- il y a 5 jours
Au coeur de la saison 2025-2026 du n°1 français de squash Victor Crouin. Les victoires, les doutes, les déceptions... Une saison intense dans les pas de l'un des meilleurs joueurs de la planète.
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00:02Il est le numéro 1 français d'une discipline encore trop souvent dans l'ombre.
00:08Un sport de vitesse,
00:13de précision,
00:19de puissance,
00:24où chaque point peut devenir un combat.
00:31Son sport, le squash.
00:34Son nom, Victor Crouin.
00:39Son objectif, devenir champion olympique à Los Angeles en 2028
00:44pour la première du squash au JO.
00:47Pendant plusieurs mois, nous avons suivi ce diplômé d'Harvard dans sa quête de performance.
00:54Les victoires,
00:57les défaites,
00:59les doutes,
01:00la joie,
01:02les frustrations,
01:04et les moments de libération.
01:07Oh, c'est exceptionnel !
01:10He has done it !
01:12Oh my goodness !
01:15plongé au cœur de la saison 2025-2026 de Victor Crouin.
01:36J'ai découvert le squash grâce à mon père qui jouait au squash quand j'étais tout jeune.
01:42Moi, je ne voulais pas qu'il fasse du squash.
01:44Mes parents m'ont mis à quatre ans au mini tennis au départ, mais j'ai fini par mettre de
01:48côté le tennis à l'âge de dix ans.
01:50Je m'occupais d'une école de squash, donc il est venu, il a commencé à taper des balles et
01:55puis de fil en aiguille, j'allais entraîner.
01:58J'avais beaucoup de mal à me dire que j'allais entraîner mon propre fils.
02:02Quand j'allais voir mes grands-parents, j'ai dit toujours que je voulais être numéro mondial.
02:10Les études ont toujours été aussi importantes que le sport. Il fallait s'engager à 100% dans ce qu
02:16'on faisait.
02:17Victor, donc lui, il a fait des études assez prestigieuses aux Etats-Unis, à Harvard.
02:20Il finit ses études en mai 2022. Et c'est là que tout va s'accélérer très très vite.
02:25Je fais finale d'un platinum, ce que beaucoup de joueurs ne feront jamais dans leur vie.
02:31Je devais enchaîner avec l'un des internationaux de Nantes, qui était le tournoi à la maison.
02:55Ces deux tournois m'ont propulsé dans le top 10 mondial, comme ça, première saison à temps plein sur le
03:00circuit pro.
03:01Il va passer deux saisons, 2023-2024 et 2024-2025, beaucoup plus difficiles.
03:07Tous les autres joueurs du circuit, en tout cas les top joueurs, l'ont scruté, analysé.
03:11Il n'y a plus cet effet de surprise.
03:13Et je finis par dégringoler petit à petit au classement pour redescendre jusqu'à la 15e place mondiale en mars
03:212025.
03:21Et c'est pour ça que cette saison, 2025-2026, eh bien il y a énormément d'enjeux.
03:33Victor, il débute sa saison 2025-2026 à Chengdu, en Chine, pour les Jeux mondiaux, les Jeux olympiques des sports
03:40non olympiques.
03:44Le port-drapeau, c'était un peu une surprise pour moi et un honneur.
03:48C'était assez fort comme moment, la cérémonie d'ouverture, d'avoir tous ces athlètes français derrière moi.
03:54Il les a disputés une fois en 2022 et il les a remportés.
04:06Pour moi, c'était vraiment important d'aller le défendre.
04:10Il retrouve en finale Balazs Farkas, un Hongrois largement à la portée de Victor.
04:16Il ne va pas trembler, une victoire trois jours à zéro.
04:26Pendant ma finale, il y avait plein d'athlètes français et membres de staff de disciplines différentes qui étaient présents
04:32pour me soutenir.
04:33Chez les hommes, c'est une performance historique, puisque Victor devient le premier joueur à conserver son titre au Jeux
04:40mondiaux.
04:43Normalement, j'aurais l'opportunité d'aller chercher un troisième titre au Jeux mondiaux.
04:48Après, je l'espère, avoir gagné la médaille d'or à Los Angeles.
04:58Il y aura des nouveaux venues et des nouveaux sports pour les fans à regarder.
05:03Squash est l'un d'entre eux.
05:05Après le sport a été accepté pour l'inclusion en 2028.
05:09Il y a eu des rumeurs une semaine avant l'annonce officielle et moi, je n'y croyais pas du
05:13tout.
05:13Ça m'a quand même pris un petit temps pour me rendre compte qu'on y était vraiment et qu
05:18'il fallait switcher, qu'il fallait vraiment se mettre en mode prépa olympique.
05:23Ça approche, c'est les Jeux olympiques ?
05:25Oui, voilà.
05:27Est-ce que ça, Victor, t'en parle ?
05:30Si je n'ai qu'une semaine de vacances, ça sera forcément pour les JV.
05:33Ça représente vraiment le Graal.
05:36On ne va peut-être pas être la fois suivante.
05:38Il faut être là, le Vourgie, et remporter la victoire.
05:43Si son rêve se concrétise et qu'il devient champion olympique de squash, ça peut le propulser et propulser le
05:51squash dans une autre sphère.
05:56L'Agence Nationale du Sport a identifié Victor comme un potentiel de médaille à Los Angeles 2028.
06:03Tout a changé à partir de là.
06:05Son staff s'est élargi.
06:06Son père, Emmanuel Croin, et maintenant son coach à plein temps, ce qui n'était pas le cas avant.
06:11Il a aussi pu compter sur l'arrivée de Mathieu Castanier, entraîneur national, et également l'arrivée d'une préparatrice
06:16mentale, Ingrid Petitjean.
06:18Tout ce beau monde a été réuni pour la première fois, à Chartres, au championnat d'Europe, pour le deuxième
06:25tournoi de la saison de Victor.
06:31J'ai appris à rater un peu plus haut.
06:33Je me dis que ça me permettra d'avoir plus de...
06:36Vous avez vu ça ?
06:37Non, surtout plus de régularité.
06:39C'était un réel défi de devoir enchaîner les Jeux mondiaux en Chine, de rentrer en France pour jouer à
06:45un championnat d'Europe en France.
06:47Qu'il soit champion de France ou champion d'Europe, au regard du projet olympique, j'ai envie de vous
06:53dire, c'est dur, mais on s'en fiche un peu.
06:55Mais lui, il a besoin de ses objectifs coup de cœur.
06:59Tiens, prends-toi ça.
07:03Je joue la finale à 16h contre Baptiste Mazotti, qui est numéro 2 français et numéro 2 du tournoi aussi.
07:11La dernière fois que je m'avais battu, c'était en 2022 sur un tournoi national.
07:15Et depuis, je crois que j'ai gagné les trois dernières confrontations.
07:19C'est ça qui m'a mis en train de faire des rotations.
07:23Des rotations.
07:27Qui peut avoir le plus de confiance avec un père et un fils, et un fils et un père, c
07:31'est nous.
07:33Il est passionné, exigeant, et il a confiance en moi.
07:40C'est toi le patron sur le tournoi.
07:56Allez, c'est parti pour cette grande finale entre Victor Croin et Baptiste Mazotti.
08:03Ça, c'est là. C'est là où il peut lui parler.
08:05Celle-là, elle est passée.
08:08Celle-là, elle est passée, t'as vu ?
08:18Quand tu es coach, tu dois laisser tes émotions de côté.
08:22Cette relation de fils-père, les émotions, au début, c'est dur de les mettre de côté.
08:29Essaye de volleyer quand la balle est près de toi, au lieu de laisser passer.
08:34Mais là, c'est parfait. Continue comme ça.
08:36Je me suis tout de suite réfugié sur la data.
08:40J'ai des observables, par exemple, sur ce qu'on a travaillé.
08:43Et ça fait que les émotions, je ne les ai pas, puisque mon cerveau, il est toujours en action.
08:51Ça, c'est bien.
08:52Ah, si, comment ça, volayer comme ça.
09:10Allez, ça va offrir 5 balles de match, 5 balles de sacre à Victor Croix peut-être.
09:34Je suppose que celui-ci, il est très spécial, gagné en France à Chartres.
09:38Ouais, gagné en France, gagné devant mon papa.
09:42À chaque fois qu'il y a une victoire, t'es ému.
09:46T'es ému parce que tu te dis que tout le travail qui a été fait,
09:49et surtout la joie que tu vois dans son visage, ça te remplit de joie.
09:54Et donc, tes émotions, tu ne peux plus les garder.
09:58Et puis, le travail, il est fini.
09:59Donc, tu peux passer justement à la relation père-fils.
10:08Open de Jeep, c'est un des tournois les plus prestigieux du circuit.
10:12Aujourd'hui, c'est un diamant, donc c'est un peu nos grands chelèmes.
10:15En squash professionnel, il y a plusieurs catégories de tournois.
10:18Plus on monte, plus la dotation est importante, plus le niveau est élevé,
10:21plus ça rapporte de points aussi pour les joueurs.
10:24Je m'alignez contre Marwan El-Shorbagui.
10:26Victor frappe un grand coup en s'imposant 3 jeux à 1 dans ce match.
10:35Après avoir gagné ce match, c'était un peu...
10:38Voilà, j'ai encore coché une case, et puis on passe à la suite.
10:40Et je me retrouve contre un autre Égyptien, Fares Dessouki.
10:45On apprend deux jours avant que le président égyptien et le roi d'Espagne
10:49étaient en visite des pyramides, donc on a joué à huis clos.
10:55Je sors encore de ce match avec énormément de maîtrise en gagnant 3-0.
11:00La première, des 3 balles de match et la faute !
11:03Victor Croin s'offre le scalp d'un Égyptien sur ses terres !
11:08C'est comme si j'avais fait une demi-finale à Roland-Garros.
11:11Ce soir, c'est peut-être une page d'histoire qui s'écrit pour le squash français.
11:15Victor Croin, notre numéro 1 tricolore, 9e mondial à la fronte,
11:19le Puma péruvien, Diego Elias, pour une place en finale.
11:29Diego Elias n'est pas vraiment encore rentré dans sa demi-finale,
11:33mais ça fait les affaires de notre français.
11:35Sa nonchalance et son arrogance, ça peut lui jouer des tours par moments aussi,
11:40et c'est sur ça que j'essaye de jouer, quand j'arrive à remporter ce premier jeu en 5.
11:51Et le jeu, en faveur de Diego Elias.
11:54Physiquement, j'ai commencé à avoir un peu plus de mal à me déplacer aussi rapidement,
12:00à aussi me rendre compte de la stratégie qui fonctionne et de ce qui ne fonctionnait pas.
12:13Il y a une telle aisance sur le terrain, que ce soit avec son déplacement.
12:17Il trouve presque toujours ses cibles.
12:19La balle a beaucoup de poids quand il la frappe.
12:24Et non, Victor Croin n'ira pas en finale de l'Open d'Egypte !
12:29Quand vous faites demi-finale d'Andiamon,
12:32sachant qu'il a eu l'expérience d'un top 10, Victor, dans le passé,
12:35où il a fait final au Qatar,
12:37et on est en train de retrouver cette personne-là.
12:39Sauf qu'on ne voulait pas retrouver cette personne top 10.
12:41On voulait une personne nouvelle, top 8, top 5.
12:44On veut quelqu'un qui, finalement, ne s'installe pas dans le top 10,
12:47mais aille chercher la plus haute place à la hiérarchie mondiale.
12:51Il allait donc gagner les Jeux mondiaux, gagner les Europes individuelles,
12:54et là, vraiment, il enchaîne par cette superbe performance en Egypte.
13:09Je peux dire un peu que je joue à la maison quand je suis aux Etats-Unis,
13:12parce que j'y ai vécu 4 ans.
13:14Victor va passer les premiers tours sans trembler,
13:17avant de se retrouver en demi-finale contre un redoutable Malaisien,
13:20Yao.
13:21C'est un joueur qui est très intelligent sur un terrain.
13:24Il faut être plus intelligent de lui, plus puissant,
13:27durer plus longtemps pour le battre,
13:28et vraiment être pointilleux tactiquement.
13:42C'est vrai qu'à 2-0, je me suis certainement relâché un peu.
13:54C'était une belle preuve de force de caractère
13:58d'aller le chercher, finalement, dans le 5e jeu.
14:02Et Victor va s'en sortir.
14:05Rendez-vous demain pour tenter d'aller chercher le titre
14:07face à Léonel Cardenas.
14:15Le Français s'impose en patron dans cette finale.
14:183 jeux à 0, 11-5, 11-5, 11-4,
14:21son premier titre de la saison 2025-2026.
14:27Ça me montrait aussi toute la pertinence
14:30de ma préparation estivale
14:32qui portait déjà ses fruits
14:35et qui allait encore plus être décisive
14:38la semaine suivante à San Francisco.
14:50Victor, il va retrouver en demi-finale
14:52Moustapha Hassan. C'est un phénomène.
14:54C'est le plus jeune joueur qui a jamais gagné.
14:56Je veux dire, regarde ça.
14:59Il est le numéro 1 mondial,
15:01il est encore très jeune,
15:02il a quasiment déjà tout remporté dans sa carrière.
15:05Il est à la fois surpuissant,
15:07mais il va très très vite.
15:12Il est très grand, il prend beaucoup de place.
15:14Ça crée aussi beaucoup de conflits
15:16et beaucoup de débats au niveau de l'arbitrage.
15:19Est-ce que la veille, je me dis qu'il va gagner ?
15:22C'est la grande question.
15:23Honnêtement, j'y mets une grande part de chance.
15:3011-8, j'ai gagné.
15:32Ça va être un match énorme,
15:34une bataille intense,
15:36un match qui dure,
15:37qui va dépasser l'heure et demie.
15:42Et surtout, un match en 5 jeux.
15:44Avant ce match contre Victor,
15:46il restait sur 11 victoires de rang sur les matchs en 5 jeux.
15:53Oh, c'est un grand point !
15:55Oh, c'est un grand point !
16:00J'ai senti cette porte s'ouvrir.
16:03Ses vieux démons sont arrivés,
16:05il a commencé à vous voir gêner un peu plus
16:07et il s'est un peu tiré une balle dans le pied aussi.
16:09Au pire moment, en restant un peu trop près de moi,
16:12je le touche sur l'épaule
16:13et ça me permet d'avoir ma première balle de match.
16:15Je sentais vraiment qu'il doutait à ce moment-là
16:18et que si je lui montrais que j'étais présent,
16:20que je n'allais pas lui donner le point,
16:22ça pouvait craquer
16:23et c'est lui qui finit par faire la faute sur cette balle de match.
16:29Oh, il a fait ça !
16:30Il a fait ça !
16:33Oh, mon Dieu !
16:35C'est un séisme.
16:36Mostafa Assal, cette saison,
16:38il n'a perdu que contre 3 joueurs.
16:41Diego Elias, numéro 3 mondial.
16:44Paul Cole, numéro 2 mondial.
16:46Et donc, Victor Croix.
16:48Il y a énormément de messages déjà sur mon téléphone.
16:52C'est compliqué de dormir.
16:53Le lendemain, j'étais frustré
16:55parce que je sentais qu'il y avait la possibilité de gagner
16:59mais mon corps n'était pas non plus à son meilleur niveau.
17:04Oh, il est sorti !
17:05Il a sorti de sortir du court !
17:09Yawad est quand même un des meilleurs joueurs du monde
17:12et ça reste un joueur que j'aimerais battre avant la fin de saison.
17:19C'est toute la complexité du calendrier international.
17:23C'est que vous parcourez les quatre coins de la planète.
17:25On part en Asie, décalage horaire, beaucoup de temps de transport.
17:29La tournée asiatique de Victor, elle est un petit peu mitigée.
17:32Il commence avec une contre-performance à l'Open de Chine.
17:34Il se fait sortir au premier tour contre Mohamed Abouelgar.
17:37Et puis il enchaîne avec une demi-finale au Hong Kong Football Club,
17:41un tournoi de niveau silver,
17:42avant de s'incliner en quart de finale de l'Open de Hong Kong
17:45qui est un tournoi platinum.
17:50Les deux dernières compétitions, je les ai jouées quand même
17:52avec cette douleur à l'adducteur.
17:55Il aurait fallu écouter un peu plus le corps
17:57et ça m'a pris bien quatre à cinq semaines
17:59pour vraiment revenir à 100%.
18:03Ça tombait bien parce qu'on était pendant le break hivernal.
18:23Et en voilà quatre, super, très très bien.
18:26On a eu un petit souci avec Victor cette année au niveau des adducteurs.
18:29On a travaillé beaucoup dessus.
18:32Cinq, ok.
18:34Filou, c'est quelqu'un avec qui j'ai travaillé pendant mes trois années de lycée
18:38quand j'étais en internat au Krebs d'Aix-en-Provence.
18:41Quand j'ai récupéré Victor, moi, en 2024,
18:43c'est un garçon qui avait des gros manques au niveau de la coordination,
18:46qui avait des manques au niveau de la force, notamment du haut du corps.
18:49Le gain de puissance qu'il a acquis sur le bas et sur le haut du corps
18:53font qu'il est beaucoup plus efficace dans beaucoup de situations.
18:56Il n'a pas peur maintenant de s'imposer beaucoup plus qu'il ne le faisait avant.
19:00Parfait.
19:02Elle est nickel celle-là.
19:03Des gens qui ont cette rigueur, cette capacité d'analyse, d'auto-évaluation
19:09et cette disponibilité par rapport aux gens qui l'entraînent, il y en a quand même très peu.
19:14C'est aussi ma manière d'être, cette volonté de vouloir tout contrôler,
19:20d'être assez exigeant avec moi-même, de vouloir apprendre de toutes les expériences.
19:25Je n'ai jamais vu ça.
19:26C'est l'intelligence, c'est la compréhension de ce qui se passe,
19:30c'est la richesse kinesthésique.
19:31Il sait très bien que ça, ça sert à ça et ça, ça sert à ça.
19:34Et on relâche.
19:36Bien Victor, super.
19:45Victor, il a ses petites habitudes.
19:46Il se présente à la coupe du stade français.
19:49Je venais d'arrêter les anti-inflammatoires juste avant
19:51parce que je m'étais dit quand même qu'en compétition,
19:53il fallait que je puisse jauger aussi un peu la douleur.
20:02Il n'y a que des joueurs français qui le disputent
20:05et Victor est largement supérieur à tous ses compatriotes.
20:08En demi-finale, il affronte Maceo Lévy, qui est numéro 9 français.
20:33J'en ai parlé un peu avec les historiens du squash français, notamment je les cite Fred Lecomte et Serge
20:38Parabaud.
20:38J'aurais demandé est-ce qu'un numéro 1 français a déjà perdu contre un numéro 9 français ?
20:42Ils m'ont dit non jamais.
20:43Ce jour-là, Maceo a fait son match.
20:46Il a été meilleur que moi et je ne peux que le féliciter pour cette victoire-là.
20:52L'impensable s'est produit et ça a surpris tout le monde.
20:54Mais il faut aussi dire qu'il revenait d'une blessure, il n'était pas encore à 100%.
20:58Cette coupe du stade français était un tournoi de préparation à ce qui allait arriver après,
21:03en l'occurrence le tournoi des champions de New York.
21:12C'est emblématique, vous jouez dans la grande gare de New York.
21:17Les conditions sont extrêmes à l'extérieur, il neige, il y a du verglas partout.
21:21C'est-à-dire qu'entre l'hôtel et le cours vitré, vous n'êtes pas à l'abri de
21:23faire une chute.
21:25C'est un des terrains sur lequel je prends le plus de plaisir parce qu'on est à New York,
21:30il y a du monde qui nous regarde, les gradins sont très proches du terrain.
21:33On se sent vraiment dans une arène.
21:36Il y a un million de personnes qui passent par jour dans cette gare,
21:39mais qui passent devant le cours vitré.
21:41Donc les gens regardent et disent « mais c'est quoi ça, cette boîte bleue ? »
21:45C'est New York !
21:47On a quand même eu Camille Serme et Grégory Gauthier qui ont gagné ce tournoi plusieurs fois.
21:52Et puis pour moi, c'était un peu le tournoi où je pouvais le regarder à 2-3 heures du
21:56matin avec mon père.
22:00Victor passe les deux premiers tours sans difficulté.
22:02avant de se retrouver en quart de finale contre Paul Cole.
22:05J'ai beaucoup de respect pour Paul parce qu'il a énormément travaillé pour en arriver là où il est.
22:10Il a réussi à être numéro 1 mondial.
22:11C'est un des seuls joueurs avec lequel je me retrouve dans cette démarche professionnelle.
22:16Je sais qu'il est très axé aussi sur sa prépa pour les JO de Los Angeles.
22:21C'est aussi un des meilleurs joueurs que j'ai battu pour la première fois.
22:33Il est souvent très très tendu en fait quand il me joue parce qu'il sait que je peux le
22:37battre.
22:38On va pouvoir se lancer dans ce quart de finale.
22:41Paul Cole face à Victor Croin pour une place dans le dernier carré du tournoi des champions.
22:46Premier tournoi majeur de cette année 2026.
22:48Paul c'est un joueur très robotique dans sa façon de fonctionner.
22:53Mais stratégiquement il est très très fort.
22:54Sauf que parfois quand dans la tête ça se tend, la machine est enrayée et ça se voit en fait
23:01sur le terrain.
23:02Et j'ai réussi à le surprendre avec une nouvelle stratégie dans le premier jeu.
23:07Donc je le prends assez rapidement.
23:09Et la faute de Paul Cole, encore frustré le Néo-Zélandais à perdre.
23:13Le premier jeu c'est une très bonne nouvelle pour notre français Victor Croin de Cala sur cette entente de
23:18quart de finale.
23:19Et dans le deuxième, il se décompose vraiment en faisant des fautes pas forcément dignes de son niveau quoi.
23:30Inhabituel, la réaction du numéro 2 mondial.
23:33Je ne remporte pas ce deuxième jeu et c'est vrai que ça a beau être serré sur la suite,
23:39il prend quand même les devants et lui regagne de la confiance.
23:43On est sur un point de folie, il est encore entre les deux hommes.
23:48Le travail de sapin de Paul Cole qui fait craquer Victor Croin.
23:53Alors Paul Cole c'est vraiment un joueur qui a amené une autre dimension dans le squash.
23:56C'est un joueur qui physiquement est quasiment attravable.
24:00Paul, la différence avec Victor c'est qu'il a les vis. Il a les vis.
24:13Oh ! Aïe, aïe, aïe, aïe !
24:15Comment c'est possible ?
24:16Allez, le stroke pour Paul Cole !
24:18Il sait ce qu'il faut faire à un moment donné.
24:21C'est ce qu'on essaie d'apprendre nous à Victor.
24:22Sa démarche, elle est tellement structurée et organisée que lui c'est gagner le point à la Loyal et puis
24:27point barre.
24:28Mais qu'à un moment donné dans notre activité on peut aussi, pas tout le temps user des vis, mais
24:33entre guillemets, prendre un peu plus sa place, se mettre dans de bonnes postures, regarder son adversaire, jouer du public.
24:41Il y a des éléments qui peuvent faire qu'on peut faire basculer à 8-8 un jeu ou un
24:46match.
24:46Et ça Paul, il l'a.
24:52Aïe, aïe, aïe, aïe, aïe, c'est terminé.
24:54L'aventure new-yorkaise de Victor Croix s'arrête en quart de finale pour cette édition 2026 du Tournoi des
25:01Champions.
25:18Scénario incroyable, inédit ici au Texas Open.
25:21Victor Croix et Melville Siani Manico s'affrontent pour une place en finale.
25:26Deux joueurs qui se connaissent par cœur, qui évoluent dans le même club, le GM Squash.
25:30J'avais quand même hâte de le jouer et en même temps j'avais cette pression de me dire,
25:34un petit jeune français qui monte là, qui vient de battre deux des meilleurs joueurs du monde,
25:39que je n'arrive pas forcément toujours à battre.
25:41Il fallait lui enlever tout espoir que la victoire était possible.
25:48Si Victor le remporte, ça peut être crucial.
25:52Et la faute, il craque.
25:54On le sentait venir, on le sentait arriver.
25:56Il a beaucoup donné toute cette semaine, Melville Siani Manico.
26:00Ils se connaissent tellement bien qu'il y a un peu une emprise psychologique
26:02qui fait que Melville a joué peut-être moins libéré par rapport aux deux tours précédents.
26:06Cette demi-finale, Victor l'a remporté.
26:09Trois jeux à zéro.
26:12Ah non, la faute.
26:13Et le rêve américain se termine ici pour Melville Siani Manico.
26:18Après un parcours fantastique.
26:21On va dire une belle répétition avant de retrouver en finale
26:24le Puma peruvien, Diego Elias,
26:27qui l'avait battu en demi-finale de l'Open d'Egypte en début de saison.
26:30La France du squash retient son souffle.
26:34Victor Croin est en finale du Texas Open 2026.
26:37Sur sa route, le Puma peruvien, Diego Elias, champion du monde 2024,
26:42ancien numéro 1 mondial, tête de série.
26:45Numéro 1 de ce tournoi, Victor ne l'a jamais battu.
26:47Il a beaucoup de choses qui, génétiquement, l'ont quand même beaucoup aidé.
26:51Quand on voit la manière dont il se déplace,
26:54cette capacité d'user le moins d'énergie possible sur chaque déplacement,
26:58c'est juste incroyable.
26:59On a l'impression de voir un chat se déplacer sur le courant.
27:02Un des meilleurs joueurs du monde aujourd'hui,
27:05il a vraiment une facilité sur le terrain assez déconcertante.
27:09Et sur ce premier jeu, je joue très bien, je mets la stratégie en place.
27:12Et c'est vraiment juste sur la fin de jeu où je commets des erreurs que je n'aurais pas
27:16dû faire.
27:18Allez, sur le T.
27:19Aïe, aïe, aïe, aïe, aïe, aïe, il se remet.
27:25Oh non, le stroke pour Diego Elias.
27:29Que c'est frustrant.
27:30Je me dis qu'il faut continuer comme ça.
27:32Quand j'arrivais à prendre un lead, il pouvait se frustrer et je pouvais engranger des points supplémentaires.
27:38Et j'ai vraiment surfé à chaque fois sur ça, sur chaque jeu,
27:41que ce soit sur des décisions d'arbitrage qui l'ont un peu énervé.
27:45Donc, savoir sentir ça et aller chercher les points suivants.
27:52Elias, c'est un joueur qui, quand vraiment on va dans le dur, peut parfois lâcher.
27:57La première des cinq. Il arrête, il arrête Diego Elias.
28:01Il ne va même pas tenter d'aller chercher cet amorti.
28:04Et ça, c'est un signe.
28:07Victor Croix emmène 2-1.
28:08On arrive au quatrième jeu.
28:10Je joue encore très bien.
28:12J'arrive très près du but.
28:13Je sens qu'il commence aussi à abandonner, à baisser les bras.
28:27Cinq balles de match.
28:28Je ne peux m'empêcher d'avoir des flashbacks du quart de finale de la Gras Super Cup 2025.
28:34Victor menait 10-5.
28:36Et Victor a été battu 13-11 au tie-break par Diego Elias.
28:41C'est fini.
28:42C'est terminé.
28:43C'est terminé.
28:43C'est terrible.
28:45Le scénario cauchemardesque pour Victor Croix.
28:49On l'a travaillé.
28:51On est revenu sur les séquences.
28:52Qu'est-ce qui s'est passé ?
28:53On l'a formalisé.
28:55On a reproduit des modèles à l'entraînement.
28:58On s'était dit, c'était bon, ça n'arrivera pas.
29:00Et c'est réarrivé.
29:02Évidemment, c'était un peu quelque part dans ma tête.
29:06Quand je vois Diego Elias, enchaînez les points.
29:0916, 17, 18.
29:11On est en train d'assister peut-être à un nouveau cauchemar.
29:14C'est vrai que je le vois sur certains points où je joue bien,
29:18mais il finit par les gagner.
29:21L'amorti.
29:22Il est toujours là.
29:22Le lob.
29:24Oh la la la la la la la la la la la la la la la la la la la
29:26volémique de Diego Elias.
29:30Ah ben moi j'ai été stressé.
29:32Je me dis que s'il change pas de stratégie, il va gagner.
29:37J'ai pas de doute.
29:42Victor Croin qui n'a plus le droit à l'erreur.
29:46Diego Elias a écarté quatre balles de match déjà.
29:51La cinquième emmènerait les deux hommes au tie-break.
29:58Oui.
29:59Allez couler.
30:00Le tronc !
30:02Victor Croin remporte le Texas Open 2026.
30:08Oh c'est exceptionnel !
30:10En plus avec les feux d'artifice qui vont à la fin,
30:14et puis en plus ils battent Diego.
30:15C'était vraiment bien.
30:19C'était vraiment un moment on va dire un peu hors du temps en fait.
30:21Pour ma part c'était la concrétisation du travail archarné qu'on met en place pour lui au quotidien.
30:27Parce que même si l'image est très portée sur Emmanuel et Victor, père-fils, coach entraîné,
30:35il y a quand même des gens autour qui bossent arduement à ce que cette paire fonctionne et qu'ils
30:41progressent au quotidien.
30:43Il y a aussi ce passage à la cinquième place mondiale.
30:46On sait qu'on a eu deux joueurs monstrueux.
30:48Thierry Lincourt, Nagu et Gauthier, champion du monde numéro 1 en duo.
30:51Victor il est maintenant juste en dessous.
30:52Ça me permettait aussi de passer devant mon entraîneur national, ce qui est très important.
30:56J'étais allé sur les intelligences artificielles, j'ai dit qu'en penses-tu d'une confrontation entre Victor Coing
31:02et Mathieu Castanier dans son prime ?
31:04Il y avait une tendance qui m'était encore plutôt favorable.
31:10Donc je lui ai envoyé, il va falloir faire mieux que 5 à mon avis.
31:13Avec les perfs que je fais depuis début de saison 2025-2026, j'ai ce niveau pour aller chercher le
31:19top 3.
31:32Le plus dur dans le sport de haut niveau, c'est la régularité, c'est d'enchaîner.
31:36Il est tête de série numéro 1 de ce tournoi Victor, donc il doit faire respecter la hiérarchie.
31:41Il y a cette pression que j'ai difficilement gérée au départ, beaucoup de doutes.
31:47On est en altitude, mes raquettes ne me plaisent pas, surtout le cordage.
31:51Et je jouais au premier tour à un joueur qui n'est pas forcément dans le top 20, top 30
31:56mondial, mais qui m'a causé des soucis depuis toujours.
31:59Et Nick Wall, il a cette particularité de vous faire déjouer.
32:02Donc si le victor qu'on a connu au Texas Open ne s'exprime pas de la même manière sur
32:07ce match-là,
32:07s'il déjoue, les niveaux se nivellent.
32:10Avant chaque match, on fait une fiche du joueur, et là on n'était pas du tout d'accord.
32:16Mais pas du tout.
32:18Et Mathieu était là, donc on était d'accord avec Mathieu.
32:21Il vient de gagner le Texas Open, il a battu un numéro 3 mondial en finale.
32:25Il se dit, je joue à un garçon qui est très bon, qui était 40-50 mondial.
32:29On me dit de ne pas jouer dans tel secteur, mais plutôt d'implanter dans l'autre.
32:33Pourquoi j'accepterais ça ?
32:35Alors je suis capable de battre un 3 mondial et gagner un goal de la semaine dernière.
32:39Je peux très bien l'amener, même là où il aime bien aller, et lui montrer que finalement,
32:42le challenger, lui montrer que je suis plus fort.
32:45Ben non.
32:47Donc on appelle Ingrid, et Ingrid je lui dis, tu sais, là on va dans le mur.
32:52Parce qu'en plus il est énervé, il faut que tu nous aides.
32:54Pour moi la tension, ce n'est pas vraiment une tension relationnelle à ce moment-là.
32:58C'est une difficulté qui est rencontrée par Victor au niveau de l'adaptation sur le terrain à ce moment
33:03-là.
33:03Et qui fait en fait grand écart avec l'aisance qu'il a eue quelques jours avant sur le terrain.
33:10Donc ça peut paraître surprenant, voire déstabilisant évidemment pour tout le monde à ce moment-là.
33:16Et elle me dit, ouais mais il n'y a pas de problème, je l'ai eue et il est
33:20ok. En fait il est ok.
33:22Vous ne dites pas les choses pareilles mais il est ok.
33:24Il n'y a jamais eu de problème de fond.
33:26Quand ça coince, c'est qu'il y a des problèmes de forme en fait, de communication.
33:32Et c'est assez vite résolvable.
33:36Nick Rawls a eu deux possibilités pour vraiment mettre un coup rapide dans l'ouverture et qu'il n'y
33:42a pas pris.
33:43Et maintenant il est parti, il est juste hors de position là.
33:4714-12, c'est à Detroit.
33:50Il remporte le match en faisant la stratégie.
33:55Et il sort et Mathieu lui dit, alors t'as vu, t'as joué tout, t'as joué à gauche
33:58et tout.
33:58Il dit, non, non j'ai jamais joué à gauche.
34:00Tu vois, mais bon après on laisse tomber quoi.
34:01Je suis très têtu et très obtus, donc oui, ça doit être génétique.
34:05Je ne sais pas si c'est génétique, mais oui.
34:08Mais d'un côté c'est ce qu'il a challengé pour gagner Calgary.
34:11Parce qu'il s'est dit, ouf, je ne peux pas que je me repose sur mes lauriers quand même.
34:15Et derrière il a été incroyable après, il n'a pas perdu un jeu.
34:40Donc le dernier français qui a gagné deux tournois du World Tour d'affilée, c'est Greg Bottier en 2017.
34:44Mais là c'était six d'affilée, donc il avait fait une série absolument dingue.
34:48Le champion de Canadiens, Victor Curran, la première fois.
34:59Victor sort d'une véritable contre-performance à El Gouna en Egypte, un tournoi majeur dans lequel il s'est
35:05fait sortir dès le deuxième tour.
35:07Il doit absolument se racheter à Zurich.
35:09Il avait perdu contre Diego Elias en quart de finale la saison dernière.
35:14Et bien, signe du destin, il va encore retrouver Diego Elias, cette fois-ci en demi-finale.
35:19Victor va refaire le coup.
35:24Avec un scénario quasiment similaire à celui du Texas Open, il perd le premier jeu et il remporte les trois
35:30suivants.
35:38Et à ce moment-là, je me dis, il est fort.
35:45Deux fois consécutivement battre un membre du top 3.
35:48En finale, il retrouve Karim Abdel Gawad.
35:56Avant même qu'il frappe la balle, vous pouvez vous dire que ça peut partir à droite, à gauche, devant,
36:00derrière.
36:01C'est compliqué à lire. Il a une anticipation naturelle qui est juste déroutante.
36:06Les points défilent extrêmement vite, trop vite pour l'instant.
36:10Il faut l'amener dans le long, dans le dur.
36:11Mais c'est difficile de le faire quand la personne analyse toujours de la bonne manière ce que vous allez
36:16mettre en place, le coup que vous allez jouer.
36:18C'est-à-dire qu'en fait, il voit le mouvement de Victor au ralenti.
36:21Donc il se dit, ça va aller là.
36:22Forcément, cette avance fait qu'à un moment donné, ça met Victor toujours en incertitude et ça le met en
36:28crise de façon permanente.
36:34La balle qui est collée, ça sort. Il n'y aura pas vraiment eu de finale. Malheureusement, Victor a été
36:41dépassé dans tous les secteurs.
36:44Gawad a donc perdu contre Baptiste Mazotti, Melville-Sianni-Manico et Greg Marche il y a un peu plus longtemps.
36:49Alors que Victor n'arrive pas.
37:02L'objectif était très, très clair pour ces Europe par équipe, c'était la médaille d'or.
37:07Avec une équipe de France d'un très haut niveau, composée donc de Victor Croin, Baptiste Mazotti, Grégoire Marche, Melville
37:14-Sianni-Manico et le jeune Amir Khaled Jousselin.
37:16Il aurait pu faire le choix de ne pas faire ces championnats d'Europe par équipe pour se concentrer sur
37:22les championnats du monde qui arrivent la semaine d'après.
37:26Porter le maillot de l'équipe de France aujourd'hui, c'est non négociable et je pense que ça m
37:31'aurait fait mal de ne pas être présent.
37:35Il a toujours eu un attachement pour l'équipe de France, mais je pense que le fait que l'on
37:39travaille ensemble, il a compris encore plus la dimension de jouer collectivement.
37:43Parce que moi, j'en transpire de ça.
37:46Compétition par équipe oblige, Victor est entouré des entraîneurs nationaux, Mathieu Castagnet et Thierry Lincoux.
37:52Seul absent, son papa coach, Emmanuel Croin.
37:55Je le prends un peu pour acquis maintenant, que papa soit présent sur toutes les compétitions.
38:00C'est vrai que ça fait seulement une saison.
38:01C'est une forme d'autonomie que par moment je cherche aussi pour essayer de retrouver cette motivation qui vient
38:09vraiment de là.
38:10Qui vient pas de mon père qui vient me titiller sur certains points techniques, sur certains points tactiques.
38:17C'est mon fils, c'est un peu un truc d'appartenance, mais par contre un coach, c'est pas
38:23son athlète.
38:24C'est l'athlète qui l'entraîne.
38:26Après un superbe début de compétition, l'équipe de France retrouve la Suisse en demi-finale.
38:31C'était clairement l'opposition piège.
38:33L'égoire a eu du mal dès le début en s'inclinant en quatre jeux contre Nico Müller.
38:45Le contexte, on l'oublie. C'est toi là. C'est un match comme un autre. C'est toi qui
38:50fait le goût.
38:50Victor Croin, lui, est exemplaire. D'ailleurs, dans ses championnats d'Europe, il a remporté tous ses matchs.
38:55Là encore, il est opposé à Dimitris Taïman, un joueur dur, un joueur physique, qui l'emmène au tie-break
39:03de chaque jeu.
39:04Mais Victor va s'imposer trois jeux à zéro.
39:08Très bien !
39:09Bravo !
39:12L'entraînement, t'as été costaud.
39:13Après, je me suis dit que ça fait deux tie-break déjà que je gagne.
39:19Malheureusement, ça ne suit pas derrière.
39:21Baptiste Mazotti perd son match et se blesse.
39:23Melvician Imanico perd contre un joueur moins bien classé que lui.
39:27Et là, clairement, c'est un choc.
39:31On ne s'y attendait pas.
39:32On était déjà tous fixés sur la finale.
39:36France-Angleterre, celle qui a eu lieu tant de fois dans l'histoire.
39:43Pour l'équipe de France, c'est la 25e médaille dans cette compétition et la 3e en bourgogne.
39:46En tant qu'athlète, on ne la savoure pas du tout.
39:49On enlève assez rapidement la médaille et on la met de côté.
39:53Et puis, on s'est retrouvé derrière avec beaucoup d'envie au Mondiaux quelques jours plus tard.
40:07C'est le plus gros tournoi de la saison où tous les joueurs veulent performer.
40:14Si vous n'avez rien remporté dans votre carrière et que vous remportez les championnats du monde, vous avez réussi
40:20votre carrière.
40:24J'ai envie de dire que c'est un jeu olympique.
40:26Il y a une part de chance, de préparation, de chance, de comment vous aborder la compétition.
40:30On ne pourra jamais reproduire le contexte des Jeux, mais on peut reproduire des contextes d'environnement, etc.
40:37Et d'aller tester in situ, finalement, comment ça va se passer.
40:41Au 21e siècle, la France a énormément brillé dans ses championnats du monde.
40:46Et ça fait longtemps qu'on attend un Français, ne serait-ce qu'en quart de finale des championnats du
40:51monde.
40:51Ce n'est plus arrivé depuis 2021.
40:53Donc, sur ces Mondiaux 2026 en Égypte, c'était le moment.
40:57Victor, on va dire que c'est un joueur qui aime bien annoncer ses ambitions.
41:00Mais là, vraiment, il l'a fait de manière extrêmement claire.
41:03L'objectif principal, le dernier carré aux championnats du monde individuels.
41:09Il a le plus gros moteur du top 10.
41:10Le tout, c'est qu'il arrive là-bas et avoir la bonne énergie pour faire carburer ce moteur.
41:16Et surtout, un état d'esprit qui va faire qu'il va avoir du relâchement.
41:21Victor retrouve l'Égyptien Karim El Torqi, 21e mondial au 2e tour de ses Mondiaux.
41:26Le numéro 1 français a cette capacité à ne quasiment jamais perdre face à des joueurs moins bien classés que
41:32lui.
41:33Cette saison, c'est arrivé une fois sur Mohamed Aboulgar, qui est un ancien très bon joueur, donc ça ne
41:36compte pas forcément, on va dire.
41:38La saison d'avant, aucune défaite sur des joueurs moins bien classés que lui.
41:42Et avant, il faut remonter très très loin, un Rami de Tandon, un Indien, il y a deux ans.
41:46J'aime bien mettre mes chaussures bien alignées les unes à côté des autres, mes raquettes aussi, mes gourdes.
41:53Il me met sa gourde à l'envers.
41:57C'est-à-dire qu'il fait des choses complètement bizarroïdes, on va dire.
42:02C'est-à-dire qu'il est tellement millimétré, c'est-à-dire qu'il nous met la gourde à
42:06l'envers.
42:06Du coup, Ingrid, elle rigole, elle dit, c'est Mathieu qui a fait une blague encore, parce que j'aime
42:09bien blaguer, moi.
42:11Je dis, non Ingrid, tu ne fais pas une blague à trois minutes avant de rentrer sur un match comme
42:13ça.
42:15Ou alors, c'est là, putain, il faut que je me remette en question, quoi.
42:18Et là, du coup, on se rend compte que c'est lui qui l'a mise.
42:20Donc ça, c'est aussi un élément qui nous indique qu'avant le match, il n'y est pas.
42:24Il y a toujours cette pression de vouloir bien faire devant son staff.
42:28Les athlètes souvent parlent de l'environnement, de la volonté aussi de rendre fiers aussi les gens autour.
42:38Mais ça ne peut pas être le moteur unique, ça.
42:41À un moment donné, travailler sur c'est quoi mon moteur en fait ?
42:46Qu'est-ce qui va motiver profondément l'athlète à son projet ?
42:50C'est le style de joueur qui me dérange aussi un peu, parce qu'il est quand même très, très
42:55athlétique.
42:56Il est très rapide sur le terrain, il est très puissant aussi.
43:00Il m'agresse beaucoup, parfois de manière assez atypique.
43:04Il m'empêche de mettre en place mon organisation sur le terrain.
43:11Donc à un moment donné, je me tends, donc je fais des erreurs.
43:15Et il prend le dessus, et c'est ce qui est arrivé aux Mondiaux.
43:20Vous jouez El Torque à New York, vous le jouez en Egypte.
43:25Ce n'est pas le même garçon.
43:29Mais vraiment ce jour-là, je pense qu'il fait le match de sa vie contre Victor.
43:35Il n'arrive pas à te remobiliser pour reprendre le dessus, et puis c'est un système infernal.
43:47Victor, il perd ce match dans les grandes largeurs. Trois jeux à zéro. Victor est passé complètement, mais complètement au
43:56travers du tournoi le plus important de sa saison.
43:59Le tournoi où il a quasiment tout niaisé. C'était l'objectif prioritaire de cette saison 2025-2026.
44:04Je pense qu'il faut l'assumer aussi, même quand on arrive sur une compétition avec des objectifs fixés, même
44:12publiquement de reconnaître que je peux échouer.
44:16Derrière, ça a été quatre heures de débriefing, puisqu'on était tous sur place. On a revisionné le match, on
44:23l'a laissé parler.
44:24C'était aussi important d'avoir le staff présent pendant la défaite, parce que le réconfort est venu aussi après
44:31dans l'analyse.
44:33Victor, il a quand même cette force à rapidement positiver, en tout cas, ce côté résilient où il va saisir
44:41le « Ok, ça, ça a été difficile, j'ai galéré, mais en quoi c'est quelque chose qui va
44:48m'être utile et apprenant pour la suite ? Comment je peux m'en servir pour rebondir dessus ? »
44:53J'aurais été à sa place, je prenais l'avion, je ne mettais plus un pied sur le sol égyptien
44:56tant qu'il n'y avait pas un nouveau tournoi.
44:58Il n'est pas là-dedans, il laisse part à la réflexion.
45:01Ça n'empêche que ça l'a tellement impacté que les deux ou trois semaines qu'on suivit avant le
45:07British Open, on a vécu un calvaire avec Emmanuel.
45:10La chute est vraiment émotionnelle, elle est vraiment revenue quand je suis revenu sur le terrain à l'entraînement avec
45:15mon père à Toulon.
45:17Et c'est là que j'avais une sorte de petit trauma post-mondiaux.
45:23Il est très difficile parce que quand il ne veut pas, il ne veut pas.
45:28C'était compliqué de lui faire reprendre la pêche à l'entraînement.
45:34Il était très négatif, très irritable.
45:37J'ai eu beaucoup de flashbacks du match perdu.
45:42J'étais un peu exécrable pendant ces deux semaines, mon père a fait un peu office de punching ball.
45:47Si Manu rate une balle en distribution, c'est « ta balle est mal distribuée », « concentre-toi »
45:54ou « ça va être une consigne de Manu, ça va être « ah non, je ne suis pas d
45:58'accord parce que je peux l'avoir comme ci, je peux l'avoir comme ça ».
46:02Mais c'est tellement minime, j'ai envie de vous dire.
46:07Ce sont des moments où on va accueillir la situation.
46:11On ne peut pas lutter contre la situation.
46:14Et puis derrière, c'est comment remettre du plaisir.
46:17Remettre du plaisir, remettre un premier challenge, etc.
46:20Tout ça a été aussi dû au fait que j'avais certainement rejouer ce même joueur au deuxième tour,
46:25donc mon premier match au British Open et ça, c'était quand même quelque chose d'assez lourd à porter,
46:32à me dire « merde, c'est possible que je finisse la saison sur deux défaites contre le même joueur
46:38».
46:53Au British Open, on va donc avoir la revanche entre Victor Croin et Karim El Torqui.
46:58Pour l'entrée en lice de Victor, le match est rude, le match est dur.
47:11Ça va en cinq jeux.
47:12Et dans le cinquième jeu, Victor, il passe au travers.
47:15Il est mené 7-0.
47:197-0, c'est sûr que tu dis « bon, là, on est mal embarqué ».
47:24Honnêtement, pour moi, c'était fini.
47:25Manu, il pense que c'est mort.
47:27Il pense que c'est mort, sauf qu'à 7-0, il y a un échange de malade.
47:50J'avais encore un peu d'espérance.
47:52Et en effet, un point, deux points, trois points, quatre points.
47:55Victor, c'est un joueur qui est pragmatique et qui, devant les problèmes, cherche des solutions.
47:59Donc là, il a appris point par point et voilà, grappillé, grappillé.
48:03Victor, il a beaucoup évolué, je trouve, dans sa capacité à faire abstraction du score
48:09et vraiment croire que tout est possible.
48:11Moi, je suis convaincue que c'est ça qui lui a permis aussi d'opérer de cette façon-là sur
48:15le moment.
48:31Si on n'avait pas vraiment mis le pouce là où ça faisait mal sur le championnat du monde,
48:35si on n'avait pas fait de débriefing, si on n'était pas allé dans cette démarche-là,
48:38au British Open, il ne serait jamais remonté de 7-0.
48:41Donc je me dis finalement, c'est peut-être le travail qu'on a mené aussi.
48:49Le parcours de notre Français s'arrête donc en quart du British,
48:52mais derrière, il faut vite se remobiliser,
48:54puisque Victor a la chance, grâce à son excellente saison,
48:58de disputer les PSA Squash Tour Finals.
49:05C'est le tournoi de fin de saison qui réunit les 8 meilleurs joueurs
49:08et les 8 meilleures joueuses de la saison.
49:10Ça se passe en France, pour la première fois de l'histoire, au 104 à Paris.
49:24Alors forcément, dans sa saison de folie qu'il a fait en 2022-23,
49:27il avait fait les Farinols dans 20 saisons, il était un peu cramé entre guillemets,
49:30il perd tous ses matchs en poule.
49:32Là, c'était un peu différent, il arrive avec un statut plus établi sur le top 8,
49:35mais avec un format différent, puisqu'il n'y a plus de poule,
49:38donc c'est quart de finale direct.
49:38Il se retrouve en quart de finale contre Diego Elias.
49:41Sur le papier, c'est clairement le match le plus indécis.
49:46Son échauffement, ce n'est pas un échauffement comme un autre athlète de haut niveau,
49:50qu'on peut voir sur le circuit.
50:04C'est 30, 40 minutes, mais c'est brutal.
50:19C'est le dernier tournoi de la saison, on prend plaisir.
50:37C'est certainement les meilleurs moments que je peux passer sur le terrain,
50:41quand ma famille, mes proches, mes amis, toute la communauté Squash en France est présente
50:47et m'encouragent sur le terrain.
50:49C'est vrai que c'est des émotions que je retrouve nulle part ailleurs.
50:55J'étais vraiment déterminé, très lucide aussi.
50:58Je faisais quand même trop de fautes.
51:01Aïe aïe, Victor, deuxième faute constitutive.
51:06J'ai commencé à un peu moins attaquer,
51:09ou à montrer l'attaque et jouer au fond,
51:11et ça l'a fatigué.
51:12Il a commencé à se tendre en me voyant revenir petit à petit.
51:17Il est capable, il est capable, Victor Lamorti !
51:22Magnifique !
51:23Magnifique l'employé d'Aïsseau.
51:24De Victor Croix !
51:25Les drapeaux français sont sortis !
51:28L'ambiance est au rendez-vous !
51:29J'ai l'impression que je vais fondre sur le terrain,
51:31tellement je me sens pris par les émotions.
51:35Victor Croix est en train de réaliser une grande première manche.
51:39Triste partout, mort subite !
51:42Allez, c'est là !
51:43Ça me fait beaucoup de bien de l'avoir avec moi en compétition ou au quotidien.
51:50Je comprends moins l'aspect technique.
51:52J'observe beaucoup son regard, on va dire, sa posture,
51:54et l'aspect plus mental que je perceps, je pense, un petit peu plus.
51:58Et ça m'avait vraiment marqué.
51:59Je me suis dit, là, là, il est vraiment, il a une énergie qu'il faut,
52:02il a un regard de combattant.
52:04Elle n'est pas doublée, elle n'est pas doublée !
52:06Et oui !
52:08Victor Croix va remporter son premier jeu !
52:1211-10, il était mené !
52:14Il y a eu 3 balles de jeu pour Diego Elias !
52:17Il a écarté les 3, il vient d'inscrire 4 points consécutifs !
52:25Ah, dommage, dommage, dommage, dommage, dommage, il a appuyé un peu plus sur l'accélérateur
52:34Diego Elias dans ce deuxième jeu, il prend de grandes distances, mais bon…
52:40Quel retour de service !
52:43Allez, Victor, allez !
52:55Mon premier rebond, il n'est pas assez long !
52:58Il ne bouge plus, là !
53:00Mais il est fatigué !
53:03Je le sens, c'est pour ça que quand je fais un rebond…
53:05Il est fatigué !
53:06Allez !
53:10Allez !
53:10Allez, tout le temps, s'il vous plaît !
53:25C'est vrai que dans ce troisième jeu, je suis mis à 8 partout, à le faire douter,
53:29et je me remets à attaquer en pensant que j'ai la bonne balle d'attaque dans la raquette.
53:36Là où il est très dangereux Diego Elias, c'est que j'ai vraiment l'impression que la pression,
53:40pour le coup, lui, lui glisse dessus, il ne ressent rien !
53:44Et oui !
53:45Arrête !
53:45Voilà ce qu'il est capable de faire cet homme, dans un moment importantissime de la partie !
53:54Et encore avec la petite quasi-roulette !
53:56Ah oui, cette volée magnifique également !
53:58Quelle beauté !
54:0011-8 pour Diego Elias !
54:04Il a été clinique, il a été très très fort dans le Money Time pour inscrire les trois derniers points
54:09!
54:09Ça a certainement été le tournant du match, parce qu'après, c'est devenu assez compliqué !
54:17Ça commence à être de plus en plus difficile de remettre les balles correctement !
54:21Et c'est terminé !
54:23La saison 2025-2026 de Victor Croix s'arrête sur cette défaite en quart de finale des PSA Squash Tour
54:33Finals !
54:34Il n'aura pas des mérités !
54:35Il faut savoir, il faut savoir ce que tu veux faire...
54:40Tu me laisses finir parler ?
54:42Tu me laisses finir de parler ?
54:43Tu me laisses finir parler ?
54:45Il faut savoir ce que tu veux faire dans ton identité de jeu, c'est tout !
54:48Si tu veux attaquer comme ça, il faut savoir défendre derrière !
54:53Avec un risque assez gros !
54:55Mais pour moi, il n'est pas gros !
54:57Alors, il faut que tu sois lucide !
55:00Contre Diego, il y avait la place !
55:01Là, Manu, on est d'accord là-dessus !
55:03Je pense qu'il n'a pas pris la mesure de la chose !
55:05Pour lui, c'est un tournoi bonus !
55:08Et je pense que c'est dommage parce qu'on a peut-être raté quelque chose !
55:11On a peut-être raté un top 4, finalement, au premier septembre !
55:14Il faut sortir ta combativité et y aller !
55:17Tu vois, Diego, il était à 4-0, il ne voulait pas perdre de points !
55:21Tu as vu comment il s'est arraché sur tous les points ?
55:23Même s'il était mort, il s'est arraché !
55:25Il voulait te dire, là, mon kiki, tu ne vas pas marquer de points !
55:28C'est normal, quelque part, que l'encadrement et cette envie de toujours aller plus loin, etc.
55:35Et c'est clair qu'à ce moment-là, Victor, d'un point de vue de l'énergie qu'il
55:41pouvait envoyer,
55:43n'était pas au top de ce qu'il avait pu être dans le reste de la saison !
55:49Donc, quand je parle d'énergie, je parle d'énergie mentale, d'énergie physique aussi !
55:57La saison 2025-2026 de Victor Croin restera à ce jour comme la plus accomplie de sa carrière !
56:05Trois titres sur le circuit PSA, deux autres remportés sous le maillot de l'équipe de France,
56:10et surtout, une cinquième place mondiale, le meilleur classement de sa carrière !
56:15Une saison qu'il a installée parmi les meilleurs joueurs de la planète !
56:19Mais à 27 ans, Victor Croin n'a sans doute pas encore écrit les plus belles pages de son histoire
56:24!
56:25C'est parti !
56:27C'est parti !
56:30C'est parti !
56:55C'est parti !