proposons sur 5 ans,
11:10pour réduire les déficits et pour rendre la parole de la France crédible,
11:14parce que c'est important et c'est un sujet extrêmement sérieux,
11:17et que donc, il faut à la fois faire des économies et augmenter les recettes.
11:20Où est-ce que vous prenez les recettes ?
11:21Vous prenez les recettes d'abord chez ceux qui ont le plus
11:24et qui continuent à s'enrichir au moment où on se parle,
11:27alors que tous les autres se serrent la ceinture.
11:29Tant que vous n'avez pas touché au plus haut patrimoine,
11:31tant que vous refusez, a priori, la proposition que je fais
11:34d'une taxation des héritages les plus massifs,
11:38au-dessus de 2 millions d'euros,
11:40pour pouvoir simplement financer une hausse des salaires...
11:42Au-dessus de 2 millions d'euros, vous prenez quelle proportion ?
11:44Vous prenez tout ou vous ne prenez qu'une partie ?
11:46Donc, ce qu'on prend, c'est 15 milliards sur les méga-successions,
11:49sur les héritages de plus de 2 millions d'euros.
11:52Comment ?
11:52Avec la fin de la suppression de l'exonération des plus-values latentes,
11:57qui est une spécificité française qu'aucun autre de nos voisins n'applique.
12:01Deuxièmement, une réforme du pacte d'Utreil,
12:03pour faire en sorte qu'on...
12:04La transmission des entreprises...
12:05À l'optimisation fiscale,
12:06qu'on permette la transmission des PME, des TPE, des ETI,
12:09mais qu'on arrête d'optimiser fiscalement
12:11pour les grandes holdings via le pacte d'Utreil.
12:13Et ensuite, une taxation qui passe de 45 à 50% au-dessus de 2 millions d'euros.
12:18Ça rapporte 15 milliards d'euros.
12:21Et ce que ça nous permet de faire,
12:22c'est un abaissement de la CSG sur les salaires,
12:25pour que sur la fiche de paie,
12:26quelqu'un qui gagne aujourd'hui 1 600 euros
12:29ait 100 euros de plus de salaire net par mois,
12:31pour que le travail paie à nouveau.
12:32Et pourquoi nous proposons ça ?
12:34Parce que nous sommes en train de devenir
12:36une société d'héritiers et de rentiers.
12:38Il y a 50 ans, les deux tiers de la fortune des Français,
12:41les deux tiers, étaient constitués par le produit de leur travail
12:43et un tiers seulement par le produit de leur héritage.
12:45Aujourd'hui, c'est l'exact inverse.
12:47Et donc, qu'est-ce qu'on est en train de devenir ?
12:48Qu'est-ce qu'on est en train de devenir ?
12:49Une société de privilégiés,
12:51où les inégalités s'héritent de génération en génération.
12:54C'est l'antithèse du projet républicain,
12:55c'est l'antithèse de la méritocratie.
12:57Et moi, je veux revenir à la base de la République.
12:59Que le travail paie et que chacun puisse vivre dignement de son travail.
13:03Sur la question des retraites, Raphaël Luxman,
13:05Édouard Philippe, hier, prône une retraite à 65 ans,
13:0845 ans de cotisation et une part de capitalisation.
13:11Et vous ?
13:12Eh bien, moi, ce que je propose, c'est qu'on reprenne les travaux
13:14là où la CFDT les avait laissés dans le conclave,
13:16c'est-à-dire qu'on fasse de la pénibilité à la base
13:18parce que nous ne sommes pas égaux face à la retraite.
13:20Alors, c'est ce qu'il dit aussi.
13:21Édouard Philippe, il dit que c'est 65 ans pour tout le monde,
13:23mais il y en a une bonne part qui, parce que le travail pénible,
13:2662 ans, 60 ans, tout cela est profondément injuste.
13:30Vous vous dites qu'on ne dit pas d'âge ?
13:31Alors, on va revenir comme base à l'âge de 62 ans,
13:34mais avec un système de décote qui permet, en fait,
13:36simplement la justice.
13:38Et la justice, c'est quoi ?
13:39C'est que ceux qui arrivent à la retraite
13:41avec une espérance de vie en bonne santé,
13:43bien moindre, parce qu'ils ont eu une carrière
13:45qui était difficile, un métier pénible...
13:46Ça veut dire que ça dépendra des carrières ?
13:48Ben oui, et c'est la logique.
13:50En réalité, quand vous arrivez à la retraite
13:52et que vous avez le dos brisé,
13:53quand vous êtes une femme de ménage,
13:55quand vous avez travaillé dans un abattoir,
13:57eh bien, vous devez pouvoir partir plus tôt.
13:58Quand vous êtes cadre dans une grande administration,
14:00eh bien, vous devez, effectivement, partir plus tard.
14:03Et ça, on le fera grâce à un système de décote.
14:05L'enjeu de la réforme de la retraite,
14:07c'est, un, qu'elle soit juste.
14:10Qu'elle soit juste.
14:10Et que, donc, on prenne en compte l'inégalité face au travail
14:13et l'inégalité face à la retraite.
14:15Celle que propose Edouard Philippe ?
14:16L'inégalité face au travail et l'inégalité face à la retraite.
14:18Vous ne voulez pas dire du mal d'Edouard Philippe ?
14:19Mais si, je vais vous dire.
14:20Elle est injuste, la réforme d'Edouard Philippe.
14:23Et elle est profondément inacceptable.
14:27Maintenant, nous, qu'est-ce qu'on propose ?
14:29On repart de cette question de la pénibilité.
14:32Et derrière, qu'est-ce qu'on fait ?
14:33Eh bien, on permet simplement la prise en compte de l'inégalité.
14:37Mais est-ce que vous estimez qu'il faudra travailler davantage ?
14:39Pas tout le monde, non.
14:41Mais une bonne part ?
14:42Ça veut dire quoi, pas tout le monde ?
14:44Ça veut dire quelles proportions ?
14:45Il y a des gens qui vont devoir bosser plus.
14:46Bien sûr.
14:47Il y a des gens qui vont devoir bosser plus.
14:48Ceux qui ont une espérance de vie en bonne santé à la retraite,
14:51qui est très longue, vont devoir travailler plus.
14:53Les cadres dans les grandes administrations vont devoir travailler plus.
14:56Lorsque François Hollande dit qu'il faut tenir compte de l'espérance de vie
15:00et donc faire bouger aussi le curseur de l'âge de la retraite.
15:03Vous êtes d'accord ?
15:04Au contraire.
15:05Vous savez la différence d'espérance de vie en bonne santé
15:07quand vous arrivez à la retraite entre un ouvrier et un cadre ?
15:10C'est entre 6 et 7 ans.
15:12Et donc toute réforme qui nivelle ces inégalités,
15:17en réalité est profondément injuste,
15:19qui nie cette inégalité est profondément injuste.
15:21Et donc ce qu'il faut, c'est repartir.
15:22Mais c'est le MEDEF qui avait refusé.
15:23C'est le patronat qui a refusé.
15:25Parce qu'en fait la CFDT avait fait des propositions
15:27qui étaient parfaitement rationnelles sur la table.
15:29Et ce qu'on va faire, c'est qu'on va reprendre
15:31avec les organisations syndicales,
15:33parce que l'autre vice de la manière dont travaille Édouard Philippe
15:36et dont a travaillé Emmanuel Macron,
15:37c'est le mépris pour les organisations syndicales,
15:40pour les corps intermédiaires.
15:41Et une réforme des retraites qui est acceptable,
15:43qui est juste, elle doit être démocratique dans sa fabrication.
15:46Raphaël Luxman, propos antisémite
15:48attribué à Jordan Bardella par Mediapart.
15:51Jordan Bardella nie.
15:54Mediapart confirme et dit même qu'ils sont prêts à publier les preuves.
15:58Comment vous réagissez ?
15:59Eh bien que tous ceux qui ont essayé de nous ripolliner
16:03la façade du Rassemblement National
16:06ont fait une opération de communication pure,
16:09que vous pouvez utiliser tous les médias training du monde.
16:12À la fin, le fond ressort et le vernis craque.
16:16En réalité, quand vous adhérez au parti du détail,
16:19quand vous adhérez au parti de Jean-Marie Le Pen,
16:22quand vous adhérez à un parti qui a été fondé par des Waffen-SS,
16:24c'est que profondément, vous pensez ce que Jordan Bardella pensait
16:28au moment où il a écrit ses...
16:30Ça ne vous surprend pas.
16:31Ça ne me surprend pas.
16:32Et c'est juste un rappel bienvenu.
16:34Ce n'est pas un parti comme les autres.
16:36Et cette banalisation actuelle et l'habituation, finalement, la résignation.
16:40Moi, ce que je vois partout, c'est de la résignation.
16:42Marine Le Pen va être présidente de la République.
16:45Et si ça continue comme ça,
16:46des pans entiers vont plonger dans cette résignation.
16:49Moi, je ne me résoudrai jamais à ceux qui prennent le pouvoir.
16:52Je me battrai jusqu'au bout.
16:54Je ne me place pas dans cette perspective de la défaite.
16:56C'est tout l'enjeu du combat politique qu'on mène.
16:58Empêcher que la France bascule.
16:59Vous n'avez pas de doute ?
17:01Et moi, je suis convaincu que quand...
17:04Non, mais je veux dire, il nie sa proximité...
17:07Est-ce qu'il faut, d'ailleurs, que Mediapart publie les preuves ?
17:10Mais Mediapart jamais ne fait d'enquête
17:12et ne publie ses accusations sans avoir derrière des preuves qui vont sortir.
17:16Donc...
17:17Ils disent avoir des écrits authentifiés.
17:18Je le reprécise.
17:19Mais ils n'auraient pas publié leur enquête.
17:21Sinon, on sait comment ils fonctionnent.
17:23Ils ne sont pas des têtes brûlées.
17:25Ils ne vont pas lancer ces accusations à la légère.
17:27Ils savent la polémique qui va s'en suivre,
17:29la violence de la réaction du Rassemblement National.
17:31Mais moi, ce que je veux dire,
17:32c'est que quelqu'un qui était à ce point nourri
17:36aux vidéos de Soral et de Dieudonné,
17:38évidemment qu'il pense cela.
17:40Évidemment qu'il pense cela
17:41quand il regarde les vidéos de Soral et Dieudonné.
17:43Qu'il le pense à l'époque ou qu'il le pense encore aujourd'hui ?
17:45Qu'il le pense à l'époque.
17:47Est-ce qu'on peut avoir été antisémite et ne plus l'être ?
17:49Mais on peut tout à fait évoluer.
17:50On peut tout faire dans la vie.
17:52On peut tout faire.
17:53Mais simplement, il faut s'en expliquer.
17:54Il faut expliquer d'où on vient
17:56et pourquoi on a changé.
17:57Et là, le système de défense,
17:58ce n'est pas du tout celui-là.
17:59C'est la pure négation.
18:00Donc moi, ce que je veux,
18:01c'est juste qu'il y ait une prise de conscience.
18:03Il ne s'agit pas d'un parti comme les autres.
18:05L'extrême droite restera toujours l'extrême droite.
18:08Donc la question, ce n'est pas qu'il démissionne
18:10ou qu'il ne démissionne pas.
18:10C'est que pour vous, il est en cohérence avec son parti ?
18:13Ça ne m'intéresse pas de savoir
18:14quelle fonction va occuper Jordan Bardella.
18:17Moi, ce que je sais,
18:18c'est que Marine Le Pen sera mon ennemi
18:19et mon adversaire lors de cette élection
18:21et qu'il faut que je la batte.
18:23C'est ça mon obsession.
18:24La position de Jordan Bardella,
18:25ce n'est pas mon problème.
18:27On a parlé de la question de la violence légitime ou non.
18:30L'expression de Marine Le Pen
18:32qui a dit à Mediapart,
18:35maintenant, c'est à Mediapart,
18:37je crois qu'il va falloir dire
18:38d'enfiler son costard en Kevlar.
18:40Elle avait également dit
18:41que même Jordan Bardella et elle
18:43allaient enfiler leur costard de Kevlar.
18:46Je rappelle que les costards de Kevlar,
18:47c'est tout simplement les gilets pare-balles.
18:52Cette expression...
18:53Mais vous avez vu la violence de leur réaction ?
18:55Dès que le plan com vacille,
18:59il y a la vérité qui sort.
19:01Et la vérité, c'est cette violence.
19:02La vérité, c'est ces menaces.
19:04La vérité, c'est que c'est ça,
19:05le Rassemblement National.
19:06Et que vous pouvez faire tous les efforts du monde
19:10pour avoir l'air sympathique
19:12quand vous allez chez Apolline de Malherbe le matin.
19:14En réalité, à la première crise,
19:17vous exprimez cette violence.
19:18Parce que c'est un parti qui a été fondé dans la violence.
19:21Et que c'est dans son ADN.
19:22Et c'est pour ça que cette élection n'est pas anodine.
19:24Qu'elle est même existentielle.
19:25Je veux dire, en 2027...
19:27Le climat global, c'est-à-dire quand on voit,
19:29effectivement, on a commencé cet entretien
19:31sur la question de l'usage ou non de la violence.
19:34On finit cet entretien sur ces propos antisémites
19:37et sur la question du Kevlar.
19:39Comment vous jugez le climat ambiant ?
19:41Nous sommes au bord du gouffre.
19:42Moi, je ne peux pas être plus simple.
19:43Et c'est pour ça que je suis candidat.
19:44C'est parce que je ne refuse que la France sombre
19:47dans cette violence, dans cette brutalité permanente.
19:49Moi, je refuse que le trumpisme, le poutinisme
19:51gagnent dans notre pays.
19:52Je refuse que la démagogie et la xénophobie
19:54gouvernent ce pays.
19:55Moi, je pense qu'il y a un autre destin pour la France
19:56qu'il va falloir refonder la République,
19:58qu'il va falloir apaiser le débat démocratique,
20:01qu'il va falloir retrouver du sens
20:02dans notre vie collective, dans notre vie commune.
20:05Moi, la France, son destin, c'est d'être
20:06le leader du monde libre, c'est d'être le leader
20:09de la puissance souveraine européenne.
20:11Ce n'est pas de sombrer dans le trumpisme
20:13et dans cette violence permanente.
20:14Vous savez, moi, je sais comment les démocraties
20:17peuvent se défaire.
20:19J'ai vu des démocraties se défaire.
20:20La démocratie, ce n'est pas un acquis.
20:22Ce n'est pas éternel. Ce n'est pas naturel.
20:23C'est une construction. Et si on n'en prend pas soin,
20:25eh bien, elle sombre, elle s'effondre.
20:28Et nous sommes vraiment, vraiment
20:31à minuit moins une.
20:32Et donc, ce que je veux, c'est que les gens
20:34qui nous écoutent, qui nous regardent,
20:36aient conscience de l'importance de leur choix
20:38et que s'ils refusent cette brutalisation,
20:41s'ils refusent la perspective
20:43de la prise du pouvoir par Marine Le Pen,
20:45qu'ils nous rejoignent, qu'ils rejoignent cette primaire,
20:47C'est l'appel que vous lancez aussi pour cette primaire
20:49et les élections à la primaire de la gauche.
20:51Raphaël Luxman, candidat à l'élection présidentielle
20:54et à la primaire de la gauche,
20:55à dimanche, puisque dimanche soir,
20:5720h45, avec Maxime Switek,
21:00nous animerons.
21:00Et n'oubliez pas de vous inscrire.
21:01Choisir 2027.fr.
21:03Nous animerons effectivement ce débat.
21:04Ce sera l'ultime débat avant le premier tour
21:06de cette élection de la primaire de la gauche.
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