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Elle est l’une des quelque 2 000 « enfants de la Creuse »
arrachés à leurs terres de la Réunion et envoyés vers l’Hexagone entre 1962 et 1984 pour repeupler le territoire.
Marie-Germaine Périgogne raconte au « Point » les blessures laissées par ce scandale d’État.
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arrachés à leurs terres de la Réunion et envoyés vers l’Hexagone entre 1962 et 1984 pour repeupler le territoire.
Marie-Germaine Périgogne raconte au « Point » les blessures laissées par ce scandale d’État.
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NewsTranscription
00:00Aujourd'hui, je m'appelle Marie-Germaine Périgoyne, née à Bois-de-Neuf-Saint-Paul,
00:03mais pendant des années, je me suis appelée Valérie Laveau, née à l'Abrionne dans la Creuse.
00:08Et je vais vous expliquer pourquoi.
00:11Parce que je suis une enfant, dit de la Creuse,
00:15une enfant qui a été déracinée parmi les 2000 anciens mineurs transplantés de la Réunion.
00:20Je fais partie d'une passion de l'histoire de France,
00:23celle de plus de 2000 enfants réunionnais qui ont été arrachés à leur famille
00:28à des milliers de kilomètres de chez eux pour repeupler les départements ruraux de l'Hexagone.
00:33Moi, j'avais trois ans quand je suis arrivée dans la Creuse.
00:35Et à un moment donné dans ma vie, en fin de compte, on m'a changé mon nom, mon prénom
00:39et mon lieu de naissance.
00:41Et c'est qu'en 2024 que j'ai retrouvé ma véritable identité.
00:45Et aujourd'hui, je raconte mon histoire à travers mon ouvrage,
00:50« Les déracinées de la Réunion ».
00:52Et à travers cet ouvrage, c'est non seulement mon histoire personnelle,
00:56mais l'histoire de toutes ces victimes qui ont été broyées.
01:02Quand j'arrive dans la Creuse, je n'ai que trois ans,
01:08le peu, c'est flash.
01:10C'est dans ce foyer aguerré où nous avons été triés.
01:15Et les petits, on était tellement, mais tellement nombreux
01:20qu'ils ont mis des matelas par terre dans les couloirs, dans les réfectoires.
01:24Et les petits, moi, je pense que j'ai dormi par terre.
01:27Et après, ça a été une autre vie pour moi,
01:31puisque je me suis retrouvée dans cette famille d'accueil,
01:34qui était, je dis bien, payée pour nous garder.
01:38Et là, ça a été le début de l'enfer.
01:41De trois ans à sept ans, pendant quatre ans, j'ai vécu la maltraitance.
01:47En fin de compte, j'étais dans un milieu où le père était violent.
01:54Lorsque j'ai quitté cet enfer, à l'âge de sept ans,
01:57que je suis arrivée à la Brionne,
02:00là, j'ai été reçue par mes parents adoptifs,
02:04qui se sont présentés comme mes parents.
02:08Mais malheureusement, j'ai eu peur,
02:10parce que je me demandais encore une fois,
02:12mais qu'est-ce qui va m'arriver ?
02:13Alors, dans ce village de la Brionne,
02:16je suis la seule petite fille noire.
02:19Et là, je me pose des questions quand même,
02:21parce que, en fin de compte,
02:23je me dis que tout le monde savait, sauf moi.
02:26Alors, quand je me regardais dans la glace,
02:29je me posais la question, en me disant,
02:31mais quand même, qu'est-ce qui se passe ?
02:34Parce que tu ne ressembles à personne de ce village.
02:37Tu ne ressembles même pas à tes parents.
02:39Donc, ça a été difficile pour moi.
02:42C'était compliqué de vivre avec autant de questionnements.
02:47Ma première journée d'école dans le village de la Brionne,
02:51ça a été un enfer.
02:53En fin de compte, j'ai été tellement apeurée
02:58que je me suis mise accroupie par terre,
03:01parce que j'étais la seule petite fille noire, bien sûr,
03:05bronzée, avec tous ces petits blancs.
03:07J'ai hurlé, mais vraiment hurlé,
03:09et a commencé le racisme.
03:13Mon Dieu !
03:15Négresse, Blanche-Neige,
03:18retourne dans ton pays,
03:20tu t'es mal lavée.
03:21Et enfin, ça a été très, très dur.
03:23Et ça, ça a duré jusqu'au collège.
03:26Et au collège, c'était encore pire.
03:28Quand j'entends le témoignage de mes compatriotes,
03:31là, je me dis qu'il y a des parcours
03:33qui ont été inhumains.
03:36Jean-Charles qui dit, par exemple,
03:39on me mettait des crottes de bique dans la bouche
03:41en lui disant, mange, c'est du réglisse.
03:43Ou un autre qui dit, voilà, je buvais les lentilles d'eau
03:48des moutons parce que je n'avais pas à boire.
03:52Ou un autre qui mangeait dans la gamelle du chien.
03:55Mais c'est grave, c'est très grave ce qui s'est passé.
03:58En fin de compte, c'est une histoire humaine.
04:01C'est une histoire qui est, je dirais, politique.
04:05C'est une affaire d'État.
04:06Il faut en parler.
04:08Il faut qu'elle soit connue.
04:10Parce que, que nous ayons réussi ou pas,
04:13nous sommes tous, tous traumatisés.
04:16Tous.
04:18Et j'ai toujours eu ces questionnements à savoir,
04:20mais je ne ressemble pas à mes parents.
04:23Avec ma couleur de peau, mes cheveux très crépus,
04:26je leur disais, mais vous êtes sûre que je suis votre fille ?
04:29Et quand on martèle dans la tête d'un enfant,
04:32je suis ta maman, je suis ton papa,
04:34et bien, à un moment donné, j'y ai cru vraiment, vraiment.
04:38Et malgré ces questionnements, pendant des années,
04:42c'est quand j'ai appris, à 16 ans, vraiment,
04:46que j'ai une autre identité, que je viens d'ailleurs,
04:50et bien là, ça a été pour moi un tsunami d'émotions.
04:54J'ai ressenti de la colère, de la haine, de la frustration.
05:00Je me suis dit, mais bon sang, on m'a menti pendant des années.
05:04Pendant des années, alors que malgré tout, j'avais ces questionnements.
05:09Et ce n'est pas facile.
05:11Ce n'est pas facile à vivre, vraiment.
05:13Ça a été très bouleversant.
05:15Pour moi, ça a été un moment où, en fin de compte,
05:20excusez-moi, je suis un peu d'émotion,
05:23ma vie a été complètement broyée.
05:26C'est dur d'apprendre tout ça et de savoir que je fais partie d'une histoire incroyable.
05:34Mais au départ, moi, j'étais persuadée qu'on n'était qu'un tout petit groupe dans la creuse.
05:38Qu'un tout petit groupe.
05:40Je me souviendrai trop de cette journée où j'apprends la vérité.
05:44Je suis dans la cuisine avec ma maman.
05:46Et puis, elle me demande d'aller chercher quelque chose dans l'armoire.
05:50Et je ne trouve pas.
05:51Donc, je fouille, je fouille, je fouille.
05:53Et là, je tombe sur un document
05:56qui me dit que je suis Marie-Germaine Périgogne, née à Bois-Nest-Saint-Paul.
06:01Je me suis assise sur le lit.
06:03J'ai pleuré toutes les larmes de mon corps
06:05parce que je me suis dit, mais qu'est-ce que c'est que ça ?
06:08Qu'est-ce qui m'arrive ?
06:09En fin de compte, j'avais raison.
06:11J'avais raison.
06:12Il y a quelque chose qui n'allait pas.
06:14Et déjà, je me demande où se trouve la réunion
06:19qui je suis, en fin de compte.
06:23Pourquoi on m'a menti autant d'années ?
06:25Et qu'est-ce qui m'est arrivé pour en arriver là ?
06:31Et en fin de compte, même dans cette famille d'accueil
06:34où j'ai été maltraitée pendant quatre ans,
06:36je culpabilisais.
06:38C'est-à-dire que je me disais
06:40que si j'étais là,
06:42c'est parce que c'était de ma faute
06:44et que je le méritais.
06:46C'est terrible, dans la tête d'une petite fille.
06:50C'est terrible.
06:51Quand j'ai appris toute cette histoire,
06:54la première chose que j'ai faite,
06:56c'est bien évidemment retrouver mes frères et mes sœurs.
07:00Et je dirais que, bien,
07:04le sujet était un sujet tabou.
07:06On en parlait très peu de l'exil.
07:09On a appris à se connaître.
07:10Mais quand on n'a pas vécu cette fratrie ensemble,
07:14quand on n'a pas vécu ces jeux d'enfants ensemble,
07:17il y a quelque chose de brisé.
07:19Donc ça n'a pas été facile pour nous.
07:21Tant et si bien que j'ai un frère
07:24qui a mis fin à ses jours à l'âge de 32 ans
07:27parce que, tout simplement,
07:31il n'a pas supporté cette histoire.
07:34Il n'a pas compris ce qui lui est arrivé,
07:38le fait de retrouver ses petites sœurs.
07:40Voilà.
07:41Donc, j'ai retrouvé ma fratrie.
07:43Ça n'a pas été facile.
07:44Mais bon.
07:45Lorsque je suis allée à la Réunion
07:47pour la première fois,
07:48j'avais une trentaine d'années
07:49parce que j'avais besoin de comprendre
07:53ce qui s'était passé.
07:55Et quand j'arrive pour la première fois
07:57sur mon île natale,
07:58quand j'ai foulé le sol de mon île natale,
08:02eh bien, ça a été pour moi
08:03un véritable déni.
08:05Je n'ai pas vu la Réunion
08:06comme elle est aujourd'hui
08:07parce que c'est une île qui est magnifique.
08:10Les Réunionnais sont...
08:12Moi, j'adore.
08:13J'adore la culture Réunionnais.
08:15J'adore les Réunionnais.
08:16Ils sont tellement gentils, accueillants.
08:20Et là, au moment où je suis arrivée
08:22la première fois sur cette île natale,
08:23je n'ai pas vu tout ça.
08:24Et puis, à un moment donné,
08:25j'ai voulu connaître
08:29qui était mon père,
08:31qui était ma mère,
08:32s'ils étaient toujours en vie.
08:34Et bon, bien sûr, j'apprends
08:35que ma maman biologique est décédée.
08:37Elle était très jeune.
08:38Et là, j'apprends
08:39que mon papa biologique est en vie.
08:41Il m'a fallu plusieurs années,
08:43quatre ans pour aller vers lui.
08:45Pourquoi ?
08:46Parce que psychologiquement,
08:49eh bien, c'est perturbant.
08:51On ne peut pas s'imaginer
08:52quand on apprend une telle vérité.
08:54Donc, il m'a fallu, bien évidemment,
08:57du temps pour aller vers ce papa
09:00que j'ai retrouvé en 2020,
09:03à Saint-Paul.
09:03mon papa est là devant moi
09:05et je le regarde
09:07et je lui dis,
09:08voilà, je suis en âge de comprendre.
09:11Maintenant, j'ai besoin de savoir
09:13qui tu es.
09:14J'ai besoin d'avoir des réponses.
09:16Il se lève,
09:18il me prend dans ses bras,
09:20il se met à pleurer.
09:21On se met à pleurer tous les deux
09:23et il me dit, oui,
09:25en créole,
09:26je suis ton papa.
09:27Ça a été un moment,
09:28je dirais,
09:29fort en émotion,
09:30un moment intense
09:31parce que j'ai retrouvé
09:34un bout de mes origines,
09:35un bout de moi, quoi.
09:39Et il me dit,
09:43je croyais que tu étais morte.
09:45En créole, bien évidemment.
09:46Malgré tout,
09:47j'essaye de comprendre.
09:49Et là, il me dit,
09:51je te voyais à la télévision,
09:53mais j'avais honte de moi.
09:55Et je le regarde,
09:57je lui dis,
09:57mais tu n'as pas à avoir honte de toi
09:59parce que ce n'est pas de ta faute.
10:00C'est le gouvernement de l'époque.
10:03Ce n'est pas de ta faute.
10:04En fin de compte,
10:05l'État français
10:05nous a volé notre enfance.
10:07L'État français
10:09nous a volé notre vie
10:10à la Réunion.
10:13Partir à des milliers de kilomètres,
10:17être déportés,
10:19déracinés
10:20comme des objets.
10:22Je dirais que dans nos parcours de vie,
10:24d'enfants exilés,
10:26nous avons subi tous les abus
10:28qui malheureusement existent encore aujourd'hui.
10:30On peut parler,
10:31et je peux vous le dire
10:33parce que j'entends
10:34les commentaires des uns et des autres,
10:36les histoires des uns et des autres.
10:37On peut parler de viol,
10:39fille, garçon,
10:41maltraitance, séquestration,
10:43c'est incroyable,
10:46incroyable, on ne peut pas.
10:47De quel droit,
10:49mais de quel droit
10:51peut-on
10:54décider
10:54de l'avenir d'un enfant comme ça ?
10:58On n'a strictement rien demandé.
11:01Nous étions des bébés jusqu'aux adolescents.
11:04Et il est vrai que
11:06les adolescents ont beaucoup plus souffert
11:08que les petits.
11:09Eux,
11:10ils se souviennent de la Réunion.
11:12Ils parlent créole.
11:14Quand ils arrivent dans l'Hexagone,
11:16dans les départements ruraux,
11:19eh bien,
11:19il faut absolument
11:20arrêter de parler créole.
11:23En fin de compte,
11:24comme ce qui m'est arrivé,
11:26la Réunion,
11:27c'est qu'il fallait absolument
11:31effacer
11:31toutes nos origines.
11:34Il y a tellement de non-dits,
11:36il y a tellement de zones d'ombre
11:39dans nos dossiers,
11:40à savoir que beaucoup d'entre nous,
11:43moi,
11:44je n'ai jamais eu,
11:45par exemple,
11:45d'acte d'abandon,
11:46comme d'autres.
11:48Vraiment,
11:48quand on ouvre
11:49ces dossiers d'aide sociale
11:51à l'enfance,
11:52avant,
11:52ça s'appelait la DAS,
11:54mais on se demande,
11:55mais qu'est-ce que c'est
11:57que...
11:58c'est horrible, quoi.
12:00Alors,
12:00moi,
12:00je vois,
12:01par exemple,
12:02dans mon dossier,
12:03bien sûr,
12:04qu'il y avait une enquête.
12:05Je suis une petite fille
12:07délurée.
12:08Belle et délurée.
12:11Voilà,
12:11et puis,
12:13écoutez,
12:14de toute façon,
12:14je crois qu'on n'apprendra jamais
12:17la vérité.
12:19J'ai eu besoin de raconter
12:20cette histoire
12:21pour mettre des mots,
12:22M-O-T-S,
12:23sur des mots,
12:24M-A-U-X,
12:25parce que je pense
12:26que la transmission
12:27est importante.
12:29C'est une histoire
12:32transgénérationnelle,
12:33intergénérationnelle.
12:33Il faut que cette histoire
12:35soit connue
12:35de tous.
12:36Donc,
12:37le fait de parler
12:38de mon histoire,
12:40mais au travers
12:40de mon histoire,
12:41celle de plus
12:42de 2000 enfants,
12:44ça m'a,
12:45je dirais,
12:46apaisée,
12:47quelque part,
12:47parce que
12:49c'est un support.
12:50C'est un support historique,
12:51c'est un support
12:52non seulement pour moi,
12:53ça m'a permis
12:55d'extérioriser
12:56un petit peu
12:57tout ce que j'ai vécu.
12:58Il y a un passage
12:59de mon livre
13:02que beaucoup
13:02ont appris,
13:03même dans
13:04ma famille
13:05d'adoption,
13:07le moment
13:08où j'ai été
13:10abusée
13:11à l'âge
13:11de mon sang.
13:12Je fais développer
13:13parce que je crois
13:14que quand on est
13:16abusé,
13:16il faut parler
13:18de ce qui nous
13:19est arrivé
13:20pour déjà
13:22extérioriser
13:23tout ça.
13:24Et c'est
13:25mes parents
13:26adoptifs
13:27qui,
13:28un soir,
13:29devaient absolument
13:30partir,
13:31je ne sais plus
13:31pour quelle raison,
13:32et ils m'ont laissée
13:34avec un client
13:35parce qu'ils étaient,
13:37ma mère
13:38avait un bar-hôtel-restaurant,
13:41elle était propriétaire
13:42d'un bar-hôtel-restaurant,
13:44et ce soir-là,
13:45elle m'a laissée
13:45avec un client
13:46et il est passé
13:46derrière le comptoir.
13:48Et là,
13:49j'ai eu droit
13:49aux attouchements.
13:50Attention,
13:50c'est vrai
13:51qu'il n'y a pas eu
13:53de pénétration,
13:54certes,
13:55mais il y a eu
13:55des attouchements.
13:56Bien évidemment
13:57que c'était suffisant
13:58pour que ça soit
13:59de l'abus,
14:00parce que moi,
14:01je ne savais pas
14:02je ne savais pas
14:02ce que c'était
14:04et j'ai eu
14:05mais honte
14:06de moi.
14:07Je n'en ai
14:09strictement
14:10jamais
14:11parlé.
14:11Et là,
14:12j'ai décidé
14:13d'avouer
14:14cette période
14:17de ma vie
14:17parce que
14:18j'en avais déjà
14:18besoin.
14:20Arrive un moment,
14:21même si c'est
14:21des années après,
14:23eh bien,
14:23ça fait du bien.
14:24Ça fait du bien
14:25d'en parler,
14:25tout simplement.
14:26Comme je suis présidente
14:27de la Fédération
14:28des Enfants des Racines
14:29et des Drômes,
14:30j'ai beaucoup milité.
14:31Nous avons tous
14:33beaucoup milité
14:34depuis des décennies
14:35et quelle fierté
14:38pour nous
14:39d'avoir un vote
14:41unanime en janvier
14:422026
14:43à l'Assemblée nationale.
14:45Le 16 juin,
14:47un vote unanime
14:48au Sénat.
14:50Quelle fierté
14:51de se dire
14:52que le combat
14:53que nous avons mené
14:54a porté ses fruits.
14:55Et oui,
14:57ça a été un moment
14:58d'apaisement
14:59pour nous tous.
15:00Tous.
15:01Nous étions nombreux
15:03le 16 juin
15:04au Sénat
15:04pour écouter
15:06la voix des politiques
15:07et se dire
15:09que ces politiques-là,
15:10tous,
15:11ont parlé
15:11d'une seule voix
15:13à dire
15:13oui,
15:14il faut réparer
15:15les préjudices
15:16que ces enfants
15:18ont subis.
15:20Donc,
15:21pour nous,
15:22c'est un apaisement
15:23complet,
15:24total
15:25et vraiment,
15:26vraiment,
15:27nous sommes très fiers
15:28du résultat
15:29et la Réunion
15:31peut être fière de nous.
15:32La loi a été promulguée
15:34le 29 juin
15:352026.
15:36Qu'est-ce qui va se passer ?
15:38Madame la ministre
15:39des Outre-mer,
15:40Naïma Mouchou,
15:41a promis
15:42au Sénat
15:43de mettre en place
15:44les décrets
15:45d'application
15:46avant la fin de l'année.
15:48Ça,
15:48pour nous,
15:49c'est indispensable.
15:50Pourquoi ?
15:51Parce qu'il va bientôt
15:52y avoir un changement
15:53de gouvernement
15:54l'année prochaine
15:55au vu des futures
15:57élections présidentielles.
15:59Donc,
16:00nous,
16:00ce que l'on veut,
16:00c'est qu'une commission
16:02de reconnaissance
16:03soit mise en place
16:04par décret
16:05avant la fin de l'année.
16:07Et cette commission
16:08qui sera,
16:10comment dire,
16:10composée
16:12d'experts,
16:13d'experts
16:14qui connaissent
16:15notre histoire,
16:16d'experts compétents.
16:17et c'est cette commission
16:19nationale
16:20qui va statuer
16:21sur les réparations.
16:23Réparations
16:24mémorielles,
16:26un lieu de mémoire
16:27et de ressources
16:27dans la Creuse,
16:29que notre histoire
16:30rentre en allémanuelle scolaire,
16:31une journée commémorative
16:33le 18 février
16:34et aussi
16:36une réparation
16:38financière.
16:39Et pourquoi ?
16:40Parce que
16:40beaucoup
16:41de victimes
16:42sont dans des situations
16:43de précarité.
16:44Ce que nous cherchons tous
16:45aujourd'hui,
16:47c'est que l'État
16:48nous rende
16:49notre dignité.
16:50Quand les réparations
16:51seront mises en place,
16:53eh bien,
16:53on sera
16:56mieux dans nos têtes.
16:57Quoique,
16:59quoique,
17:00certains ne pardonneront
17:02jamais.
17:04Ils sont dans un tel état
17:06de colère
17:07et de haine.
17:10Leurs vies ont été
17:11tellement brisées
17:13qu'ils ne pardonneront
17:14jamais.
17:15Aujourd'hui,
17:16je suis réunionnaise.
17:17Dans tout mon corps,
17:19je suis réunionnaise.
17:20Dans mon cœur,
17:22dans mon âme,
17:24je suis réunionnaise,
17:25mais à 200%.
17:26Je suis creusoise
17:28d'adoption,
17:28oui,
17:29mais non,
17:29je suis réunionnaise.
17:30Et je suis tellement
17:33apaisée
17:34d'être
17:35Marie-Germaine
17:36Périgogne,
17:37née
17:38à Bois-de-Neuf-Saint-Paul.
17:39Qu'est-ce que je dirais
17:40à cette petite fille
17:41de 3 ans
17:42qui a été arrachée
17:44à sa famille,
17:45qui a été arrachée
17:45à ses racines ?
17:46Je le regarderai
17:48en face
17:49et je lui dirais
17:50surtout,
17:52surtout,
17:53sois forte.
17:55Il faut que tu
17:58arrives
17:59à t'apaiser
18:00malgré
18:01tous les traumatismes
18:02que tu vas subir.
18:04Mais garde espoir,
18:05garde espoir.
18:06Toujours,
18:07tu vas faire
18:08des pas en arrière.
18:10méfait,
18:10ce n'est pas en arrière,
18:11ce n'est pas grave
18:12parce que tu en feras
18:12d'autres en avant.
18:14Et là,
18:14aujourd'hui,
18:15la preuve en est,
18:16c'est que tu as réussi.
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