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  • il y a 3 minutes
Édouard Geffray, ministre de l'Éducation nationale, était invité sur le plateau de BFMTV, ce lundi 28 septembre. Il s'est notamment exprimé sur le mouvement de blocage des lycéens en France. 

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00:00Regardez cette image, image prise à Lille, feu de poubelle devant le lycée, Aimé-Césaire, manif de lycée un peu
00:06partout en France avec un appel à étendre cette mobilisation.
00:09Demain, pour protester, c'est le mot d'ordre général contre le manque de moyens, mais le gouvernement accuse ce
00:15soir la France insoumise de jeter de l'huile sur le feu.
00:18Et en plateau, avec nous, en direct, le ministre de l'Éducation, je le rejoins. Bonsoir Edouard Jeffrey.
00:23Merci beaucoup d'être avec nous ce soir en direct sur BFM TV. Pour vous interroger à mes côtés, Yves
00:28Tréard, Anne-Sora Dubois, Laurent Valdiguet et Lisa Adef, bonsoir à tout le monde.
00:33Monsieur le ministre, simplement pour s'entendre sur l'ampleur du mouvement ce soir, combien de lycées touchaient aujourd'hui
00:38?
00:38180 lycées ont été concernés soit par les tentatives de blocage, soit par des blocages, soit par des éléments de
00:47perturbations diverses et variées.
00:49Ça veut dire lycées bloquées, perturbées, dégradées aussi ?
00:53Il y a eu effectivement des dégradations, vous avez montré les images, des grilles d'entrée enfoncées par exemple, ce
00:59qui ne permet plus d'assurer la sécurité des élèves en cas d'intrusion derrière, très concrètement,
01:03avec effectivement des feux de poubelle ou de palettes, et puis surtout avec des violences, avec des tirs de mortier.
01:10Encore aujourd'hui ?
01:11Oui, oui, parfois les tirs tendus, il y en avait déjà eu vendredi, je me suis rendu ce matin dans
01:14un lycée de Créteil, où des élèves vendredi ont failli être blessés par des tirs tendus de mortier,
01:19par des éléments extérieurs, ce n'est pas des lycéens, c'est des éléments extérieurs qui infiltrent les groupes de
01:24lycéens qui manifestent, je veux dire, plus ou moins joyeusement leurs revendications.
01:28Comment pouvez-vous dire ce soir avec certitude que ce ne sont pas des lycéens ?
01:31Parce que quand vous interrogez les personnes d'éducation nationale, j'en ai huit qui ont été blessés, j'ai
01:35eu trois proviseurs au téléphone au cours des deux dernières heures,
01:39dont certains ont été donc blessés, et qui m'ont dit en fait, ce n'était pas nos élèves, nous
01:42connaissons nos élèves, ce n'était pas nos élèves.
01:44Qui alors, monsieur le ministre ?
01:45Très clairement, on a des gens qui sont, enfin, lorsqu'il y a violence, je dis bien, je distingue les
01:50hypothèses,
01:52mais lorsqu'il y a violence, elles sont commises par des personnes extérieures qui arrivent encagoulées, équipées, munies de mortiers,
02:01et qui savent s'en servir.
02:03Je ne sais pas si vous avez un mortier dans votre poche, mais moi, je n'en ai pas.
02:05Style black bloc ?
02:06Style, oui, black blocs ou autre, moi, je ne connais pas, par définition, je ne sais pas identifier ces gens,
02:11et la police va évidemment, enfin, on a interpellé d'abord, et puis on aura une analyse ensuite, mais c
02:16'est style black blocs, oui, c'est un peu ça le type de profil.
02:17Mais monsieur le ministre, quel mot vous posez, vous faites face à quoi aujourd'hui ?
02:21Tout à l'heure, le ministre de l'Intérieur disait, on n'est pas face à un mouvement classique de
02:25lycéens, on est face à autre chose, face à des violences urbaines.
02:28Je confie, alors, nous sommes clairement face à des violences urbaines, qui tentent de récupérer ce qui était au départ
02:33un mouvement lycéen, j'allais dire, classique,
02:37et qui surtout essaient d'introduire un court-circuit violent par rapport à ce qu'est la démocratie scolaire.
02:41Il y a des instances de démocratie scolaire.
02:43J'ai dit tout à l'heure au recteur, j'ai demandé au recteur de voir avec l'établissement pour
02:47que les conseils de vie lycéenne,
02:49qui sont les instances de dialogue dans l'établissement avec les lycéens, puissent se réunir d'ici la fin de
02:52la semaine, dans les différents lycées concernés.
02:55Parce que si des lycéens ont des demandes, elles sont examinées dans ce cadre.
02:58Et on parlera de leurs revendications ce soir ?
02:59Oui, mais ça c'est important parce que c'est un cadre démocratique.
03:02Il y a des gens qui aujourd'hui essaient d'introduire un court-circuit violent,
03:06et qui très clairement ne veulent pas entendre leurs revendications.
03:09C'est qui ces gens ?
03:10On a entendu le ministre de l'Intérieur parler de manipulation, d'instrumentalisation de la part de la France insoumise.
03:18Alors il y a plusieurs strates.
03:20Vous avez des lycéens qui nous rendent à se reprocher.
03:22Vous avez des militants a priori d'ultra-gauche,
03:26qui effectivement infiltrent les mouvements et ont une action violente.
03:30Et puis vous avez une troisième strate, si je puis dire.
03:32C'est-à-dire que vous avez une légitimation politique,
03:35une entité de récupération politique des blocages par des huiles de la France insoumise,
03:38qui depuis la semaine dernière incitent au blocage.
03:41Et pardonnez-moi, mais moi je suis ministre de l'éducation nationale.
03:43J'ai la responsabilité de 12 millions d'élèves.
03:44Il ne me viendrait pas aujourd'hui à l'esprit de recommander à n'importe quelle éducation nationale
03:48de participer à des blocages quand je sais qu'il y a des gens qui font des tirs tendus de
03:51mortier.
03:52C'est irresponsable quand on a la responsabilité de gamin.
03:54Moi j'ai la responsabilité de jeunes.
03:55Il est hors de question qu'ils risquent leur santé, leur vie, de perdre un nœud ou je ne sais
03:58quoi,
03:58parce que d'autres font des tirs de mortier ou allument des feux de palette.
04:01C'est insensé.
04:02Monsieur le ministre, on parlera de cette récupération,
04:04parce que le mot a été employé effectivement et vous l'employez aussi ce soir.
04:07Je redonne les chiffres.
04:08180 établissements touchés, 27 blocages totaux avec intervention des forces de l'ordre,
04:13164 interpellations, 12 lycéens blessés, 8 personnels de l'éducation nationale,
04:1712 forces de l'ordre blessées.
04:18Quelles informations avez-vous ce soir sur cette jeune lycéenne
04:22qui a été touchée, blessée à l'acide chlorhydrique ?
04:24Alors, je n'ai pas d'informations, je vais dire, extrêmement précises,
04:27parce que l'enquête est en cours.
04:29Mais effectivement, sans que je sache si c'est elle qui l'a reçue ou si elle le tenait,
04:34mais elle s'est retrouvée avec une bouteille, en tout cas qui a explosé
04:36à sa proximité immédiate d'acide chlorhydrique.
04:39Elle a donc reçu de l'acide au moins sur les mains et sur le visage.
04:44Et donc, elle a été prise en charge par les secours.
04:46La consigne, quelle est-elle pour vous aujourd'hui ?
04:49Et la consigne donnée, c'est-à-dire aux forces de l'ordre également.
04:51Quelle est-elle ?
04:52Il y a deux choses, il y a deux types de consignes.
04:55Moi, j'ai donné consigne, évidemment, d'avoir les instances de discussion
04:58et de démocratie scolaire classique avec les lycéens,
05:02parce qu'avec eux sont nos élèves, on y tient dans les discussions.
05:05Et puis par ailleurs, le ministre de l'Intérieur a évidemment donné des consignes
05:09à la force de police pour que, en cas de violence ou en cas de blocage total,
05:14c'est-à-dire pour être clair, lorsque la sécurité de nos élèves ou de nos personnels est mise en
05:19cause,
05:20les forces de police interviennent pour y mettre fin.
05:23Et s'il y a blocage, j'allais dire, pacifique, comme on l'a déjà connu des dizaines de fois
05:27en France,
05:27avec des poubelles mises devant les entrées, etc., là aussi, vous débloquez ?
05:31Nous, ce qu'on ne veut pas, c'est qu'il y ait de blocage total,
05:33parce qu'il y a un blocage total, donc ça veut dire qu'il peut y avoir, j'allais dire,
05:36des avis filtrants, etc.
05:38Mais quand vous avez un blocage total, c'est-à-dire que vous avez des élèves
05:40qui se retrouvent dehors, sur la rue, en nombre, avec des risques,
05:44parce que vous avez forcément du passage de camions, etc., etc.
05:47Et surtout avec des individus qui, maintenant, essayent de commettre des violences
05:51en se glissant au milieu d'eux. Ça, ce n'est pas possible.
05:53Oui, ça, c'est le cauchemar des policiers.
05:55Le blocage total, parce qu'un blocage total, ça va créer un attroupement d'élèves
05:59qui arrivent au lycée, ça va faire un nombre.
06:01Si des policiers arrivent assez vite, ils vont être nécessairement en sous-nombre.
06:07Et donc, du coup, il va y avoir, alors surtout, comme vous le soupçonnez,
06:10c'est aussi les soupçons du ministère de l'Intérieur,
06:12s'il y a des effectifs qui sont étrangers au lycée
06:14et qui viennent de type black bloc, comme disait Yves, en rajouter,
06:19là, c'est l'incident. Ce matin, à Saint-Toy-le-Môme,
06:22il y a une policière qui a été prise à partie,
06:24et puis il y a un jeune qui a pris un tir de mortier à bout portant.
06:30Il a perdu dedans. Il y a eu une enquête de l'IGPN.
06:33Donc, en fait, la police, elle déteste...
06:34Tirs de mortier ou tirs de grenade d'acrimon ?
06:36Tirs de grenade...
06:38De cougar.
06:38De cougar, voilà, c'est ça.
06:39C'est le nom de l'appareil.
06:41Tirs de cloche et pas de tirs d'enduit.
06:43Vous parliez de maintien de l'ordre et de déblocage.
06:46Cet après-midi, Jean-Luc Mélenchon a commenté ce qui se passait dans les lycées
06:50en disant que le gouvernement Lecornu, auquel vous appartenez,
06:54avait, je cite, ordonné la répression,
06:57férocité, dit-il, irresponsable, avec un arrière-goût raciste évident.
07:01Et qu'est-ce que vous avez à lui répondre ?
07:02Qu'est-ce que vous avez compris de ce message ?
07:04Je considère que oser traiter ce gouvernement ou les forces de police
07:12ou les personnes de l'éducation nationale ou qui que ce soit
07:15de personnes ayant un arrière-goût raciste évident,
07:17si c'est bien ça les termes,
07:21d'abord c'est profondément diffamatoire, c'est injurieux.
07:24Et c'est évidemment faux, mais c'est plus que faux.
07:27C'est diffamatoire et injurieux.
07:28Et en réalité, comme toujours, c'est fait pour tenter d'essentialiser des élèves.
07:33Moi, je ne connais pas la couleur de peau des élèves qui sont dans ces lycées,
07:37ça ne m'intéresse pas, c'est mes élèves.
07:39Ce sont des élèves, bon sang.
07:41J'ai leur responsabilité avec les professeurs d'éducation nationale.
07:45On se bat tous les jours pour les emmener au maximum de leur potentialité.
07:48Et on est en train de nous expliquer qu'il y aurait de la férocité
07:52à faire en sorte que des gens qui leur tirent des mortiers en tir tendu
07:58soient écartés de ces manifestations.
07:59Non, mais écoutez, je crois que vraiment,
08:01on est sur de la récupération en bonne et due forme,
08:05sur de l'instrumentalisation en bonne et due forme.
08:06Chacun est libre de prendre ses responsabilités.
08:08La responsabilité d'un homme politique, pour moi,
08:09qui ne suis pas, d'ailleurs, comme vous le savez, un élu, etc.
08:13La responsabilité collective d'un parent, d'un homme politique
08:16ou d'une personne qui aspire à protéger la société,
08:18c'est de protéger nos jeunes.
08:19Et ce n'est pas de les envoyer dans des environnements qui sont violents.
08:22On va l'écouter, monsieur le ministre Jean-Luc Mélenchon.
08:24Il dit autre chose.
08:25Il appelle les adultes à venir protéger les élèves.
08:28Écoutez.
08:29Les jeunes ont toujours été animés,
08:34souvent, comment dire, très volcaniques.
08:37Enfin, franchement, ce n'est pas la première fois
08:38qu'il y a en France un mouvement de lycéens.
08:40Mais il y a besoin que des adultes protègent ces jeunes gens.
08:44Enfin, vous avez tous vu des interventions de policiers.
08:46Venez pas me raconter que vous trouvez que
08:48c'est par le dialogue qu'il faut avancer les choses.
08:51Moi, je leur annonce que tout n'est pas permis et que nous y sommes.
08:54Et que j'invite la population, les parents, à venir à la rescousse de leurs enfants.
09:00Qu'est-ce que vous répondez à ça ?
09:03Je trouve ça, honnêtement, assez étonnant.
09:05Mais vous savez, je crois que la meilleure chose qu'on puisse faire
09:08pour protéger un enfant aujourd'hui, c'est lui permettre de rentrer dans son lycée
09:10ou dans son école.
09:12Et en l'occurrence, pour les lycéens dans son lycée
09:14et de s'y exprimer dans le cadre de la démocratie scolaire.
09:18Les lycéens, ils connaissent leurs professeurs,
09:20ils connaissent leurs surveillants, ils connaissent tout le monde dans l'établissement.
09:22Ils peuvent parfaitement leur parler.
09:24Personne n'a besoin d'être protégé de l'école.
09:27Tout le monde a besoin d'être protégé à l'école
09:29et l'école a besoin d'être protégée contre les gens qui lui tirent dessus.
09:31Mais ce que vous disent les insoumis, c'est qu'il y a deux points de mesure.
09:33C'est-à-dire qu'il y a eu des manifestations, par exemple, d'agriculteurs
09:35où on n'a pas forcément envoyé les forces de l'ordre.
09:38– Et on envoie les forces de l'ordre quand il y a des violences
09:42qui sont, en l'occurrence, susceptibles de porter atteinte
09:45à la vie ou à la santé de mineurs.
09:49– Et vous, d'après vous, ce sont des violences organisées ?
09:50– C'est nos enfants qui sont là, quoi. – Organisées ?
09:53– Très clairement. Alors, organisées, je ne sais pas s'il y a une formation centrale.
09:57– C'est ce qu'on retient de votre propos.
09:59– Les groupuscules qui sont intervenus ces jours-ci dans les établissements,
10:02et une fois encore, je suis allé recueillir des témoignages
10:04et je suis allé moi-même dans un établissement pour rencontrer des équipes.
10:08Quasiment tous fait part de, effectivement, à chaque fois,
10:1210-15 individus coordonnés entre eux, qui arrivent cagoulés,
10:15qui ont du matériel et qui, très clairement, causent des troubles à l'ordre public.
10:20Ça, c'est clair.
10:21Ça ne veut pas dire que tous ces groupes entre eux sont coordonnés eux-mêmes.
10:24Si vous voulez, c'est des mouvances qui profitent.
10:25Il y a des effets d'opportunité.
10:26Mais aujourd'hui, très clairement, il y a des gens qui, soit par opportunisme,
10:31soit par calcul, soit par idéologie, utilisent cette frustration lycéenne
10:37comme moyen d'exprimer de la violence et de créer des troubles à l'ordre public.
10:39– Mais monsieur le ministre, cette instrumentalisation dont vous parlez ce soir,
10:42est-ce que vous la retrouvez partout, c'est-à-dire 180 lycées bloquées,
10:46ou est-ce qu'il y a certains endroits où vous dites, là, il y a de la manip ?
10:50– Non, il y a certains endroits où, très clairement, on s'est instrumenté.
10:52Il y a d'autres où, j'allais dire, soit par mimétisme,
10:55soit en raison de configuration locale,
10:57les lycéens ont exprimé de manière tout à fait classique.
11:00Quand je vous disais, on a eu un certain nombre de perturbations,
11:02il n'y a eu que 27 blocages.
11:04Il y a des endroits où les lycéens ont exprimé des choses de manière classique.
11:06– J'ai regardé, justement, les lycées où, pardonnez-moi l'expression,
11:10où ça bardait.
11:12Des lycées, beaucoup, des lycées de banlieue.
11:14Il y a le discours de Bailly Bakayoko, qui est le maire de Saint-Denis,
11:18qui dit que l'éducation nationale ne traite pas de la même façon
11:21et ne répond pas de la même façon aux cris de détresse
11:25de certains lycées qui sont des lycées dans des quartiers normaux.
11:29Pardon, c'est une expression inappropriée,
11:31mais des quartiers qui n'ont pas de problème
11:34et des quartiers difficiles, comme à Saint-Denis,
11:39où, finalement, on n'est pas traité, on n'est pas considéré,
11:42on n'est pas entendu, on n'est pas écouté.
11:43D'où, d'ailleurs, le fait que le maire, M. Bagayoko,
11:48manifeste aux côtés de ses élèves.
11:50– Alors, vous allez répondre à Yves.
11:52Je vous montre d'abord les images, effectivement,
11:53de Bailly Bakayoko, le maire de Saint-Denis,
11:55qui a été, ce matin, en soutien de ceux qui manifestaient
11:58dans sa ville.
11:59Bailly Bakayoko, qui a été aussi porté en triomphe,
12:02d'une certaine manière, par les élèves qui manifestaient.
12:04Regardez.
12:05– Bailly, Bailly, Bailly, Bailly, Bailly, Bailly !
12:30– Alors, il y a deux choses.
12:32Il y a l'inégalité de traitement dont parlait Yves,
12:33vous répondrez dans un instant,
12:34mais d'abord sur cette image-là.
12:35Comment vous réagissez face à ce mouvement-là ?
12:38– Je réagis comme face à tout mouvement de foule,
12:41c'est-à-dire avec un peu de prudence.
12:44Moi, si vous voulez, tant qu'il y a des mouvements de foule
12:46qui sont organisés où il n'y a pas de violence,
12:48je n'ai rien à commenter.
12:50Ce que je ne supporte pas, c'est une violence
12:52qui peut porter atteinte en eugène une fois encore.
12:54Quand il n'y a pas de violence, ma foi,
12:55les gens font ce qu'ils veulent,
12:58et ça ne me trouble pas, si vous voulez.
13:01En revanche, là aussi, il faut rétablir des vérités.
13:04Parce que derrière tout ça, en fait,
13:05il y a un double phénomène.
13:07Il y a un discours, j'allais dire,
13:09il y a des actes d'intimidation violents.
13:13Et puis, il y a aussi un discours
13:15qui tend à faire croire
13:16qu'une partie de la France serait moins bien traitée
13:19que l'autre, en l'occurrence, la Seine-Saint-Denis.
13:21Simplement, juste deux mots sur la Seine-Saint-Denis.
13:23Dans le premier degré, donc au niveau des écoles,
13:26les moyens mis en Seine-Saint-Denis,
13:29le coût, si je puis dire, d'un élève en Seine-Saint-Denis
13:31par rapport à la moyenne nationale,
13:32c'est 13% de plus.
13:33Ça veut dire qu'on investit 13% de plus
13:35par élève en Seine-Saint-Denis
13:36que par rapport à la moyenne nationale.
13:38Et dans le second degré,
13:39si je prends les collèges et les lycées,
13:40enfin le lycée, pardon,
13:41parce qu'on parle des lycées,
13:42la moyenne, c'est 30,5 élèves par classe en France.
13:46En Seine-Saint-Denis, c'est 28,6.
13:48Donc oui, il y a un effort qui est fait
13:50supérieur en Seine-Saint-Denis
13:51par rapport aux résultats du territoire national.
13:52Mais on déplaise à certains élus
13:54qui prétendent l'inverse.
13:55Est-ce que cet effort est suffisant ?
13:56C'est ce que j'allais vous demander.
13:58Vu des difficultés sociales,
13:59on pourrait s'attendre à ce qu'il y ait encore plus d'héritage.
14:01Mais ne faut pas le débat.
14:01Est-ce que cet effort est suffisant ?
14:03Est-ce qu'il peut faire différemment ?
14:04Dans le premier degré, je rappelle quand même
14:05que les moyens, c'est 4 élèves par classe en moins.
14:06Premier degré, c'est le collège.
14:07Premier degré, ça veut dire les écoles.
14:10Et après, les collèges, les lycées.
14:11Il y a des efforts qui sont considérables
14:13en Seine-Saint-Denis, etc.
14:15Ensuite, on peut avoir un débat
14:16pour se dire est-ce que c'est assez ?
14:18Est-ce qu'on n'a pas trop de difficultés
14:19à remplacer les professeurs, etc.
14:20Mais ça, le débat, on peut l'avoir,
14:22je vais dire, loyalement et honnêtement.
14:24Mais dire qu'il y a moins de moyens en Seine-Saint-Denis
14:27qu'au niveau national, c'est faux.
14:29Mais globalement, quand on regarde globalement,
14:31est-ce que ces jeunes, ils n'ont pas aussi,
14:34comment dire, de bonnes raisons
14:36d'aller manifester et d'aller se plaindre ?
14:38Je vous regardais les derniers chiffres
14:39qui sont disponibles pour votre ministère.
14:419,8% dans le second degré, dans l'Elysée,
14:439,8% de cours non assurés entre 2024 et 2025.
14:47Ce sont les derniers chiffres que l'on a.
14:499,8%.
14:49C'est-à-dire qu'il y a un cours sur 10
14:50sur une année qui n'est pas assuré.
14:52Avec les examens inclus, oui, tout à fait.
14:53Avec les examens, les fermetures, absolument.
14:55Avec les fermetures, ok, très bien.
14:57Et alors ?
14:58Parce que c'est 7,5%.
14:59C'est 7,5%, absolument.
15:00C'est 7,5% et un peu plus de 2%
15:02quand il y a les lycées fermées.
15:04Pardonnez-moi, c'est parce que j'aime bien être précis.
15:06Vous avez raison.
15:06Et parce que le risque du climat actuel,
15:09tout le monde commence à raconter tout et n'importe quoi,
15:11c'est l'imprécision.
15:12Donc effectivement, en moyenne, en France,
15:14il y a 7,5% des cours qui ne sont pas remplacés.
15:16C'est un problème.
15:18Et on avait jusqu'à présent, d'ailleurs,
15:19un problème aussi,
15:20c'est qu'il y avait beaucoup de postes
15:21qui étaient vacants à la rentrée.
15:22C'est-à-dire qu'avant même d'avoir remplacé les gens,
15:25il y avait des postes vacants.
15:25Bon, on a réussi en un an, pardon,
15:28mais il se trouve que c'est mon travail,
15:3257% de postes vacants, le second degré en un an.
15:35Donc il y a un travail qui est fait.
15:36Une fois encore, est-ce que c'est parfait ?
15:37Non, je suis le premier à le dire.
15:39À Saint-Exupéry, à Créteil,
15:41où les événements commençaient la semaine dernière,
15:43il y avait un certain nombre de postes non remplacés.
15:45Proviseur adjoint,
15:46directeur de la formation et des travaux,
15:48infirmière.
15:49En une semaine, on les a remplacés.
15:51J'ai décide la situation, d'ailleurs,
15:52bien avant les événements.
15:54En une semaine, on les a remplacés.
15:55Donc, on est capable d'agir.
15:57Mais vous voyez que là,
15:58on est dans une autre discussion.
15:59Dans une discussion, il y a un problème, je réponds.
16:02De vie lycéenne, quand ils vont se réunir cette semaine,
16:04les lycéens pourraient dire, il y a un problème.
16:05On va essayer de répondre.
16:06On va tout faire pour répondre.
16:08Mais dire, par principe, on est maltraité,
16:11non, ça c'est faux.
16:13Et dire, le seul moyen de se faire entendre,
16:15c'est d'aller dans la rue et de brouiller des poubelles,
16:18alors ça, c'est insensé.
16:19Est-ce que vous craignez demain une extension du mouvement ?
16:23Je ne crains pas une extension du mouvement,
16:25parce qu'une fois encore,
16:26tout dépend comment ce mouvement prend forme.
16:28En revanche, ce que je ne veux pas,
16:29c'est qu'il y ait une extension des violences,
16:31parce qu'une fois encore,
16:31ma seule responsabilité à la fin devant les parents de France,
16:33c'est de protéger leurs enfants.
16:35Je les protège contre les violences sexuelles,
16:36je les protège contre les violences urbaines,
16:38c'est ça mon rôle, moi.
16:39Pour lier les deux,
16:40l'union syndicale lycéenne
16:42appelle demain au blocage de tous les lycées de France.
16:44Est-ce que vous avez un message,
16:46avant cette journée de mobilisation,
16:47à adresser aux lycéens,
16:48qui vous disent, on se sent maltraité ?
16:50Est-ce que vous avez un message à leur...
16:52Est-ce que vous avez un message à leur adresser ce soir ?
16:54Oui, à la veille de cette grande journée de blocage annoncée.
16:57Je vais vous dire ce que je dis,
16:59enfin, ce que j'ai dit aux milliers de lycéens
17:01que j'ai rencontrés depuis en dix mois,
17:03parce que j'en rencontre quasiment chaque semaine.
17:05C'est qu'il y a un million de cent mille personnes
17:08qui se lèvent tous les matins
17:10et qui ont pourréné l'objectif de les faire progresser.
17:12Moi le premier.
17:15Quelque chose comme 18 heures par jour,
17:16je travaille pour eux.
17:18Et qu'ils peuvent avoir confiance dans le fait
17:20qu'il y a des hommes et des femmes
17:20qui ont dédié leur vie
17:22et qui dédient leur vie
17:24à leur permettre d'arriver au bout de leur potentialité
17:27et à devenir des citoyens,
17:28libres et éclairés.
17:29Et que ça, ça ne souffre aucune instrumentalisation,
17:32ça ne souffre aucune récupération.
17:34En fait, c'est profondément désintéressé.
17:36Moi, je n'ai jamais fait de politique.
17:38J'ai accepté l'honneur qui m'a été fait.
17:39Vous en faites, M. le ministre.
17:40Mais c'est important.
17:41J'ai accepté l'honneur qui m'a été fait
17:42parce que je crois dans l'école.
17:44Et je crois dans l'école
17:45comme les 1 million de cent mille personnels
17:46de l'éducation nationale
17:47qui croient dans l'école.
17:48Parce que c'est ce qui nous fait vivre.
17:49Et ce que je veux leur dire,
17:50c'est qu'on se bat pour ça.
17:51Que s'ils ont des demandes,
17:52elles seront entendues.
17:53Qu'on fera tout pour les résoudre
17:54et apporter une solution.
17:55Mais qu'ils ne se mettent pas en danger
17:57et qu'ils ne confient pas
17:59leurs revendications
18:00à des gens qui les défendent
18:01à coup de mortier.
18:01Un mortier, ça ne recrute pas un professeur.
18:03Ne bloquez pas, discutons.
18:05Ne bloquez pas de discutons.
18:07D'abord, ne bloquez pas
18:08parce que vos camarades
18:09ont le droit d'aller en cours
18:10s'ils n'ont pas envie de manifester.
18:12Première chose.
18:12Et qu'on respecte les autres
18:13et on respecte ses camarades.
18:15Et ensuite, vous avez des délégués.
18:17Vous avez des conseils de vie lycéenne.
18:19Vous avez des conseils d'administration
18:20où vous siégez.
18:21Il y a des instances
18:22qui permettent d'entendre
18:23ce que vous avez à nous dire.
18:24Et vous, vous discutez avec qui ?
18:25Nous, on discute avec les élus lycéens
18:27au niveau national.
18:28Je ne les ai pas encore réunis
18:29parce que les instances
18:29sont en cours de renouvellement.
18:30Mais on discute avec les lycéens
18:32au niveau national,
18:33au niveau académique,
18:34au niveau des établissements.
18:35Mais là, on est vraiment sur des sujets
18:36qui sont très propres aux établissements
18:37parce qu'en fait,
18:38il n'y a pas une revendication globale.
18:39C'est ça aussi la difficulté.
18:40Il y a une forêt de demandes.
18:41Il y a un faisceau de demandes
18:43et qui ont été appelées à une réponse
18:44au cas par cas.
18:45Donc, répondons-y au cas par cas.
18:47Mais en ayant conscience
18:48qu'en face d'eux, chers lycéens,
18:49en face de vous, chers lycéens,
18:51vous avez des hommes et des femmes
18:52qui juste dédient leur vie
18:54à vous faire progresser.
18:56Voilà.
18:56Donc, on n'est pas entre gens
18:57qui se mentent.
18:58On est entre gens
18:59qui travaillent pour la même chose.
19:00Monsieur le ministre,
19:00deux questions encore.
19:01Demain, mobilisation des fonctionnaires,
19:02notamment les profs.
19:03Dans le primaire,
19:0440% de grévis
19:05selon le premier syndicat
19:06attendu demain.
19:06Ce sont aussi les estimations
19:08que vous avez ?
19:08On a des estimations
19:09a priori sensiblement plus basses
19:10mais on donne les chiffres constatés
19:12donc on est droit demain.
19:13Et à quoi est-ce qu'il faut s'attendre ?
19:14Est-ce que ce soir,
19:15vous dites aux parents
19:16« Allez-y, envoyez vos enfants,
19:17ils seront accueillis » ?
19:18De toute façon,
19:18tous les parents sont informés
19:19au préalable
19:20dans le premier degré.
19:21Ils sont à l'école.
19:22Ils sont informés au préalable
19:23de la grève de leur professeur.
19:25Il y a un service minimum d'accueil
19:26qui est mis en place
19:27par les collectivités.
19:28Donc, ils peuvent quoi qu'ils arrivent
19:29déposer leurs enfants
19:29et en tout cas de cause,
19:31ils sont déjà informés
19:32puisqu'il y a une obligation
19:33de déclaration 24 heures avant
19:34pour permettre aux parents
19:34de le savoir.
19:35Encore une question,
19:36M. le ministre.
19:36On sera avec son avocat
19:37dans un instant.
19:37Quelle est votre réaction
19:38ce soir aux accusations
19:39d'antisémitisme portées
19:41par Mediapart
19:41contre Jordan Bardella ?
19:42Jordan Bardella dément
19:44les messages qui sont produits
19:45ce soir par Mediapart.
19:46Comment vous réagissez ?
19:48J'ignore tout des faits
19:49mais je sais que dans la vie
19:52il y a deux choses
19:52qui me donnent la nausée.
19:53Enfin, pas que deux
19:53mais il y en a deux en particulier.
19:54C'est le racisme et l'antisémitisme.
19:56Donc, si c'est vrai,
19:58je crois que comme beaucoup
19:59de Français,
19:59je trouverais ça
20:00particulièrement nauséabond.
20:02Si c'est faux,
20:03il lui appartient
20:04de le démontrer.
20:06Merci, Edard Jeffrey.
20:07Merci M. le ministre
20:07d'avoir été avec nous
20:08en direct ce soir.
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