00:00...
00:06Et on va retourner sur le terrain.
00:08Que pensent les blouses blanches de cette déferlante IA ?
00:11Voici Mathieu Durand, chirurgien urologue,
00:12qui nous livre le verdict des soignants via l'enquête
00:14What's Up Doc et le tout sous vos applaudissements.
00:17What's Up Doc ?
00:19...
00:23Merci, bonsoir à tous.
00:25Alors, en préambule d'une table ronde débat
00:27qui portera sur ce sujet-là,
00:29nous avons travaillé à la rédaction
00:31à une sorte d'analyse des pratiques concrètes sur le terrain.
00:36Aujourd'hui, des médecins parmi l'ensemble des lecteurs.
00:40Donc, on représente quand même une grande partie des médecins actifs
00:43puisqu'il y a à peu près 60 000 abonnés au magazine.
00:47Et on leur a demandé globalement
00:50quelles étaient finalement les pratiques
00:53et la vision qu'ils avaient aujourd'hui
00:56en pratique de l'intelligence artificielle
00:58dans leur quotidien.
01:00Donc, je ne parle pas de tous les éléments
01:02qui ont été présentés brillamment précédemment
01:04et qui sont les grands enjeux
01:06du développement de l'intelligence artificielle,
01:08mais concrètement, au quotidien,
01:10qu'est-ce qui se passe à la consultation,
01:12au bloc opératoire ou dans un service ?
01:15Alors, la première remarque de cette synthèse
01:18de ce gros dossier qui paraîtra la semaine prochaine,
01:22c'est de donner l'impression
01:24qu'il y a un problème de mise à l'échelle.
01:27C'est-à-dire que chacun des médecins, globalement,
01:29va dire que dans son usage quotidien de tous les jours
01:32et de sa vie personnelle,
01:33il utilise des outils d'implication d'intelligence artificielle,
01:37mais qu'à l'hôpital ou à la clinique
01:41ou dans son cabinet,
01:43il y a peu de logiciels qui, nativement,
01:45qui l'avaient déjà, ont intégré, évidemment,
01:47cette dimension-là dans l'appui ou l'aide à la consultation.
01:51De fait, la deuxième conséquence
01:54que l'on voit au travers de ce gros dossier,
01:57c'est qu'en réalité,
01:58ce sont surtout les tâches périphériques,
02:01et on en débattra ensuite,
02:03qui sont parmi celles dans lesquelles
02:06les usages sont les plus fréquents
02:08de recours à l'intelligence artificielle.
02:10Alors, qu'est-ce que c'est qu'un usage périphérique ?
02:11C'est-à-dire tout sauf le diagnostic,
02:14tout sauf la clinique,
02:15tout sauf l'intervention,
02:17c'est beaucoup, évidemment,
02:18des tâches qui pourraient être plus bureautiques,
02:21de synthèse,
02:23beaucoup de compte-rendu,
02:25d'aide au compte-rendu,
02:27et puis, un petit peu plus proche
02:29de la consultation,
02:31d'écoute de la consultation
02:33pour la réalisation de synthèse
02:36vers une observation clinique
02:38qui est organisée.
02:40Ça, c'est l'élément
02:41qui fait à la fois référence
02:44dans les ambitions
02:45qui sont le plus rapportées
02:46par les médecins,
02:47mais en même temps,
02:48peu sont ceux
02:49qui l'utilisent déjà.
02:51Un certain nombre, néanmoins,
02:53révèle que ce but-là
02:54peut leur gagner
02:54un temps dans la journée
02:56non négligeable
02:57sur la synthèse.
02:58Par exemple,
02:59à l'issue d'une observation médicale,
03:01la production d'un courrier automatique
03:03qui ressemble à l'observation médicale
03:05mais qui est phrasée autrement,
03:07ce n'est ni plus ni moins
03:07que du rephrasing,
03:09ça, ça gagne effectivement du temps,
03:11surtout si certains nombres
03:12qui l'utilisent déjà
03:13dans des applications
03:14évoquent que c'est un usage vertueux,
03:17en tout cas,
03:18un gain de temps.
03:19L'autre élément,
03:20néanmoins,
03:21c'est qu'ils disent aussi,
03:23pour certains qui l'utilisent,
03:24que ça leur permet
03:25de regagner
03:27du temps d'échange
03:28et je me retourne
03:32vers Dominique Ponce
03:32sur la conclusion,
03:34c'est-à-dire d'échange plus humain
03:35dans la consultation
03:36puisque s'il y a un élément
03:38d'enregistrement
03:38pendant cette consultation-là,
03:40alors il est possible
03:40de parler au patient face à soi
03:42plutôt que de dicter son courrier,
03:45plutôt que de le saisir manuscrit
03:47ou en tout cas sur la frappe
03:48et cela permet
03:50de mieux restituer l'écoute,
03:52de mieux être attentif
03:53à un certain nombre
03:53de signes indirects
03:55et d'être sans doute
03:56plus empathique
03:57dans cette situation
03:58de consultation.
04:00Ça reste autour
04:01de la pratique clinique,
04:04c'est déjà dans l'exercice
04:05de la consultation,
04:06mais peu sont
04:07ceux qui l'utilisent
04:09pour, en réalité,
04:11l'aide au diagnostic,
04:13l'aide à la détection
04:14des interactions médicamenteuses,
04:16l'aide au pronostic,
04:19la médecine individualisée
04:21qui sont tous ces éléments
04:22dont on ambitionne
04:23que ce soit effectivement
04:24efficients,
04:25mais dont,
04:26dans la pratique clinique courante,
04:28en réalité,
04:29il n'y a aujourd'hui
04:30pas véritablement d'usages
04:32qui ont été mis en avant.
04:34Alors,
04:35c'est sans doute
04:35parce qu'il y a
04:36un temps de pénétration
04:37des outils
04:38qui est long,
04:39c'est sans doute
04:40parce qu'il y a
04:40une très forte hétérogénéité
04:42dans les usages
04:43et aussi parce que,
04:44globalement,
04:45dans le berceau
04:46de la formation des médecins,
04:48il n'y a pas
04:50véritablement
04:50d'enseignement
04:51de l'usage
04:53et du bon usage
04:54de l'application
04:54de l'intelligence artificielle
04:55dans sa pratique
04:56et c'est un autre point
04:58qui ressort
04:59plutôt,
04:59je dirais,
05:02en filigrane
05:02dans ce gros dossier,
05:04c'est que
05:04si chacun
05:05en arrive
05:06à un usage
05:07important
05:07jusqu'au diagnostic,
05:09au pronostic
05:10et à la médecine individuelle,
05:12il n'en reste pas moins,
05:13comme il a été évoqué
05:14tout à l'heure,
05:14que la garantie humaine
05:15reste un enjeu
05:16et la garantie humaine,
05:17c'est la relecture
05:18du compte rendu
05:18et la capacité surtout
05:20de dire
05:20si ce compte rendu,
05:21il est juste
05:22ou il est faux
05:24par rapport
05:24à des recommandations
05:25et évidemment
05:27avec l'habitude
05:28et le raccourci
05:30d'utiliser
05:30l'intelligence artificielle
05:31à grande échelle,
05:34eh bien,
05:34il y a un risque
05:35de la difficulté
05:36d'avoir une lecture critique
05:38des résultats
05:39qui pourraient être proposés
05:40et c'est là
05:42une crainte
05:42qui tente
05:43à ressurgir
05:44de l'ensemble
05:45du dossier
05:46dans un certain nombre
05:47de médecins
05:48qui seraient réduissants
05:49à l'usage
05:49dans un usage clinique
05:50parce qu'ils auraient peur
05:53de passer
05:54à côté
05:55de déviations
05:56qu'ils ne seraient pas
05:57capables de voir.
05:57Ça c'est pour ceux
05:58qui sont déjà
05:58dans la pratique clinique
05:59mais on peut se poser
06:00la question
06:01pour ceux qui vont y arriver
06:02parce qu'aujourd'hui
06:03moi à la fac
06:04où j'ai la responsabilité
06:06d'enseignement de l'urologie
06:07tous utilisent
06:09Tchad GPT
06:10et autres
06:10d'ailleurs sans considération
06:12si Tchad GPT
06:13a des hallucinations
06:14ou repose bien
06:15sur des références médicales
06:16et tous
06:17vont aller
06:18dans des raccourcis
06:18évidemment
06:19d'usage
06:20et d'application
06:21sans doute
06:21ces raccourcis
06:22ne vont pas les amener
06:23à développer
06:24un esprit critique
06:24de la même manière
06:25en tout cas
06:25que ceux
06:26que leur père
06:27qui ont appris
06:28par eux-mêmes
06:29les recommandations médicales.
06:31Il y aura donc
06:31une vraie question
06:32sur comment enseigner
06:35encore
06:36ou que devons-nous
06:37enseigner encore
06:38dans la médecine
06:38à l'ère
06:39de l'intelligence artificielle
06:42dans son application
06:43quotidienne.
06:44Voici
06:45l'ensemble
06:46des éléments
06:46je crois
06:46qu'on peut résumer
06:47de ce gros dossier.
06:48Merci beaucoup Mathieu.
06:50Vous restez avec nous.
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