00:008h16 en ce samedi matin, ce sont les secrets de l'actualité internationale chaque samedi sur RTL.
00:05C'est avec Georges Malbruno, bonjour.
00:07Bonjour Stéphane.
00:09Éditorialiste RTL, grand reporter au Figaro, on a une question ce matin, Georges.
00:12Que cherche Emmanuel Macron en volant au secours de l'Arabie Saoudite ?
00:16Le président a en fait surpris tout le monde jeudi soir en annonçant que la France allait envoyer des moyens
00:22militaires sur place
00:23pour protéger le père de Yambou, le port de Yambou.
00:26Ça a suscité immédiatement la réprobation du RN et de LFI.
00:31Emmanuel Macron envoie un signal plus politique que militaire à notre allié saoudien.
00:36Alors que Donald Trump a refusé d'intervenir militairement aux côtés de l'Arabie,
00:40victime des frappes des rebelles aussi pro-iraniens,
00:43la France montre qu'elle se tient présente alors que le royaume a encore été visé ces derniers jours.
00:48Sous-entendu, Paris, qui n'a pas, contrairement aux Etats-Unis, un accord de défense mutuelle avec Riyad,
00:53est un partenaire fiable.
00:54Il l'avait déjà montré en 2019, lorsqu'après des tirs de drones contre les installations pétrolières,
01:00six experts militaires français avaient été envoyés en Arabie
01:03et Paris avait symboliquement déployé un radar girafe.
01:07Autant de gestes destinés à rehausser la place de la France
01:10dans sa relation avec le royaume saoudien, gros acheteur d'armes.
01:14Oui, car derrière se joue, Georges, le sort de contrat en négociation entre les deux pays.
01:19Bien sûr, Stéphane, et face à une concurrence effrénée entre pays pour équiper en système de défense l'Arabie,
01:26attaquée depuis plus de six mois par l'Iran, tous les gestes comptent.
01:29Or, dans ce domaine, la France n'avance pas ou pas assez.
01:32Emmanuel Macron le reconnaissait en privé il y a un mois,
01:35quand il a reçu le prince héritier Mohamed Ben Salman.
01:38Nous ne faisons pas assez d'affaires dans le domaine régalien, regrettait-il,
01:42c'est-à-dire dans la vente d'équipements militaires aux Saoudiens,
01:45lesquels restent, malgré la crise de confiance avec Donald Trump,
01:48intimement liée au complexe militaro-industriel américain.
01:52La preuve, alors que l'Arabie s'interroge sur la fiabilité du parapluie américain,
01:56elle a encore acheté il y a dix jours 48 avions de combat F-35 aux États-Unis pour 25
02:02milliards de dollars,
02:03tandis que notre avion de combat Rafale, lui, n'intéresse pas pour l'instant l'Arabie.
02:07Il a pourtant un gros avantage sur son concurrent américain,
02:10il est libre d'utilisation, alors que les appareils américains sont bridés,
02:14comme on dit dans le jargon, sous-entendu les États-Unis, en le dernier mot sur leur utilisation.
02:18Alors, est-ce qu'on peut imaginer que cette fois-ci, l'Arabie saoudite nous sera reconnaissante ?
02:23On le verra, mais on peut en douter, d'abord parce que cette aide militaire,
02:26qui reste à préciser, sera forcément limitée,
02:29et puis parce que le passé nous enseigne la prudence.
02:31En 2009, déjà, Nicolas Sarkozy avait livré du matériel sensible à l'Arabie,
02:36face aux mêmes rebelles yéménites,
02:38et cela ne s'était pas traduit par un surcroît de contrat.
02:41Prudence donc, comme me le disait encore hier soir un militaire français,
02:45nous avons beaucoup mouillé notre chemise pour l'Arabie,
02:47mais on attend encore le retour sur investissement.
02:50Les secrets de l'actualité internationale, c'est le décryptage RTL le samedi matin,
02:55c'est signé Georges Malbruneau.