00:00Vous baptisez ?
00:01Moi Pascal, j'ai été baptisé l'année dernière, j'ai fait partie des 17 000 adultes à rejoindre l
00:05'église catholique en 2025
00:07et puis cette année c'était 21 000 et puis on espère que ça continuera à monter, 25, 30, 40
00:12000 peut-être bientôt.
00:14Moi je fais partie de la première génération je pense qui n'a reçu ni héritage culturel ni héritage spirituel.
00:20On est vraiment au bout de cette chaîne de la transmission.
00:22Et pourquoi ? Parce que dans votre famille, vos parents ne transmettaient ni...
00:26Vous m'inquiétez quand même, il n'y avait pas d'héritage culturel chez vous ?
00:29Si vous voulez, moi je viens d'une famille athée, je suis passé par l'école publique et c'est
00:33vrai qu'on ne m'a pas du tout transmis le catholicisme.
00:36Oui, mais c'est un héritage culturel quand même qui était traduit, qui était transmis, mais un autre.
00:40Un autre j'imagine, mais en tout cas ce que je veux dire c'est que j'ai entendu parler
00:43du Christ pour la première fois à l'âge de 20 ans
00:46alors que j'ai grandi en France, dans la filinée de l'église.
00:50Donc c'est bien qu'il y ait un sujet sur la transmission et nous en fait on a été
00:55trahis par ces valeurs-là.
00:56C'est-à-dire qu'on nous a dit avec la modernité on pourra se passer de religion, vous n
01:00'aurez plus besoin de religion au XXIe siècle.
01:02Et je pense que ce qu'on observe au contraire au sein de la jeunesse française, c'est un retour
01:06du fait religieux.
01:07Et ce qu'on a vu au stade de France était très intéressant parce qu'on avait là une belle
01:09jeunesse de France, 80 000 personnes
01:12qui n'étaient pas là en train de casser ou en train de détruire, mais au contraire qui est renouée
01:16avec ses racines chrétiennes.
01:18Et j'ai cru comprendre que le Saint-Père s'intéressait beaucoup à cette hausse des baptêmes en France
01:22et c'est ça aussi qu'il est venu voir à Saint-Denis, vendredi soir, et j'espère que nous
01:26avons été à la hauteur.
01:28J'ai l'impression.
01:29Mais de le voir en face de nous, nous dire vous êtes les saints de France, c'est vrai qu
01:33'en tant que nouveau baptisé c'était très fort.
01:35Moi ça fait qu'un an que je suis dans la famille catholique, donc je suis tout nouveau.
01:38Mais ceux qui sont là depuis plus longtemps disent bien qu'il y a une dynamisation en fait de l
01:44'église
01:44et je suis très heureux de le vivre avec tous ces gens.
01:47Alors il y a une dynamisation et c'est ça qu'il faudrait peut-être éclaircir.
01:54Est-ce que c'est une dynamisation pour des raisons religieuses ?
01:58Ou est-ce, et c'est le sentiment que j'ai, que l'église de Rome est un refuge précisément
02:05par rapport à ce que nous vivons aujourd'hui, comment dire, sur l'ADN de la France,
02:14de son héritage, de ses mœurs, de ce coutume, de son histoire, qui sont parfois remises en cause.
02:20Et il me semble qu'il y a aussi cette part-là, monsieur l'abbé, c'est des sujets très
02:25délicats.
02:26Très délicats parce qu'effectivement à aborder.
02:31Mais lâchons le gros mot, c'est le mot identitaire.
02:33On me le dit toujours, parce que j'ai beaucoup de catéchumènes qui viennent à moi,
02:36qui disent alors, mais est-ce qu'ils viennent pour des raisons identitaires ?
02:38Ils viennent pour plein de raisons.
02:40Pourquoi Clovis s'est-il converti ?
02:41Parce qu'il pensait qu'il allait gagner la bataille.
02:43Pourquoi, etc. ? Qu'importe.
02:46Ce qui est important, c'est ce qu'on découvre après.
02:48C'est ce que l'église est chargée d'annoncer.
02:50La foi, l'espérance, la charité et ce dont on fait vivre les baptisés.
02:55Après, leurs motivations peuvent être diverses.
02:57On peut avoir une révélation intérieure, on peut avoir lu...
03:01Moi, je vois des intellectuels qui viennent à moi à force d'avoir réfléchi.
03:04D'autres, parce que des amis les ont amenés là.
03:07D'autres, parce qu'ils ont été touchés par je ne sais quoi.
03:11Les motivations des gens peuvent être diverses.
03:13Ce qui se passe ensuite, c'est que l'église annonce la foi, l'espérance, la charité,
03:16met les gens en œuvre, les envoie s'occuper des pauvres.
03:20Enfin, c'est...
03:21Et voilà, c'est ce qui se passe.
03:22C'est pas un gros mot, identitaire.
03:24Ben non, mais c'est parce que...
03:25Aujourd'hui, ben oui.
03:26Non, mais c'est devenu...
03:27Pardonnez-moi, c'est intéressant ce que je vous dis.
03:29C'est devenu un gros mot.
03:30Ben oui, mais la catholicité, ça fait partie de l'identité de la France.
03:33Absolument.
03:33On peut en venir pour des motifs très nobles.
03:35Moi, je trouve ce mot très noble.
03:36Bien sûr.
03:37Vous avez raison, mais il y a la question du moyen.
03:40Il y a la question de la France.
03:41Charlotte Dornelas.
03:42Et vous avez raison, l'inquiétude, même culturelle,
03:46l'inquiétude identitaire au sens noble du terme,
03:48mène notamment sur les marges d'une église.
03:50Comment faire autrement en France, en fait ?
03:51Quand vous cherchez qui vous êtes, vous rentrez dans une église en France.
03:53Ça fait peut-être râler certaines personnes,
03:56mais c'est quand même comme ça que ça se passe.
03:58Mais en revanche, le baptême lui-même ne peut pas reposer que là-dessus.
04:01Ça ne tient pas.
04:02Et vous savez mieux que moi, puisque je n'ai pas eu ce parcours-là adulte,
04:06mais que la préparation au baptême, l'église prend ça très au sérieux.
04:10Elle laboure les cœurs précisément pour que la conversion soit celle du cœur
04:15et non pas simplement la recherche d'un refuge.
04:18Le mot refuge est d'ailleurs un très joli mot aussi.
04:21Il y a un refuge de l'humanité dans la foi, évidemment.
04:24L'espérance est un refuge, indiscutablement.
04:28Charlotte Dornelas.