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  • il y a 2 heures
Discrimination, souveraineté alimentaire, agriculture, énergie, transports… Dans un entretien exclusif accordé à Zinfos974, le préfet de La Réunion revient de manière totalement transparente sur plusieurs sujets sensibles. Avec, derrière chaque dossier, la question de la capacité de La Réunion à réduire ses dépendances et à mieux valoriser ses propres forces.

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Transcription
00:00Si des réunionnais ont le sentiment qu'il y a une discrimination, on doit s'en occuper.
00:08C'est un sujet extrêmement délicat, extrêmement sensible.
00:12C'est une préoccupation que je respecte.
00:14Le premier point, c'est que je comprends et que ce sentiment de certains réunionnais m'interpelle.
00:22Le deuxième point, on peut voir le verre à moitié vide, mais on peut le voir à moitié plein aussi.
00:27Je pense qu'il ne faut pas négliger les nominations de hauts responsables réunionnais.
00:32Il ne faut pas les oublier.
00:34J'en cite deux, en tout cas dans mon entourage immédiat.
00:37Le sous-préfet à la cohésion sociale, qui est réunionnais, qui est revenu au pays après des dizaines d'années
00:44en métropole et outre-mer.
00:47Il est bénédictin, il est là depuis deux ans.
00:50Le directeur du SDIS, qui est arrivé en début d'année, qui est réunionnais, retour au pays aussi.
00:56Il y a des réunionnais qui reviennent à des postes de responsabilité.
00:59Il y a des réunionnais qui reviennent à des postes qui sont moins en responsabilité.
01:05Mais malgré tout, c'est un retour au pays.
01:07Nous allons inaugurer bientôt, à Saint-Benoît avec le directeur des finances publiques,
01:11un centre d'appel du service des impôts qui est transféré de métropole à la Réunion
01:16et qui a permis, d'ores et déjà, à 40 réunionnais de revenir au pays.
01:21Et puis, je voudrais dire, il y a eu une polémique qui m'a un peu chagriné il y a
01:26quelques semaines
01:27sur la nomination du directeur territorial adjoint de la police nationale.
01:32Je regrette cette polémique parce que, moi, je voudrais dire que mon souci,
01:37ce que je souhaite, c'est le meilleur pour la Réunion.
01:40Quand je dois recruter quelqu'un, moi, ce que je veux, c'est le meilleur pour la Réunion.
01:44C'est l'efficacité, ce n'est pas la couleur de la peau ou l'origine.
01:48Je veux affirmer qu'à compétence égale, c'est le réunionnais qui revient au pays.
01:55Je ne suis pas sûr, on est quand même sur une île qui a une taille significative,
02:00mais malgré tout, il me semble qu'on arrivera difficilement à atteindre cette souveraineté alimentaire,
02:07c'est-à-dire à produire sur l'île tout ce dont on a besoin pour s'alimenter.
02:12Il y a des progrès.
02:14Le plan de souveraineté alimentaire sera signé d'ici la fin de l'année.
02:19C'est un plan qui associe les collectivités et l'État
02:21pour favoriser le développement de production agricole dont nous avons besoin.
02:27La Réunion n'a pas à rougir.
02:29Je crois savoir que c'est l'outre-mer qui est le plus avancé sur le plan de la souveraineté
02:36alimentaire.
02:36Il faut qu'on soit attentif à ce que, déjà, des guerres internes,
02:42je pense à la guerre du poulet, la guerre économique du poulet,
02:45qui risque de détruire une filière dont on a besoin,
02:48ou la guerre dans la... enfin la guerre.
02:50Les conflits dans la canne, par exemple, ne perturbent pas ce mouvement positif vers la souveraineté alimentaire.
02:58L'État, là encore, il subventionne et il essaie de mettre les gens autour de la table
03:03pour développer les secteurs économiques dont nous avons besoin.
03:07Et l'agriculture est un bien précieux à la Réunion,
03:10qui est une agriculture de grande valeur et qu'il faut soutenir et développer.
03:17La transition énergétique est une nécessité.
03:20Nous parlions tout à l'heure de souveraineté alimentaire.
03:24Nous sommes très dépendants des approvisionnements extérieurs pour nos énergies.
03:29On a évidemment les carburants.
03:31On a aussi les produits qui permettent d'alimenter les centrales thermiques de la Réunion.
03:38Donc nous sommes là aussi beaucoup dépendants de l'extérieur.
03:42C'est normal, nous sommes sur une île.
03:44C'est un combat qui est mené en commun entre l'État et la collectivité régionale,
03:50qui a cette compétence.
03:52Et donc il y a un certain nombre de pistes qui sont à l'étude,
03:55notamment l'éolien offshore, le développement de nouvelles sources d'alimentation électrique.
04:03La volonté de l'État, c'est d'accompagner les collectivités
04:08qui ont cette compétence de mobilité,
04:11notamment la collectivité régionale à travers son projet de train express,
04:18mais également la ville de Saint-Denis avec son projet Baobab
04:22ou les intercommunalités avec les projets de car à haut niveau de service
04:27ou le renforcement des cadencements.
04:29Donc on accompagne financièrement,
04:32mais on accompagne aussi autour de la table pour réfléchir aux stratégies à mener.
04:37Tout le monde sait que le réseau réunionnais est asphyxié.
04:41Donc il y a ces projets structurants, d'un côté, qui sont, je crois, nécessaires.
04:45En tout cas, l'État croit en le projet de train de la région.
04:51Ça va être compliqué, ça va être très coûteux,
04:53ça va prendre beaucoup de temps,
04:55mais en tout cas, l'État accompagne sans réserve ce projet.
04:59Et puis, il y a les petits gestes quotidiens,
05:02le développement des pistes cyclables,
05:05l'usage du vélo électrique,
05:07le développement du covoiturage aussi.
05:09De toute façon, on voit tous,
05:11quand on prend la voiture le matin ou qu'on rentre le soir,
05:14on voit bien le nombre de conducteurs qui sont seuls dans leur véhicule.
05:17et le développement du covoiturage,
05:20ça, c'est une mesure qui est peu coûteuse,
05:22qui est soutenue par les pouvoirs publics
05:24et qu'on peut mettre en œuvre immédiatement.
05:27Sous-titrage Société Radio-Canada
05:29Sous-titrage Société Radio-Canada

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