00:00Comment vous interprétez cette phrase ? La violence peut être légitime ?
00:03Je pense que c'est très grave. D'abord, je veux dire à M. Bali Bagayoko, le maire de Saint
00:09-Denis,
00:09mettre en balance ce qui s'est passé dans la journée nationale d'action,
00:13où il y a eu plus de 400 rassemblements sur l'ensemble du territoire national, 410 pour être précis,
00:18encadrés par les forces de sécurité intérieure qui se sont passées dans le cadre de cortèges,
00:23je le disais tout à l'heure, 206 000 sur l'ensemble du territoire national, 30 000 à Paris, il
00:27n'y a pas eu d'incident.
00:28C'était pourtant une expression d'une colère sociale qui a été entendue,
00:32qui a été encadrée par les forces de sécurité intérieure et qui s'est bien passée.
00:35Je crois que ce que l'on voit aux abords des lycées, ça n'a absolument rien à voir.
00:39Comment vous décrivez alors ce qui s'est passé aux abords des lycées ?
00:42La violence n'est jamais légitime. Il n'y a rien qui justifie la violence.
00:46Il n'y a rien qui justifie la violence. Il n'y a rien qui justifie que pour manifester,
00:51on puisse se présenter devant des établissements, cagouler le visage grimé avec des projectiles
00:57et qu'on attende l'intervention des forces de l'ordre pour les prendre à partie.
01:00On n'attend même pas l'intervention des forces de l'ordre.
01:02On attend la présence simplement des forces de l'ordre.
01:05Je crois que M. le maire de Saint-Denis m'a interpellé,
01:09en rappelant d'ailleurs que j'étais quelqu'un où on ne pouvait pas soupçonner
01:12de la moindre idée raciste et que je l'avais d'ailleurs défendue à un certain moment.
01:16Il m'a interpellé en disant que je prenais une responsabilité grave
01:19en envoyant les forces de sécurité intérieure sur les rassemblements.
01:22Mais je n'envoie pas les forces de sécurité intérieure sur les rassemblements.
01:25Je leur demande de contenir des exactions.
01:27Ce n'est pas la même chose.
01:28Des exactions ? Vous vous dites des exactions ?
01:29Et des dégradations, et des prises à partie, et des violences physiques.
01:33En revanche, les forces de l'ordre, elles sont là pour faire en sorte
01:35que ces rassemblements se passent bien.
01:36Ils sont là pour les encadrer.
01:37Et c'est ce qui majoritairement a été fait.
01:40Et on va interroger cela, mais quand un élu de la République
01:43dit que la violence peut être légitime, vous lui répondez quoi ?
01:47Simplement, c'est que c'est le débat politique ou ça va au-delà ?
01:51Il y a le débat politique, il y a la dénonciation du ministre de l'Intérieur
01:53que je suis, du politique que je suis, qui dit que ça n'est pas acceptable
01:56de tenir ses propos.
01:57Il faut faire attention.
01:58À un moment, quand vous tenez ce genre de propos,
02:01vous pouvez tomber dans l'incitation à la violence.
02:04Et ça, ça relève de l'infraction pénale.
02:06Il faut faire extrêmement attention.
02:08La nuance est ténue, Bali Bagayokoa.
02:11Et dans ce cadre d'incitation à la violence,
02:13vous vous dites que ça reste encore dans le débat politique ce soir ?
02:16En tout cas, moi, ce que j'ai demandé à tous les préfets,
02:18c'est chaque fois qu'il y a des violences en marge de ces manifestations,
02:21vous avez des journalistes qui ont été pris à partie.
02:23D'ailleurs, j'ai des journalistes de BFM.
02:24Moi, j'ai demandé aux préfets, chaque fois que ce genre de situation se produirait,
02:29de saisir la justice.
02:30Et c'est normal, c'est-à-dire d'engager un article 40,
02:33car c'est un délit d'entrave à la liberté de la presse.
02:35Il faut faire attention, monsieur le maire de Saint-Denis,
02:37il a une responsabilité, c'est un élu de la République.
02:40On ne peut pas, en tenant ce genre de propos,
02:43légitimer quelque part l'usage de la violence,
02:45surtout quand on s'adresse, quand on parle au milieu de jeunes
02:47qui sont des mineurs, qui ont 14, 15 ans, 16 ans.
02:50C'est extrêmement grave.
02:52Effectivement, de l'une de nos équipes.
02:53Et qu'ils regardent ce qu'ont fait leurs aînés lors de la JNA,
02:56où il n'y a pas eu d'incident.
02:57Il y a eu une expression revendicative, légitime, encadrée,
02:59qu'il n'y a pas eu de débordement.
03:01Et donc, il n'est pas légitime d'inciter les jeunes
03:04à se réunir devant des établissements
03:05et à cautionner les violences.
03:07Et c'est ce que fait ce genre de propos.
03:08C'est ce qui s'est passé, et on va interroger la suite.
Commentaires