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L'intelligence artificielle s'immisce dans le quotidien des blouses blanches : quelle est leur réelle perception ?

Mathieu Durand, chirurgien urologue, partage les conclusions d'une enquête menée par What's Up Doc, révélant les pratiques concrètes des médecins face à l'IA. Bien que l'utilisation personnelle d'outils d'IA soit courante, son intégration dans les structures hospitalières et les cabinets médicaux accuse un retard notable.

Les usages actuels se concentrent majoritairement sur des tâches périphériques, délaissant le diagnostic et l'intervention directe. Il s'agit principalement d'aides administratives, de synthèse de compte-rendus ou encore d'écoute pour transcription, des fonctions qui permettent déjà un gain de temps appréciable.

Cette automatisation libère du temps précieux, favorisant ainsi des échanges plus humains et empathiques lors des consultations. Cependant, l'aide au diagnostic, la détection d'interactions médicamenteuses ou la médecine personnalisée, bien qu'ambitionnées, restent encore peu exploitées en pratique courante.

Plusieurs facteurs expliquent cette lente adoption : un temps de pénétration des outils long, une grande hétérogénéité des usages et un manque criant de formation à l'application de l'intelligence artificielle. Une crainte émerge également : le risque de perdre en esprit critique face aux résultats générés par l'IA et de passer à côté d'éléments cruciaux si la relecture humaine n'est pas rigoureuse.

#IAmedecine #MedecinsIA #FutureSante

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Transcription
00:00...
00:06Et on va retourner sur le terrain.
00:08Que pensent les blouses blanches de cette déferlante IA ?
00:11Voici Mathieu Durand, chirurgien urologue,
00:12qui nous livre le verdict des soignants via l'enquête
00:14What's Up Doc et le tout sous vos applaudissements.
00:17What's Up Doc ?
00:19...
00:23Merci, bonsoir à tous.
00:25Alors, en préambule d'une table ronde débat
00:27qui portera sur ce sujet-là,
00:29nous avons travaillé à la rédaction
00:31à une sorte d'analyse des pratiques concrètes sur le terrain.
00:36Aujourd'hui, des médecins parmi l'ensemble des lecteurs.
00:40Donc, on représente quand même une grande partie des médecins actifs
00:43puisqu'il y a à peu près 60 000 abonnés au magazine.
00:47Et on leur a demandé globalement
00:50quelles étaient finalement les pratiques
00:53et la vision qu'ils avaient aujourd'hui
00:56en pratique de l'intelligence artificielle
00:58dans leur quotidien.
01:00Donc, je ne parle pas de tous les éléments
01:02qui ont été présentés brillamment précédemment
01:04et qui sont les grands enjeux
01:06du développement de l'intelligence artificielle,
01:08mais concrètement, au quotidien,
01:10qu'est-ce qui se passe à la consultation,
01:12au bloc opératoire ou dans un service ?
01:15Alors, la première remarque de cette synthèse
01:18de ce gros dossier qui paraîtra la semaine prochaine,
01:22c'est de donner l'impression
01:24qu'il y a un problème de mise à l'échelle.
01:27C'est-à-dire que chacun des médecins, globalement,
01:29va dire que dans son usage quotidien de tous les jours
01:32et de sa vie personnelle,
01:33il utilise des outils d'implication d'intelligence artificielle,
01:37mais qu'à l'hôpital ou à la clinique
01:41ou dans son cabinet,
01:43il y a peu de logiciels qui, nativement,
01:45qui l'avaient déjà, ont intégré, évidemment,
01:47cette dimension-là dans l'appui ou l'aide à la consultation.
01:51De fait, la deuxième conséquence
01:54que l'on voit au travers de ce gros dossier,
01:57c'est qu'en réalité,
01:58ce sont surtout les tâches périphériques,
02:01et on en débattra ensuite,
02:03qui sont parmi celles dans lesquelles
02:06les usages sont les plus fréquents
02:08de recours à l'intelligence artificielle.
02:10Alors, qu'est-ce que c'est qu'un usage périphérique ?
02:11C'est-à-dire tout sauf le diagnostic,
02:14tout sauf la clinique,
02:15tout sauf l'intervention,
02:17c'est beaucoup, évidemment,
02:18des tâches qui pourraient être plus bureautiques,
02:21de synthèse,
02:23beaucoup de compte-rendu,
02:25d'aide au compte-rendu,
02:27et puis, un petit peu plus proche
02:29de la consultation,
02:31d'écoute de la consultation
02:33pour la réalisation de synthèse
02:36vers une observation clinique
02:38qui est organisée.
02:40Ça, c'est l'élément
02:41qui fait à la fois référence
02:44dans les ambitions
02:45qui sont le plus rapportées
02:46par les médecins,
02:47mais en même temps,
02:48peu sont ceux
02:49qui l'utilisent déjà.
02:51Un certain nombre, néanmoins,
02:53révèle que ce but-là
02:54peut leur gagner
02:54un temps dans la journée
02:56non négligeable
02:57sur la synthèse.
02:58Par exemple,
02:59à l'issue d'une observation médicale,
03:01la production d'un courrier automatique
03:03qui ressemble à l'observation médicale
03:05mais qui est phrasée autrement,
03:07ce n'est ni plus ni moins
03:07que du rephrasing,
03:09ça, ça gagne effectivement du temps,
03:11surtout si certains nombres
03:12qui l'utilisent déjà
03:13dans des applications
03:14évoquent que c'est un usage vertueux,
03:17en tout cas,
03:18un gain de temps.
03:19L'autre élément,
03:20néanmoins,
03:21c'est qu'ils disent aussi,
03:23pour certains qui l'utilisent,
03:24que ça leur permet
03:25de regagner
03:27du temps d'échange
03:28et je me retourne
03:32vers Dominique Ponce
03:32sur la conclusion,
03:34c'est-à-dire d'échange plus humain
03:35dans la consultation
03:36puisque s'il y a un élément
03:38d'enregistrement
03:38pendant cette consultation-là,
03:40alors il est possible
03:40de parler au patient face à soi
03:42plutôt que de dicter son courrier,
03:45plutôt que de le saisir manuscrit
03:47ou en tout cas sur la frappe
03:48et cela permet
03:50de mieux restituer l'écoute,
03:52de mieux être attentif
03:53à un certain nombre
03:53de signes indirects
03:55et d'être sans doute
03:56plus empathique
03:57dans cette situation
03:58de consultation.
04:00Ça reste autour
04:01de la pratique clinique,
04:04c'est déjà dans l'exercice
04:05de la consultation,
04:06mais peu sont
04:07ceux qui l'utilisent
04:09pour, en réalité,
04:11l'aide au diagnostic,
04:13l'aide à la détection
04:14des interactions médicamenteuses,
04:16l'aide au pronostic,
04:19la médecine individualisée
04:21qui sont tous ces éléments
04:22dont on ambitionne
04:23que ce soit effectivement
04:24efficients,
04:25mais dont,
04:26dans la pratique clinique courante,
04:28en réalité,
04:29il n'y a aujourd'hui
04:30pas véritablement d'usages
04:32qui ont été mis en avant.
04:34Alors,
04:35c'est sans doute
04:35parce qu'il y a
04:36un temps de pénétration
04:37des outils
04:38qui est long,
04:39c'est sans doute
04:40parce qu'il y a
04:40une très forte hétérogénéité
04:42dans les usages
04:43et aussi parce que,
04:44globalement,
04:45dans le berceau
04:46de la formation des médecins,
04:48il n'y a pas
04:50véritablement
04:50d'enseignement
04:51de l'usage
04:53et du bon usage
04:54de l'application
04:54de l'intelligence artificielle
04:55dans sa pratique
04:56et c'est un autre point
04:58qui ressort
04:59plutôt,
04:59je dirais,
05:02en filigrane
05:02dans ce gros dossier,
05:04c'est que
05:04si chacun
05:05en arrive
05:06à un usage
05:07important
05:07jusqu'au diagnostic,
05:09au pronostic
05:10et à la médecine individuelle,
05:12il n'en reste pas moins,
05:13comme il a été évoqué
05:14tout à l'heure,
05:14que la garantie humaine
05:15reste un enjeu
05:16et la garantie humaine,
05:17c'est la relecture
05:18du compte rendu
05:18et la capacité surtout
05:20de dire
05:20si ce compte rendu,
05:21il est juste
05:22ou il est faux
05:24par rapport
05:24à des recommandations
05:25et évidemment
05:27avec l'habitude
05:28et le raccourci
05:30d'utiliser
05:30l'intelligence artificielle
05:31à grande échelle,
05:34eh bien,
05:34il y a un risque
05:35de la difficulté
05:36d'avoir une lecture critique
05:38des résultats
05:39qui pourraient être proposés
05:40et c'est là
05:42une crainte
05:42qui tente
05:43à ressurgir
05:44de l'ensemble
05:45du dossier
05:46dans un certain nombre
05:47de médecins
05:48qui seraient réduissants
05:49à l'usage
05:49dans un usage clinique
05:50parce qu'ils auraient peur
05:53de passer
05:54à côté
05:55de déviations
05:56qu'ils ne seraient pas
05:57capables de voir.
05:57Ça c'est pour ceux
05:58qui sont déjà
05:58dans la pratique clinique
05:59mais on peut se poser
06:00la question
06:01pour ceux qui vont y arriver
06:02parce qu'aujourd'hui
06:03moi à la fac
06:04où j'ai la responsabilité
06:06d'enseignement de l'urologie
06:07tous utilisent
06:09Tchad GPT
06:10et autres
06:10d'ailleurs sans considération
06:12si Tchad GPT
06:13a des hallucinations
06:14ou repose bien
06:15sur des références médicales
06:16et tous
06:17vont aller
06:18dans des raccourcis
06:18évidemment
06:19d'usage
06:20et d'application
06:21sans doute
06:21ces raccourcis
06:22ne vont pas les amener
06:23à développer
06:24un esprit critique
06:24de la même manière
06:25en tout cas
06:25que ceux
06:26que leur père
06:27qui ont appris
06:28par eux-mêmes
06:29les recommandations médicales.
06:31Il y aura donc
06:31une vraie question
06:32sur comment enseigner
06:35encore
06:36ou que devons-nous
06:37enseigner encore
06:38dans la médecine
06:38à l'ère
06:39de l'intelligence artificielle
06:42dans son application
06:43quotidienne.
06:44Voici
06:45l'ensemble
06:46des éléments
06:46je crois
06:46qu'on peut résumer
06:47de ce gros dossier.
06:48Merci beaucoup Mathieu.
06:50Vous restez avec nous.
06:54Sous-titrage Société Radio-Canada
06:57Sous-titrage Société Radio-Canada
07:00Sous-titrage Société Radio-Canada
07:01Sous-titrage Société Radio-Canada

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