00:00Bon, Colette. Colette, c'était magnifique.
00:03Colette fait une inté... Elle est avec nous, Colette ?
00:07Bonjour, Colette.
00:09Ça me fait tellement plaisir que vous soyez avec nous, parce qu'hier, on vous a vu, on va vous
00:12réécouter.
00:13Pourquoi ? Parce que ce que vous dites nous fait plaisir.
00:17Vous nous faites plaisir.
00:18Et les journalistes que nous sommes, on se dit souvent, mais comment on peut faire parler une France qu'on
00:26n'entend jamais ?
00:27Une France bienveillante, une France qui, comme dit, qui nous édifie, pour reprendre le mot de, comment dire, de Charlotte.
00:34Et surtout, qui ne donne pas de leçons.
00:37C'est votre exemple qui nous inspire.
00:41Vous ne nous dites pas, regardez le bien que je fais.
00:44Ce n'est pas ça du tout.
00:45Et la charité, c'est anonyme.
00:47Il faut toujours se méfier des gens qui mettent en avant leur charité ou leurs bonnes actions.
00:52En tout cas, je ne vais pas dire que c'est les pires, mais souvent, il faut s'en méfier.
00:55Alors, réécoutez ce que vous disiez hier, c'était samedi d'ailleurs, sur la place de la Concorde.
01:01Et c'est parce qu'on a entendu ce message qu'on vous a contacté.
01:05J'ai vu cette foule immense d'inconnus qui étaient là, qui se sont tous pressés, partout.
01:11Et moi, ça, ça m'a beaucoup touchée.
01:13Cette France chrétienne silencieuse, parfois pas du tout, non croyante, mais qui s'est levée pour cet homme en blanc.
01:19Et ça, c'est comme le pape Jean-Paul II.
01:22Ça se suit, la papauté se suit dans tous ces papes avec leur charisme.
01:29Et ça, c'est juste, on a assisté à quelque chose de magnifique.
01:33Voilà, maintenant, je peux mourir, je crois.
01:35Après avoir vu...
01:36Non, mais je veux dire, voilà, parce qu'après, il n'y aura peut-être pas un autre pape, mais
01:41je veux dire, je serai trop âgée.
01:43Et là, voilà, la continuité de ce pape, c'est juste, mon cœur est plein de joie ce soir.
01:50Bon, Colette, moi j'avais des larmes aux yeux en vous écoutant.
01:54Bon, d'abord, on a besoin de vous, donc vous n'allez pas mourir tout de suite, et puis vous
01:57êtes jeune.
01:58J'ai envie de dire, parlez-nous de vous un peu.
02:00Vous êtes repartis pour la province, vous habitez Grenoble, et vous étiez venue.
02:05Pourquoi étiez-vous venue à Paris ?
02:08Alors, ça a été quelque chose d'incroyable, c'est-à-dire que nous avions des choses à faire.
02:15On avait des rendez-vous, et puis ces rendez-vous se sont annulés, et on a eu une fenêtre de
02:20tir.
02:21Donc, j'ai tout de suite appelé ceux qui organisaient le train.
02:26Voilà, mais les bureaux étaient fermés.
02:29Donc, j'ai appelé une amie qui travaille, qui m'a dit, j'y suis, je vois passer la responsable
02:34du train,
02:35je l'appelle, y a-t-il des places ?
02:37Oui, deux.
02:38J'ai dit, je prends, mais la maison diocésienne est fermée.
02:42Donc, bien, tout de suite.
02:43Alors, je passe, on vient m'ouvrir, je prends les deux places, et nous voilà dans le train.
02:51Voilà, c'est tout.
02:52Il est rondeur.
02:55J'adore comme vous parlez.
02:57Je ne peux pas vous dire autre chose.
02:59J'adore parce que ça nous change tellement, parce que rien n'est fabriqué.
03:03Vous parlez, ça fait du bien de voir des gens normaux, en fait.
03:06On n'est pas habitués à rencontrer des gens normaux.
03:10Colette, hier, on a donc passé cette séquence, et puis on l'avait passée, évidemment, en direct samedi.
03:15Vous avez reçu des tonnes de messages, je crois.
03:18Ah ben, impressionnant.
03:20Impressionnant.
03:21J'ai reçu vraiment beaucoup de messages, beaucoup de personnes que j'avais.
03:25Vous savez, la vie, c'est vous avez des amis, puis ça s'éloigne, puis vous perdez leurs coordonnées.
03:31Ils ont retrouvé des coordonnées.
03:33Et donc, ça, je suis très émue de ça, parce que je suis vraiment basique.
03:43Voilà, donc, je n'ai rien.
03:45Et tout le monde me disait, mais Pascal Prott appelle, vas-y.
03:50Mais comment ?
03:51Voilà, je ne sais pas.
03:53Moi, j'adore ce que vous dites.
03:55Vous n'avez pas envie d'être chroniqueuse avec nous de temps en temps, et d'être éditoriale.
03:59Je vous assure, ça nous ferait un bien fou.
04:01Vous viendriez, vous parleriez comme ça, commentez l'actualité.
04:05Mais je vous engage.
04:06Vous voyez, je suis sûr que M. Nedjar, qui est dans son bureau, il va me dire, on vous engage.
04:12On vous engage.
04:13Mais vous avez un engagement, en plus.
04:15Alors, vous avez eu un engagement paroissial, je crois, puisque vous êtes allé auprès des jeunes, régulièrement,
04:23pour, comment dire, donner des, non pas des cours, mais faire des interventions.
04:28Comment ça s'est passé ?
04:30Non, pas du tout.
04:31Alors là aussi, ça a été un peu curieux.
04:34Voilà, nous avons quatre enfants, certains avec des difficultés.
04:38Donc, j'ai arrêté de travailler pour les épauler, pour être là, pour les guider, pour m'atteler.
04:45Et quand je vois le résultat maintenant, je me dis, mais vraiment, on a eu raison de mettre un petit
04:51peu ma carrière en stand-by.
04:53Mais je ne regrette en rien de ça.
04:56Et puis, je faisais un petit peu de pastoral, parce que ma foi n'a pas été linéaire dans ma
05:03vie.
05:05J'ai eu des épreuves, mais comme beaucoup, beaucoup, beaucoup, certainement, de toutes ces personnes qui étaient rassemblées autour de
05:12ce peuple.
05:13Nous avons, la ville n'est pas un long fleuve tranquille.
05:16Et donc, voilà, j'ai été relevée par le Christ.
05:23J'avais juste envie de témoigner de ce que j'avais vécu.
05:28Et puis, la responsable de la pastorale de ce collège de 1 200 collégiens m'a dit,
05:32« Écoute, moi, je pars à Quimper si on t'a proposé comme responsable de la pastorale. »
05:43J'avais retrouvé un travail.
05:47Et le salaire a été divisé par deux.
05:49Et j'ai dit, mais je suis incapable de faire ça.
05:51Voilà.
05:52Et puis, donc, je rentre chez moi et m'a dit,
05:55« À ce moment-là, il n'y aura plus de pastorale dans ce collège. »
05:57C'est à tôt.
05:59Waouh !
06:00Donc, je me suis dit, la petite phrase, vous savez, que vous avez en vue,
06:05et qui vous dit, « Es-tu vraiment baptisée ? »
06:09Vraiment.
06:10Alors, je suis rentrée, j'ai dit à mon mari,
06:12« Écoute, voilà ce qu'il me propose, mais le salaire, c'est divisé en deux. »
06:17Et il m'a dit, « Fais ce que tu veux. »
06:19Alors, donc, j'ai plongé là-dedans.
06:22Et j'ai plongé.
06:24J'ai plongé.
06:26Et là, c'est ces collégiens qui m'ont tellement, tellement, tellement donné.
06:34Voilà.
06:36Je leur montrais le…
06:37Donc, je faisais du cathé.
06:40C'est un gros mort, parfois.
06:42Vous savez, faire du cathé, on vous regarde un petit peu bizarrement.
06:47Mais ce n'est pas grave.
06:49Ce n'est pas grave.
06:51Moi, c'était important pour moi de leur dire, d'abord, qu'ils étaient des personnes uniques.
06:58Uniques.
06:59Vous savez, un enfant m'a dit, « Mais madame, comment vous voulez nous parler d'amour ? »
07:07Nous ne sommes qu'un tas de cellules, on vient de l'apprendre, nous ne sommes qu'un tas de
07:11cellules.
07:12Mon cœur de maman, je me suis dit, « Mais ce n'est pas possible de leur apprendre ça. »
07:17Comment veut-il se construire ? Comment va-t-il être debout ?
07:21Merci.
07:22Merci vraiment, Colette.
07:24Merci.
07:24Vraiment, il y a une parole rafraîchissante.
07:28Vraiment, les journalistes que nous sommes, nous nous faisons le reproche.
07:33Il y a beaucoup de gens qui peuvent parler comme Colette, qui pensent comme Colette.
07:37Et malheureusement, la télévision ne fait pas toujours parler, ne donne pas toujours la parole à cette parole-là.
07:45Et ce que vous venez de dire est vraiment très touchant.
07:49Là, on ne vous entend plus, mais je vais vous remercier.
07:52Et surtout, je vous invite parce que vous venez, je crois, le 8 octobre à Paris.
07:55C'est bien ça, 8 octobre ou 8 novembre ?
08:00Octobre.
08:008 octobre. Donc, vous venez sur notre plateau le 8 octobre.
08:04Mais alors, gratuitement, bien sûr.
08:07Mais on vous engage, mais bon.
08:10Non, non, mais on vous écoutera parce qu'on a envie de prolonger cette discussion
08:16et puis que vous nous racontiez combien la foi est présente dans votre vie.
08:21Il est... Quelle heure est-il, Madame Persquille ?
08:24Il est...
08:26Écoutez-moi le quart, Madame Placard.
08:28Monsieur Placard.
08:29Bon.
08:30Bon.
08:30Bon.